OUVRAGES CONSACRÉS
À VICTOR HUGO
ET À SON OEUVRE
DE BOER (J.P. Chr.) Victor
Hugo et l'enfant. Wassenaar,
H.J. Dieben, 1933. In-8° broché, 278 p., on joint
le petit catalogue des éditions Diëen.
15 euros (code de commande
: 77/63).
KAHN
(Jean-François) Victor Hugo. Un révolutionnaire.
Suivi de L'extraordinaire métamorphose. Paris,
Fayard, 2002. In-8° collé, 950 p.
En quatrième
de couverture :
« Victor
Hugo est un intempestif. Il a tempêté contre son
temps, et aussi le nôtre, au point qu'à l'heure
actuelle ses colères ont encore du mal à être
entendues. Car il y a bien dans l'uvre de Victor Hugo une
puissance de subversion dont on n'a pas pris la juste mesure.
L'aurait-on bâillonné, celui qui, alors que nombre
d'écrivains vilipendaient la Commune même
George Sand, même Émile Zola , écrivit :
« Il n'y a entre l'avenir et vous que l'épaisseur
de quelques cadavres, utiles à la prospérité
publique » ? L'aurait-on oublié, celui
qui écrivit aussi : « Jésus disait
aimer ; l'Église dit : payer / Le ciel est à
qui peut acquitter le loyer » ?
Dans Victor Hugo. Un révolutionnaire,
Jean-François Kahn nous fait (re)découvrir cet
Hugo-là, celui qui s'est érigé contre tous
les conformismes et tous les conforts de la pensée, partisan
d'une Europe fédérale et patriote fervent, libéral
et anticapitaliste, anticlérical et mystique, pacifiste
et défenseur de luttes armées dont celle menée
par le Mexique contre Maximilien, ...
Mais comment en était-il arrivé
là, ce révolutionnaire ? La tradition veut
que l'on soit progressiste à vingt ans et réactionnaire
l'âge venant. Victor Hugo, qui, décidément,
ne fait rien comme les autres, parcourt le chemin inverse. De
1847 à 1851, on assiste à l'« extraordinaire
métamorphose » d'un vicomte, pair de France,
monarchiste, député de Paris élu sur des
listes de l'union de la droite, devenant l'homme des Misérables,
livrant bataille contre la peine de mort, s'élevant contre
le travail des enfants. C'est cette transformation que Jean-François
Kahn sonde dans L'Extraordinaire métamorphose,
d'abord paru en 1984, et qui fait suite dans le présent
ouvrage à Victor Hugo. Un révolutionnaire,
texte inédit. L'un et l'autre prennent tout leur sens
aujourd'hui : il n'y a pas d'âge pour la révolution. »
13 euros (code de commande
: 13906).
La légende des siècles
de Victor Hugo. Étude et analyse par Paul Berret.
Paris, Mellottée, s.d. In-12 broché, 308 p., (collection
« Les Chefs d'uvre de la Littérature expliqués
»), exemplaire sur vergé, non coupé.
10 euros (code de commande
: 91/73).
SOUCHON (Paul) Autour de
« Ruy Blas ». Lettres inédites de
Juliette Drouet à Victor Hugo .
Paris, Albin Michel, 1939.
In-8° broché, 253 p., queue renforcée
avec de l'adhésif.
Introduction :
Grâce à l'amitié de M.
Louis Icart, qui s'est voué, ainsi que sa femme, à
la dévotion de Juliette Drouet, j'ai pu compulser à
loisir, dans ses beaux étuis de maroquin rouge, l'énorme
correspondance de celle qui fut la maîtresse passionnée
de Victor Hugo.
Près de dix-sept mille lettres
de Juliette à Victor ont été peu à
peu recueillies et classées par M. et Mme Icart. Un si
grand nombre, en somme, peut s'expliquer, car, pendant cinquante
ans, et deux fois par jour, sauf en voyage, ou à de rares
exceptions, Juliette écrivit à son illustre amant,
ce qui fait une moyenne de quatre à cinq cents lettres
par an.
Il ne saurait être question d'analyser
ici ces prodigieux témoins de toute une vie, qui sont
avant tout les preuves, palpitantes et brûlantes même
aujourd'hui, de l'amour d'une femme exceptionnelle pour le premier
poète de son époque.
