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[BEETHOVEN (Ludwig van)]. MASSIN (Jean et Brigitte) — Ludwig van Beethoven. Paris, Club Français du Livre, 1960. In-8° sous reliure d'éditeur, [16], 855 p., illustrations hors texte, une carte volante à déplier, (collection « Essais », n° 9), exemplaire numéroté (n° B5758), en bel état.
Avant-propos :
   Ce n'est pas par ambition que nous avons écrit ce livre ; c'est parce que nous aurions désiré le trouver déjà tout fait pour notre usage personnel.
   Beaucoup de livres ont déjà été écrits sur Beethoven ; un certain nombre d'entre eux sont excellents ; beaucoup d'autres sont utiles ; mais aucun ne nous semblait offrir l'instrument de travail, il faudrait presque dire le manuel, dont nous éprouvions le besoin pour mieux comprendre Beethoven. Les uns, et c'étaient souvent les plus remarquables, ne nous renseignaient que sur une période de la vie, sur un aspect du caractère, sur un genre musical au sein de l'œuvre. D'autres étaient trop succincts, ou trop vagues, ou trop romancés. Dans d'autres enfin, les épanchements ou les interprétations de l'auteur nous devenaient gênants.
   Ce dont nous rêvions, c'était d'un livre où se trouvent rassemblés les renseignements historiques les plus sérieux et les plus authentiques possible, sur toute la vie et sur toute l'œuvre de Beethoven, enrobés dans le minimum de commentaires personnels, et présentés dans un ordre donné qui en facilite le repérage.
   Nous avions commencé ce travail pour nous-mêmes ; et puis nous nous sommes dit que nous n'étions peut-être pas les seuls auxquels il pourrait rendre service ; c'est ainsi que ce livre est né.
   Avertissons tout de suite que nous avons systématiquement écarté toutes les données qui appartiennent en propre à la science musicale. Nous l'avons fait avec la claire conscience que c'était une gageure de consacrer un livre, qui se veut sérieux, à un musicien, sans toucher à la technique de son travail créateur. Nous avons décidé pourtant de tenter de réussir cette gageure, pour plusieurs raisons.
   La première – qui n'intéressera que médiocrement le lecteur – c'est que nous nous savons insuffisamment qualifiés pour un travail proprement musicologique.
   La seconde, c'est qu'une recherche purement historique nous a déjà apporté des résultats assez abondants et – nous semble-t-il – assez intéressants pour remplir un gros livre, qui aurait pu facilement être beaucoup plus gros encore. Une étude musicologique, avec les exemples musicaux, le catalogue thématique complet, les comparaisons avec d'autres musiciens qu'elle nécessite, exigerait un livre au moins aussi gros – tout aussi utile peut-être, mais d'une utilité autre.
   La troisième raison, c'est que nous avons d'abord songé, en entreprenant ce travail, à tous les auditeurs de la radio, du disque, des concerts, qui aiment Beethoven et qui ne connaissent rien à la musique, tout en l'aimant passionnément. Sans doute pourraient-ils apprendre la musique pour mieux la comprendre ; mais rares sont les hommes auxquels notre société permet de longues études qui ne rapportent pas. Il y a des milliers et des millions de gens qui ont besoin de la musique en général, de Beethoven en particulier, pour vivre, et qui n'auront jamais le temps d'apprendre ce qu'est un accord de septième diminuée, quelles étaient, au temps de Beethoven, les lois de la modulation d'une tonalité à une autre, ni combien il existe d'espèces différentes de fugues, de contrepoints, d'écritures fuguées... – Ces « beelhoveniens profanes » ont pourtant souvent le désir d'en savoir plus sur l'histoire de l'homme et de l'œuvre qu'ils aiment : c'est pour eux que nous avons voulu travailler – sans écarter toutefois l'espoir que notre travail puisse aussi rendre service à ceux qui s'y connaissent davantage en musique, car aucune compétence technique ne permet d'ignorer impunément l'histoire.
   La première partie de ce livre – Biographie – voudrait essentiellement être un recueil de textes, de Beethoven et sur Beethoven, rangés dans un ordre aussi rigoureusement chronologique que possible, reliés par une narration, accompagnés d'explications ou de discussions lorsqu'elles étaient nécessaires.
   Nous avons présenté typographiquement ces textes, de façon que le lecteur puisse voir du premier coup d'œil s'il s'agit d'un texte sorti à coup sûr de la plume de Beethoven, ou s'il s'agit de propos de lui rapportés par des témoins et d'anecdotes racontées par des contemporains.
   Devant la masse des documents qui s'offraient à nous, un choix s'imposait. Plus exactement une série de choix. En premier lieu, nous avons préféré reproduire un grand nombre d'extraits de textes plutôt qu'un petit nombre de documents intégraux, en particulier pour la correspondance de Beethoven, où souvent deux ou trois phrases d'une grande importance émergent d'une longue discussion relative à un procès ou à une édition d'œuvres. Les indications bibliographiques qu'on trouvera à la fin de la biographie permettront toujours de retrouver le contexte, du moins en allemand; et le lecteur qui ignore cette langue pourra ainsi trouver dans notre livre un certain nombre de textes qui y sont traduits en français pour la première fois à notre connaissance.
   En second lieu, nous avons plutôt retenu les textes qui éclairaient des aspects psychologiques ou sociologiques de la vie de Beethoven, qui mettaient en lumière ses idées sur le monde, la vie, l'art, son existence et son œuvre à lui, plutôt que les textes qui relataient des péripéties sans grande signification. Nous avons donc cherché à réduire au minimum les détails relatifs aux relations avec les éditeurs, aux disputes avec les frères, aux procès avec les princes, aux difficultés de la tutelle, aux recherches d'un personnel domestique, aux goûts culinaires de Beethoven, etc. Car, sur ce genre de sujets, une narration brève pouvait suffire, et les controverses sont minimes.
   Enfin il nous a fallu choisir souvent aussi entre la vraisemblance plus ou moins grande de traditions inconciliables, comme entre les différentes interprétations d'un même texte. D'autres choix nous guettaient encore : sur la date de telle lettre, ou sur l'authenticité de tel propos rapporté, etc. – Nous ne nous y sommes pas dérobés, tout en indiquant les cas où nous demeurions nous-mêmes indécis. Nous avons cherché à être aussi honnêtes que possible dans nos options ; mais surtout nous avons tenu à mentionner les hypothèses que nous rejetions, et les arguments de ces hypothèses ; et nous avons tenu aussi à donner, même longuement, les arguments de nos propres choix. Le récit y perd sans doute en légèreté, et la lecture en facilité ; mais ainsi le lecteur pourra se faire, pièces en main, sa propre opinion. Après tout, il ne manque pas de vies de Beethoven agréables à lire, et si péremptoires qu'on ne soupçonne pas même en les lisant les partis pris de leurs auteurs. Notre désir était de fournir un instrument de travail et de réflexion ; nous n'avons donc pas essayé de dissimuler les difficultés de notre recherche.
   Dans la mesure où le mot d'objectivité offre un sens en histoire, nous espérons avoir été objectifs. Et nous avons tâché de nous abstenir de toute effusion lyrique dans nos commentaires. Ce livre est un livre plein d'un amour sans réserve et sans limite pour Beethoven ; nous ne cherchons pas à nous en cacher. Mais cette place unique que Beethoven tient dans nos cœurs et dans nos actions, nous n'avons pas à en parler ici, et nous ne voudrions pas en encombrer le lecteur.
   La seconde partie de ce livre – Histoire des Œuvres – demande moins une explication qu'un mode d'emploi. Nous avons cherché à y rassembler, à propos de chaque œuvre, les renseignements historiques qu'on peut avoir sur la genèse de sa conception et de son élaboration, sur les circonstances qui ont accompagné sa naissance et son exécution ou sa publication, sur ce qu'en pensait Beethoven sur le moment ou longtemps après, sur les réactions immédiates des contemporains.
   La plus ou moins grande étendue de chaque notice, voire l'absence de toute notice pour telle ou telle œuvre, n'a jamais rien à voir avec un jugement de valeur de notre part. Il y a des compositions sur lesquelles nous n'avons rien trouvé à dire, ou bien peu de chose, parce qu'historiquement les renseignements font défaut : les contemporains en ont peu parlé, ou les cahiers d'esquisses qui s'y rapportent sont perdus, etc. Quelques-unes des œuvres que nous aimons le mieux n'ont presque pas d'histoire ; d'autres, auxquelles nous tenons moins, ont une histoire abondante ; ce n'est pas notre faute s'il existe plus de documents sur La Bataille de Vittoria que sur le Concerto pour violon.
   Nous avions d'abord pensé ranger ces notices dans l'ordre même de leur numéro d'opus (ou d'œuvre). Deux raisons nous ont conduits à y renoncer. D'une part, cette numérotation n'est pas entièrement l'œuvre de Beethoven : ses frères et ses éditeurs s'en sont mêlés; il en résulte que l'ordre des « opus » (nous ne nous résignons pas à employer le pluriel « opéra ») ne correspond ni à l'ordre chronologique ni à l'exacte intention de Beethoven. – D'autre part, nombre d'œuvres, demeurées inédites ou même publiées du vivant de Beethoven sans qu'il y attache beaucoup de prix, n'ont pas reçu de numéro d'opus ; il aurait été gênant de les reléguer en appendice.
   Nous n'avons pas voulu non plus ranger les notices selon les genres musicaux (symphonies, quatuors, sonates, etc.), car un tel classement aurait brisé l'unité de l'évolution organique de l'œuvre entière. Il peut convenir à une recherche musicologique, mais il n'est pas possible pour un travail historique.
   Nous avons donc cherché à obtenir un classement chronologique, fondé sur les dates de composition, et jamais sur les dates d'exécution ou de publication, des œuvres. Nous ne nous dissimulons pas, et nous ne voulons surtout pas cacher au lecteur, le caractère hypothétique qu'offre souvent un tel classement, et le caractère approximatif qu'il présente plus souvent encore, surtout quand la composition d'une œuvre s'étage sur plusieurs années. Tel quel, il nous semble le plus valable pour l'ensemble, et préférable encore à tout autre.
   Mais il était indispensable de faire précéder ces notices d'un triple catalogue, savoir : un catalogue selon la numérotation par opus ; un catalogue selon les instruments et les genres musicaux ; enfin le catalogue chronologique, dont l'ordre correspond à la succession des notices. Et nous avons reporté sur les deux premiers catalogues les dates de composition indiquées dans le troisième et en tête de chaque page des notices.
   Ainsi, pour prendre un exemple, l'auditeur qui entend annoncer à la radio la Sonate opus 109 n'a qu'à se reporter au premier catalogue (par opus) qui lui indique la date de 1820 ; si en revanche il entend annoncer la Quatrième Symphonie ou la Symphonie en si bémol majeur, il n'a qu'à jeter un regard sur le second catalogue (par instruments et genres) pour obtenir la date de 1806.
   Selon notre premier projet, notre livre s'arrêtait là. Mais, à mesure que se poursuivait notre travail, nous avons éprouvé le besoin de lui adjoindre, comme troisième partie, un Essai. Car, au cours de notre recherche, nous avons fait des découvertes.
   Découverte d'abord de l'importance d'un certain nombre de données que les premiers historiens de Beethoven ont cherché à escamoter, plus ou moins délibérément, de pistes qu'ils ont cherché à brouiller, et que peut-être les historiens suivants n'ont pas toujours suffisamment rétablies. – Découverte ensuite de la convergence d'un certain nombre de textes qui n'ont pu s'influencer mutuellement ; chacun, pris isolément, n'amenait qu'à des suppositions fragiles ; leur amoncellement nous semble imposer des évidences.
   Il est donc arrivé que, partis pour rassembler les éléments d'un dossier et pour faciliter à d'autres l'étude de ce dossier, nous avons été conduits à proposer aussi, sinon tes conclusions définitives d'une enquête que nous n'estimons pas terminée, du moins notre première tentative d'interprétation de ce dossier. Nous avons cherché à le faire, en séparant nettement l'Essai des deux premières parties ; ainsi le lecteur qui ne partagerait pas telle ou telle de nos vues sera plus libre d'utiliser le reste du livre et de chercher à se faire une opinion différente de la nôtre à partir des mêmes données.
   Aucun document n'est donc utilisé dans l'Essai qui ne figure déjà dans la Biographie ou dans l'Histoire des Œuvres ; nous n'avons voulu l'alourdir d'aucune référence et nous avons supposé acquis les résultats des options que nous avions faites plus haut. L'Essai s'appuie constamment sur la Biographie et l'Histoire des Œuvres, mais ces dernières peuvent très bien se passer de l'Essai. C'est ce que nous avons voulu ; car si les interprétations peuvent se discuter à l'infini, en revanche les faits sont têtus.
   D'ailleurs, encore une fois, nous ne nous croyons pas nous-mêmes au terme de notre recherche. Et nous avons trop reçu de Beethoven pour nous estimer quittes envers lui après ce premier travail.

25 euros (code de commande : 18286).

 

