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Casse pipe. Paris, Chambriand, 1949.
In-8° broché, 150 p., édition originale,
un des 100 exemplaires numérotés sur vélin
des Papeteries de Renage (n° 130), couverture frottée
et un peu salie avec un petit manque, mention manuscrite dans
le coin inférieur droit de la couverture.
550 euros (code de commande
: LFCel/003).
Casse-pipe.
Suivi du Cuirassier
Destouches. [Illustré par] Tardi. Paris,
Gallimard/Futuropolis, 1989. In-4° sous reliure souple d'éditeur,
94 p., commentaire et signature d'appartenance sur la page de
garde, dos légèrement passé, édition
originale.
En quatrième
de couverture :
Avant
la guerre, il y avait eu la caserne (le quartier, en langage
de cavalerie) ; avant Bardamu, il y avait Ferdinand. Dans
Voyage au bout de la nuit, Bardamu, pour avoir emboîté
le pas à un régiment en parade, se retrouvait pris
au piège, mais ce premier moment ne durait que quelques
lignes. Après cela, c'était l'errance.
Casse-pipe, c'est le temps de l'enfermement,
devenu interminable. Témoin la longueur de cette première
nuit, qui occupe toute la première séquence, mais
la suite est à l'avenant. L'agressivité du monde
et des hommes y prend la forme de la nuit, du froid, de la pluie,
de chevaux échappés qui courent dans tout cela,
et un visage que Courteline et d'autres avaient déjà
fait connaître en littérature, celui des gradés
et des sous-officiers, d'autant plus charognes qu'ils sont eux-mêmes
plus terrorisés.
L'étonnant est que, du spectacle de
tant d'écrasement, qui ne cesse pas d'être sensible,
naisse ligne à ligne tant de comique. Céline est
ici dans toute la maîtrise de ses moyens. Le discours et
l'argot militaires sont un morceau de choix pour cette rencontre
de langages qui est pour lui le commencement du style. « Et
quand vous avez à la fois le tragique et le rire, vous
avez gagné, n'est-ce pas... » C'est lui qui
le dit, en parlant de Shakespeare.
Casse-pipe est un roman inachevé,
dont nous n'avons même pas tout ce qui avait été
écrit. On trouvera ici l'ensemble des parties actuellement
connues : les cinq séquences mises au point et les
fragments retrouvés d'une première version, plus
le seul récit que Céline ait fait de ce qui devait
suivre. Une fois ces morceaux réunis, leur force est telle
qu'ils font une uvre à part entière.
De cette transposition du vécu en mots,
Tardi fait à son tour une transposition visuelle, avec
la même fidélité à la sensibilité
célinienne dont il avait déjà fait preuve
dans son illustration de Voyage au bout de la nuit.
30 euros (code de commande
: LFCel/002).
Un
fragment de « Casse-Pipe ». Paris, Société Parisienne d'Édition
et de Publication, 1971. In-8° broché, 128 p.
Il s'agit
du n° 305 - Juillet-Août 1971 de la Écrits
de Paris, le texte de Céline figure aux pp. 75-78.
Présentation par Robert Poulet :
En 1940, Louis-Ferdinand Céline avait
entièrement achevé un roman qui s'insérait,
quant au sujet, entre le Voyage au bout de la nuit et
Mort à crédit, et qui aurait été
sans doute le chef-d'uvre de sa maturité. Quatre
ans plus tard le manuscrit de cet ouvrage disparut, avec quelques
autres, lorsque le logis de l'écrivain absent fut dévasté
et pillé par des « patriotes ».
De Casse-Pipe, on n'a retrouvé
plus tard que deux ou trois fragments, dont l'un m'a été
donné par l'auteur en 1957. Je l'ai publié en appendice
de mes « Entretiens familiers » dont une
nouvelle édition vient de paraître chez Plon sous
le titre : Mon ami Bardamu.
Aux lecteurs des Écrits de Paris
revenait le privilège de lire quelques pages de ce chapitre,
dont l'éclat, le mouvement, l'allégresse extraordinaires
donnent une idée de ce qu'était Céline au
plus robuste de son âge, et permet de mesurer ce que par
un déchaînement stupide des passions politiques
nous avons perdu.
13 euros (code de commande
: 042).
D'un château
l'autre. [6e édition.]
Paris, Gallimard,
1957. In-8° sous une modeste reliure de toile grise, 313
p., cachet de « Lectura. Bibliothèque Nouvelle.
76, R. de la Croix de Fer. Bruxelles » aux pages de
garde, de faux-titre et à la page 7.
10 euros (code de commande
: 12394 - vendu).
Mort
à crédit. [Illustré
par] Tardi. Paris, Gallimard/Futuropolis, 1991.
In-4° sous reliure souple d'éditeur, 425 p., commentaire
et signature (hachurée) d'appartenance, dos légèrement
passé, édition originale.
En quatrième
de couverture :
Mort
à crédit c'est
l'histoire d'un gamin solitaire, dans le Paris d'avant la Grande
Guerre, élevé par des petits-bourgeois qui n'étaient
ni riches ni intelligents ni ouverts au monde en marche, et qui
se gonflaient pour paraître, pour avoir l'air de, pour
ressembler aux riches qu'ils révéraient.
Ce petit monde a été décrit
par Céline avec une férocité, une truculence
et un humour incomparables, qui sont des constantes de toute
son uvre.
On y trouvera la démonstration du fait
qu'il était incapable de dissocier la représentation
de la vacherie des hommes du besoin qu'il avait d'en rire, passant
tout naturellement de l'horreur au grotesque de cette manière
si française, dénoncée par Beaumarchais,
de prendre au sérieux les choses futiles et les vraies
tragédies le plus comiquement possible.
On y trouvera aussi l'ineffable portrait de
Raoul Marquis, dit Henri de Graffigny, ingénieur, aérostier,
inventeur, écrivain prolixe, faux marquis et vrai mythomane,
dont Céline a fait le très rocambolesque Courtial
des Pereires.
Chacun connaît le talent et la manière
de Tardi, son trait si particulier et la façon dont il
a déjà rendu l'atmosphère tragi-comique
de Voyage au bout de la nuit et de Casse-Pipe.
Il était l'homme qu'il fallait pour illustrer ce livre
dans lequel Céline, à force d'outrances, a donné
de la société française de son temps une
image plus vraie que nature, dans ce langage vivant, moderne
et vert, qui a fait scandale, mais qui vaut à Mort
à crédit, bientôt sexagénaire,
de n'avoir pas pris une ride et de demeurer l'un des grands romans
français du XXème siècle.
40 euros (code de commande
: LFCel/004 - vendu).
Nord. Paris,
Gallimard, 1960 [achevé d'imprimer 13 mai]. In-8°
broché, 461 p., une carte, petit cachet et signature d'appartenance
sur la page de garde, exemplaire du tirage courant de l'édition
originale.
En quatrième
de couverture :
Céline
au milieu de l'Allemagne en flammes, tel est le, sujet de Nord.
Acteur, récitant et voyant à la fois, l'auteur
se retrouve à Baden-Baden, dans les mois qui précédent
l'effondrement du Reich. Étrange palace où le caviar,
la bouillabaisse et le Champagne comptent plus que les bombardements.
