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La Chanson de Roland.
Traduction précédée d'une introduction et
accompagnée d'un commentaire par Léon Gautier
membre de l'Institut, professeur à l'École des
Chartes.
Ouvrage couronné par l'Académie française
et par l'Académie des Inscriptions et Belles-lettres.
Vingt-deuxième édition.
Édition populaire illustrée par Olivier
Merson, Chifflart, Férat
et Zier.
Tours, Mame, 1895.
[Tours. Alfred
Mame et Fils, Éditeurs. M DCCC XCV.]
In-8° (165 ´ 249 mm.) modeste reliure demi-percaline turquoise
d'éditeur (tachée), 358, [1 (table)], [1 bl.] p.,
illustrations : Chifflart (1), Ferat (6), Merson (1), Zier (31)
(d'autres illustrations, par Hurel figurent dans l'introduction),
rousseurs.
Extrait de la préface (dans laquelle Léon Gautier dévoile
ses objectifs biens clairs...) :
« Mon rêve, en 1865, lorsque
je commençais à m''occuper de cette chère
Chanson de Roland, était de la faire pénétrer
dans l'enseignement secondaire et de lui conquérir, dans
toutes les classes de la société, une nouvelle
et durable popularité. Jétais fort ambitieux, comme
on le voit, et cependant ce rêve, que je croyais irréalisable,
a été réalisé.
[...]
Mes éditeurs ont consenti à s'associer
à ce vu, et voici qu'ils publient cette nouvelle
édition, qui est d'allure populaire.
Ici, pas d'érudition, pas de subtilités
philologiques, pas d'appareil ennuyeux. Le texte même du
onzième siècle, si difficile et si rude d'aspect,
n'est pas mis intégralement sous les yeux de nos lecteurs,
et l'on en a seulement imprimé quelques extraits à
l'usage des collèges et en vue des examens universitaires.
Une Introduction très sommaire, une traduction
commentée : c'est tout. Rien de plus vulgarisateur, rien
de plus net. Il me semble qu'une jeune pensionnaire, qu'un collégien
de douze ans, un ouvrier et un paysan, comprendront tout en ce
livre véritablement élémentaire. Et, à
force de le leur faire comprendre, j'espère bien que je
finirai par le leur faire aimer.
À un livre aussi populaire on n'a pas
voulu refuser la parure d'une illustration originale. MM. Olivier
Merson, Zier et Ferat, ont taillé leurs meilleurs crayons
et en ont fait sortir de charmants dessins, pleins de couleur
locale, de chaleur et de vie, que M. Méaulle a gravés
avec intelligence et amour. L'un de ces excellents artistes,
M. Zier, est allé chercher ses inspirations dans les lieux
mêmes qui furent le théâtre du célèbre
désastre de 778 ; il est resté quinze jours aux
alentours de Roncevaux, et ses paysages joignent à d'autres
charmes l'attrait d'une exactitude réelle. C'est ce que
personne encore n'avait eu l'idée de faire, et le lecteur
voudra bien nous tenir compte d'une innovation qui, pour être
tardive, n'en est pas moins appréciable et heureuse.
Et maintenant qu'elle aille, sous cette forme
nouvelle, qu'elle aille, ma vieille chanson, faire du bien aux
intelligences françaises et aux curs français.
Qu'elle aille proclamer partout, avec
sa mâle et noble voix qui sait si bien faire comprendre,
cette vérité pour laquelle j'ai travaillé
et lutté depuis plus de vingt ans : « La France
ne date pas de 1789 ; la France du onzième siècle
était déjà grande et belle, puissante et
aimée; la France enfin compte quatorze cents ans d'existence
et de gloire. » Qu'elle parle de la sorte, et on 1'écoutera.
Qu'elle aille réveiller au fond des
âmes l'amour pour la chère patrie française,
et augmenter parmi nous la somme de la virilité nécessaire.
Qu'elle fasse des hommes, qu'elle fasse des Français,
qu'elle fasse des chrétiens.
Nous en avons besoin. »

Illustration de Chifflart,
p. 196
(88 ´ 88 mm.)
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