[MOZART (Wolfgang Amadeus]. MASSIN (Jean et Brigitte) — Wolfgang Amadeus Mozart. Paris, Club Français du Livre, 1959. In-8° sous reliure d'éditeur, [30], 1202, [76] p., illustrations hors texte, une carte volante à déplier, (collection « Essais », n° 15), exemplaire numéroté (n° 11740), en bel état.
Avant-propos :
   Un enfant prodige à l'éblouissante carrière – une miraculeuse facilité à créer, comme par jeu, des chefs-d'œuvre – une angélique insouciance à passer du rire aux larmes, de la mélancolie à la résignation... Prodige, miracle, ange : la première image d'Épinal peinturlurée par la postérité pour immortaliser Mozart – toujours et jusqu'au tout un enfant, le merveilleux enfant si cruellement arraché à notre affection dans sa trente-sixième année.
   « La partie la plus extraordinaire de la vie de Mozart, c'est son enfance; le détail peut en être agréable au philosophe et à l'artiste. Nous serons plus succincts sur le reste de sa trop courte carrière. » Ainsi ne rougissait pas de s'exprimer Louis-Alexandre-César Bombet, l'un des premiers biographes français de Mozart, mieux connu sous son vrai nom d'Henri Beyle, ou sous son autre pseudonyme de Stendhal. Prestigieux parrainage pour la plus niaise des légendes ; encore, sous cette formulation par trop naïve, n'avait-elle guère d'avenir. Les enlumineurs qui succédèrent à Stendhal ont mis tous leurs soins à étendre au reste de cette trop courte carrière les agréables couleurs de la puérilité ; ils ont insisté sur « l'esprit d'enfance » qu'aurait toujours conservé le prodige devenu adulte. Mais ils ont continué à présenter la même « feuille de saint » : un météore transcendant, inattendu, immérité ; une grâce qui ne saurait être jugée en fonction d'aucune pesanteur ; un miracle toujours, et toujours un ange. Quoi d'étonnant dès lors qu'il soit mort si jeune ? la peinture ni la statuaire n'ont jamais imaginé de vieil ange.
   Et pourtant, s'il faut parler de miracle ou de prodige, en voici un tout autre – et, pour notre part, sitôt que nous avons commencé d'étudier Mozart, c'est celui auquel nous nous sommes trouvés affrontés.
   Il y avait donc une fois un musicien qui, dès ses premières années, possédait dans son jeu tous les atouts : du génie, bien entendu, et l'un des plus précoces du monde ; une famille affectueuse et attentive, un père excellent pédagogue, les meilleurs savants et compositeurs d'Europe tour à tour pour maîtres, bref, les conditions les plus favorables pour épanouir des dons exceptionnels ; nulle difficulté enfin à faire admettre par tout l'univers d'aussi prestigieuses capacités : avant que sa voix n'ait mué, il avait éclaboussé de sa gloire les capitales et les Cours. Et aucune Carabosse n'avait semblé mêler sa malédiction aux présents des fées-marraines.
   Donc il suffisait que l'enfant ne se laisse pas éblouir, et que des années de labeur achèvent d'accomplir un génie naissant, pour que cette vie, commencée comme un conte bleu, s'achève en une apothéose. Or, justement, il ne s'est pas laissé éblouir, il n'a cessé de travailler, les fruits de la maturité ont passé la promesse des fleurs – et on sait quelle fut la fin : l'abandon du public, les railleries des confrères, la défaveur méprisante de presque tous les connaisseurs, la solitude et la misère croissantes, le rythme de la création ralenti, parfois arrêté par l'absence de commandes, la mort odieusement prématurée.
   Comment Mozart en est-il venu là ? Que s'est-il passé pour que le bambin qui transportait l'univers d'enthousiasme soit devenu le premier des « poètes maudits » de l'âge moderne, le compositeur que quelques amis seuls prenaient encore au sérieux et qui n'a jamais pu, de son, vivant, faire exécuter ses trois dernières Symphonies ? Peut-on se contenter d'une vague et banale réponse, alléguer la jalousie des rivaux, la frivolité du public, l'indignité de l'univers ? Ou bien Mozart a-t-il sa part de responsabilité dans cette fin ? A-t-il provoqué la catastrophe à son insu ? ou a-t-il mené sa vie et poursuivi son œuvre selon une réflexion consciente et délibérée ?
   N'osant nous ranger parmi les philosophes ni les artistes, nous avouons ignorer si l'enfance de Mozart leur semble plus extraordinaire que sa fin. Mais, en tant que biographes et esthéticiens, nous considérons la question que nous venons de poser comme la plus grave et la plus passionnante que soulève le « miracle » de Mozart. Et c'est à elle en premier lieu que le présent livre a dû tenter de répondre : qui fut donc Mozart ?
   Mais peut-être faudrait-il d'abord – ou en même temps – répondre à une autre question, moins stupide qu'elle ne semblerait sitôt énoncée: Mozart est-il un nom commun ou un nom propre ? Expliquons-nous mieux: comment se fait-il que, dans le catalogue de ses œuvres, s'en soient glissées d'assez nombreuses et d'assez considérables, qui viennent des auteurs les plus différents les uns des autres – Eberlin ou Jean-Chrétien Bach, Michaël Haydn ou Paisiello –, qu'on lui a attribuées sans hésitation durant fort longtemps, et dont la liste n'est sans doute pas encore close ? – Comment se fait-il que tant de gens tiennent pour l'un des chefs-d'œuvre les plus typiques de Mozart une composition qui est bien loin d'être tout entière de sa main : le Requiem ? – Comment se fait-il, par ailleurs et en sens inverse, que tant de gens, parmi lesquels des musicologues de qualité, jugent couramment « beethoveniennes » des œuvres comme la Sonate en ut mineur ou le Concerto en ré mineur, qui comptent parmi les plus personnelles et les plus caractéristiques de Mozart ?
   En d'autres termes, ceux qui croient aimer Mozart, ceux-là mêmes qui vont souvent jusqu'à l'adorer, aiment-ils en lui un lieu géométrique, le point de rencontre, en même temps que le plus haut symbole et la plus parfaite réussite, de la production musicale de toute une époque ? Ou aiment-ils vraiment ce qu'il a apporté de plus irréductible, de plus irremplaçable dans l'empire de la musique ?
   Nous serions bien sots si nous avions la prétention d'être absolument les premiers à poser des questions semblables. Qu'au Mozart méconnu de Jean Witold (1954) succède le Mozart inconnu de Hanns Dennerlein (« Der unbekannte Mozart », 1955), montre bien qu'aux yeux des musicologues contemporains subsiste un « mystère Mozart » qui n'a pas fini d'être élucidé. – Nous serions tout aussi sots si nous avions la prétention d'élucider à jamais ce mystère, ou d'oublier que nous n'aurions pas même pu tenter la présente exploration si nous n'avions derrière nous les recherches de tant de mozartiens éminents, au premier rang desquels Théodore de Wyzewa, Georges de Saint-Foix, Alfred Einstein... Il nous arrive assez souvent de marquer énergiquement notre désaccord avec l'un ou l'autre d'entre eux, dans les pages qui suivent, pour que notre premier devoir soit de reconnaître ici ce que nous leur devons ; la possibilité même de les contredire, c'est bien souvent à leurs propres découvertes que nous en sommes redevables.
   Mais, quels que soient les coups portés à l'image d'Épinal primitive (qui garde ses partisans, naïfs ou raffinés, en grand nombre, et dans les rangs de ceux qui la contredisent sur plus d'un point sans y prendre garde), il nous semble que, presque toujours, un préjugé vivace est venu dévier la recherche ou empêcher l'exacte mise au point du regard. Ce préjugé selon lequel la vie d'un créateur n'a pas grand-chose de commun avec son œuvre, et n'est presque d'aucun secours pour éclairer ses conceptions esthétiques, ni la mise en œuvre de celles-ci.
   On comprend bien contre quelle menace entend réagir un tel préjugé : la menace des vies romancées à bon compte, de l'absurde explication d'une œuvre par la motivation superficielle d'une anecdote (heureux encore si l'anecdote ne se révèle pas fausse ou discutable). On n'affirmera jamais assez que l'activité esthétique du créateur ne s'exerce pas à la périphérie mais au cœur de son être humain, en une zone assez intime pour dérouter souvent l'observateur qui ne connaît sa biographie que de l'extérieur, assez mystérieuse encore pour se dérober souvent à la conscience claire de l'artiste lui-même. Mais il n'est pas moins important de rappeler que toute œuvre d'art est le produit naturel d'un homme, non l'opération surnaturelle de quelque dieu, tapi en cet homme et transcendant à lui. S'il existait vraiment un petit homme insignifiant, sans grande valeur humaine de l'intelligence et du cœur, et si cet homme avait créé l'œuvre de Mozart, nous serions devant un dédoublement de personnalité si exceptionnel que les psychiatres seuls auraient le droit d'en parler. Et le fait que Mozart (Mozart magnus, corpore parvus, comme il lui arrive de signer) ait en effet paru un petit homme insignifiant à ses contemporains, n'y change rien. – De même, si la transformation qu'opèrent en tout homme sa propre histoire et le déroulement de l'histoire de son temps n'avait rien de commun avec l'évolution de son art, il ne pourrait créer qu'une, œuvre de maniaque ou de schizophrène. Or l'examen seul de l'œuvre et de la vie de Mozart, et séparément de l'une ou de l'autre au choix, suffit à écarter cette hypothèse.
   Nous demander qui fut Mozart – et ce que notre sens esthétique trouve le plus irréductible et le plus irremplaçable, parce que le plus personnel, dans son œuvre, ce n'est donc au fond que la même question sous ses deux aspects complémentaires mais non interchangeables. Pour tenter d'y répondre, ou du moins de l'éclairer, nous avons employé la même méthode qu'en étudiant Beethoven précédemment. Et nous croyons avoir gardé le même soin de placer toujours sous les yeux du lecteur chaque élément de recherche et chaque donnée, afin qu'en définitive il demeure seul juge.
   La première partie de ce livre – Biographie – se présente exactement comme celle de notre Beethoven. Plutôt que de revenir sur les principes qui nous ont guidés dans son élaboration, nous voudrions plutôt qu'on nous permette de signaler quelques particularités qui tenaient ici à noire sujet même.
   En premier lieu, nous croyons devoir avertir k lecteur que la disproportion entre l'importance des diverses parties de notre biographie ne correspond pas à une importance respective des diverses périodes de la vie de Mozart, mais seulement à l'inégalité de la documentation sur ces périodes. Lorsque Mozart vit à Salzbourg, nous sommes presque réduits aux indications éparses dans les lettres postérieures. Lorsqu'en revanche il entreprend son grand voyage à Munich, Mannheim et Paris, la correspondance entre son père et lui devient si abondante que nous avons dû nous résigner à y pratiquer des coupes plus importantes qu'à l'ordinaire; mais ce qu'il nous a paru indispensable d'en conserver demeure encore assez volumineux. En revanche, dans la dernière partie de son existence, surtout depuis son entrée dans la Franc-Maçonnerie, la plus grande partie des lettres de Mozart a été détruite ou caviardée ; c'est une perte impossible à combler. Nous n'avons pas cherché à effacer dans notre récit le déséquilibre qui provient de telles lacunes ; le lecteur, s'il y est sensible, saisira mieux à quel point toute biographie, même celle qui se voudrait la plus honnête, demeure une approximation provisoire.
   Peut-être aussi saisira-t-il mieux, par là-même, le rythme de la progression dramatique qui entraîne Mozart vers l'oubli, l'abandon et la solitude. Le lecteur de notre Beethoven voyait la masse des témoignages de contemporains aller toujours croissant de période en période; il y en avait bien peu sur l'obscur adolescent de Bonn, mais on était venu de partout, en pèlerinage, quémander un instant d'entretien à l'auteur de la Neuvième Symphonie. – Le lecteur de notre Mozart observera le phénomène inverse ; toute l'Europe a retenti d'anecdotes sur l'enfant prodige ; mais il est resté bien peu de gens pour nous parler de l'auteur de Don Giovanni.
   Il pourra faire la même observation, d'ailleurs, en ce qui concerne l'iconographie : nous n'avions presque pas de portraits de Beethoven avant vingt-cinq ou trente ans ; nous n'avions que le choix entre les portraits de Beethoven quinquagénaire. Ici, ayant écarté tous les suspects, il nous restait encore trop de portraits de Mozart enfant, et si peu de Mozart passé vingt-cinq ans. Ainsi pourra-t-on mieux mesurer l'obscurcissement extérieur qui s'épaissit autour des flammes du génie adulte. Comprendre aussi pourquoi l'image d'Épinal d'un perpétuel enfant s'impose, dès que le biographe entend donner à son récit une architecture aussi harmonieuse que celle d'un roman.
   Nous voudrions, en second lieu, nous excuser auprès du lecteur de n'avoir pas cru devoir lui épargner des fréquentations un peu fastidieuses à la longue, ni des expressions crues qu'il finira sans doute par trouver tout aussi monotones. Pour les fréquentations, nous pensons surtout à cette de Léopold Mozart ; nous avons tenu à le citer souvent, longuement, bien plus que les biographes de son fils n'en sont coutumiers, parce que là aussi, là surtout, le lecteur doit pouvoir juger sur pièces. Aucun homme n'a eu sans doute, en positif puis en négatif, une influence si profonde, si durable, si contradictoire, sur le destin de Wolfgang ; aucun non plus ne suscite inévitablement des jugements plus passionnés, en bien ou en mal, à cause de la violence décisive de certaines de ses interventions dans la vie de son fils ; aucun n'aurait besoin non plus d'être expliqué avec plus de nuances ; sans nous récuser devant cette tâche, nous lui avons donné souvent la parole. Si le lecteur le trouve ennuyeux, qu'il veuille bien se consoler en songeant que Wolfgang l'a souvent trouvé plus ennuyeux encore, sans guère trouver la force de s'en cacher. Mais peut-être à la longue réagira-t-il aussi devant Léopold comme devant certains personnages de Proust, exaspérants et attendrissants tout ensemble; on finit toujours au moins par comprendre ceux qu'on accepte d'écouter.
   Pour les expressions crues, nous songeons surtout aux plaisanteries scatologiques dont Mozart égrène inlassablement la litanie dans ses lettres à la petite cousine d'Augsbourg, mais aussi parfois à d'autres correspondants. Scatologiques, presque jamais obscènes, et si monotones qu'elles lassent vite. Seulement, nous ne devions pas les omettre, parce qu'elles font aussi partie du caractère de Mozart et qu'elles peuvent éclairer tels aspects de sa création. Et nous devions d'autant moins les taire qu'elles n'ont jamais été traduites en français, qu'elles font même souvent défaut dans les éditions allemandes et qu'il faut aller les déchiffrer sur les fac-similés des manuscrits – ou dans une traduction britannique ! On en chercherait en vain le moindre soupçon dans les deux éditions successives de la traduction française des lettres de Mozart par Henri de Curzon, tien qu'elle se prétende complète (traduction par ailleurs plus qu'honorable en dépit de quelques contresens, et à laquelle nous tenons d'autant plus à rendre hommage que nous n'avons pu éviter de nous en inspirer souvent). Peut-être plus d'un lecteur sera-t-il scandalisé de ne pas retrouver, dans ces grossièretés, le visage légendaire d'un angélique enfant ; tant mieux si elles peuvent rappeler, même malodorantes, que la musique de Mozart est celle d'un homme !
   En dernier lieu, nous avons cru devoir insister, plus que pour Beethoven, sur les liens qui unissent Mozart aux courants de pensée et aux événements de son temps ; d'une part, ces liens sont plus méconnus en général ; d'autre part, les courants de pensée et les événements qui ont influé sur Mozart (l'Aufklärung, le Sturm und Drang, le joséphisme) risquent d'être moins familiers au public français que la toile de fond – Révolution, Empire, Sainte-Alliance – sur laquelle se détache la pensée de Beethoven.
   Parmi les influences qui se sont exercées sur Mozart, l'une d'elles mérite d'être étudiée avec un soin spécial : celle de la Franc-Maçonnerie. On sait que Mozart fut Franc-Maçon, et le fut avec ferveur, les sept dernières années de sa vie ; mais, souvent, on sait moins bien ce que la Franc-Maçonnerie représentait pour lui, et le rôle qu'elle joua dans sa création. Il nous a paru aussi indispensable de le mettre en lumière que nous aurions jugé nécessaire de mettre en lumière le rôle des mystères antiques, auxquels ils furent initiés, dans l'œuvre de Pindare ou des grands tragiques du siècle de Périclès, ou le rôle des prédications de Savonarole dans l'œuvre de Botticelli ou de Michel-Ange, ou le rôle de la philosophie de Schopenhauer dans la dramaturgie de Wagner. C'était notre tâche d'historiens, et nous nous en sommes acquittés de notre mieux; on voudra bien ne pas attribuer automatiquement aux biographes de Mozart les idées, les sentiments et les convictions qui appartinrent à Mozart ; on voudra bien aussi, en un tout autre sens, penser que la Franc-Maçonnerie du XVIIIe siècle, spécialement en Allemagne, et très spécialement dans le courant qui subit l'influence des Illuminés, peut n'être pas tout à fait identique à ce que devint la Franc-Maçonnerie en d'autres temps ou en d'autres pays.
   La seconde partie de ce livre – Histoire de l'Œuvre – obéit à un double but. Nous avons voulu, comme dans la seconde partie de notre Beethoven, que l'auditeur puisse y consulter, pour chaque œuvre, une notice comportant sur elle tous les renseignements historiques possibles, et nous avons également rangé ces notices dans l'ordre chronologique, en les faisant suivre de trois Catalogues qui permettent un repérage rapide du passage désiré.
   Mais nous voudrions aussi, cette fois, que la seconde partie puisse être en même temps susceptible d'une lecture suivie d'un bout à l'autre, tout en continuant d'être consultable comme un manuel. Car nous avons tenté, en liaison avec la biographie de l'homme, d'y saisir et d'y retracer le développement du processus créateur de l'artiste. Au sens où Gœthe disait : Désormais les écrivains écriront leurs œuvres complètes (constatation déjà largement valable avant lui, pour les musiciens autant que pour les écrivains, et qui s'applique fort bien à Mozart, plus jeune que Gœthe de sept ans), nous nous sommes proposés d'écrire l'histoire, non seulement des œuvres, mais de l'Œuvre de Mozart.
   Car chacune de ses œuvres a bien son histoire propre, mais, quand nous l'examinons isolément, nous ne pouvons trop souvent, en saisir et en dire que la « petite histoire ». Si nous la replaçons, au contraire, entre les œuvres qui la précèdent et la suivent – dans l'ordre chronologique, bien sûr, mais aussi dans celui du genre musical, ou de la tonalité, ou de telle autre caractéristique – nous commençons à voir qu'elle appartient à une histoire plus longue, plus complexe, plus intime, souvent plus rigoureuse qu'on ne l'imaginait : l'histoire d'un génie créateur, qui poursuit son projet d'aventure en aventure. Chaque œuvre demeure achevée par elle-même et continue d'être entendue séparément, donc de nous adresser une confidence ou un message d'ordre, pour ainsi dire, singulier ; mais en même temps nous ne pouvons achever d'en déchiffrer le sens si nous oublions qu'elle s'insère dans un ensemble qui est l'œuvre complète de son auteur.
   C'est d'ailleurs seulement en étudiant un tel ensemble qu'on peut mesurer ce qui, dans son assemblage, se mêle de plus et de moins personnel, de plus et de moins délibéré. Si telle période voit s'accumuler tant d'opéras, et si peu telle autre, c'est que les commandes ont ou n'ont pas manqué, ce n'est pas que l'auteur en a décidé ainsi par un caprice gratuit. Mais inversement, si les œuvres de 1779 sont si différentes des œuvres de 1776, ce n'est pas que le goût du milieu salzbourgeois a beaucoup évolué, c'est que le musicien s'est refusé à suivre plus longtemps ce goût. Le créateur propose et la société dispose – en même temps la société propose et le créateur dispose. Ainsi Mozart, dont le plus cher désir est, en 1779, de composer un opéra, s'en voit-il empêché de l'extérieur et écrit-il la Posthornserenade et la Symphonie concertante qui ne répondent nullement à ce qu'on attend de lui.
   C'est seulement si nous parvenons à dégager, au travers d'innombrables intermittences discontinues, une inlassable cohérence intime, que nous pourrons mesurer ce que l'œuvre, d'un génie offre à la fois de plus nécessaire et de plus libre; donc de plus significatif et aussi de plus précieux, si la liberté, pour exister autrement qu'en rêve, suppose d'abord la nécessité comprise.
   L'audace nous avait manqué, en composant notre Beethoven, pour tenter une semblable recherche à travers l'unité organique de l'œuvre complète. Mais nous la pressentions déjà comme le nécessaire achèvement de la biographie d'un créateur, d'où l'Essai qui en proposait une timide esquisse à la fin du volume ; nous savions – nous savons toujours – que nous ne sommes pas quittes envers Beethoven tant que nous n'aurons pas couru cette aventure avec lui. En étudiant Mozart, nous avons senti plus fortement encore que la Biographie n'appelait pas seulement des notices sur les œuvres, mais une Histoire de l'Œuvre. Le lecteur comprendra mieux, dès lors, pourquoi elle n'est pas cette fois, suivie d'un Essai.
   L'art n'existe pas indépendamment des hommes qui le créent du même mouvement qu'ils vivent l'histoire – l'histoire du monde et la leur. Mais un homme ne serait guère humain encore, s'il ne savait pour quelles valeurs sa vie vaut, à ses propres yeux, la peine d'être vécue, ce qui fait pour lui le prix de son existence, ce qui mérite aussi le prix de l'incompréhension, de la misère, de la solitude – au besoin, de la mort.
   Parmi ces valeurs, il y a l'art. Dans le cas qui nous occupe ici, la musique. Ce qui nous fait frémir de joie en écoutant un chef-d'œuvre, peut-on le séparer de notre communion à une liberté qui s'est affirmée ici, au travers des nécessités comprises, – et de l'obscur sentiment que cette liberté proclame et prépare la nôtre, en tant qu'individus sans doute, en tant qu'espèce humaine à coup sûr ? Ainsi, avec ces mêmes arbres que nous voyons sur les routes de Provence et qu'ils ont vus, Auguste Renoir a créé ce bonheur neuf et Vincent Van Gogh ce drame nouveau! Ainsi Mozart...
   Avec ces instruments, ces tonalités, ces genres musicaux, ces conventions de toutes sortes qui le déterminaient, il a écrit librement – au terme d'un combat qui a duré presque tout le temps de sa carrière – la musique qu'il voulait écrire. Cette liberté du créateur, il ne pouvait la séparer d'une autre liberté, celle de son existence, et il a su la conquérir. De cette double et unique liberté, il a accepté le prix. Pour cela, il demeure exemplaire.
   Ouvrant peut-être notre livre pour mieux s'émerveiller du charme d'un enfant, le lecteur l'achèvera-t-il en ayant rencontré l'homme que nous avons peu à peu découvert, puis suivi à la piste, dans son œuvre et dans sa vie ? Nous n'aurons pas perdu notre travail si nous avons pu l'aider à mieux comprendre, si nous avons d'abord mieux compris nous-mêmes, pourquoi cette vie-là s'est consumée tout entière à créer cette musique-là.