Étonnante baronne von Seckt, survivante d'un autre monde
et qui juge Hitler : « Vous savez, Monsieur Céline,
le triomphe du diable tient surtout à ce que les personnes
qui le connaissaient bien ne sont plus là... »
Puis c'est Berlin, aux maisons éventrées,
l'étalage d'une organisation tracassière au milieu
des ruines. Céline et ses compagnons d'infortune (sa femme
Lili, l'acteur Le Vigan, le chat Bébert) sont envoyés
à cent kilomètres de la capitale, à Krantzlin,
dans une immense propriété régie par un
fou. À l'est, la plaine s'étend jusqu'à
l'Oural. Et autour des quatre Français (car Bébert
compte bien pour un Français) vit une famille shakespearienne
dans un pays habité par des Polonais, des prostituées
berlinoises et des objecteurs de conscience, tous gras et robustes,
auxquels le Reich fait fabriquer des cercueils.
Céline se veut chroniqueur; mais il
décrit l'Allemagne de la débâcle comme Dante
visitait les cercles de son Enfer.
D'un côté les grands de ce monde,
toujours acharnés à profiter de la vie ; de
l'autre, les misérables auxquels on jette un « idéal »
comme un os à ronger. Et, sans cesse, « le
monde des Grecs, le monde tragique, soucis tous les jours et
toutes les nuits ».
45 euros (code de commande
: LFCel/017).
uvres. Édition présentée par
Frédéric Vitoux. Illustrations originales
de Raymond Moretti. Paris, Aux Éditions du Club
de l' Honnête homme, 1981-[1983]. Neuf grands volumes in-8°
sous reliure plein cuir brun foncé brun et étui
d'éditeur, plats décorés d'un entrelac doré,
tête dorée, édition réalisée
d'après les maquettes de Massin, illustrations
en couleurs hors texte, exemplaire numéroté sur
Vergé ivoire (n° 1161), très bel ensemble,
en parfait état, auquel on joint le prospectus publicitaire
ainsi que le volume de démonstration.
Voici le détail
des volumes :
Tome I : Voyage au bout de la nuit. 449 p.
Tome II : Qu'on s'explique - Hommage à Zola - L'église
-
Mort
à crédit. 357 p.
Tome III : Mort à crédit (Deuxième
partie). 340 p.
Tome IV : La vie et l'oeuvre de Philippe Ignace Semmelweis
-
Les
derniers jours de Semmelweis - Mea Culpa -
Casse-pipe
- Carnet du cuirassier Destouches -
Guignol's
band. 411 p. + 14 p. non chiffrées
d'un
fac-similé d'un fragment du manuscrit de
Casse-pipe.
Tome V : Le pont de Londres. 384 p.
Tome VI : Féerie pour une autre fois - Normance.
475 p.
Tome VII : Entretiens avec le Professeur Y. - Interview
avec
Madeleine Chapsal - Interview avec
Pierre
Dumayet - Entretien avec L.-A. Zbinden -
Louis-Ferdinand
Céline vous parle - D'un
château
l'autre. 414 p.
Tome VIII : Nord. 385 p.
Tome IX : Rigodon - Des vagues - Progrès - 31, cité
d'Antin
- Secrets dans l'île - Bezons à travers
les
âges - A l'agité du bocal - Ballets sans
musique,
sans personne, sans rien - Scandale
aux
Abysses - La naissance d'une fée - Voyou Paul -
Brave
Virginie - Van Bagaden - Foudres et flèches -
Vive
l'amnistie, Monsieur. 412 p. La plupart de ces
textes
est précédée d'une notice.
Le volume de démonstration présente
les différents types de reliures proposées aux
souscripteurs ainsi que les 187 premières pages du Voyage
au bout de la nuit.
Cavalier
seul. Catalogue raisonné de l'uvre typographique
de Massin, 3, 1979-2000, p. 22.

Décor des plats
des volumes et couverture du bulletin publicitaire.
L'ensemble : 600 euros
(code de commande : LFCel/001 -
vendu).
Progrès.
Paris, Mercure de France,
1978 (14 février). In-12 broché, [128] p.,
édition originale, exemplaire numéroté (n° 192).
Note de l'éditeur
:
Madame
Cécile Robert Denoël, la veuve de l'éditeur
de Voyage au bout de la nuit, a bien voulu confier le
manuscrit de ce texte que Céline lui-même lui avait
offert au début de l'année 1933. Il s'agit d'un
double dactylographique de cinquante-cinq feuillets numérotés
de 2 à 54 sous couverture cartonnée et lacée.
La page de couverture porte de la main de Céline le mot
« Périclès », barré
de trois traits transversaux et corrigé à côté
en « Progrès ». En bas de page et
à droite, sur deux lignes on peut lire : « Louis
Destouches / 35 rue Vernet ».
Cette adresse, qui figurait également
sur le manuscrit de L'Église en octobre 1927, était
celle du siège parisien de la Société des
Nations. Louis Destouches y fit suivre son courrier après
son départ définitif de Genève. Ce texte
n'est donc certainement pas postérieur à décembre
1927. En outre, la rencontre d'Elizabeth Craig (ici « L'Américaine »)
n'ayant eu lieu, au plus tôt, qu'à l'automne 1926,
la rédaction ne remonte vraisemblablement guère
au-delà du second ou troisième trimestre 1927.
Les nombreux lapsus phonétiques de la dactylographie,
en général immédiatement corrigés
à la suite ou en interligne supérieur, et à
la machine, font même penser à la transcription
d'une sténographie. Cette hypothèse d'une dictée
n'est pas contredite par la révision manuscrite qui se
limite, pour l'essentiel, à un simple échenillage
des fautes et omissions.
Totalement inédit, ce texte a donc maintenant
un demi-siècle. Très probablement contemporain
de L'Église, il contribue avec la publication des
recherches biographiques de François Gibault et celle
des lettres d'Afrique à la connaissance de la formation
intellectuelle et littéraire de Louis Destouches. Le cadre
parisien, le milieu familial dont la transposition est évidente
et certains personnages (dont le futur « Lempreinte »
de Mort à Crédit) sont de véritables
esquisses de l uvre ultérieure. Exprimées
ou allusives, bien des situations y figurent déjà
(culte de la beauté plastique des danseuses, charme de
la musique américaine, dégradation des murs,
méfaits du progrès, hantise des dettes...) et,
plus particulièrement, dans les tirades prêtées
à « Gaston ». Enfin, dans les limites
et sous le couvert de la fantaisie la moins élaborée,
Progrès comporte quelques particularités
de la conception dramaturgie des futurs Ballets :
construction symétrique des tableaux impairs (longs et
réalistes) et pairs (brefs et féeriques) ;
intrigue cédant le pas au mouvement ; mariage des
tons où la parodie permet à l'auteur de prendre
quelque distance à l'égard de ses personnages.
Comme dans « Des vagues », la tenue
littéraire de ce texte imposait, tout à la fois,
une publication intégrale et une présentation aussi
lisible que possible. L'orthographe, quand elle avait échappé
à la révision de l'auteur, a été
rétablie ; la ponctuation, harmonisée en fonction
des usages les plus courants de ce texte, mais les tirets qui
n'avaient pas d'équivalence typographique évidente
ont été maintenus. Le même impératif
de clarté a fait uniformiser l'introduction des rubriques
et la disposition des indications scéniques. Les quelques
leçons ou réfections autographes, qui confirment
l'authentification du manuscrit, ont été enregistrées
dans le corps du texte. On trouvera, en bas de page, la dactylographie
originale ; et éventuellement, entre crochets, l'indication
de nature des ajoutés.
25 euros (code de commande
: LFCel/018).
Rigodon. Préface
de François Gibault. Paris, Gallimard, 1969 [achevé
d'imprimer 4 février]. In-8° broché, 318 p.,
jaquette, exemplaire du tirage courant de l'édition originale,
cahet ex-libris sur la page de faux-titre.
