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Le salut par les Juifs.
Paris, Demay, 1892.
[Paris. Librairie
Adrien Demay. 21, Rue de Châteaudun, 21. 1892.]
In-8° (145 ´ 225 mm.)
broché sous une couverture parcheminée défraîchie,
[4 bl.], [4 (faux-titre, ouvrages du même auteur, titre,
droits)], III, [1 bl.], [1 (De profundis)], [1 bl.], [1 (titre)],
[1 bl.], 132, [1 bl.], [1 (mention d'imprimeur)], [2 bl.] p.,
édition originale.
@ Dans son journal,
à la date du 17 mai 1899, Léon Bloy publie la lettre
écrite « À un Belge » dans laquelle
il précise :
« [...] Vous avez été mal
renseigné. Le Salut par les Juifs le plus
important de mes livres n'est pas recherché des
bibliophiles. Il en est, au contraire, ignoré ou méprisé
profondément, ainsi qu'il convient, et rien n'est plus
facile que de se le procurer, quand on sait le moyen et qu'on
peut sacrifier 2 ou 3 francs.
Voici la très-sotte et très-déplorable
histoire. Le Salut par les Juifs, édité
en 92 par un humble marchand de papier devenu éditeur
pour ce seul ouvrage dont il espérait quelque succès,
n'en eut aucun. Deux cents exemplaires à peine se vendirent
ou furent distribués. Un peu plus tard le commerce de
vendeur-commissionnaire pratiqué par mon éditeur
ne marchant plus, il se vit forcé d'y renoncer et ne garda
que le bouillon de mon livre, huit cents exemplaires environ,
comptant qu'un jour il trouverait une occasion de s'en défaire
avantageusement. Calcul pas trop bête, mais combien onéreux
pour moi ! Écoutez la suite. Adrien Demay, tel est le
nom de cet éditeur, est devenu plombier. Il met du zinc
sur des maisons, pose des tuyaux de gaz, des robinets, installe
des appareils de cabinets d'aisances. Le bouillon du Salut
par les Juifs, le seul livre du XIXe siècle où
il soit parlé de la Troisième Personne divine,
est parmi ces ustensiles depuis environ sept ans. Adrien Demay
habite Gentilly, 63, route de Fontainebleau. À défaut
d'un acheteur en bloc, il vend volontiers ses exemplaires au
détail. Mais que pensez-vous de cette misère ?
Un tel livre sorti de mon cur percé, après
des maux inouïs et jeté hors de la circulation, enseveli
dans la poussière, au milieu des horribles objets d'un
commerce ridicule, sans qu'il soit possible de rêver seulement
un millionnaire chrétien qui consentirait à changer
cela pour quelques centaines de francs !
Et factus est sudor ejus sicut guttæ
sanguinis decurrentis in terram. »
La marque d'éditeur
imprimée sur la couverture et sur la page de titre a été
dessinée par Léon Bloy. Les initiales du nom de
l'éditeur étant « A » et « D
», Léon Bloy a imaginé de détourner
le monogramme utilisé par Albert Durer en l'encadrant
de la devise Oblectat spiritus in Trigono.
& Léon Bloy, Mon journal, 17
mai 1899, éd. Mercure de France, 1963, p. 291.
180 euros (code de commande
: 9601).
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