25 euros (code de commande : 18287).

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[ANSERMET (Ernest)]. LANGENDORF (Jean-Jacques) — Vies croisées de Victoria Ocampo et Ernest Ansermet. Correspondance 1924-1969. Paris, Buchet-Chastel, 2005. In-8° collé, 356 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Pendant près d'un demi-siècle, Victoria Ocampo (1890-1979) et Ernest Ansermet (1883-1969) ont échangé une intense correspondance, traitant des sujets les plus variés – musicaux, philosophiques, littéraires –, l'amitié amoureuse y occupant une place centrale.
   D'un côté, nous avons la riche aristocrate argentine, égérie et amie de Rabindranath Tagore, de Ortega y Gasset, de Hermann von Keyserling, de Drieu la Rochelle, de Roger Caillois, liée à des gens aussi dissemblables que Marguerite Moreno, Virginia Woolf, Paul Valéry, Igor Stravinsky, Anna de Noailles, Jules Supervielle, Jorge Luis Borges, Walter Gropius, les frères Huxley, Gisèle Freund, André Malraux et beaucoup d'autres, qui lui vouent tous une admiration passionnée. Hautement cultivée, d'une sensibilité raffinée, appréhendant en profondeur la littérature, la musique et la peinture de son époque, elle nous laisse divers textes concernant aussi bien Dante, Bach, que de nombreuses esquisses autobiographiques regroupées dans les dix volumes des Testimonios. En outre, fondatrice de la revue Sur en 1930, qu'elle dirigera jusqu'à sa mort, elle contribuera au rayonnement des lettres latino-américaines. Son activité en faveur de la vie musicale argentine culminera dans ses efforts pour faire venir Ansermet à Buenos Aires, lequel va être l'introducteur de la musique contemporaine en Argentine.
   De l'autre, nous trouvons un chef d'orchestre suisse romand, lié à Debussy, ami (et découvreur) de Stravinsky, de De Falla, de Ravel, de Bartok, de Kodaly, de Martinu, de Honegger, de Britten ou de Frank Martin, qui dirigera, souvent en première audition, les œuvres les plus considérables du XXe siècle. Fondateur en 1917 de l'Orchestre de la Suisse romande, et cofondateur de l'Orchestre symphonique de Paris, il imposera sa vision de la musique à la tête des plus célèbres ensembles mondiaux, vision qu'il défendra également par l'écrit.

15 euros (code de commande : 18046).

 

[ARTS DU SPECTACLE - CINÉMA]. Les spectacles à travers les âges. Tome I : Théâtre - Cirque - Music-Hall - Cafés-concerts - Cabarets artistiques. Préface par Denys Amiel. Tome II : Musique - Danse. On joint : Le cinéma des origines à nos jours. Préface par Henri Fescourt. Paris, Éditions du Cygne, 1931-1932. Trois volumes in-4° demi-simili rouge à coins, dos lisses ornés, couvertures conservées, tome I : 366 p., tome II : 366 p., tome III : 366 p., nombreuses illustrations in et hors texte dont certaines en couleurs, bel ensemble.
Tables des matières :
   Tome I.

      
Préface, par Denys Amiel.
      - De la naissance du spectacle, par Auguste Rouquet.
      - Le théâtre dramatique contemporain, par Valmy-Baysse.
         - Coup d'œil sur le théâtre à l'étranger.
      - Le théâtre lyrique en France et en Europe, par Pierre Maudru.
         - La France - L'Espagne - L'Italie - L'Allemagne.
      - Acteurs et auteurs.
         - Antoine et le « Théâtre Libre » - Dullin et les débuts de l'« Atelier » - La condition matérielle des acteurs - Dans les coulisses - L'auteur dramatique.
      - L'architecture du théâtre
, par Ch. Siclis.
         - Théâtre Volksbuhne Berlin - Théâtre Staatsoper Dresde - Stadtheater Hambourg - Machinerie du Théâtre Pigalle.
      - Le décor de théâtre, par André Boll.
         - Considérations techniques - Le décor - La scène d'un théâtre contemporain - Mise en place d'un décor - Les appareils d'éclairage de la scène - L'éclairage du décor - Les perfectionnements modernes - Considérations historiques - Le décor au XXe siècle - Théâtre de genre - Théâtre lyrique - Théâtre chorégraphique - Le Music-hall - Les troupes étrangères - Ballets russes - Ballets suédois - La Chauve-Souris - Spectacles Ida Rubinstein - L'Opéra russe - Les metteurs en scène et les directeurs : Jacques Rouché - Les directeurs du « Cartel » : Jouvet, Dullin, Pitoeff, Baty - Les décorateurs modernes - Tendances et orientations actuelles.
      - Le costume de théâtre, par H.-G. Ibels.
         - Le costume d'opéra - Le costume de danse - Le costume d'opéra-comique - La Comédie-Française et le costume - L'enseignement des Ballets russes.
      - Les cirques, par Henry Lyonnet.
         - Les cirques dans l'Antiquité - D'Astley au Cirque d'Hiver - Les dompteurs - Les hippodromes - De Barnum au cirque moderne - Le cirque de nos jours.
      - Le Music-Hall, par Legrand-Chabrier.
         - Origine du terme : music-hall - Qu'est-ce que le music-hall ? - Les origines du music-hall contemporain - Antiquité, Moyen Âge, Renaissance, Grand Siècle - Le premier music-hall français et parisien : chez Nicolet - Les Folies-Bergère de 1869 à 1931 - Les conditions d'exploitation du music-hall contemporain - Ce qu'est, ce que doit être une salle de music-hall - Ce qu'est, ce que doit être une scène de music-hall - Le music-hall contemporain en ses spectacles de « Variétés » - Phénomènes - Illusionnistes - Hommes-Protées - La pantomime - Les marionnettes - Athlètes, acrobates, gymnastes, etc. - Clowns et excentriques - Animaux savants et sauvages - Le tour de chant - La danse - Les sketchs - Jazz et orchestres - Le Music-hall contemporain en ses spectacles de « Revue » - L'avenir du Music-hall.
      - Le café-concert et la chanson, par H.-G. Ibels.
         - Colloque de trois ombres aux Champs-Elyséens - Sous le signe d'Éros - Sous le signe de Vénus - Sous le signe de Mars - Sous le signe de Bacchus - Sous le signe de Clio - Sous le signe de Cérès.
      - Les cabarets littéraires et artistiques, par Achille Astre.
         - Du besoin de se réunir - Le Caveau uni au Cabaret - Les cafés littéraires - La Brasserie des Martyrs - Cafés littéraires et artistiques - Les Hydropathes - Le Cabaret du Chat Noir - Montmartre et Montparnasse.


   Tome II.
      La musique :
         - L'évolution de la musique à travers les âges, par Pierre Maudru.
            - L'Antiquité - La chrétienté et le Moyen Âge - Le dix-huitième siècle - Le dix-neuvième siècle.
         - La musique contemporaine, par André George.
            - En France - Ailleurs.
         - Note historique sur les principaux instruments de musique.
         - Musique et mécanisme, par André George.
      La danse :
         - La danse dans l'Antiquité, par A. Rouquet.
         - Les ballets de cour, par Claude Berton.
         - Le ballet à l'opéra, par J.-G. Prod'homme.
         - Le ballet classique, par Jane Hugard.
            - Le caractère et l'évolution technique.
         - La révolution d'Isadora Duncan, par Fernand Rivoire.
         - Les ballets russes et les ballets suédois, par Paul-Sentenac.
         - Le décot de ballet, par André Boll.
         - Les danses régionales françaises, par Jean Camp.
         - Les bals publics de Paris, par Henry Lyonnet.
         - Note sur les principales danses modernes.
         - Archives théâtrale, par Auguste Rolland.
            - Auguste Rondel à la Bibliothèque de l'Arsenal.


  
 Tome III.
      - Préface, par Henri Fescourt.
     - Précisions sur l'histoire du cinématographe, par G.-M. Coissac.
         - Prophètes et précurseurs - La photographie et l'étude du mouvement - La chronophotographie - Le cinématographe - Production de l'image cinématographique - L'évolution du cinéma.
      - Jules Marey et la chronophotographie, par le Dr Noguès.
      - Le cinéma parlant, par Michel Picot et Henri Charollais.
         - La couleur et le relief en cinématographie.
      - Les laboratoires de tirage, par Georges Maurice.
      - La naissance d'un film, par Louis Saurel.
         - Le choix d'un sujet (a. Le choix d'une œuvre littéraire b. Les sujets conçus en vue de l'écran) - Le scénario - Les principaux centres de production - La mise en scène - Le montage du film - La post-synchronisation - La carrière d'un film en public - La censure - L'éditeur - Le lancement d'un film - La présentation corporative - Grande exclusivité - L'exploitation générale - Le public des cinémas - La carrière des films à l'étranger.
      - L'évolution artistique du cinématographe, par René Jeanne.
         - Naissance du cinématographe - Naissance de l'art cinématographique (France-Italie 1904-1914) - Le cinéma pendant la guerre : le cinéma suédois, le cinéma américain, le cinéma allemand, le cinéma russe - Les dessins animés.
      - Le cinéma en France après la guerre, par Jean-Louis Bouquet.
         - Le rôle du metteur en scène - L'Avant-garde - Les derniers grands films muets - L'avènement du sonore - Que seront les lendemains ?
      - Les stars, par G.-A. Auriol.
         - Le travail au studio.
      - De la la photogénie dans ses rapports avec les objets, les êtres et la nature, par Joé Hamman.
      - Le cinématographe et les sciences de la nature, par le Dr Comandon.
      - Reportage, par J.-L. Croze.
      - Le producteur, son rôle, par Ch. Delac.
      - L'auteur de films, par Charles Burguet.
      - Finance et cinéma, par Gael Fain.
      - Le cinéma d'avant-garde, par Germaine Dulac.
         - Les œuvres d'avant-garde cinématographique - Leur destin devant le public et l'industrie du film - Évolution historique - Essor définitif de l'avant-garde - Organisation de l'exploitation des films d'avant-garde. Conclusion.

L'ensemble : 180 euros (code de commande : 16181/YB).

 

[BEETHOVEN (Ludwig van)]. BUCH (Esteban) — La Neuvième de Beethoven. Une histoire politique. Paris, Gallimard, 1999. In-8° collé, 364 p., illustrations hors texte, (collection « Bibliothèque des Histoires »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Depuis sa création en 1824, la Neuvième Symphonie est l'œuvre qui, dans la musique occidentale, a connu le plus grand succès politique, jusqu'au choix récent de l'« Ode à la joie » comme hymne officiel de l'Europe.
   Esteban Buch entreprend de rendre compte de cet éclatant parcours et d'analyser les multiples composantes de ce phénomène sans précédent : la naissance des hymnes politiques de la modernité nationale (God Save the King, La Marseillaise, L'Hymne à l'Empereur de Haydn, etc.), que Beethoven réussit à transfigurer dans son langage symphonique ; la tentative des compositeurs romantiques de faire de la Neuvième la pierre d'angle d'un culte de la musique ; la constitution, tout au long du XIXe siècle, du mythe de Beethoven, auquel participent célébrations et commémorations, des funérailles en 1827 au centenaire, en passant par l'érection de la statue de Bonn en 1845.
   Toutes les familles politiques, mêmes les plus opposées, républicains français et nationaux-socialistes allemands, par exemple, se sont emparées du finale de la Neuvième jusqu'à la république raciste de Rhodésie qui en a fait son hymne national.
   Comment le message universaliste utopique de Schiller – « Tous les hommes deviennent frères » – a-t-il pu faire l'objet de tant d'appropriations contradictoires et incompatibles ? Paradoxe déconcertant et emblématique de la culture européenne dont l'exploration, qui n'avait encore jamais été tentée, arrive à l'heure au rendez-vous de l'Histoire.

18 euros (code de commande : 16600).

 

BELTRANDO-PATIER (Marie Claire) [Dir.] — Histoire de la musique. La musique occidentale du Moyen Âge à nos jours. Préface de Marc Honegger. Paris, Bordas, 1993. Fort in-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 638 p., illustrations in et hors texte en noir et en couleurs.

40 euros (code de commande : Musique/6996).

 

[BERLIOZ (Hector)]. BOSCHOT (Adolphe)Hector Berlioz, une vie romantique. Nouvelle édition revue et augmentée. Paris, Plon, 1943. (Mention de 19e édition). In-12 broché, 349 p., manque à la couverture.

7,50 euros (code de commande : Musique/6175).

[BERLIOZ (Hector)]. CAIRNS (David) — Berlioz. Tome I : La naissance d'un artiste 1803-1832. Traduit de l'anglais par Dennis Collins. Paris, Belfond, 1991. In-8° broché, 607 p., un cahier d'illustrations, (collection « Voix »).

15 euros (code de commande : Musique/3424).

 

[BIZET (Georges)]. LANDORMY (Paul) — Bizet. Préface d’ALAIN. Paris, Gallimard, 1950. In-12 broché, 226 p., (collection « Leurs Figures »), exemplaire non coupé.

9 euros (code de comande : 136/60).

 

BODEUX (Émile)La danse à travers les âges et les pays. Paris - Bruxelles, Les Éditions Artistiques et Scientifiques, 1935. In-8° broché, 84 p., illustrations.

9 euros (code de commande : 1419).