Sur la jaquette :
Après
D'un château l'autre et Nord, Céline
achève avec Rigodon, auquel il consacra les derniers
mois de sa vie, la chronique fantastique qui nous entraîne
sans transition de sa retraite de Meudon aux routes de l'Allemagne
de 1944 en pleine débâcle. Qu'arrivent enfin « les
Chinois » qui vont tout balayer, religions, politiques,
littératures jeunes et vieilles !
Et sur un rythme de danse burlesque et macabre,
« Par-ci ! Vite ! Par-là ! »,
Céline évoque de façon saisissante la fin
de son périple à travers les derniers soubresauts
de la guerre avec sa femme, Lili, et le chat Bébert.
De Rostock à la Baltique, de Ulm à
Hambourg, et jusqu'au Danemark, trains bondés de soldats,
de réfugiés, pilonnés par les bombes, les
villes, monceaux de ruines brûlés au phosphore où
dansent encore des flammes « vertes ou rosés »,
dessinent un décor hallucinant, peuplé de personnages
grotesques ou émouvants. Et le plus étrange est
sans doute Céline, clopinant sur ses cannes avec son chat
dans sa musette, qui se moque, se plaint, injurie, rabâche
ses malheurs, et interrompt à chaque instant son récit
par des réflexions arrières ou féroces.
Ce voyage sans espoir au bout des horreurs
de la guerre est la dernière expression de ce don d'imagination
visionnaire souligné déjà par la remarque
d'André Gide : « Ce n'est pas la réalité
que dépeint Céline, c'est l'hallucination que la
réalité provoque. »
30 euros (code de commande
: LFCel/006).
À PROPOS
DE
LOUIS-FERDINAND CÉLINE
ALMÉRAS
(Philippe) Céline entre haines et passion.
Paris, Robert Laffont, 1994.
In-8° collé, 476 p., deux cahiers d'illustrations
hors texte, (collection « Biographies sans Masques »).
En quatrième
de couverture :
Céline
a joué sa vie sur ses haines. Elles sous-tendent son uvre.
Son antisémitisme n'est que l'aspect grimaçant
d'un racisme biologique auquel il a adhéré de toute
sa force par-delà les comédies et les palinodies.
Sûr d'avoir l'horrible vérité pour lui, il
s'est très tôt convaincu qu'on voulait sa mort physique,
littéraire. Cela l'autorisait à vouloir celle des
autres et justifie tous les travestissements.
Cent ans après la naissance de Louis
Destouches, il est enfin possible de faire la part du vécu
et du transposé. Réapparues, Elisabeth Craig, Karen
Marie Jensen racontent la genèse du Voyage au bout
de la nuit, les ruptures, l'or du Danemark. La masse de lettres
qu'il a écrites permettent de suivre sa vie souvent
au jour le jour. Chacun les a gardées. On les a retrouvées
en Australie, à Londres, au Maroc, en Californie ou chez
ses éditeurs ; celles aussi adressées à
Le Vigan, qui fut forcé de les vendre, ou celles encore
que Je suis partout renonçait à publier
en 1942 et 1943, pour « excès racistes ».
Sentiments, passions, argent, ces lettres racontent une histoire
bien différente de celles qu'il a écrites ou inspirées.
Ni peuple ni pauvre, Céline, mais « accablé
d'orgueil » et constamment humilié. Aussi désireux
de réussite que de revanche.
De Baden-Baden à Sigmaringen, en passant
par Rambouillet, la caserne, la prison, les toits de Copenhague
ou le château Scherz, voici le tissu de la fiction, et
comment se crée la biographie imaginaire où Ferdinand
raconte ce que sent Louis Destouches : son histoire symbolique.
Mais cet ouvrage est en même temps la première biographie
critique de Céline. Elle suit le rythme du vécu,
jusqu'à la dernière mise en scène, à
Meudon.
Ni fou, ni saint, mais persécuteur persécuté.
Un grand écrivain, au style nourri de passions et de phobies,
le seul qui, par le miracle de la langue au-delà des options
politiques, unisse gens de culture et grand public. À
travers Céline, le siècle se raconte ; il
est le seul à en avoir rendu les débats, les déchirements,
les drames et les bonheurs.
18 euros (code de commande
: LFCel/023 - vendu).
BELLOSTA
(Marie-Christine) Céline ou l'art de la contradiction.
Lecture de Voyage au bout de la nuit. Paris,
Presses Universitaires de France, 1990. In-8° broché,
319 p., (collection « Littératures Modernes »),
exemplaire en très bel état, épuisé
au catalogue de l'éditeur.
En quatrième
de couverture :
Voyage au bout de la nuit est le roman
le plus connu de Céline, mais est-il pour autant facile
à lire ?
Pour son auteur, en 1932, c'était une
uvre « impossible à classer »,
visant à « créer une image très
fidèle de l'homme des villes », « satirique
jusqu'à la férocité », « contée »
pourtant de manière « candide »,
et destinée « aux médecins, aux universitaires
et aux lettrés ».
Il est donc tentant de le lire comme une étonnante
réécriture de Candide, comme un roman philosophique
qui traite du problème du mal, de la guerre et de la mort,
et comme une somme qui met en question les idées de son
temps : pour Freud contre la psychiatrie française,
pour la « littérature prolétarienne »
contre Proust, pour Darien et Stirner contre Rousseau, pour la
psychanalyse contre la révolution, etc.
À recomposer ainsi l'univers intellectuel
sous-jacent à cette uvre, on gagne d'en mieux comprendre
la forme, les obscurités, les jeux intertextuels nombreux
et les engagements.
On y gagne aussi d'apercevoir la continuité
logique de toute l'uvre de Céline, pamphlets compris.
30 euros (code de commande
: 060*).
BONNEFIS
(Philippe) Céline. Le rappel des oiseaux. Lille, Presses Universitaires de Lille, 1992.
In-8° collé, 219 p., (collection « Objet »),
exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
Que veut dire rappel ? Et puis ce rappel,
qui donc ici le bat ? Sont-ce les oiseaux qui se rappellent,
qui s'appellent entre eux ? Ou l'oiseleur qui s'essaie aux
gazouillis ?
Touit-Touit, piouït ! piouït !
tuii... tui !...
Appel ou appeau ? Qui appelle qui et pourquoi ?
De tous les titres rassemblés dans la première
des quatre grandes suites de clavecin que composa Jean-Philippe
Rameau, Le Rappel des Oiseaux est sans doute le plus mystérieux.
Ce n'est pas à dire que ce livre est
sans objet. Des objets, il en a, et de toutes les sortes. Des
petits et des grands. De bruyants comme les ponts (pont, pont,
pont, pont : Ludwig Van et Bibici. Combien de décibels ?).
De muets, comme la danse et comme le cinéma...
Beaucoup d'objets, mais un seul souci. La musique,
où s'exprime le caractère amoureusement désespéré
de la relation de Céline au monde. Attendant, pour se
lier, que les êtres ou les choses ne tiennent plus que
par un fil. Qu'il laisse alors filer, de peur qu'il ne se rompe.
Mais filer comme on fait d'une ligne. À
petits coups, d'un mouvement souple du poignet. Mouvement d'autant
plus étudié que, enfin libéré de
l'urgence de la prise, il le travaille, en somme, pour la beauté
du geste.
18 euros (code de commande
: 15390).
.
