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Pseudonyme d'Adhémar
Martens. Né à Ixelles en 1898 et décédé
à Schaerbeek en 1962. Il écrit tout d'abord, entre
1918 et 1924, des pièces en un acte qui relèvent,
dit-il, du genre « néo-maeterlinckesque ».
Il entre en 1923 dans une administration communale. Découvrant
Strindberg, Wedekind, le théâtre expressionniste
allemand et Pirandello, il écrit une série de pièces
d'inspiration folklorique et s'attaque, pour les dégonfler,
aux mythes de Faust et de Don Juan (1925-1926). Le Vlaamsche
Volkstooncel (théâtre populaire flamand), une compagnie
qui, dans la ligne de l'expressionnisme allemand et du constructivisme,
se veut à la fois populaire et d'avant-garde, lui commande
à partir de 1926 une série de pièces. Celles-ci,
écrites en français, sont aussitôt traduites
et créées en néerlandais. Ghelderode travaillera
pour le Vlaamsche Volkstooneel jusqu'en 1932 : Escurial
(1927, publication en 1928, création en 1929), Barabbas
(1928, création KVS en 1929, publication en 1931). Entre
1931 et 1935, il donne libre cours à son goût de
la prolifération verbale, non sans tomber parfois dans
la logorrhée : c'est l'époque de Sire Halewyn
(1934) et de La Balade du Grand Macabre (1934). La forme
se resserre ensuite dans les « grands actes » de
son « théâtre de la cruauté »
: Hop Signor ! (1936, publication en 1938, création
en 1942), L'école des Bouffons (1942, publication
en 1943, création en 1953). Ghelderode, dont l'uvre
compte déjà une cinquantaine de pièces,
sort vraiment de l'ombre lorsque Le Ménage de Caroline,
Hop Signor ! (1947), Mademoiselle Jaïre et
Fastes d'enfer (1949) sont représentés à
Paris. Ghelderode a cessé d'écrire pour le théâtre
depuis 1943, lorsque, en 1950, on lui commande un spectacle de
plein air : Marie la Misérable (création
en 1952), un mystère médiéval et la dernière
pièce de l'écrivain.
« Étonnante cohue de bouffons,
de bourreaux, de rois dégénérés,
de moines suspects, de femmes en fleur accouplées à
des vieillards luxurieux, de sorciers, de possédés,
d'extatiques, de délirants » (S. Lilar), le théâtre
de Ghelderode tire toutes les conséquences d'une vision
carnavalesque du monde : la société nait de la
rencontre des masques, ceux-ci ne renvoient qu'à des instincts
élémentaires qui, exacerbés, communiquent
leur démesure au langage des protagonistes.
Michel de Ghelderode aurait également publié dans
la revue Haro !, sous le pseudonyme de Babylas. Roland
Beyen écrit : « Il est vrai que depuis Saint-François,
le dramaturge s'était associé à un groupe
d'anarchistes qui d'octobre 1927 à mars 1928 crachèrent
mensuellement dans Haro ! leur haine de la société
établie. Les contributions de Babylas, alias Michel de
Ghelderode, sont parmi les plus virulentes que la feuille ait
jamais publiées [...] ».
Renseignements
extraits de l'Alphabet des lettres belges de langue française
(Bruxelles, 1982) et de Haro
! Une revue belge d'avant-garde 1913-1928 (Mons, 1995). |