 MARIA CALLAS

 

Callas. Avec un texte d'Attila Csampai et un hommage d'Ingeborg Bachmann. [Paris], Éditions du Collectionneur, 2001. In-4° broché, 253 p., très nombreuses illustrations, exemplaire en parfait état.
Introduction :
   La fascination suscitée par la personnalité et l'art dramatique de Maria Callas (1923-1977) est devenue près de vingt-cinq ans après sa mort un véritable culte. L'art de la Callas, immortalisé par d'innombrables enregistrements en direct ou en studio, bouleverse aujourd'hui encore ceux qui n'ont pu la voir sur scène. Sa vie, mélange de conte de fées et de tragédie, insulte en quelque sorte à l'esprit étriqué des années cinquante, ne cesse d'émouvoir. Cet ouvrage comporte de nombreuses photos des légendaires apparitions de la Callas sur scène, des portraits, des photos de presse et des clichés privés, il se veut être un livre-hommage critique, qui cherche à cerner ce phénomène unique dans l'histoire de l'opéra et dans notre histoire récente. Il ne s'agit pas d'une biographie classique, mais d'une étude sur un génie musical incomparable et sur ses rapports avec le public et les critiques. Des clichés de photographes du monde entier ont contribué à constituer ce témoignage vivant dédié au mythe, à l'artiste et à la femme Maria Callas.
   Ces documents visuels témoignent de son incroyable présence scénique et de la formidable expressivité qui transformaient en événement particulier chacune des interprétations de la Callas.
   L'importante iconographie qui illustre Callas avec des œuvres de photographes du monde entier est complétée par un hommage de la romancière autrichienne Ingeborg Bachmann, un texte du musicologue et journaliste munichois Attila Csampai, ainsi que par une discographie établie par Dicter Fuoss.

15 euros (code de commande : 14633).

ALLEGRI (Renzo) — La véritable histoire de Maria Callas. Traduit de l'italien par Thierry Laget. Paris, Belfond, 1992. In-8° collé, 285 p., illustrations hors texte, exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Elle avait été acclamée par tous les publics du monde, de la Scala au Metropolitan Opéra ; mais c'est dans une solitude absolue, le 16 septembre 1977, que mourut la plus grande chanteuse du siècle.
   Si le livre de Renzo Allegri apporte un éclairage nouveau sur la vie de Maria Callas, c'est parce qu'il a été rédigé à partir de documents inédits jusqu'à aujourd'hui. La plupart de ces documents – principalement des lettres –, Renzo Allegri les a reçus de Giovanni Battista Meneghini, le mari de la cantatrice.
   Non, cette diva ne fut pas la star capricieuse, la chanteuse jalouse des autres artistes ni la femme, avide de luxe et d'argent, négociant ses contrats de manière intraitable. Cette image, si l'on relit la presse de l'époque, est pourtant celle que de nombreux journaux et magazines ont contribué à diffuser. Pourtant, si la Callas régna sur l'opéra des années 50 et 60, elle y parvint grâce à son art et non à ses intrigues.
   Pour le reste, il suffit de prendre connaissance par exemple de cette étonnante série de lettres – anonymes ou non – reçues par la Callas pour mesurer les haines qui se déchaînèrent contre elle... Le temps a passé et l'on a oublié que de nombreux chroniqueurs l'éreintèrent avec ténacité... La famille de la Callas, Meneghini qui prétendait l'avoir découverte et qui fut son agent exclusif, plus tard Onassis, ceux qu'on appelle les proches, nul ne semble avoir fait grand cas de ses sentiments... Renzo Allegri l'affirme : tout au long de sa vie, la Callas endura blessures et humiliations, douleurs et trahisons. Même au sommet de sa gloire, Maria souffrit de l'incompréhension des autres et, plus encore peut-être, d'être exploitée par ceux qui étaient censés l'aimer. Et lorsqu'elle provoqua des scandales, on s'aperçoit qu'elle en fut le plus souvent... la victime.

12 euros (code de commande : 14624).

GOISE (Denis) — Maria Callas. La diva scandale. [Sa vie - Ses amours - Ses folies - Sa mort.] Paris, Authier, 1978. In-8° broché, 196 p., illustrations hors texte, (collection « Rayon Souvenirs et Mémoires »).
En quatrième de couverture :
   Maria Callas !
S'il est un nom qui a brillé aux sommets des opéras et de la vie mondaine, c'est le sien.
Elle pesait 105 kilos à 20 ans, et quelques mois plus tard, elle en avait perdu 40 !
Elle a été mariée ; sans jamais avoir divorcé elle a vécu un grand amour avec Onassis. Enfin ayant perdu sa voix, elle est morte seule mais certainement pas oubliée.
Denis Goise a volontairement délaissé l'aspect professionnel de cette vie fabuleuse. Il ne s'est intéressé qu'aux éclats, aux passions, aux amours et aux folies de celle qui aura peut-être été la dernière Diva, au sens du XIXe siècle, c'est-à-dire une grande star.

13 euros (code de commande : 14628).

KARAKOULOS (Melina) — Maria Callas. La diva. [10 ans déjà...] Paris, Lafon, 1987. In-8° collé, 237 p., illustrations hors texte.
Table des matières :
   - Je partirai sans regret.
   - Une terrifiante volonté.
   - Et Meneghini créa la Callas.
   - Aller plus loin.
   - Le bal de la comtesse.
   - Une croisière mouvementée.
   - Un scandale mondial.
   - Chassé-croisé.
   - Sur la mer calmée.
   - Adorable Maria.
   - Triomphe à la Scala.
   - J'ai envie d'autre chose.
   - Entracte.
   - L'été américain.
   - Victime d'une syncope.
   - Pour l'amour du Grec.
   - Un grand espoir déçu.
   - L'amour passe, la tendresse jamais.
   - Une femme... une carrière.
   - Discographie.

13 euros (code de commande : 14629).

LORCEY (Jacques) — Maria Callas. Paris, PAC, 1977. In-8° broché, 429 p., nombreuses illustrations, (collection « Têtes d'Affiche »), exemplaire en très bon état.
En quatrième de couverture :
   Pour l'amateur le moins averti, le nom de Maria Callas évoque irrésistiblement l'opéra et le bel canto depuis vingt-cinq ans.
   Et déjà sa gloire égale celle de Caruso dans la ferveur populaire !
   En 1947, l'Italie voit apparaître une jeune cantatrice, d'origine grecque, dont les moyens vocaux et la technique – exceptionnels – ne font pourtant pas oublier un physique peu agréable et une certaine maladresse scénique.
   Après quelques mois, encouragée par son époux Gian-Battista Meneghini et par l'illustre chef d'orchestre Tullio Serafin, elle va devenir une immense vedette, éblouissante de beauté, écrasant toutes ses rivales par sa présence exceptionnelle et son jeu, d'un dramatisme intense, qui fait d'elle, selon Jacques Lorcey, « une nouvelle Rachel ».
   Elle rend ainsi à l'opéra ses titres de noblesse, prouvant aux nouvelles générations que le théâtre lyrique peut être, lui aussi, un spectacle passionnant et « moderne ».
   Son ascension foudroyante, qui coïncide avec l'avènement du microsillon, fait bientôt de « la Callas » une star mondialement célèbre. Le moindre événement de son existence fascine les foules. Nul n'ignore plus ses cures d'amaigrissement, ses amours tumultueuses avec le milliardaire Aristote Onassis, ses brouilles retentissantes avec ses partenaires... Même les « scandales » qu'elle déclenche (causés, le plus souvent, par une sensibilité exacerbée ou par de légitimes exigences professionnelles) servent sa légende...
   Jacques Lorcey, qui connaît bien les problèmes de l'art lyrique, a suivi depuis ses débuts, au disque comme à la scène, cette carrière unique, dont il donne ici le récit passionné, se référant souvent aux déclarations de Maria Callas elle-même ou de ses proches.
   Prévu dans cette collection depuis plusieurs mois, l'achèvement de ce travail coïncide malheureusement avec la tragique disparition de Maria Callas, que rien ne pouvait laisser prévoir.
   Ce livre, qui conte sa vie par le texte et par l'image, prend désormais la forme d'un ultime et vibrant hommage rendu à l'un des plus grands « monstres sacrés » du vingtième siècle.

20 euros (code de commande : 14627).

MONESTIER (Martin) — Maria Callas. Le livre du souvenir. S.l., Sand, 1985. Grand in-4° collé, 269 p., nombreuses illustrations, exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   L'hiératique, l'infante, la souveraine.
   Comment vivre avec, dans sa cage thoracique, dans ses entrailles, une telle anomalie de la nature : cette voix ?
   Voici un livre consacré à Elle.
   Pas seulement à la femme. A la divinité en elle.
   À son être brûlant comme une madone, que le désespoir a peu à peu éteint.
   Parce que cet autre dévorait tout, sacrifiait ses désirs, ses besoins, ses faiblesses.
   Car il fallait enfanter cette voix surnaturelle, échappée de ces cordes vocales comme un miracle, il fallait l'enfanter chaque jour.
   Il fallait que cette voix traverse lès opéras, les foules, le monde, pour leur jeter un enchantement.
   Un enchantement trop pur pour mourir.
   Les peuples de la terre ne s'en délivreront jamais.

25 euros (code de commande : 14634).

TUBEUF (André) — La Callas. Paris, Assouline, 1998. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 79 p., nombreuses illustrations, (collection « Mémoire de Stars »), exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Maria Callas, ou l'aventure d'une artiste foudroyante qui révolutionna le bel canto, d'une diva qui inventa et sut imposer la modernité de l'opéra ancien en prêtant le timbre unique de sa voix aux œuvres de Verdi, Bellini, Puccini ou Donizetti, d'un être exceptionnel transfiguré par ses rôles. Son destin aurait pu être celui d'une héroïne d'opéra : une Cendrillon devenue fée qui se brûle les ailes et la voix, avant que la vie dorée et Onassis, dans le rôle inattendu du prince charmant, ne finissent par la consumer tout à fait. Destin qui la confond à jamais dans nos mémoires avec les Norma et les Traviata, les brûlées vives.

10 euros (code de commande : 14626).

 

[COLLAER]. Fonds Paul et Elsa Collaer. Choix de cent documents. Catalogue rédigé sous la direction d'Yves Lenoir. Bruxelles, Bibliothèque Royale de Belgique, 2000. In-8° collé, 207 p., illustrations hors texte.
Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la Bibliothèque royale de Belgique, à Bruxelles, du 4 février au 11 mars 2000.
Extrait de l'avant-propos :

   Peu d'hommes ont eu une vie aussi remplie que celle de Paul Collaer. Décédé en 1989, à l'âge de 98 ans, il marqua de son empreinte la vie musicale belge du 20e siècle. Tour à tour pianiste, critique musical, organisateur de concerts, haut fonctionnaire à la radio, chef d'orchestre et ethnomusicologue, il exerça tous les métiers de la musique.
   À l'occasion de l'acquisition d'une part importante de ses archives musicales, la Bibliothèque royale de Belgique se devait de lui rendre hommage et de lui consacrer une exposition. Bien qu'il soit prématuré de faire œuvre scientifique et d'évaluer à leur juste valeur les écrits et les activités du musicien, il nous a semblé opportun de présenter au public un échantillon de ses archives qui puisse témoigner de la diversité de son action et rendre compte d'une époque – hélas peut-être révolue – où la Belgique occupait une place prépondérante dans l'activité musicale européenne.
   Avec tout l'arbitraire que peut représenter la sélection de 100 documents – parmi un ensemble qui en compte plusieurs milliers – les auteurs de ce catalogue ont souhaité relancer l'intérêt des scientifiques pour l'œuvre protéiforme de Paul Collaer. La mise à disposition des chercheurs, dans les mois à venir, d'un des fonds musicaux les plus riches du 20e siècle, devrait en effet permettre de susciter des vocations et de mieux appréhender, non seulement la vie musicale à Bruxelles, mais encore l'histoire de la musique contemporaine au 20e siècle et de sa diffusion.
   Si la critique sera sans doute sévère à rencontre des écrits d'un homme qui eut le tort de se disperser, nul doute que l'histoire retiendra son étonnant combat en faveur de la musique moderne et de l'ethnomusicologie. Grâce à lui et à une poignée de pionniers, la Belgique joua un rôle non négligeable dans le concert musical des nations.

5 euros (code de commande : 15330).

 

La création de l'opéra anglais et "Peter Grimes". Publiés sous la direction de Eric Crozier. Paris, Richard-Masse, 1947. In-12 broché, 121 p., illustrations, (collection « Triptyque »), non coupé.

7,50 euros (code de commande : Musique/3430).

 

DUMESNIL (René)Histoire illustrée du théâtre lyrique. Paris, Plon, 1953. In-8° broché, 240 p., nombreuses illustrations hors texte, (collection « Ars et Historia »).

12 euros (code de commande : Musique/6181).

 

La Flûte enchantée. Bruxelles, Labor, 1993. In-8° broché, 79 p., (collection « Archives du Futur - Opéra »).
Table des matières :
   - Préface, par Paul Danblon.
   - Le siècle des Lumières, par Brigitte Massin.
   - De la loge à la scène : La Flûte Enchantée, féerie maçonnique, par Henri Plard.
   - Le personnage féminin dans les opéras de Mozart, par Jacqueline Harpman.
   - Pensées et réflexions, par Friedrich Pleyer.
   - Parcours initiatique d'un travail-vie, à vivre, par Albert-André Lheureux.
   - Secret chemin d'une création, par Catherine Simon, d'après la scénographie de Jean-Claude De Bemels.
   - Distribution.
   - Notes biographiques.

8 euros (code de commande : 14467).

 

[GLATIGNY]. CHABANNES (Jacques) La sainte bohème : Albert Glatigny. Préface de Francis Carco. Paris, Grasset, 1948 (mention de 4e édition). In-12 broché, 226 p., frontispice.

10 euros (code de commande : 214/61).

 

[GOSSEC (François-Joseph)]. DUFRANE (Louis) — Gossec. Sa vie, ses œuvres. Paris - Bruxelles, Fischbacher - Lamertin, 1927. In-8° broché, 267 p., quelques illustrations hors texte, feuillet volant d'errata, un des 150 exemplaires numérotés sur papier vergé (n° 31), bel exemplaire non coupé.
Avertissement :
   Les partitions de Gossec ont disparu depuis longtemps des répertoires. Mais elles n'ont point cessé de retenir l'attention des musicographes, et par là elles nous sont restées plus ou moins familières... En revanche, la vie et la carrière du compositeur nous sont assez mal connues. Bien qu'extrêmement intéressantes à étudier, elles n'ont encore fait l'objet d'aucune biographie détaillée.
   On s'expliquera dès lors, que dans cet ouvrage de vulgarisation, je me sois attaché davantage à dévoiler l'homme qu'à disséquer son œuvre artistique. Aussi bien il n'est pas défendu de penser que le Gossec rénovateur de l'enseignement, éducateur des masses et créateur de la musique concertante populaire, dépasse de beaucoup le Gossec compositeur de menuets et d'opéras-comiques. Si l'art musical s'est démocratisé chez nous dès le début du XIXe siècle ; si plus tard il a pénétré, sous forme d'orphéons, de fanfares et d'harmonies, jusqu'à dans nos moindres bourgades, c'est à l'ancêtre Gossec qu'on le doit, au Gossec de 1789, au « Tyrtée de la Révolution ». C'est à ce Gossec-là que vont notre reconnaissance et notre admiration.
   Cet ouvrage doit être considéré essentiellement comme une biographie qu'on a essayé de rendre aussi complète que possible.
   La vie de Gossec offre aux chercheurs et aux historiens deux périodes nettement tranchées : une période d'obscurité et une période de clarté, pourrait-on dire. Des années antérieures à 1753 on ne connaît presque rien et en tout cas rien de précis. Pas le moindre bout d'écrit sur quoi nous appuyer, si ce n'est un extrait baptistaire, et aussi un acte de mariage, fort troublant mais non décisif, que nous avons retrouvé à Anvers. C'est tout. De longues recherches, de consciencieuses enquêtes poursuivies à Vergnies, à Walcourt et à Maubeuge nous ont cependant permis d'étayer de très solides conjectures, mais ce ne sont que des conjectures...
   Par contre, la carrière de Gossec après 1752, et surtout après 1760, est des plus aisée à retracer. Les documents abondent, qui nous renseignent à souhait : journaux, mémoires, rapports, libelles, pamphlets, les uns très connus, les autres plus ou moins inédits (telle la correspondance du citoyen Durieu). J'ai abondamment tiré parti de ces collections d'imprimés en m'efforçant d'en coordonner de nombreux extraits. C'est dans le même esprit que j'ai cité et commenté les ouvrages consacrés en tout ou en partie à Gossec par les critiques et les musicographes d'hier et d'aujourd'hui. Tous ces ouvrages font l'objet de notes où sont mentionnés auteurs, titres, éditeurs et lieux de publication. Toutefois, je n'ai indiqué aucun éditeur pour la Correspondance littéraire de Grimm, non plus que pour les Mémoires secrets (Bachaumont). Ces deux recueils ayant été écrits au jour le jour, j'y renvoie aux dates et non aux pages, ce qui permettra de consulter indifféremment toutes les éditions qu'on trouve dans les Bibliothèques. Pour les Essais de Grétry, on se référera à l'édition populaire d'Eug. Muller, parue sous le titre : Voyages, études et travaux. (Paris, Delagrave, 1889.)