CRESCIUCCI
(Alain) Les territoires céliniens. Expression dans l'espace et expérience
du monde dans les romans de L. F. Céline. Paris, Aux
Amateurs de Livres - Klincksieck, 1990. In-8° broché,
351 p., exemplaire en parfait état.
Extrait de l'introduction
:
Dans
cette étude nous nous fixerons sur deux éléments
inséparables. D'abord l'expression de l'espace. C'est
en quelque sorte l'étude de la surface... Comment le narrateur
parle-t-il du monde qu'il parcourt ? On peut dire de tous
les romans qu'ils se passent quelque part, mais les lieux n'ont
pas la même importance dans tous. Il ne vient à
l'idée de personne de penser que les lieux ne sont qu'un
décor nécessaire à l'action. Le Dublin de
Joyce, le Petersbourg de Biely, le Berlin de Döblin ou le
Sud de Faulkner ne sont pas de simples toiles de fond. La littérature
ne s'absorbe pas dans une ambition dénotative comme un
savoir-faire supérieur qui permettrait à l'artiste
de mieux restituer le réel. Faut-il insister sur le fait
que le romancier a son réel, qu'il opère, en partie
inconsciemment, des choix ? Ce qui nous intéresse,
c'est la manière dont se compose un monde romanesque.
C'est pourquoi, si nous nous attachons aux notations référentielles
ce ne sera pas uniquement pour retrouver les données de
l'expérience à quoi s'attache une critique
des sources mais pour rendre compte du fait littéraire.
Ensuite, il s'agit de comprendre pourquoi Céline distingue
dans ses territoires tel ou tel aspect et en quoi ces distinctions,
ces élections témoignent d'un itinéraire
personnel. Ces raisons, nous les étudierons à la
fois du point de vue de l'imaginaire et du point de vue de l'économie
romanesque, c'est-à-dire en tenant compte des composantes
structurelles.
Nous pensons, comme Gilbert Durand, que « l'espace
semble bien être la forme a priori où se
dessine tout trajet imaginaire... » C'est en quoi
l'uvre de Céline nous paraît relever d'une
topologie, car peu d'uvres sont, comme celle-là,
articulées autour de la notion d'itinéraire dans
le double sens de déplacement physique d'un lieu à
un autre et d'expérience intérieure.
Cette idée de trajet imaginaire nous
retient. L'univers romanesque est un univers imaginaire. Mais
aussitôt se pose la question de savoir ce que recouvre
ce concept si vaste d'imagination. Ce n'est pas la simple saisie
ou la simple recréation d'objets hors de leur présence,
mais l'advenue de figures, de thèmes particulièrement
investis par l'affectivité. L'imagination relève,
pour nous, de l'activité fantasmatique, c'est-à-dire
de la mise en scène de l'objet... En aucun cas nous ne
saurions nous contenter d'un inventaire, d'une simple description.
Le choix des lieux céliniens, le monde de Céline,
n'a de valeur que si nous en recherchons la signification. Il
existe des partis-pris obsessionnels, des angoisses qui ne parviennent
à la formulation qu'après le déchiffrage
de la dramaturgie de l'imaginaire... Toute uvre est nourrie
par des courants de sensations, par la prédilection positive
ou négative pour des rêveries, par l'attachement
à des constantes qu'on pourrait dire topologiques et qui
balisent un itinéraire intérieur grâce
auquel s'édifie le monde romanesque.
30 euros (code de commande
: LFCel/025).
DAUPHIN
(Jean-Pierre) & FOUCHÉ (Pascal) Bibliographie
des écrits de Louis-Ferdinand Céline (1918-1984).
Paris, Bibliothèque
de Littérature Française Contemporaine de l'Université
Paris 7, 1985. In-8° broché, [654] p., illustrations,
(collection « Le Graphomane », n° 1),
tirage limité à huit cents exemplaires numérotés
(n° 678), petit coup (bien apparent sur la photo) sur
le coin supérieur gauche du premier feuillet de couverture,
rare.
Avertissement :
Il
y eut de la démesure dans le projet de cette recherche
et des contradictions dans sa conduite. Son aboutissement en
porte les traces.
Cette bibliographie devait être exhaustive,
elle en approche au prix d'une pléthore qui ne manquera
pas de faire sourire plus d'un. Et si le souci de simplicité
a fait abandonner les canons de la « descriptive »
au profit d'une observation plus réaliste, plus conforme
aussi aux livres d'aujourd'hui, ce dépouillement pourrait
bien passer pour pauvreté. Le bon sens exigeait de ne
pas décrire dix fois, souvent plus, tel texte inlassablement
repris dans la presse : l'entrée se fait donc à
la date de première publication (qui contient les informations
ou les renvois relatifs aux suivantes), mais ce système
implique une codification autrement rébarbative, et dont
le même bon sens aurait pu souhaiter faire l'économie.
Ainsi de la montagne et de la souris. Car les
contraintes recherchées se seront révélées
de trop rudes alliées : une entreprise menée
durant une période abusivement longue ; une conception
technique remaniée par trois fois et jusqu'à la
sophistication ; un souci très constant de rigueur
et de méthodologie achoppant, tout aussi constamment,
sur le cas d'espèce, la particularité aberrante,
l'exception jouant la règle ; l'envergure d'une enquête
dont l'excès pourrait bien, finalement, appareiller l'essentiel
et le frivole. En tous sens, coûteuse opiniâtreté.
Pourtant, à voir l'indigence de la bibliographie
contemporaine, la nullité des échanges, les vanités
de la découverte d'autant plus affirmée qu'elle
est de seconde main, il ne faut pas bouder son plaisir. C'est
bien de bibliographie qu'il s'agit ici. L'un de ces objets têtus,
toujours contredits et qui, fort gracieusement, donnent à
partager sans mensonge comme sans réticence.
Et le plaisir est double en constatant, sur vingt ans exactement,
de combien de générosités, de désintéressement,
de secours s'est tissé l'instrument.
Il y a du bonheur à dire tout ce que
l'on doit en matière de sources, ces « crédits
de recherche » qui n'auront pas été
de vains mots. Il y en a également, ayant beaucoup co-signé,
à dire tout ce que l'on doit au co-auteur, bien réel
cette fois, et qui depuis 1977 a si bien fait que l'ouvrage peut
paraître.
350 euros (code de commande
: LFCel/024 - vendu).
DEL
PERUGIA (Paul) Budapest-sur-Danube et les « voyages »
céliniens. Pipriac,
Les Conférences de Sénac, 1989. In-8° collé,
112 p., (collection « Littératures Modernes »),
ouvrage tiré à 100 exemplaires numérotés
(n° 92), exemplaire en très bel état.
Extrait :
Lorsqu'en 1924, à Rennes, le jeune Céline
choisit le médecin hongrois Philippe Semmelweis (1818-1865)
comme sujet de sa thèse de Doctorat de Médecine,
il le présenta à son jury comme le « quatrième
enfant d'un épicier de Budapest-sur-Danube ».
Cinq ans plus tôt, en effet, le Diktat
de Versailles venait d'imposer par le Traité de Trianon,
une violation cynique du principe, cependant déclaré
sacré par tes Démocraties, du « droit
des peuples à disposer d'eux-mêmes ».
Devant son jury, parfaitement indifférent, Céline
indiquait que la capitale du Royaume de Saint-Étienne
était devenue l'équivalent d'une bourgade caractérisée
par sa position sur le Danube.
Cette ironie soulignait l'iniquité de
méchants Princes qu'il rappelait, non seulement à
son jury d'hier, mais à ses lecteurs d' aujourd'hui.
