BOULLIER (Auguste). Le dialecte et les chants populaires de la Sardaigne
par Auguste Boullier.
Paris, Dentu, 1864.
[Paris, E. Dentu, Libraire-Éditeur Galerie d'Orléans, 17 et 19, Palais-Royal. 1864.]
In-8° (143
´ 225 mm.) broché, [2 bl.], [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], [2 (préface)], 370, [2 bl.] p., exemplaire non coupé, couverture fragile et défraîchie (manque au dos, petites déchirures), rare édition originale.

@ Étienne-Jacques-uguste Boullier (Roanne, 1833 - 1898) fut député de la Loire à l'Assemblée Nationale. Cet érudit italophile constitua une riche bibliothèque (léguée à sa ville natale) composée de manuscrits, de livres anciens et d'estampes. Dans la préface, l'auteur précise :

« L'étude sur le dialecte sarde, par laquelle s'ouvre ce volume, a une portée plus générale que ne l'indique son titre. Si je ne me trompe, elle éclaire d'un jour nouveau la question encore controversée de l'origine des langues romanes. En effet, j'y signale l'existence de textes sardes des huitième, dixième, onzième, douzième siècles, les uns encore inédits, les autres récemment publiés, mais peu connus faute d'une publicité suffisante. Les plus anciens de ces textes ont tous les caractères qui distinguent les langues romanes du latin, et comme ils se sont produits dans un pays isolé, à l'abri de toute invasion et en dehors de toute influence germanique directe ou indirecte, ils prouvent évidemment que les langues romanes ont tiré de leur propre fond et n'ont pas emprunté aux Germains les traits essentiels qui les caractérisent. Ce n'est point là une thèse neuve, mais la preuve dont je l'appuie est nouvelle et ne me paraît pas sans importance.
Du dialecte sarde aux chants populaires de la Sardaigne, quelle que soit la différence des sujets, la transition est naturelle. Car si l'un montre la langue telle que l'instinct la crée, avant que les littérateurs ne la fixent et que les grammairiens ne la règlent ou ne la déforment, les autres nous font voir la poésie sous sa première forme et dans sa première fleur, telle qu'elle jaillit d'âmes incultes et ardentes avant que l'art ne l'épure ou ne la refroidisse. La langue et la poésie sont les deux manifestations à la fois les plus spontanées, les plus intimes et les plus complètes de la nature d'un peuple.
La partie philologique de ce volume ne s'adresse peut-être pas aux mêmes lecteurs que sa partie littéraire. Mais j'ai pensé que ceux qui reprocheraient à la première d'être trop aride, me vengeraient de ceux qui trouveraient la seconde trop frivole, et c'est ce qui m'a engagé à les réunir. »

150 euros (code de commande : 11073).
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