25 euros (code de commande : 16950).

 

[GOUNOD (Charles)]. LANDORMY (Paul)Gounod. Paris, Gallimard, 1942. Mention de dixième édition. In-12 broché, 275 p.

7,50 euros (code de commande : Musique/6184).

 

GRÉTRY (André-Modeste) Mémoires ou essais sur la musique. Nouvelle édition comprenant les principaux chapitres augmentés de notes et publiée par Paul Magnette. Liège, Vaillant-Carmanne, 1914. Fort in-12 broché, 472 p., rousseurs, mention d'appartenance sur la page de garde, couverture défraîchie, ouvrage peu courant.
Extrait de la préface :
   
Grétry, dans ses Mémoires, apporta des idées de modernisme du plus haut intérêt, et prophétisa les réformes et les progrès que la musique devait accomplir. Et il convient de rendre hommage à la la modestie de ce musicien délicieusement doué, qui eut la franchise de délimiter son talent et de reconnaître qu'il ne se sentait point le génie indispensable à la réalisation de toutes les réformes qu'il préconisait.
   Parmi ces réformes, il en est d'essentielles. N'est-ce pas Grétry qui comprit, dès qu'elle apparut, toute l'importance que l'orchestration nouvelle devait avoir dans l'histoire musicale ? N'est-ce pas lui qui s'attaque à la musique italienne, dont il signale les graves défauts : scènes trop longues, ritournelles oiseuses, psalmodies banales, roulades et répétitions ennuyeuses ? N'est-ce pas lui, encore, qui préconise la construction d'un théâtre modèle, idée reprise et réalisée par Wagner, l'importance qu'il convient d'accorder à la partie instrumentale de l'opéra ?
   C'est encore Grétry qui dit : « C'est du sentiment des paroles que le musicien doit tirer son mouvement ; rien n'oblige à terminer un morceau dans le ton initial si le sentiment que la musique décrit a évolué au cours du morceau. »
   Ces théories, émises dès 1789, ce sont celles que B. Wagner, un demi-siècle plus tard, reprit à son compte personnel, en s'attribuant la gloire d'avoir été le premier à les exposer.
   On ne pourrait donc assez insister sur la très haute valeur que présentent les écrits théoriques de Grétry dans l'histoire de la musicologie.

35 euros (code de commande : 17024).

 

GUMPLOWICZ (Philippe) — Les travaux d'Orphée. 150 ans de vie musicale amateur en France. Harmonies-Chorales-Fanfares. Préface de Madeleine Rebérioux. Paris, Aubier, 1987. In-8° collé, 307 p., illustrations hors texte, (collection « Historique »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Harmonies, fanfares, orphéons, disques, chorales, batteries, fanfares... Un bonheur parfait, familier, français. Mais aussi une histoire, presqu'une utopie.
   Dans les premières années du XIXe siècle, des philanthropes, bientôt relayés par des musiciens, veulent faire de la France une nation musicienne. Excusez du peu... Quand Stendhal affirme que la France est le pays le moins musical du monde.
   Une épopée à la Jules Verne... La vraie, la grande musique, écoutée et jouée par n'importe qui ; le plaisir du prince qui devient – dans un glissement de sens – la culture de tous.
   Ils s'appellent les orphéonistes. Ils sont ouvriers, boutiquiers, employés, cultivateurs. Plus de 300000 musiciens, groupés en sociétés. Sous la IIIe République, ces médiateurs culturels offriront au peuple ses premières salles de concert, ses premiers orchestres, ses premières écoles de musique.
   Les Travaux d'Orphée : une histoire et une ethnologie d'une micro société française : le monde des musiciens amateurs.

12 euros (code de commande : 16603).

 

HAINE (Malou) — Les instruments de musique dans les collections belges. Musical instruments in Belgian collections. Muziek-instrumenten in Belgische verzamelingen. Liège, Mardaga, 1989. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 214 p., nombreuses illustrations en couleurs, édition trilingue français, anglais, néerlandais, exemplaire en très bel état.
Sur la jaquette :
   Cet ouvrage s'adresse au grand public ; c'est l'invitation d'un connaisseur à découvrir de beaux instruments de musique conservés dans les musées belges, non seulement au Musée instrumental de Bruxelles ou au Vleeshuismuseum d'Anvers qui abritent les collections les plus prestigieuses, mais aussi aux musées de Bruges, Gand, Liège, Mons, Namur et Tournai. Ces collections très importantes ne sont évoquées dans cet ouvrage que par un choix de quelque 150 instruments européens, sélectionnés pour leur beauté ou leur spécificité. Ceux-ci sont présentés par catégorie et couvrent les périodes allant du 16e au 20e siècles.

30 euros (code de commande : 17732).

 

Harmonies & fanfares en Luxembourg. Bruxelles, Crédit Communal, 1983. In-4° broché, 111 p., illustrations en noir.
   
Catalogue de l'exposition organisée au Palais Abbatial de Saint-Hubert, du 25 juin au 31 juillet 1983.
   Table des matières :
   - Préface
   - La Fédération Musicale Namur-Luxembourg.
   - Approches historiques :

      - Les sociétés de musique à travers la province de Luxembourg. Essai de répartition géographique.
      - Les règlements : reflets d'un état d'esprit d'une société.
      - Les comptes et budgets : reflets de la vie d'une société.
      - La musique des Forces de l'Intérieur et son impact sur les sociétés du Sud-Luxembourg.
   - Aspects musicologiques :
      - La formation musicale des instrumentistes.
      - Le répertoire.
      - Les compositeurs régionaux.
      - La facture instrumentale.
   - Fêtes et cérémonies :
      - La fête du village.
      - Les grands feux.
      - Saint-Hubert.
      - La Hàmmelsmarsch, les Fâchtebounen, la Foire aux Amoureux.
      - La Foire aux Noix à Bastogne.
      - L'exemple militaire.
      - Fêtes patriotiques.
      - Religion, laïcité.
      - La politique.
      - Festivités des musiques.
      - Le néo-folklore.

   - Répertoire des sociétés de la province
   - Catalogue.

15 euros (code de commande : 16259).

 

[HONEGGER (Arthur)]. DELANNOY (Marcel) — Honegger. Paris, Pierre Horay, 1953. In-12 broché, 252 p., illustrations hors texte, couverture un peu défraîchie.

7,50 euros (code de commande : Musique/3432).

 

HURARD-VILTARD (Eveline) — Le Groupe des Six ou Le matin d'un jour de fête. Paris, Méridiens Klincksieck, 1987. In-8° broché, 341 p.
En quatrième de couverture :
   C'est dans la fête perpétuelle de 1920 qu'éclate le météore Six.
   Honegger, Milhaud, Poulenc, Auric, Tailleferre, Durey, avec leur « chroniqueur poétique » Jean Cocteau, et leur père spirituel Erik Satie, se placent d'emblée au firmament de l'avant-garde artistique et travaillent en étroite relation notamment avec les poètes et les peintres, comme jamais musiciens ne l'ont fait, à « fabriquer l'époque ».
   Il fallait raconter cette folle histoire, longue d'à peine un lustre, où tous les moyens sont utilisés, même le canular, pour lutter contre les excès de l'expression dont s'étaient rendus coupables le romantisme et l'impressionnisme.
   « Vive le coq, à bas l'arlequin »

15 euros (code de commande : 16606).

 

[JAZZ]. HORRICKS (Raymond) — Jazzmen d'aujourd'hui. These jazzmen of our time. [Avec la collaboration de :] Charles Fox, Benny Green, Max Harrison, Nat Hentoff, Ed Michel, Alun Morgan, Martin Williams. Traduit de l'américain par Robert Paris. Préface de Frank Tenot. Paris, Buchet/Chastel - Corrêa, 1960. In-8° broché, 356 p., illustrations hors texte.
@ Ce volume contient des études sur Thelonius Monk, Miles Davis, J.J. Johnson, Gerry Mulligan, Bud Powell, Gil Evans, Milt Jackson, John Lewis, Max Roach, Art Blakey, Jimmy Giuffre, Dave Brubeck, Charles Mingus, Gigi Gryce, Sonny Rollins et Quincy Jones.

25 euros (code de commande : 10029).

JOYEUX (Odette) — Le monde merveilleux de la danse. Paris, Hachette, 1967. In-8° sous cartonnage illustré d'éditeur, 188 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs.
Avant-propos :
   « Ce livre est dédié à la jeunesse, mais comme la jeunesse n'a pas d'âge, je souhaite qu'il puisse intéresser, toucher ou distraire ceux qui aiment la danse comme on aime le printemps ; oui, comme on aime tout ce qui est renouveau, renouvellement, mouvement, en un mot : la vie.
   La danse est un art d'imitation. Elle'est à l'image de la nature, multiforme et fondée sur le rythme de l'univers : le jour, la nuit, les saisons, les périodes, les cycles. Ainsi peut-on remonter jusqu'à la préhistoire, jusqu'à la nuit des temps d'où vient pourtant « le vierge, le vivace et le bel aujourd'hui ».
   Parmi les neuf muses qui président aux arts, c'est Terpsichore qui symbolise la danse. De ce fait, elle représente en même temps la jeunesse. La jeunesse, celle de la création, sans cesse recommencée, sans cesse renouvelée, qui fait de chaque nouveau-né une espèce de petit danseur déjà conduit par le rythme qui soulève sa frêle poitrine, et que scandent, impérieux, irrésistibles, les battements de son cœur.
   Dès qu'il commence à vivre, l'homme cherche, par le geste, à exprimer l'inexprimable, à dire en quelque sorte l'indicible, les jeux de la nature et de ses éléments, et pour lui-même les mouvements de son âme, les élans de son cœur. L'art de la danse est le plus vieux du monde, parce qu'avant d'être conscience ou réflexion, il est instinct.
Ainsi, il faut traiter notre éternellement jeune Terpsichore avec le plus grand respect, car sous sa ravissante apparence, elle est bel et bien la doyenne de ses sœurs.
   Il y a cent façons de danser. Je veux vous parler avant tout de la plus noble, de la plus belle, de celle qui domine toutes les autres parce qu'elle est soumise aux grandes règles de l'art : la danse classique. Celle qui était le motif essentiel de L'Âge heureux, et la passion de la petite Delphine. Une petite fille qui n'était pas comme les autres et en qui pourtant chaque enfant pouvait se reconnaître.
   J'ai été cette petite fille et, si vous voulez bien me suivre, je vais encore vous emmener à l'Opéra. Nous ne ferons rien de défendu, nous ne retournerons pas sur les toits, mais je vous invite à entrer dans la danse. Et puisqu'il est acquis que l'on ne parle bien que de ce que l'on connaît, vous pouvez me faire confiance. Je vous ferai découvrir la danse comme je l'ai découverte, comme je l'ai apprise dans la plus célèbre école du monde, l'école de danse de l'Opéra. L'Âge heureux en était le reflet. Ce livre en sera une approche. Il y a encore tant de problèmes, tant de secrets. Il y a le monde de la danse, une patrie dont les frontières se limitent partout aux mesures d'un plateau. La danse a son histoire, ses héros, ses batailles, ses éclipses et ses révolutions; les mains cramponnées à la barre qui a stigmatisé mes paumes d'ineffaçables durillons, les pieds en sang, la sueur au front, je l'ai apprise pas à pas, sur le rude plancher des classes. Aussi ce n'est pas mon enfance que je vous raconte, mais une enfance, celle des enfants-Opéra, celle de Chauviré, de Noureev, de Béjart, de Plessitskaïa, la mienne hier, la vôtre demain peut-être, celle de Camargo ou de Vestris, autrefois... »

10 euros (code de commande : 14013).

 

KINSKY (George) — Album musical. Iconographie contenant 1560 reproductions de portraits, autographes, instruments, scènes, exemples musicaux, etc., se rapportant aux grands musiciens et à la musique de tous les temps et de tous les pays. Avec la collaboration de Robert Haas, Hans Schnoor, Henry Prunières. Paris, Delagrave, 1930. In-4° sous reliure d'éditeur, VII, 364 p., très nombreuses illustrations, cachet d'appartenance au bas de la page de titre.
En quatrième de couverture :
« Nous sommes en présence d'une vaste Encyclopédie de la musique par l'image, œuvre immense qu'il a fallu plus dix ans pour réaliser avec le concours des meilleurs spécialistes du monde entier. On ne s'est pas seulement proposé ici d'amuser les yeux par d'agréables reproductions de tableaux célèbres et de portraits de musiciens illustres, mais de représenter les diverses phases de l'évolution de la Musique au moyen de documents abondants, caractéristiques, très souvent inédits. On a mis à contribution non seulement les grands Musées, mais aussi les collections particulières et les musées provinciaux.
Il a fallu faire un choix parmi les milliers de documents rassemblés, mais on n'a vraiment éliminé que ceux d'un intérêt médiocre ou qui paraissaient faire double emploi. Certains pays disposant d'abondantes ressources iconographiques sur la Musique pourront paraître mieux représentés que d'autres qui artistiquement ne leur sont pas inférieurs. De même, on ne pouvait remédier à l'absence de portraits de musiciens dont aucune effigie ne nous a été conservée. Ce sont là des lacunes inévitables.
Ce gros ouvrage de plus de 350 pages constitue un incomparable instrument de travail et de documentation pour les musiciens, les amateurs, les musicologues, les critiques, en même temps qu'un album plein d'intérêt et d'agrément pour les profanes. [...]
Il va porter en effet la vie dans le domaine de l'érudition, en associant au récit trop abstrait, des images précises. On peut affirmer que cette publication est un événement de la plus haute importance pour l'histoire musicale. »

40 euros (code de commande : 11390).

 

KINTZLER (Catherine) — Poétique de l'Opéra Français de Corneille à Rousseau. Paris, Minerve, 1991. In-8° broché, 582 p., (collection « Voies de l'Histoire »), exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Parce que l'opéra est un théâtre, il s'impose comme objet littéraire.
   Est-il raisonnable qu'une furie s'envole ? À quoi ressemblent les aboiements de Cerbère ? Pourquoi est-il normal qu'un personnage arrive sur un nuage, mais inadmissible qu'Achille vive cent ans ?
   Pour que des questions aussi frivoles deviennent sérieuses, il fallait les hisser, comme le fit la France classique, à la hauteur d'objets intellectuels. C'était faire voir que l'opéra se pense comme, et selon, le théâtre classique dont il épouse la poétique et les principes philosophiques.
   En s'emparant du domaine fabuleux qui l'affranchit des contraintes ordinaires, l'opéra classique ose ce que le théâtre s'interdit.
   Au-delà des règles, il met à nu les lois de ce monde possible que se propose toute mise en scène. Révélation et trahison de son homologue dramatique, cet hyper-théâtre construit un monde pensable, avec sa logique, sa physique et son éthique.
Aussi faut-il, pour le débrouiller, recourir aux plus grands penseurs. Sans Corneille (qui ne croit pas à l'opéra français), sans Rousseau (qui n'y croit plus), Lully et Rameau sont orphelins.

20 euros (code de commande : 16605).

 

LANGLOIS (Rose-Marie)L'opéra de Versailles. Paris, Pierre Horay, 1958. In-8° broché, 153 p., illustrations.

7,50 euros (code de commande : Musique/6187).

 

LEIBOWITZ (René) — Les fantômes de l’Opéra. Essais sur le théâtre lyrique. Paris, Gallimard, 1978. In-8° broché, 393 p., (collection « Bibliothèque des Idées »).

15 euros (code de commande : 220/60).