Au moment où il soutenait sa Thèse
de Médecine, Céline ne connaissait pas encore le
Danube où il aimera plus tard voyager. Pour présenter
le destin de son personnage, il place Budapest humiliée
sur sa toile de fond.
À partir de cette ville, la thèse
décrit quatre « voyages » dont elle
est le centre. Dans son premier livre dont le caractère
est médical et non littéraire se trouve
déjà fixée une des originalités de
son uvre ultérieure, c'est-à-dire la transformation,
par la méditation, des déplacements dans l'espace
terrestre et dans l'espace mental.
20 euros (code de commande
: 061).
DUNETON
(Claude) Bal à Korsör. Sur les traces de
Louis-Ferdinand Céline. Paris,
Grasset, 1994. In-8° collé, 121 p., exemplaire
en très bel état.
En quatrième
de couverture :
Ceci est un hommage à Louis-Ferdinand
Céline. Avant que la page ne soit tournée, et le
siècle. Céline était revenu en France en
1951, après l'exil au Danemark... Quand il a posé
le pied sur le sol de Nice, le 1er juillet, venant de Korsör,
il lui restait dix années à vivre.
J'ai voulu envoyer un salut à l'artiste,
pour ses cent ans car il avait perçu ses premières
lueurs le 27 mai 1894, à Courbevoie... Disons que j'ai
composé une « ode à Céline »,
à l'occasion de ses cent bougies !... Mais quoi qu'on
écrive sur son dos, il se retournera dans sa tombe !
Il nous l'a promis : « Je veux passer fantôme
ici, dans mon trou... Dans ma tanière... je leur ferai
à tous... Hou !... Rouh !... Hou !... Rouh !...
Ils crèveront de peur... Ils m'ont assez emmerdé
du temps que j'étais vivant... Ce sera bien mon tour... »
(Bagatelles pour un massacre).
10 euros (code de commande
: 056 - vendu).
GIBAULT
(François) Céline. Deuxième partie : Délires
et persécutions (1932-1944). Paris, Mercure
de France, 1985. In-8° broché sous jaquette, 378 p.,
illustrations hors texte, ex-donno à la page de garde.
En quatrième
de couverture :
Entre Le Temps des espérances
(1894-1932) et Cavalier de l'Apocalypse (1944-1961), manquait
une pièce maîtresse à cette magistrale biographie
de Céline : les années noires, celles de Mort
à crédit, celles des pamphlets, celles de l'Occupation.
En s'appuyant sur une énorme documentation réunie
pendant plus de dix ans, François Gibault a pris le parti
de l'objectivité et n'a recelé aucune des informations
sérieuses, aucun des éléments qui lui ont
été communiqués, y compris ceux qui choqueront.
L'auteur a pensé mieux servir la mémoire
de Céline en le montrant tel qu'il lui est apparu et en
lui restituant toute sa force, par-delà et à travers
ses outrances et ses erreurs.
Plus de deux cents lettres et textes inédits
sont cités dans ce volume, qui contient de nombreuses
photos également inédites.
30 euros (code de commande
: 062 - vendu).
GIBAULT
(François) Céline. Troisième partie : Cavalier de
l'Apocalypse (1944-1961). Paris, Mercure de France,
1981. In-8° broché, 396 p., illustrations hors
texte, ex-donno à la page de garde, plis à la couverture.
En quatrième
de couverture :
Cavalier de l'Apocalypse commence le
jour du débarquement en Normandie, dont le succès
a marqué le début de l'effondrement du Troisième
Reich. Ce fait majeur de l'histoire de l'Occident provoqua une
brusque rupture dans la vie de Céline. Quelques jours
après le 6 juin 1944 il abandonna son appartement de la
rue Girardon pour se lancer au devant d'aventures fantastiques
qui lui ont donné la matière des trois maîtres
livres D'un château l'autre, Nord et Rigodon,
nouveau sommet et accomplissement de sa carrière, montrant,
s'il en était besoin, que, pour lui, le processus de création
avait toujours pour origine un fait vécu.
Cette dernière période de la
vie de Céline appelait un traitement « dépassionné ».
Le travail de François Gibault assure, pour la première
fois, une approche objective, notamment en multipliant les points
de vue des témoins et des contradicteurs.
L'abondance et la diversité des documents
ici produits permettent de régler définitivement
toutes les questions demeurées confuses (séjour
en Allemagne, passage de Sigmaringen à Copenhague, conditions
de séjour et relations avec les Danois, question de l'or).
Toute la lumière désirable est
ainsi faite sur la figure exemplaire d'écrivain « maudit »,
de « prophète de Meudon », que les
journalistes traitèrent en vedette à partir de
1957.
Un important dossier iconographique, un index
complètent ce troisième et dernier volume de la
biographie de Céline ; la première et la seule
exhaustive à ce jour, elle s'est d'ores et déjà
imposée comme un irremplaçable ouvrage de référence
et a été couronnée deux fois (par l'Académie
française et l'Académie de médecine).
35 euros (code de commande
: 063 - vendu).
JUILLAND
(Alphonse) Elizabeth et Louis. Elizabeth Craig parle
de Louis-Ferdinand Céline. Traduit
de l'anglais par Florence Vidal. Paris, Gallimard, 1994. In-8°
collé, 462 p., illustrations, exemplaire en très
bel état.
En quatrième
de couverture :
Qui était cette Elizabeth Craig à
qui Céline avait dédié Voyage au bout
de la nuit, cette danseuse américaine dont il disait
en 1932 qu'elle lui avait appris « tout ce qu'il y
avait dans le rythme, la musique et le mouvement » ?
Quinze ans après il se la rappelait, avec « les
traits de Molière en femme, et tout son esprit !
tout son génie en même temps ». « Quel
génie dans cette femme ! ajoutait-il. Je n'aurais
jamais rien été sans elle. »
Elle avait vécu avec lui de 1926 à
1933, et donc les années décisives de la rédaction
du Voyage, de 1929 jusqu'à sa publication en 1932.
En 1934, il était allé en Californie pour la convaincre
de revenir en France, en vain. Depuis, elle avait disparu de
son univers, et par la suite avait échappé à
la curiosité de tous ses biographes. En 1988, Alphonse
Juilland, professeur à l'université de Stanford,
se livra à une véritable enquête policière,
et il finit par la retrouver. De ses entretiens avec elle et
de ses propres recherches est sorti ce livre qui est à
la fois un étonnant témoignage sur le Céline
de ces années, l'histoire d'une liaison et le portrait
d'une femme qui n'était pas indigne de ce que Céline
avait dit d'elle.
25 euros (code de commande
: 057 - vendu).
JUILLAND
(Alphonse) Les « faux amis »
du vocabulaire de Louis-Ferdinand Céline. [Saratoga], Anma Libri, 1978. In-8° agrafé,
[28] p.
Extrait du tome II, 3 - Winter 1978
de la Stanford French Review (pp. 323-349).