Une lecture complète et attentive de
ces vieux papiers jaunis, mais si émouvants, avec leur
écriture frémissante et précipitée,
leurs petits dessins et leurs pâtés d'encre, sur
lesquels brillent encore des parcelles de poudre d'or, m'a permis
de constater que le trésor de cette ample correspondance
avait été, forcément, et à peine,
effleuré, et qu'il y avait des perles innombrables à
ramener au jour.
Je pense en faire, pour les amateurs de théâtre
et de psychologie amoureuse, une démonstration partielle
à propos de Ruy Blas.
Je verse, en effet, avec la très
aimable autorisation de M. Louis Icart au dossier
du centenaire de Ruy Blas, entières ou par fragments,
cent quatre-vingt-cinq lettres inédites de Juliette Drouet
à Victor Hugo, lettres écrites pendant l'été
et l'automne 1838, l'hiver et le printemps 1839, c'est-à-dire
pendant que le poète composait Ruy Blas, le faisait
répéter et représenter.
Ce coup de sonde ainsi jeté dans l'océan
des Lettres de Juliette montrera, je l'espère, de quel
secours précieux une telle correspondance s'atteste pour
la connaissance de la vie quotidienne et profonde des deux grands
amants romantiques.
Je laisserai ces documents suivre leur chemin
chronologique, à peu près tout seuls, me contentant
de les relier par de courts commentaires ou de les soutenir par
d'autres documents contemporains.
On jugera mieux ainsi de la spontanéité
et de l'ardeur des sentiments de Juliette Drouet pour Victor
Hugo, des grâces primesautières de son esprit, du
naturel et du charme de son style et de son cur. Elle écrit
comme elle sent et comme elle parle et on ne fera pas difficulté,
j'imagine, pour la placer au premier rang de nos « épistolières »,
aux côtés de Mme de Sévigné et de
Mme de Lespinasse, et, en tout cas, parmi les plus grandes amoureuses
de tous les pays et de tous les temps.
L'amour était, pour elle, la principale
affaire de la vie. La période qui s'étend de juin
1838 à février 1839, et qui se rattache à
Ruy Blas, en apporte de nouvelles preuves. C'est le moment,
dramatique entre tous, pour l'actrice Juliette Drouet, où
elle doit renoncer non seulement à jouer un rôle
dans une pièce de Victor Hugo, mais même à
remonter jamais sur les planches. Les rancurs et la désolation
de l'artiste déçue s'expriment avec véhémence
dans les lettres de cette époque. Ces rancurs et
cette désolation ne parviennent jamais, cependant, à
faire taire chez elle la voix de la passion. Elle est avant tout,
répétons-le, une amoureuse.
On verra que Juliette ne parle, la plupart
du temps, de Ruy Blas, que par rapport à son amour.
Elle se plaint, pendant la composition de la pièce, d'être
plus seule que jamais. Quand la pièce est jouée,
elle l'admire comme elle admire tout dans Victor Hugo, sans détailler
ni analyser. L'amour a aboli en elle, dirait-on, tout esprit
de critique.
Il est bien certain, cependant, que ses lettres,
même très franches et bi-quotidiennes, ne nous disent
pas tout. Juliette réservait évidemment pour la
conversation des appréciations et des jugements sur l'uvre,
sur les acteurs et sur les comptes rendus des journaux et des
revues, qui manquent ici.
Nous avons, en revanche, grâce à
elles, des clartés inattendues sur certaines circonstances
sentimentales et secrètes qui accompagnèrent la
composition et la première carrière du chef-d'uvre
dramatique de Victor Hugo.
Nous avons des révélations et
des indications très précieuses sur le caractère
de Juliette Drouet et du poète, ainsi que sur les murs
d'une époque où l'on s'aimait farouchement, où
l'on se « torturait », où les passions
étaient, à la fois, plus renfermées et plus
lyriques.
À travers ces lettres, la sincérité
des deux héros de l'amour romantique et de la littérature
n'apparaît pas douteuse. C'est elle qui, malgré
toutes les différences, et l'éloignement du temps,
les rapproche de nous. C'est encore cette sincérité
qui les rendra, je l'espère, plus humains et plus vivants
que jamais.
10 euros (code de commande
: 15477). |