 

[LISZT (Franz)]. HAINE (Malou) — Dernières orchestrations de Franz Liszt. Sprimont, Mardaga, 2000. In-4° broché, 143 p., fac-similés de partitions, édition trilingue (française, anglais, néerlandais) bien complète du CD audio.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'inauguration, en juin 2000, du Musée des Instruments de Musique, à Bruxelles.
   Introduction :
   Le Musée des Instruments de Musique (le MIM) a souhaité marquer l'inauguration de ses nouveaux locaux dans le magnifique immeuble Art nouveau et le bâtiment néoclassique de la rue Montagne de la Cour à Bruxelles par un concert exceptionnel. Il a voulu en perpétuer le souvenir en éditant cette plaquette de prestige accompagnée d'un CD. Assurément, l'événement est remarquable à plus d'un titre, car il illustre un faisceau d'éléments étroitement liés les uns aux autres.
   C'est en effet la pièce maîtresse du concert, la création mondiale des dernières orchestrations de Franz Liszt, qui a déterminé non seulement l'ensemble de la programmation, mais également le choix d'un des pianos et de ses interprètes : ces œuvres de Liszt n'ont jamais été publiées, et le manuscrit lui-même semblait, jusqu'il y a peu encore, à tout jamais disparu. Il a été découvert en 1995 par le Conservateur du MIM dans une collection privée en Belgique.
   Pour les musicologues et les musiciens, la réapparition de ces dernières orchestrations constitue une découverte majeure, même si ces pièces ne présentent qu'un intérêt musical limité. Le manuscrit comprend deux Danses galiciennes et une Mazurka que Liszt a réalisées au départ de trois pièces pour piano à quatre mains de Jules Zarembski. Ce pianiste et compositeur polonais, un des anciens élèves de Liszt particulièrement doués, fut également professeur de piano au Conservatoire royal de musique de Bruxelles de 1880 à 1885. Durant ces six années, il s'imposa comme une personnalité de premier plan en animant la vie musicale belge. Le programme de l'inauguration du MIM s'est donc constitué autour des œuvres de Liszt et de Zarembski.
   C'est à Bruxelles, en mai 1881, que Liszt envisage d'orchestrer ces pièces et c'est à Bruxelles qu'il envoie son manuscrit lorsque celui-ci est terminé. De plus, la première et sans doute l'unique fois où Liszt a entendu ses Danses galiciennes orchestrées fut lors d'une audition à huis clos par la classe d'ensemble du Conservatoire royal de musique de Bruxelles dirigée par Jean-Baptiste Colyns, le 4 mai 1882. C'est donc en raison des liens historiques qui unissent ces compositions à l'un de leurs professeurs que les deux directeurs actuels des Conservatoires de Bruxelles ont accepté avec enthousiasme de former un orchestre spécifique composé des étudiants des deux sections linguistiques (néerlandophone et francophone). Ce sont aussi deux des professeurs actuels des classes de piano, Daniel Blumenthal et Jean-Claude Vanden Eynden, qui sont ici les interprètes des œuvres à quatre mains de Zarembski.
   Zarembski s'était aussi fait remarquer en se faisant le défenseur d'un nouveau piano muni de deux claviers et dénommé « piano à claviers renversés ». Il n'en subsiste aujourd'hui qu'un seul exemplaire au monde, celui-là même qui est conservé dans les collections du MIM. Ce concert d'inauguration permet donc aussi de mettre en évidence ce curieux piano des frères Mangeot. Malheureusement, les partitions originales écrites par Zarembski pour ce piano n'ont, à ce jour, pu être retrouvées. Un arrangement d'une œuvre de Liszt à été spécialement commandée par le MIM au compositeur anglais Francis Bowdery. Celui-ci a choisi la Fantaisie sur deux thèmes du Figaro de Mozart que Liszt a composée en 1842 et jouée en public à Berlin le 11 janvier 1843. Le manuscrit incomplet a été édité et terminé par Ferruccio Busoni en 1912. Le choix de cette œuvre réside, d'une part, dans son caractère de bravoure, parfaitement approprié pour mettre en évidence les possibilités techniques du piano Mangeot et, d'autre part, dans sa particularité d'être inachevée, laissant au compositeur moderne une plus grande liberté de création dans le final de la pièce.
   Quant au choix de l'interprète de ce piano Mangeot, il s'est naturellement porté sur le pianiste anglais Christopher Seed qui s'est illustré en jouant sur un piano spécialement conçu pour gauchers, à savoir un piano dont les touches graves sont situées à droite du clavier, et les aiguës, à gauche. Christopher Seed a accepté de relever le défi de jouer sur le piano Mangeot, qui combine à la fois les possibilités d'un piano normal et celles d'un piano au clavier renversé.

20 euros (code de commande : 16109*).

 

[LISZT]. STRICKER (Rémy) — Franz Liszt. Les ténèbres de la gloire. Paris, Gallimard, 1993. In-8° collé, 482 p., illustrations hors texte, (collection « Bibliothèque des Idées »).
En quatrième de couverture :
   Liszt est la première star de l'histoire musicale : jeunesse baignée de gloire, escortée par des foules en délire. De son propre gré, il a mis fin ensuite à tant de bruit, et tout se passe comme si on avait voulu lui faire payer à la fois le succès et la sagesse.
   Les caricatures du temps – virtuosité, vanité, vulgarité – ont encore cours aujourd'hui. Des centaines de livres ont fini par nous donner de Chopin ou de Wagner une idée désormais peu variable, mais il y a à peine quelques années que l'histoire s'est occupée sérieusement de Liszt, en dépouillant peu à peu les « histoires »...
   Au vrai cet homme est trop divers, le champ de sa pensée dépasse trop la musique pour ne pas favoriser les réductions en tout genre. Son byronisme, sa quête religieuse, son utopie sociale le campent en traits foncièrement romantiques, mais son ouverture au monde et la multiplicité de ses dons rappelleraient plutôt les grands esprits de la Renaissance.
   Par l'immensité de son œuvre dont une partie importante est peu jouée, par le nombre impressionnant de ses écrits difficilement accessibles, comme par le foisonnement des légendes qui ont longtemps entouré le romanesque de sa vie, Liszt est un des rares artistes dominant le XIXe siècle dont il reste beaucoup à découvrir. C'est ce que cherche à faire ici Rémy Stricker, fort d'une documentation souvent traduite et publiée pour la première fois, à laquelle il a joint une iconographie en partie inédite.

13 euros (code de commande : 14958).

 

Le magasin du phonographe. Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1977. In-folio broché, 88 p., nombreuses illustrations, deux coups au dos.
   
Catalogue de l'exposition 100 ans de phonographe, organisée au Passage 44, à Bruxelles, du 2 décembre 1977 au 8 janvier 1978, par Gérard Valet qui l'introduit par le texte suivant :
   Avec quelques passionnés, nous avons voulu monter une exposition. À toute exposition correspond un catalogue.
   Ce catalogue, un journaliste ne pouvait que lui donner l'aspect d'un journal, d'un magazine dont le premier numéro serait né le jour où, pour la première fois au monde, on entendit la reproduction de la voix humaine.
   Son titre est un hommage au Magasin Pittoresque, périodique où l'on trouve en guise de signet le charme de la vie d'autrefois (sans doute ce charme n'existe-t-il souvent qu'à posteriori!). Le Magasin du Phonographe est à la fois un magazine et une boutique.
   À l'exposition, vous trouverez la « boutique » pleine de ces merveilleuses machines parlantes et vous consulterez longtemps, je l'espère, ce Magasin où nous avons tenté de rassembler dépêches, articles, documents exclusifs, puisés dans maintes publications.
   La bibliographie permettra aux plus curieux de compléter notre Magasin au Phonographe qui, bien sûr, comporte des lacunes. Quant à ces passionnés qui nous ont sacrifié leur temps et leur expérience, il n'y a malheureusement pas de caractères typographiques qui puissent indiquer l'importance relative de chacun.
   Une exposition et un journal-catalogue sont vraiment l'expression d'une œuvre collective au service de la collectivité. C'est pourquoi je souhaite que certains ne m'en veuillent pas de ne pas trouver dans une longue liste le reflet de l'aide qu'ils m'ont apportée et qui dépasse de loin une simple citation.

15 euros (code de commande : 18152).

 

MARCELLO (Benedetto) — Le théâtre à la mode au XVIIIe siècle. Postface de Jacques Drillon. Traduction précédée d'une étude biographique par Ernest David. Arles, Bernard Coutaz,1993. In-8° sous cartonnage d'éditeur, 109 p.
En quatrième de couverture :
« Au XVIIIe siècle, on savait écrire les pamphlets... Quelle rossée ! Voici enfin un grand classique de la littérature musicale, introuvable depuis des lustres, précédé d'une étude biographique.
Qui aurait cru que le doux Benedetto Marcello, auteur d'un célébrissime concerto de hautbois, eût tant de verve ? Tout le monde y passe : chanteurs, directeurs de salles, librettistes, compositeurs, décorateurs... Tous incapables ! Comme aujourd'hui ! »

7,50 euros (code de commande : 9092).

 

MOINDROT (Isabelle) — L'opéra seria ou le règne des castrats. Paris, Fayard, 1993. In-8° collé, 323 p., (collection « Les Chemins de la Musique »), cachet ex-libris à la page de faux titre, bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Genre lyrique extrêmement en vogue durant tout le XVIIIe siècle, l'opéra séria (« l'opéra sérieux » par opposition à l'opéra buffa) constitue l'un des grands moments de l'histoire de l'opéra. Né et développé en Italie, son rayonnement s'étendit à toute l'Europe, à l'exception de la France demeurée fidèle à la tragédie lyrique de Lully et Rameau.
   Divertissement majeur du « siècle des Lumières », servi principalement par un important bataillon de compositeurs plus ou moins oubliés, spécialistes exclusifs du genre, l'opéra séria, après une éclipse de près de deux cents ans, connaît de nos jours un fort regain de faveur grâce aux chefs-d'œuvre, récemment remis à l'honneur, que, parmi beaucoup d'autres, lui consacrèrent des créateurs aussi importants que Haendel, Vivaldi, Pergolèse, Mozart ou Gluck.
   Livrets politiques souvent inspirés des tragédies classiques françaises de Corneille ou Racine ; sujets puisés dans l'histoire ancienne ou la mythologie, et traités toujours avec noblesse et dignité, thèmes exaltant la justice et la clémence des dieux et des souverains, tels sont les ingrédients de ces drames musicaux où alternent récitatifs et airs. Mais tout codifié qu'il fut, ce genre embrasa un continent durant tout un siècle par la somptuosité ornementale, la liberté et la virtuosité de l'art vocal auquel il donna naissance, et que servit avec une prouesse technique inégalée une race de chanteurs aujourd'hui disparue : les castrats.
   Premier ouvrage de synthèse jamais consacré à cet empire dramatique que fut l'opéra séria, qui recouvre à lui seul un quart de toute l'histoire de l'opéra, ce livre tente de cerner ce genre lyrique sous ses aspects politiques, économiques, littéraires, philosophiques, dramaturgiques, musicaux, vocaux et esthétiques.

12 euros (code de commande : 16248).

 

MONGIN (Olivier) — Éclats de rire. Variations sur le corps comique. Charlie Chaplin, Buster Keaton, Jacques Tati, les Marx Brothers, Laurel et Hardy, Jerry Lewis, Louis de Funès, Raymond Devos, Rufus, Pierre Desproges, Philippe Caubère et quelques autres. Essai sur les passions démocratiques III. Paris, Seuil, 2002. In-8° collé, 343 p., illustrations hors texte, (collection « La Couleur des Idées »).
En quatrième de couverture :
   Comme on rit beaucoup aujourd'hui sur le petit écran et sur la scène des music-halls, des grands et des moins grands parmi les artistes et les bateleurs contemporains sont passés ici en revue. Mais voici un drôle de renversement de situation : n'a-t-on pas longtemps cru que l'art comique ne se remettrait pas de la disparition des génies du burlesque qui ont occupé le grand écran ? En suivant à la trace Chaplin, Keaton, Laurel et Hardy, les Marx Brothers, puis Tati, Rozier, de Funès, ou Jerry Lewis, ce sont les changements qui affectent le rire, surtout quand celui-ci passe du grand au petit écran, que ce livre cherche à mettre en scène.
   Mais ce voyage chez les rieurs d'hier et d'aujourd'hui n'est pas empreint de nostalgie. Des bêtes de scène sont ici saluées – Raymond Devos, Pierre Desproges, Rufus, Philippe Caubère, Dany Boon... – qui témoignent que le rire ne cède pas à la pente d'une vulgarité qui menace toujours. En mettant en scène des corps comiques, ceux du cinéma, du théâtre, de la scène de music-hall ou de la télévision, ce livre est sous-tendu par une réflexion sur la nature, du rire où le corps du rieur répond à sa manière à celui du créateur de rire. Renouant ainsi avec l'esprit de Molière, mais aussi avec les interrogations de Stendhal ou de Baudelaire, Éclats de rire affirme que le rire ne cesse d'enrouler corporellement le haut et le bas, le petit et le grand, Arlequin et Pantalone, le noble et le vulgaire, mais aussi de mettre en relation le haut et le bas de la scène, le public et l'artiste.

15 euros (code de commande : 16977).

 

[MORTIER (Gérard)]. 1981-1991. La Monnaie - De Munt. Gérard Mortier. [Bruxelles], [La Monnaie - De Munt], s.d. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 173 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs.
@ Ouvrage d'hommage réalisé à l'occasion des dix années passées par Gérard Mortier à la tête de l'Opéra Royal de La Monnaie, à Bruxelles.

20 euros (code de commande : 10166).

 

[MOZART (Wolfgang Amadeus]. MASSIN (Jean et Brigitte) — Wolgang Amadeus Mozart. Paris, Fayard, 1985. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, [28], 1202, [76] p., 36 planches hors texte, une carte et un tableau chronologique volants à déplier, cachet ex-libris et date manuscrite à la page de garde, bon exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Le Wolfgang Amadeus Mozart de Jean et Brigitte Massin, écrit après leur ouvrage sur Ludwig van Beethoven, a été élaboré selon la même méthode approfondie. Il est à la fois une Biographie de Mozart, une Histoire de l'œuvre et une Synthèse des rapports entre la vie du compositeur et sa création musicale.
   Biographie suivie, documentaire, où tous les textes importants constituent la trame même du récit : lettres de Mozart lui-même, dont beaucoup sont traduites en français pour la première fois ici : lettres adressées à Mozart (les plus significatives jamais traduites) ; témoignages contemporains sur lui, etc. Ces documents, qui doivent permettre à chaque lecteur de motiver son propre jugement, sont reliés par un fil narratif, et chaque fois qu'il est nécessaire par des éclaircissements et des commentaires.
   De l'enfant prodige, au génie dédaigné, mort dans la misère, le lecteur voit se dégager peu à peu le vrai visage de Mozart. Celui d'un être humain, lucide, brûlant de passion et capable de tous les courages pour écrire la musique qu'il avait envie d'écrire, même si elle devait ne pas plaire.
   Histoire de l'œuvre. Grâce aux catalogues placés à la fin du livre, il est possible de trouver rapidement la notice consacrée à chaque œuvre et de s'y reporter à l'occasion d'une écoute (concert, radio, disque, etc.) ; des chapitres sont consacrés aux principaux opéras. Mais l'Histoire de l'œuvre peut être aussi lue d'un bout à l'autre : elle retrace en quelque sorte l'itinéraire de Mozart créateur, elle montre le lien entre les étapes successives d'un accomplissement, l'originalité et l'audace croissante avec lesquelles, d'œuvre en œuvre, Mozart exprime ses sentiments les plus personnels. Elle montre aussi en quoi la musique de Mozart s'inspire, et se distingue, de la musique de ses contemporains, notamment celle de Joseph Haydn. Elle constitue le premier essai cohérent sur la personnalité musicale de Moxart en ce qu'elle offre d'irréductible et d'absolument nouveau.
   Synthèse des rapports entre la vie du créateur et sa création, enfin, qui se dégage d'elle-même de l'ensemble. Le rapport entre la vie et l'œuvre d'un génie se trouve éclairé par les renvois constants d'une partie à l'autre.
   Mozart avait souvent été l'objet de Vies plus ou moins romancées et d'essais en France, parfois aussi d'études techniques de grande valeur, mais jamais encore d'un livre tel que celui-ci, qui n'a pas d'équivalent – aussi complet et accessible à la fois – dans la littérature musicale germanique même.

25 euros (code de commande : 18277).

 

[MOZART (Wolgang Amadeus)]. Dictionnaire Mozart. Sous la direction de H.C. Robbins Landon. Traduit par Dennis Collins. Paris, Lattès, 1990. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 653 p., illustrations hors texte en noir et en couleurs, ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur, cachet ex-libris à la page de garde, pli au rabat de la jaquette.
En quatrième de couverture :
   Sous la direction de H.C. Robbins Landon, et à l'occasion du bicentenaire de la mort de Mozart, les plus grands mozartiens se sont réunis pour concevoir cet ouvrage qui aborde toutes les facettes de la vie et l'œuvre du compositeur : une somme encyclopédique.
   Ce dictionnaire Mozart renferme tout ce que l'on a toujours voulu savoir sur Mozart : l'homme, ses opinions religieuses et politiques, ses liens avec la franc-maçonnerie, sa famille, ses amis, ses connaissances les plus lointaines, tous les personnages qui ont joué un rôle dans sa vie, mais aussi les grands événements historiques, politiques, sociaux et culturels du temps. Quant à la musique de Mozart, après une importante mise au point sur l'ensemble des sources – lettres, manuscrits autographes, éditions, etc. – elle fait l'objet d'une étude genre par genre, œuvre par œuvre, qui tient compte des nombreuses découvertes de ces dernières années.