Extrait :
Comme c'est à travers les « faux
amis » que Céline donne au lecteur sa première
leçon de morphologie, c'est aussi par leur truchement
qu'il le guide d'un niveau grammatical à l'autre, de la
syntaxe à la morphologie, du mot au morphème, des
règles qui gouvernent la combinaison des mots en phrases
à celles qui régissent la combinaison des morphèmes
en mots. Pour que le lecteur s'aperçoive que reculer
ne signifie pas « faire mouvement en arrière »
mais « culer de nouveau », il faut qu'il
se rende compte que cette forme en apparence bâtie d'une
seule pièce, est en réalité constituée
d'un préfixe et d'un thème. Ce faisant, il ne manquera
pas de comprendre que l'unité minimale de la grammaire
n'est pas le mot, ainsi que le croyaient les pratiquants de la
grammaire traditionnelle, mais le morphème des structuralistes,
et que les règles de cette grammaire ne sont pas uniquement
de règles syntaxiques combinaison de mots
en phrases mais aussi morphologiques combinaison
de morphèmes en mots. Il découvre ainsi que le
mot n'est pas seulement une « constituante »
mais aussi un « constitué ». Entre
le mot inerte du français Amyot et le mot dynamique du
français Rabelais « tension entre un noyau
et ces satellites, entre la racine et ses affixes et flexions
on retrouve en quelque sorte la différence qui
sépare l'atome traditionnel de l'atome-énergie
de la physique moderne. Le mot n'est donc pas seulement le point
de départ des opérations de la syntaxe, il
est aussi l'aboutissement des procédures de la
morphologie ; et il n'est pas seulement l'aboutissement
d'une analyse, le découpage de la phrase en unités
de plus en plus petites, mais aussi le résultat d'une
synthèse, la combinaison des morphèmes en unités
de plus en plus grandes. Voici pourquoi comprendre les « faux
amis » c'est prendre conscience de la nature complexe
du mot, c'est saisir le caractère producteur de la morphologie,
c'est passer du français « mort »
de Montaigne, de Racine, d'Anatole France, des Goncourts ou de
Gide au français « vivant » préconisé
par l'auteur du Voyage au bout de la nuit.
10 euros (code de commande
: 039).
KRANCE (Charles) Guignol's Band et
la rhétorique du geste célinien. Lexington, French Forum, 1979. In-8° broché,
[92] p.
Il s'agit du volume 4, n° 2 -
May 1979 (pp. 99-191) de la revue French Forum ;
l'article de Charles Krance est publié dans les pp. 114-122.
Extrait :
Il n'y aurait rien de plus facile que d'évoquer
l'emploi du geste dans Guignol's Band I et II, car il
saute aux yeux, pour ainsi dire, à chaque page du texte.
Quoi de plus naturel, par exemple, que de citer nombre de passages
où Ferdinand et son maître prestidigitateur Sosthène
s'exercent à mimer les ondes mystiques du « culte
de Véga » ? Et peu importe qu'on parte
de l'idée du geste comme signe hiéroglyphique destiné
à remplacer la parole, ou simplement du principe qui n'admettrait
au geste (physique ou phonémique) qu'une fonction purement
décorative, ou, si l'on préfère, performative,
sans quoi la parole désarticulée serait dénuée
de sa charge affective. Mais, malgré ses qualités
visiblement dynamiques et ses élans sensiblement dramatiques,
Guignol's Band reste, après tout, un texte écrit :
Plus tard, on prend son parti...
on s'arrange de tout... on se contente, on chante même
plus... on radote... puis on chuchote... puis on se tait... Mais
quand on est jeune... c'est dur ! Il vous faut du vent !...
de la fête... des fanfares ! et hop là !
du tonnerre !... La Vérité c'est la mort !...
J'ai lutté gentiment contre elle, tant que j'ai pu...
cotillonnée, l'ai festoyée, rigodonnée,
ravigotée et tant et plus !... enrubannée,
émoustillée à la farandole tire-lire...
Hélas! je sais bien que tout casse, cède, flanche
un moment... Je sais bien qu'un jour la main tombe, retombe,
long du corps... J'ai vu ce geste mille et mille fois... l'ombre...
le poids du mort !... Et tous les mensonges sont dits !
tous les faire-part envoyés, les trois coups vont frapper
ailleurs !... d'autres comédies !...
Ne voir dans ce langage gesticulant qu'une
transposition métonymique de la danse avec la Mort que
les figurants céliniens exécutent d'une scène
à l'autre, aurait pour effet de n'accorder à ce
langage même qu'un rôle accessoire et prétextuel.
C'est donc précisément le fait que l'emploi du
geste y saute aux yeux qui nous intéresse, plutôt
que le geste en tant que tel.
12 euros (code de commande
: 041).
LAVIS
(Georges) L'art descriptif de L.-F. Céline.
Paris, Les Belles Lettres,
1970. In-8° en ff. détachés et sous la couverture
de l'ouvrage, [24] p.
Cette
étude est extraite du n° 12 -1970 des Cahiers
d'analyse textuelle, pp. 57-81.
Extrait :
Si Céline est le contraire de l'homme
de lettres, son livre est tout aussi anti-conformiste : le romancier
se refuse à enrubanner la misère et le vice, il
éructe l'invective à jets continus. Dans le Voyage
au bout de la nuit, toutes les conditions sont réunies
pour choquer les esprits délicats, emmitouflés
dans leur confort intellectuel : le ton vigoureux et populacier ;
la satire percutante et grimaçante ; le style puissant,
rompant avec les habitudes de la langue « littéraire » ;
le vocabulaire dru, familier ou obscène.
Le Voyage au bout de la nuit bousculait
trop les règles établies : il n'obtint pas
le prix Concourt ; cette-année-là, le prix
fut décerné à un roman intitulé Les
loups d'un auteur aujourd'hui bien oublié : Guy
Mazeline. Pierre Audiat ironise sur cet échec : « ...
un homme de lettres, pour écrire, met toujours des manchettes,
même si les manchettes sont sales. Ce médecin de
nuit n'avait pas même des manchettes sales. Il avait retroussé
ses manches pour plonger ses mains Dieu sait dans quelles cavités !
et il les exhibait avec l'horrible fierté d'un chirurgien
ou d'un accoucheur qui opérerait sans gants. Tout cela
n'était pas régulier et, lors de la distribution
des prix, on le fit bien voir à Louis-Ferdinand Céline
qui n'obtint qu'une petite couronne de consolation, sans or dessus,
que distribuent des courriéristes littéraires qui
ont bon cur, au nom de leur ancêtre Théophraste
Renaudot. »
Aujourd'hui que les années ont passé
et que se sont estompés dans les esprits les griefs formulés
contre Céline non seulement après la
guerre 1939-45, mais déjà à la suite du
Voyage , on ne peut contester la place importante
de Céline dans la littérature du vingtième
siècle, une place que d'aucuns s'acharnèrent longtemps
à lui refuser pour des raisons qui ne relèvent
assurément pas de l'histoire littéraire. On s'aperçoit
aussi, avec le recul, que le Voyage au bout de la nuit
est presque « classique » comparativement
aux uvres postérieures où Céline est
allé beaucoup plus loin dans l'audace lexicale et syntaxique.
Derrière les outrances de pensée ou de langage,
on découvre un narrateur hors mesure ; on est saisi
par un talent descriptif d'une rare puissance et d'une grande
acuité. C'est ce dernier aspect de l'art de Céline
que nous voudrions ici principalement souligner et caractériser,
sans pour autant prétendre le définir complètement.
Nous nous bornerons, en effet, à l'analyse d'une page
qui nous paraît assez représentative du Voyage
au bout de la nuit ; ensuite, nous confronterons brièvement
nos observations avec celles que permettent d'autres passages
descriptifs du roman.
10 euros (code de commande
: 046).
LEROYER
(Astrid) Étude littéraire d'un passage
de « Rigodon » de L.-F. Céline.
Angers, U.E.R. des Lettres
et Sciences Humaines, 1979. In-8° agrafé, 135 p.