25 euros (code de commande : 16189).

 

Norma. Bruxelles, Labor, 1994. In-8° broché, 156 p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Archives du Futur - Opéra »).
Table des matières :
   - Préface, par Paul Danblon.
   - Les coulisses de la voix, par Jean Abitbol.
         - Historique.
         - Anatomo-physiologie de l'instrument vocal.
         - Description de l'instrument vocal.
         - Regarder la voix dans l'espace, le temps et le mouvement.
         - Et le professeur de chant vocal ?
         - Conclusion.
         - Bibliographie, filmographie.

   - Divanités, par Claude Javeau.
   - Bel canto, par Sergio Segalini.
   - Norma, livret de Felice Romani.
   - Norma, un opéra romantique
, par Francesco Corti.
   - Notes pour une mise en scène, par Giovanna Maresta.
   - Notes scénographiques, par Rinaldo Olivieri et Isabella Lonardi.
   - Distribution.
   - Notices biographiques.

8 euros (code de commande : 14466).

 

NOUDELMANN (François) — Le toucher des philosophes. Sartres, Nietzsche et Barthes au piano. Essai. Paris, Gallimard, 2008. In-8° collé, 177 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   L'engagement de Sartre dans l'Histoire est connu, ses discussions avec Che Guevara, ses déclarations incendiaires contre la colonisation, ses harangues sur un tonneau de Billancourt... Sait-on qu'en pleine euphorie militante, Sartre réservait chaque jour du temps pour le piano ? Il déchiffrait des partitions de Chopin ou Debussy. L'homme qui incarnait son siècle vivait des intensités et des rythmes secrets.
   Comment la philosophie s'accorde-t-elle à cette pratique en contrebande ? Nietzsche, qui se rêvait compositeur plus que philosophe, adopta le piano comme son diapason, la table d'évaluation de ses idées, l'instrument de ses transfigurations intimes. Combattre Wagner, vaincre la lourdeur, épouser Lou, devenir méditerranéen... il joua sa vie sur le clavier, même pendant sa folie.
   Décider de vivre en musique engage le corps amoureux. Barthes le comprit, à l'écart des codes dont il était devenu le théoricien. Le piano lui offrit une échappée hors des discours savants. Musicien, il découvrit une autre érotique, tantôt berceuse enfantine, tantôt pourvoyeuse de pulsions.
   Le jeu musical transporte une gamme d'affects qui se prolongent dans la vie sociale et intellectuelle, de sorte que la pratique du piano ne laisse pas intact le reste des jours. Doigtés, allures, sensualités, tout se livre sur la touche.

10 euros (code de commande : 18140).

 

[OPÉRA]. WAGNER (Richard) — Tristan und Isolde. [Bruxelles], La Monnaie - De Munt, 1997. Grand in-8° carré broché, 109 p., illustrations en noir et en couleurs, on joint le programme des représentations (16 p. agrafé).
   
@ Après l'argument (en français, allemand et anglais), l'ouvrage contient :
   - Un lierre et une vigne tendrement enlacés, Richard Wagner à propos de Tristan et Isolde.
   - Illustrations de Achim Freyer.
   - Le seul ennemi est l'amant attaché au jour, entretien avec Achim Freyer.
   - L'art du dosage, une entretien avec Antonio Pappano.
   - Livret, texte allemand avec la traduction française en regard.

18 euros (code de commande : 12695).

 

PRIVAS (Xavier) La chanson sentimentale. Précédée d'une étude par Laurent Tailhade. Deuxième édition. Paris, Vanier, 1906. In-8° broché, [208] p., airs notés, bon exemplaire non coupé.

   
Couverture, frontispice et page de titre.

20 euros (code de commande : 17259).

 

[PUCCINI]. CERESA (Angelo) — L'Italie de Puccini. Textes de Gustavo Marchesi. Traduction de Philippe Guilbon. S.l., Menges,1982. In-4° sous reliure, jaquette et étui (défraîchi) d'éditeur, non paginé, une charnière fragile.

25 euros (code de commande : 5978).

 

RAPIN (Jean-Jacques) — À la découverte de la musique. Tomes I et II (complet). Lausanne, Payot, 1986. Deux volumes in-8° brochés, 178 et 262 p., illustrations, petit cachet d’appartenance à la page de titre du tome I.
Avant-propos :
   « Un nom illustre devait occuper cette place, mais la mort d'Ernest Ansermet nous prive de la préface qu'il avait accepté de donner à cet ouvrage. Il voyait dans notre entreprise un moyen de culture, un outil simple mais efficace à disposition de qui désire s'approcher de la musique. Notre reconnaissance demeure intangible à celui qui, tout au long de cinquante années, a façonné le visage musical de ce pays. Pendant longtemps, chez nous, le chant choral et ses corollaires – lecture, solfège, théorie musicale ont été l'unique préoccupation du maître. Aujourd'hui encore, le chant doit rester la base d'où procède une éducation harmonieuse. Mais des appétits nouveaux sont apparus, et en particulier, pour des couches toujours plus larges de notre peuple, un immense appétit de culture. Au lendemain de la dernière guerre, Claude Delvincourt ne disait-il pas : « Un problème se pose qui devra tôt ou tard recevoir sa solution : l'éducation musicale des masses... ». On s'en rendait compte, la traditionnelle leçon de chant ne suffisait plus.
   L'école n'est pas la seule à avoir songé à ce problème. La radio et le disque, puis la télévision, sont venus apporter leur contribution, toujours plus accessible, toujours plus riche. Et c'est précisément parce que les jeunes pourraient être aujourd'hui submergés sous des flots de musique que l'école se doit de réaffirmer son idéal de culture à savoir former le goût, le sens critique et le jugement.
   C'est le but même auquel tend notre ouvrage. Ni livre de chant, ni livre de solfège, il veut simplement initier, faire pénétrer l'« amateur » dans ce monde à la fois intime et immense, simple et mystérieux qu'est la musique.
   Ce livre doit donc aider à écouter. Si les citations musicales sont nombreuses, elles ne sont pas là pour « apprendre à lire », mais bien pour situer un thème ou un motif nécessaire à la compréhension de l'œuvre, pour en évoquer graphiquement le contour ou le geste. (Il est à remarquer que les exemples musicaux ne sont que des propositions: on pourrait, au besoin, les compléter, voire les remplacer par d'autres.)
   Après avoir tenté de faire sentir ce qu'est la musique, comparée, au langage parlé par exemple, l'ouvrage aborde les voix et les instruments pour en décrire brièvement les caractéristiques et en évoquer les possibilités expressives. Et ceci en dehors de tout esprit encyclopédique : au lieu de savoir que le violon se compose de quelque soixante-dix pièces, il est beaucoup plus important d'avoir « entendu » du beau violon – ici, le Concerto en mi de Bach –, d'avoir « vécu » le passage de l'adagio en do# mineur au final en mi majeur, éclatant de lumière, d'avoir chanté ses thèmes avant de les entendre sous les doigts du soliste (parmi les critères retenus pour le choix des œuvres, le caractère « charitable » des thèmes a été déterminant !), enfin d'avoir situé Bach parmi ses pairs et appris peut-être quelques détails historiques sur l'œuvre.
   Les pages de musique descriptive qui déterminent le premier volume veulent, elles aussi, encourager l'auditeur, surtout adolescent, car la musique motivée par un objet extérieur à elle – un paysage, un récit, une image – se prête souvent mieux à une approche commentée.
   Lorsque l'auditeur a franchi ces étapes, lorsque s'est éveillé en lui le goût pour une nourriture substantielle, le problème de la forme se pose naturellement à son esprit. Ici encore, il n'est pas question de professer un cours de composition. Formes et genres sont présentés sous leurs aspects les plus simples et les plus caractéristiques, toujours abondamment illustrés d'exemples, afin que l'auditeur y puise un moyen supplémentaire de vivre le message musical dus toute sa plénitude et dans tous ses prolongements.
   Enfin une quatrième et dernière partie aborde la musique vocale, du chant grégorien au negro spirituel, et place ainsi la création musicale dans une perspective historique. Cela permet de faire mieux ressortir les grands moments de son évolution – apparition du contrepoint, de l'harmonie – et aussi articuler selon leurs liens organiques. Quant au dernier chapitre intitulé « Quelques sujets de discussion », il débouche évidemment sur, notre époque. Il ne cherche pas à trancher, mais tente de fournir les éléments nécessaires à la réflexion et à l'appréciation de chacun. Car tout au long de l'ouvrage, musique d'hier et d'aujourd'hui se sont constamment donné la main. Tant il est vrai que l'auditeur non prévenu, et surtout le jeune auditeur, nanti encore de toute la fraîcheur de sa sensibilité, goûte aussi bien Honegger et Bartok que Schubert et Brahms – pour autant qu'on l'y aide et qu'on l'y prépare intelligemment.
   Léonard de Vinci disait : « L'amour de l'art est d'autant plus ardent que la connaissance est plus parfaite. » Ce livre ne prétend pas amener son lecteur à une connaissance parfaite ; plus modestement, il voudrait l'aider à devenir un véritable « amateur » au sens premier et le plus beau du terme. »

Les deux volumes : 13 euros (code de commande : 12246).

 

[ROSSINI]. CAUSSOU (Jean-Louis) Gioachino Rossini. Lausanne, La Guilde du Livre, 1967. In-12 carré sous reliure pleine toile d'éditeur, 189 p., illustrations hors texte, (collection « Musiciens de Tous les Temps », volume n° 858), exemplaire numéroté.

7,50 euros (code de commande : Musique/4063).

 

[ROUSSEL (Albert)]. HOÉRÉE (Arthur) Albert Roussel. Paris, Rieder, 1938. In-8° broché, 145 p., planches hors texte, (collection « Maîtres de la Musique Ancienne et Moderne », n° 17).

7,50 euros (code de commande : Musique/1195).

 

RUBINSTEIN (Arthur)Les jours de ma jeunesse. [Titre original : My Young Days.] Traduit de l'américain par Georges Belmont et Hotense Chabrier. Paris, Laffont, 1976. In-8° broché, 638 p., trois cahiers d'illustrations hors texte, (collection « Vécu »), couverture et dos passés.
En quatrième de couverture :
   
Les jours de ma jeunesse, c'est écrit à quatre-vingt-sept ans par un homme dont la vie entière a été pétrie du génie de la musique, l'un des livres les plus jeunes qui soient. Pas une ombre de nostalgie dans ces pages. Pas une seule seconde, l'impression d'un personnage qui se penche sur son passé, comme on dit. Mais un jaillissement perpétuel de vie, et de confiance dans la vie.
   Dès ses jeunes années, Arthur Rubinstein, fils d'une famille juive ruinée de Lodz, en Pologne écrasée par la botte russe, a connu la difficulté. Et pourtant, rien n'a pu l'arrêter ; toujours il a émergé, vainqueur, aurait-on tendance à dire ; en réalité et plus exactement, lui-même. Comment s'étonner si cet amour de la vie l'a payé en retour ? Si des hommes comme Chaliapine, Stravinsky, Casams, Thibaud, Saint-Saëns, Diaghilev, Picasso devenaient d'emblée ses amis, dans les années héroïques pour les arts qui précédèrent 1914, c'était qu'ils reconnaissaient, en ce jeune pianiste toujours prêt à aimer, à s'enthousiasmer, comme à s'indigner ou à se moquer, la même qualité de vie qu'en eux. On les retrouve, et cent autres, dans les mille et une anecdotes, tendres, drôles, quelquefois féroces, dont fourmille le livre – et où l'auteur, avec la lucidité de l'humour, ne s'épargne pas lui-même.
   La merveille de ce livre est qu'il se boit à sa lecture comme une coupe gaie et stimulante de Champagne.

12 euros (code de commande : 18149).

 

   SANTEUL. Hymni Sacri et Novi.
    
Paris, Thierry, 1689.
      Édition peu courante de ce recueil d'hymnes.
   Pour en savoir plus...

100 euros (code de commande : 12864).

 

SHAW (Bernard) — Écrits sur la musique, 1876-1950. Choix de textes effectué par Georges Liébert. D'après l'édition établie par Dan H. Laurence. Traduit de l'anglais par Béatrice Vierne, Anne Chattaway et Georges Liébert. Présentation et notes par Georges Liébert. Index établi par John Tyler Tuttle. Paris, Laffont, 1994. In-8° collé, XXXI, 1466 p., (collection « Bouquins »), cachet ex-libris et date manuscrite à la page de garde.
En quatrième de couverture :
   
Hormis Pygmalion – et sa version cinématographique My Fair Lady –, l'œuvre de Bernard Shaw est aujourd'hui presque complètement inconnue du public français. Parmi les mélomanes, rares sont ceux qui ont lu Le Parfait Wagnérien ou qui en connaissent même l'existence ; plus rares encore ceux qui savent que ce célèbre essai, devenu introuvable, était le fruit d'une familiarité professionnelle avec la musique.
   C'est en effet comme critique musical que Shaw est entré dans la carrière journalistique et littéraire. Pendant près d'une vingtaine d'années (de 1876 à 1894) il a tenu, avec un brio croissant, une chronique musicale régulière dans la presse londonienne ; et même lorsqu'il cessa cette activité, il n'en continua pas moins à publier, de temps en temps, des articles souvent remarquables.
   Paradoxe : c'est au moment où l'Angleterre a la réputation d'être une « nation sans musique » (« das Land ohne Musik », comme disaient les Allemands) qu'elle produit un des critiques musicaux les plus talentueux d'Europe. Autodidacte, Shaw en a les qualités : l'indépendance d'esprit, l'originalité qui le font échapper au conformisme victorien où s'enlise alors la musique britannique. Wagnérien, il porte cependant un jugement lucide, et souvent désopilant, sur la façon dont sont interprétées à l'époque les œuvres de Wagner, y compris à Bayreuth. Mais sa passion pour le compositeur de Tristan ne l'empêche pas d'apprécier vivement Mozart, alors très négligé, ni surtout de saluer, un des tout premiers, la redécouverte de la musique ancienne que lancèrent dans les années 1890 quelques pionniers et dont nous pouvons mesurer aujourd'hui toutes les heureuses conséquences.
   Cette anthologie, complétée par un index détaillé, devrait être une source de plaisir pour l'amateur et un ouvrage de référence pour le connaisseur. Quant au non-mélomane, qu'il se rassure, il lui suffira de feuilleter quelques pages pour voir que Shaw a pleinement réalisé son ambition : être lu par des sourds.

18 euros (code de commande : 17355).

 

[SPECTACLES]. Lot de 27 affiches de théâtre et de cirque en bon état.
   - Compagnie des Galeries.

      - Affiche des saisons : 66-67, 67-68, 68-69 (2 exemplaires), 69-70, 70-71, soit 6 exemplaires, illustrées par Raymond Renard.
      - Affiche de la pièce, Une femme qui attend, illustrée par Raymond Renard.
      - Affiche de la pièce, Volpone, illustrée par Raymond Renard.
      - Affiche de la pièce, Les 3 Mousquetaires, illustrée par Raymond Renard.
      - Grande affiche du Mariage de Melle Beulemans, illustrée par Jacques Van Nerom.
      - Affiche imprimée, les Enfants de cœur. 1967.
      - Affiche imprimée, Boing Boing.
      - Affiche imprimée, Le Vicaire.
   - Grand bal de l'Union des Artistes, illustrée par Raymond Renard (3 affiches de couleurs différentes).
   - Théâtre national
      - Affiche imprimée destinée à être complétée Saison 1960-1961.
      - Affiche imprimée destinée à être complétée, Mort d'un commis voyageur.
      - Affiche du Nouveau théâtre national, place Rogier, illustrée par Julian Key.
      - Affiche de la pièce, Drôle de fanfare, illustrée par Manfred Hurrig.
      - Affiche de la pièce, Êtes-vous la dame souris ?, illustrée par Manfred Hurrig.
      - Affiche de la pièce, Pantagleize, illustrée par Manfred Hurrig.
      - Affiche de la pièce, Vendredi, jour de liberté, illustrée par Manfred Hurrig.
      - Affiche de la pièce, Les Trois sœurs, illustrée par Manfred Hurrig.
   - 14-18, 50e verjaring van de overwinning. Grote Militaire Parade. Paleis 7 Heysel, van 2 tot 5 november 1968, illustrée par Janssens.
   - Koninklijk Circus presenteert Feest te Nepal, illustrée et datée par G. Lécureux 68.
   - Affiche imprimée, Cirque Sabine Nancy.

Le lot des 27 documents : 35 euros (code de commande : 17357).

 

[STRAVINSKY (Igor)]. SCHLŒZER (Boris de)Igor Stravinsky. Paris, Éditions Claude Aveline, 1929. In-12 broché, 175 p., (collection « La Musique Moderne », 6), exemplaire non coupé et numéroté sur Alfa teinté.

15 euros (code de commande : Musique/6195).

 

[TCHAÏKOVSKY]. VOLKOFF (Vladimir) — Tchaïkovsky. Paris, Julliard - L'Âge d'Homme, 1983. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 411 p., illustrations hors texte, (collection « Les Vivants »), exemplaire en parfait état, épuisé.
Sur la jaquette :
   « Pierre Ilitch Tchaïkovsky, adoré par ses fidèles, abhorré par ses ennemis, a laissé une œuvre passionnément discutée. En tout état de cause, il faut reconnaître qu'il fut un mélodiste et un orchestrateur remarquables, que sa musique à programme se classe au premier rang de cette catégorie et qu'il a donné ses lettres de noblesse à la musique de ballet. En URSS, il est considéré comme le plus grand compositeur russe ; il a fait pleurer Tolstoï ; des hommes aussi différents que Fauré et Stravinsky ont exprimé pour lui la plus haute admiration. Eugène Onéguine, la Sixième symphonie, le Concerto pour violon, le Concerto pour piano, le Lac des Cygnes demeurent parmi les œuvres les plus populaires du répertoire.
   Cependant, si la vie du compositeur est assez connue pour avoir même fait l'objet de traitements hautement fantaisistes, tels que L'Ami bien-aimé de Catherine Bowen au les Music Lovers de Ken Russel, sa personnalité reste ignorée du public, ne serait-ce que pour une raison bien simple : les biographes occidentaux ne connaissent pas le russe et ne peuvent donc consulter la correspondance du compositeur, tandis que les biographes soviétiques ne jouissent pas de l'indispensable liberté d'expression.
   Vladimir Volkoff, l'arrière-petit-neveu de Tchaïkovsky s'est attaché à dessiner un portrait authentique de son ancêtre. Pour cela, il a livré quelques éléments inédits, mais surtout il a dépouillé les journaux intimes et treize volumes de lettres dont beaucoup n'avaient jamais été traduites. Il en a tiré une mosaïque de citations permettant de saisir le compositeur dans la variété de ses humeurs, souvent gaies, quelquefois tristes, et toujours poussées au paroxysme.
   Les cinquante-trois ans de vie de Tchaïkovsky ne présentent guère d'incidents notoires ; c'est pourquoi Vladimir Volkoff, tout en fournissant une chronologie de base, a préféré traiter son sujet de manière analytique : c'est ainsi qu'il évoque successivement la légende, le caractère, les relations, les secrets du compositeur, et enfin son attitude envers sa propre création musicale.
   Le dernier mot revient à celle qui fut l'inspiratrice et la bienfaitrice du compositeur, encore qu'il n'eût jamais eu avec elle une seule conversation, Nadejda von Meck : « Vous n'êtes que musique, lui écrivait-elle, rien que musique. »

13 euros (code de commande : 12869).

 

THÉTARD (Henry) — La merveilleuse histoire du cirque suivie de Le cirque depuis la guerre, par L.-R. Dauven. Paris, Julliard, 1978. Grand in-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 631 p., nombreuses illustrations in et hors texte en noir et en couleurs, mention manuscrite d'appartenance à la page de faux-titre, exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Voici l'ouvrage le plus complet, le plus pénétrant et le plus chaleureux jamais consacré à l'histoire du cirque. Voici, retracée avec le talent vigoureux d'un des chroniqueurs les plus écoutés de 1'entre-deux-guerres, la glorieuse épopée du Peuple du voyage.
   Historien d'un art qui fut au siècle dernier le plus universellement applaudi de tous les spectateurs, Henry Thétard a su faire revivre dans toute leur vérité et dans tout leur faste les Grandes Heures de la Piste.
   Après avoir relaté la naissance du cirque moderne dans un faubourg de Londres au XVIIIe siècle, il retrace les grandes étapes de son évolution jusqu'aux prodigieuses exhibitions conçues par Phineas Taylor Barnum et ses successeurs.
   Il passe en revue les diverses disciplines du spectacle que nous connaissons aujourd'hui. En évoquant sans excès de lyrisme, sans fausse poésie, les Grandeurs et les Misères des plus fameuses dynasties « banquistes », il ressuscite en d'inoubliables portraits les personnalités les plus originales ou les plus puissantes de ce monde fascinant. Il nous apprend ainsi à découvrir dans l'art de la piste la permanence d'un passé prestigieux.
   Publiée pour la première fois en 1946 à deux mille exemplaires seulement en raison de la pénurie de papier, la Merveilleuse Histoire du cirque était introuvable en librairie depuis de nombreuses années. La présente réédition reproduit le texte intégral de 1946, avec une iconographie largement renouvelée. On s'est contenté d'y apporter quelques menues retouches (dont la plupart figuraient sur l'exemplaire personnel de l'auteur), et d'ajouter un chapitre complémentaire, couvrant la période contemporaine de « la merveilleuse histoire du cirque ».

90 euros (code de commande : 15648).

 

VAILLAT (Léandre) — Ballets de l’Opéra de Paris. Illustrations de L. Caplain. [Paris], Compagnie Française des Arts Graphiques, 1943. In-4° broché, illustrations dans le texte en noir et en couleurs, nombreuses planches hors texte en couleurs, exemplaire numéroté.
Extrait de la Note des éditeurs :
   « Indéniablement, en France, le clair concept du beau dans toutes ses manifestations apparaît comme l'héritage spirituel des générations disparues. C'est un mérite que de ne l'avoir pas oublié jusque dans la conjoncture présente. Jamais chez nous on n'a lu plus de livres, été plus assidu au théâtre, aux expositions de peinture, de sculpture, d'architecture et d'art décoratif, prêté une oreille plus attentive aux concerts, regardé plus avidement les ballets...
   Poursuivant notre but, qui est de rendre visibles les formes diverses de l'art français, nous nous devions de traduire graphiquement un des aspects les plus séduisants de cet art, à savoir les Ballets de l'Opéra de Paris. Ne représentent-ils pas, à eux seuls, une synthèse de la musique, de la chorégraphie, de la danse et de la peinture ? De quelque pays que viennent les artistes qui concourent à l'unité d'un ballet, ne subissent-ils pas l'influence de Paris, qui assimile leurs inventions d'une manière personnelle à force d'être équilibrée ?
   Nul n'était mieux qualifié que Léandre Vaillat pour mettre en pleine lumière ce ravissant mystère des Ballets de l'Opéra de Paris. C'est en effet un aspect et non des moindres de son talent d'écrivain que la critique et l'histoire de la danse. Hokusaï aimait à se dire l'homme fou de dessin. Léandre Vaillat pourrait se dire l'homme fou de danse ... Depuis trente ans, pas un ballet, pas une danseuse qu'il n'ait analysé, approchée. On l'a vu tour à tour dans les studios de Paris, de Londres, de New-York ou d'Allemagne, à la Scala de Milan... Familier de l'Opéra de Paris et de son foyer de la danse, auteur de plusieurs livrets de ballets, critique chorégraphique du Temps et de l'Illustration, il a versé sa connaissance dans ces beaux livres qui s'appellent l'Histoire de la danse, la Taglioni ou la vie d'une danseuse, et dans ce film que tout Paris a vu, Symphonie en blanc. Son nouveau livre ne retrace pas seulement l'histoire des ballets de Paris pendant cent ans, de 1841 à 1942, de Giselle aux Animaux Modèles ; il montre en eux les reflets et les enchaînements de l'esthétique contemporaine, il fait voir leurs formes en devenir, il en évoque les grandes fresques, il suggère la féerie du théâtre.
   Aussi avons nous voulu que l'illustration agît sur le lecteur comme une musique de scène. Évitant que les planches en couleurs soient la reproduction d'un pas précis, un peu à la manière d'un instantané-photographique, nous nous sommes efforcés de faire revivre dans chacune d'elles l'atmosphère et la sensation générales qui se dégagent d'un ballet. Pareillement, chaque dessin peut être considéré non comme un instantané, mais comme la généralisation de multiples instants, ou comme l'instant le plus chargé de signification, Schubert a écrit le moment musical. Nous souhaiterions que ces hors-texte, et les dessins qui les accompagnent, fussent des moments chorégraphiques, au sens poétique du mot.
   L'illustrateur, L, Caplain, a servi au mieux nos intentions. Il n'a pas cherché à interpréter à travers son propre sens artistique l'art qui a présidé à l'établissement des décors et des costumes, car il eût risqué d'en dénaturer le caractère. Au contraire, il a désiré exprimer avec ses lignes et ses couleurs ce que peut ressentir un habitué de l'Opéra. Entre ces deux termes, que d'états, pour parler comme les graveurs ! D'abord, la maquette primitive, inanimée, puis sa transposition par l'atelier de décors ou de costumes, puis sa mise en plans successifs sur le théâtre, puis le contrôle de sa vue d'ensemble depuis la salle, puis son éclairage diversement coloré, puis la modulation de sa palette au gré du mouvement de la chorégraphie, enfin ce que ne peut pas ne pas lui ajouter la sensibilité propre de l'illustrateur qui a considéré les données complexes du spectacle. Pour quelques ballets, seulement, nous avons tenu à reproduire les maquettes originales selon les possibilités les plus récentes de la technique graphique. »

40 euros (code de commande : 11637).

 

VERDI — Un Ballo in Maschera. Melodramma in tre atti di Antonio Somma. Bruxelles, La Monnaie, 1992. In-4° broché, 73 p., illustrations en couleurs, on joint le programme de 16 p.
Programme édité à l'occasion des représentations données au Théâtre Royal de La Monnaie, à Bruxelles durant le mois de juin 1995 (direction musicale : Antonio Pappano et Lionel Friend ; Mise en scène : Guy Joosten ; décors : Johannes Leiacker).

12 euros (code de commande : 14376).

 

WAGNER (Richard)Mes œuvres. Avant-propos de Edmond Buchet. Introduction et traduction de J.-G. Prod'Homme. Paris, Corrêa, 1941. In-12 broché, 314 p.

7,50 euros (code de commande : Musique/6197).

 

[WAGNER (Richard)]. GREGOR-DELLIN (Martin) — Richard Wagner. Sa vie. Son œuvre. Son siècle. Traduit de l'allemand par Odile Demange, Jean-Jacques Becquet, Élisabeth Bouillon, Pierre Cadiot. Paris, Fayard, 1981. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 916 p.
Sur la jaquette :
   Dans le flot de la littérature wagnérienne, parmi les innombrables écrits musicologiques, politiques, esthétiques et les biographies romancées, rares sont les œuvres qui replacent Wagner dans le contexte de son époque et présentent les qualités d'une synthèse historique. La biographie exhaustive de Gregor-Dellin, plébiscitée par la critique et le public allemands lors de sa sortie en 1980, est l'une de ces raretés.
   L'entité vie-œuvre est présentée ici comme le résultat d'un drame personnel qui est aussi celui d'un siècle, des guerres de libération à la fondation de l'empire allemand, en passant par la révolution de 1848.
   Grâce à l'éclairage critique des événements et des circonstances et à l'exploitation de sources jusque-là inutilisées, en particulier le journal de Cosima Wagner, Martin Gregor-Dellin détruit un certain nombre de mythes de la littérature wagnérienne, principalement du compositeur avec ses contemporains – et ses contemporaines : Meyerbeer, Heine, Nietzsche, Louis II de Bavière, Bakounine, Liszt, Hans von Bülow, Minna Planer, sa première femme, Mathilde Wesendonck, Cosirna von Bülow.
   Passionnant jusque dans les plus petits détails, fascinant par les éléments nouveaux qu'il apporte, l'ouvrage retrace les différentes étapes de la création wagnérienne qui menèrent le compositeur au but qu'il s'était fixé : « l'œuvre d'art totale », résultat de dons artistiques exceptionnels et d'une présomption sans limite.
   Ni hagiographie, ni démystification, cette biographie propose pour la première fois un regard parfaitement objectif sur le génie allemand le plus contesté.

20 euros (code de commande : 12874).

 

[WAGNER (Richard)]. POURTALÈS (Guy de)Wagner, histoire d'un artiste. Paris, Gallimard, 1932. Mention de 15e édition. In-8° broché, IX, 446 p.
Table des matières :
   Bibliographie - Dédicace.
   Première partie : Le poète sans visage (1813-1839).
      I. La campagne des poètes.
      II. Wagner-Geyer.
      III. « J'aime celui qui ne veut pas avoir trop de vertus ».
      IV. Le masque de Beethoven.
      V. Studiosus musicae.
      VI. Les Fées.
      VII. La coupe de Socrate.
      VIII. Idéal et honorabilité.
      IX. Les fanfares de Rienzi et la tempête du Vaisseau Fantôme.
   Deuxième partie : Loge (1839-1849).
      I. Paris sous le Roi-Citoyen.
      II. L'apprentissage de la haine.
      III. Un monde nouveau. Le Hollandais volant.
      IV. Les lauriers de Rienzi.
      V. Tannhaeuser, « fleur qui exhale la mort ».
      VI. L'ouvrier d'idéal. Lohengrin.
      VII. Apollon et Marsyas. La révolution de Dresde.
   Troisième partie : Tristan (1849-1864).
      I. Zurich. Art et Révolution.
      II. Opéra et Drame. Le mythe d'Œdipe.
      III. La forge de l'Anneau.
      IV. La colline du bonheur.
      V. La mort d'Isolde.
      VI. Tannhaeuser à Paris. La mort de Tristan.
      VII. « Le monde me doit ce dont j'ai besoin. »
   Quatrième partie : Wotan (1864-1872).
      I. Hamlet II de Bavière et la révolution de Munich.
      II. L'idylle de Tribschen.
      III. La martyre du bonheur et Nietzsche, le nouveau pêcheur d'âmes.
      IV. Le Crépuscule des Dieux et l'aurore de Bayreuth.
   Cinquième partie : Prospero (1872-1883).
      I. L'incendiaire du Walhalla.
      II. Parsifal chez les Filles-Fleurs.
      III. Italiam.
      IV. Pan n'est pas mort.
   Références.

13 euros (code de commande : 06199).

 

[WEBERN (Anton Friedrich Wilhelm von)]. GALLIARI (Alain) — Anton von Webern. Paris, Fayard, 2007. In-8° sous reliure souple d'éditeur, 984 p., illustrations hors texte, traces de pliures à la couverture.
En quatrième de couverture :
   
Si la musique de Webern a suscité une vaste littérature depuis la consécration qu'elle reçut après la mort du compositeur en 1945, il manquait une monographie récente qui considère l'homme et son œuvre indépendamment de l'éclairage mythique dont la postérité les a entourés. À la lumière de sources pour la plupart inédites en français, Alain Galliari propose du plus radical des représentants de l'école de Vienne une vision qui contredit sous bien des aspects l'image qui en a été colportée. Loin du cérébral dominateur que sa gloire post mortem a tissé, l'homme que les sources découvrent montre un être tout en paradoxes, introverti et intense, vulnérable, mais décidé et intransigeant, perpétuellement en recherche, hanté par une quête métaphysique à dimension religieuse – celle d'une Vérité supérieure qui est celle du mystère de la vie, dont les formes naturelles étaient à ses yeux les manifestations directes et à laquelle toute œuvre d'art devait se conformer. Vision essentielle à l'approche de l'œuvre du musicien, économe jusqu'au vertige, qui éclaire son organisation exigeante et présage une intensité expressive qui n'a pas toujours été comprise.
   Cette monographie, qui tend à cerner par la biographie les fondements esthétiques de l'œuvre de Webern, cherche aussi à éclairer l'attitude de l'homme à l'égard des turbulences de son temps, questionnant la relation qu'il put avoir avec la monarchie, l'austro-marxisme et finalement le nazisme. Alain Galliari réinscrit ainsi l'homme complexe et secret que fut Anton von Webern dans les soubresauts de l'Autriche des années 1900-1945, déchirée par le cataclysme de la Grande Guerre, l'effondrement d'un empire dont il était l'enfant, la terrible double décennie de 1'entre-deux-guerres, l'annexion au Reich hitlérien et le sombre épilogue de la Seconde Guerre mondiale, à l'issue de laquelle le compositeur trouva une mort qui fit partie intégrante de sa légende posthume et que ce livre cherche aussi à démêler. À l'égal de celles de Schönberg et de Berg, comme des autres membres de l'école de Vienne, dont elles ne se séparent pas, la vie et l'œuvre d'Anton von Webern reflètent ainsi un temps bouleversé et tragique, où le pire se double d'une aspiration permanente au vrai par le beau et le neuf, offrant un ultime éclairage au radicalisme de sa musique.

25 euros (code de commande : 16545).

 


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Notre numéro de T.V.A. : BE0619836631.

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