Il s'agit
du cinquième Cahier du Séminaire de Maîtrise
et D.E.A. (1978-1979) : Recherches sur l'imaginaire dans
la littérature française contemporaine depuis 1945 ;
le texte d'Astrid Leroyer figure aux pp. 82-89.
Introduction :
Il y a sans aucun doute une volonté
romanesque chez L-F.Céline. Rappelons que ce dernier s'est
toujours efforcé de placer au premier plan le style, le
travail du style et d'assurer la bonne marche de ce qu'il appelle,
dans les Entretiens avec le professeur Y, son « métro
émotif ».
Or, dans le texte que nous nous proposons d'étudier,
c'est à une véritable prolifération de l'Imaginaire
que nous assistons. Prolifération par-delà le Réel,
par-delà cette volonté romanesque qui, déjà,
modifie le Réel. Imaginaire qui submerge le Réel
pour imposer sa réalité propre. C'est précisément
cette réalité de l'Imaginaire que nous voudrions
présenter et dont surtout nous voudrions essayer de retracer
le mouvement irrésistible : d'un boyau au milieu
de ruines dans lesquelles furent trouvées des provisions,
Céline fait une grotte « d'émerveillement »,
grotte à travers laquelle nous avons cru reconnaître
l'archétype du refuge paradisiaque.
Tout refuge paradisiaque est heureux, ainsi
que le démontre Marie-Cécile Guhl. Or, à
ce niveau, notre texte fait problème du fait de la présence
de la mort dans le refuge, mort vécue par le héros
avec des fanfaronnades qui voudraient nier l'angoisse. Ce refuge
est-il Réussite ou Échec ? Nous pensons qu'il
n'est complètement ni l'un ni l'autre, mais qu'au contraire,
il participe des deux à la fois. Ce que nous voudrions
montrer, c'est que si ce refuge célinien est ambigu, c'est
que cela correspond à l'ambiguïté essentielle
de l'Imaginaire : son caractère vital et en même
temps son caractère éphémère.
En fait, si ce texte est un aveu de l'impuissance
de la fonction euphémisante de l'Imaginaire au niveau
de la durée car c'est bien ici une question
d'Éternité à retrouver n'est-il
pas en même temps un plaidoyer magnifique en faveur de
l'Imaginaire ? Céline tente de résoudre, à
niveau d'homme, le problème du Temps, de la Mort, la mémoire
relayant l'Imaginaire...
20 euros (code de commande
: 045).
La Quinzaine littéraire.
N° 639 - 16 - 31 janvier
1994. Paris, La Quinzaine Littéraire,
1994. In-4° agrafé, 32 p., illustrations.
Ce numéro contient l'article
Du Dr Destouches à L.-F. Céline de Maurice
Nadeau (pp. 5-7) à propos du tome IV des uvres de
Céline dans la collection La Pléiade, de Céline
entre haines et passion, par Philippe Alméras et de
Elizabeth et Louis.
5 euros (code de commande
: 038).
Revue
Romane. XIV 1 - 1979. Copenhague, Akademisk Forlag, 1979.
In-8° collé, 171 p.
Table des matières
:
In memoriam : Sven Skydsgaard.
Articles :
- Puissance et impuissance
du langage dans Voyage au bout de la nuit de Céline,
par Anne-Lisa Amadou.
- Les niveaux fonctionnels
du subjonctif en espagnol, en français et en italien,
par Kolbjørn Blücher.
- Une phrase / un
récit : Le jeu du feu dans La fille aux yeux
d'or de Balzac, par Juliette Frølich.
- Une étude
sur le suffixe -ation en français, par Emmanuel
N. Kwofie.
- El dinero en el
Quijote, par Federico Latorre.
Mélanges :
- Six verbes français:
la catégorie -AIRE, par Alfred Bolbjerg.
- À propos
de : Linda Orr : Jules Michelet. Nature, History,
and Language, par Eric Eggli.
- À propos de
l'imparfait, par Odile Halmøy.
Thèse :
- Sven Skydsgaard :
La combinatoria sintáctica del infinitivo español
I-II, par Jørgen Schmitt Jensen et Ebbe
Spang-Hanssen.
Comptes rendus :
- Littératures romanes :
- Anne Maria Clausen :
Le origini della poesia lirica in Provenza e in Italia. Un
confronto sulla base di alcune osservazioni sociologiche,
par B. Munk Olsen.
- Herman H. Wetzel
: Die romanische Novelle bis Cervantes, par Michel
Olsen.
- Langue française :
- Robert Martin :
Inférence, antonymie et paraphrase, par Oswald
Ducrot.
- Bente Maegaard
et Ebbe Spang-Hanssen : La segmentation automatique
du français écrit, par Suzanne Hanon.
- Conrad Sabourn
et John Chandioux : L'adverbe français :
essai de catégorisation, par Ole Mørdrup
et Henning Nølke.
- Jonna Kjær :
Brisebare : Le Plait de l'Evesque et de Droit, par
Povl Skarup.
- Prudence Mary O'Hara
Tobin : Les lais anonvmes des XIIe et XIIIe siècles.
Édition critique de quelques lais bretons, par Povl
Skarup.
- Littérature française :
- Georges Poulet :
Entre moi et moi. Essais critiques sur la conscience de soi,
par Hans Boll-Johansen.
- Pierre Testud :
Rétif de la Bretonne et la Création littéraire,
par Merete Grevlund.
- Langue italienne :
- Anna Laura Lepschy
et Guido Lepschy : The Italian Language Today,
par Magnus Ulleland.
10 euros (code de commande
: 15348).
RICHARD
(Jean-Pierre) Microlectures. Paris,
Seuil, 1979. In-8° broché, 282 p., (collection
« Poétique »), exemplaire en très
bel état.
En quatrième
de couverture :
Microlectures : petites lectures ?
Lectures du petit ? Les deux choses à la fois sans
doute. Les études ici rassemblées visent, dans
l'uvre, des unités relativement minimes : un
motif (le métro, ou le casque chez Céline,
l'étoile apollinarienne, l'aliment pour
Huysmans), un personnage (Javert), une image (dans le sonnet
en Yx de Mallarmé), voire un mot : mot de
passe, patronyme, pseudonyme. La lecture y est le plaisir d'une
lenteur. Elle fait confiance au détail, ce grain du texte.
Cette myopie n'allait pourtant pas sans ambition.
J'avais ici pour désir de comprendre comment une certaine
disposition d'humeur (l'ordre thématisé d'un paysage)
pouvait se lier à une certaine exposition libidinale (le
travail du désir, la scène du fantasme) et à
un certain dispositif formel (le champ de la lettre, le lieu
du poétique), pour produire ce que nous nommons un texte.
Puis de lire celui-ci dans sa poussée, dans sa suite (son
ensuite), dans la logique de sa successivité : d'où
cinq commentaires tentés sur cinq courts passages de Hugo,
de Michelet, de Gracq, de Claudel. Il m'a semblé ainsi,
à l'expérience, qu'à partir du plus petit,
c'était le plus précieux, en tout cas le plus singulier
d'une uvre qui pouvait être lu et dit.
15 euros (code de commande
: 059).
ROBERT
(Véronique) et DESTOUCHES (Lucette) Céline
secret. Paris, Grasset,
2001. In-8° collé, 165 p., exemplaire en très
bel état.
En quatrième
de couverture :
Pour comprendre Céline, Malraux disait
qu'il fallait se rapprocher de Lucette Destouches car elle seule
en avait une connaissance instinctive. C'est ce qui a inspiré
ce texte a deux voix : celle de Véronique Robert
qui raconte son amitié avec Lucette Destouches, et celle
de Lucette Destouches qui raconte Céline a travers vingt-cinq
ans de vie commune. L'épouse qui, de 1936 a 1961, a tout
partagé avec Céline, donne sur cet homme et cet
écrivain hors norme un éclairage inouï de
sincérité. À la fois incisive, généreuse
et drôle, Lucette D. ne mâche pas ses mots et dit
tout ou presque tout.
8 euros (code de commande
: 053).
ROUAYRENC
(Catherine) « C'est mon secret ».
La technique de l'écriture « populaire »
dans Voyage au bout de la nuit et Mort à crédit.
Tusson, Du Lérot,
1994. In-8° broché, 203 p., exemplaire non coupé
et à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
Ce livre situe l'écriture de Céline
dans ses deux premiers romans par rapport au code du langage
« populaire » tel qu'il peut être
défini à travers les uvres de ses contemporains
(Barbusse, Dabit, Peisson, Lemonnier, Thérive, Ramuz,
Poulaille...). Il montre comment Céline utilise certes
ce code, auquel il ne peut complètement échapper,
mais fort peu et en l'adaptant. L'essentiel est ailleurs, dans
la transposition du parlé dans l'écrit.
L'accent est donc mis sur les procédés
grâce auxquels, à travers le lexique, la morphosyntaxe,
la syntaxe, renonciation, la narration, Céline a une certaine
« façon de forcer les phrases à sortir
légèrement de leur signification habituelle, de
les sortir des gonds pour ainsi dire, les déplacer [...].
Mais très légèrement ! Oh ! très
légèrement ! » C'est une ambiguïté
constante et présente à tous les niveaux qui fonde
le style célinien.
20 euros (code de commande
: 15391).
SZAFRAN
(Willy) Louis-Ferdinand Céline. Essai psychanalytique. Bruxelles, Éditions de l'Université
de Bruxelles, 1976. In-8° broché, 204 p., (collection
« Arguments et Documents »), exemplaire
en très bel état.
En quatrième
de couverture :
La personnalité de Céline est
extraordinairement fascinante. Toutes ses uvres représentent
la mise en scène d'une seule vie, la sienne, et les héros
de ses livres ont une relation au monde superposable à
celle qu'il a dans la réalité. L'originalité
de ce travail réside dans la méthode employée.
Celle-ci se base sur le concept post-freudien de relation d'objet,
ce terme désignant le style de relation du sujet avec
le monde extérieur. L'analyse des relations objectales
doit être précédée par la reconstitution
des faits biographiques objectifs. Cette façon de procéder
permet d'intégrer deux ordres de connaissance de l'individu:
la compréhension intérieure qui est celle de ses
relations objectales et la connaissance extérieure qui
est celle de la réalité dans laquelle il se meut
et celle de ses comportements tels qu'ils sont perçus
par les autres.
Cette démarche appliquée à
Céline fait ressortir un certain nombre de thèmes.
La mort constitue la problématique centrale de la personnalité
de Céline et tous les autres thèmes, la médecine,
la création littéraire, le programme utopique d'une
rénovation de la France, en découlent. On ne lui
a d'ailleurs pas pardonné de projeter sa problématique
personnelle dans la réalité politique et sociale
de son époque, c'est pourquoi il est actuellement au purgatoire.
15 euros (code de commande
: 055).
Tout
Céline. Répertoire
des livres, manuscrits et lettres de Louis-Ferdinand Céline
passés en vente au cours des années 1979 et 1980.
Catalogues de librairies et ventes aux enchères. Paris, Bibliothèque L.-F. Céline
de l'Université Paris 7, 1981. In-8° broché,
140 p., illustrations, tirage limité à 350
exemplaires numérotés (n° 211).
En quatrième
de couverture :
En présentant ce Répertoire,
nous pensons mettre un utile instrument de référence
a la disposition de tous ceux, amateurs, chercheurs, libraires,
qui ont affaire aux manuscrits de Céline et aux différentes
éditions de ses uvres. Quiconque a l'occasion de
s'interroger ou d'être interrogé sur Ie cours recent
des manuscrits ou des volumes trouvera ici les prix indiqués
durant les deux dernières années dans les catalogues
a prix fermes des principaux libraires et marchands d'autographes
des pays francophones, et ceux qui ont été atteints
en ventes publiques pendant la même periode. Y est jointe
une description bibliographique des éditions, avec le
détail des tirages de tête sur grands papiers, ainsi
que la reproduction des analyses et des citations fragmentaires
de textes de Céline qui figurent dans les catalogues.
25 euros (code de commande
: 030 - vendu).
Tout Céline, 2. Répertoire des livres, manuscrits et
lettres de Louis-Ferdinand Céline passés en vente
au cours des années 1981 et 1982. Catalogues de librairies
et ventes aux enchères. Paris,
Bibliothèque L.-F. Céline de l'Université
Paris 7, 1983. In-8° broché, 135 p., tirage limité
à 500 exemplaires numérotés (n° 6).
25 euros (code de commande
: 031 - vendu).
Tout Céline, 3. Répertoire des livres, manuscrits et
lettres de Louis-Ferdinand Céline passés en vente
au cours des années 1983 et 1984. Catalogues de librairies
et ventes aux enchères. Liège,
S.N., 1985. In-8° broché, 127 p., tirage limité
à 120 exemplaires numérotés (n° 51).
25 euros (code de commande
: 032 - vendu).
VANDROMME
(Pol) Du côté
de Céline, Lili. Bruxelles, La Revue Célinienne,
1983. In-8° broché, 152 p., un des 15 exemplaires
numérotés sur vélin de Lana (n° VIII),
non coupé.
En quatrième
de couverture :
« Lili, la compagne fidèle,
hante les derniers romans de Céline et, en particulier
ceux de la trilogie allemande.
Pol Vandromme l'évoque avec la volonté
de détecter la source d'un personnage et la façon
du grand écrivain de l'intégrer à son uvre.
On trouvera donc dans son essai quelques-uns des secrets d'un
imaginaire et d'une manière romanesques. Plus largement
et plus précisément encore, on s'approchera de
ce que fut, à travers l'idéal de la danseuse, la
conception célinienne de la femme.
Aussi cet essai va-t-il à l'essentiel
d'un écrivain et d'une uvre, les expliquant l'un
et l'autre après les avoir devinés. L'information
la plus méthodique et l'intuition la plus vive s'associent
pour rendre clair le monde obscur de Céline.
Pol Vandromme trace de Lili un portrait qui
fera rêver, et nourrit une étude qui introduit à
une connaissance plus aiguë de Céline. »
40 euros (code de commande
: 14072).
VANDROMME
(Pol) La France
vacharde. Pastiche célinien. Bruxelles,
La Revue Célinienne, 1982. In-8 broché, 131 p.,
un des 10 exemplaires numérotés sur vélin
de Rives (n° IV), dédicacé par l'auteur
et non coupé.
En quatrième
de couverture :
« Pour la première fois,
un écrivain prend le risque de consacrer un volume entier
de pastiche à un seul modèle. La difficulté
d'une pareille entreprise explique que l'on s'y soit dérobé
jusqu'ici.
La réussite de Pol Vandromme est d'autant
plus rare. L'imitation de Céline, à la fois selon
sa manière et selon son esprit, brûle les yeux.
Les morceaux de bravoure, d'une drôlerie acérée,
se succèdent dans un exercice de style qui se déploie
comme un essai de critique interne. Cela jubile de cocasserie
avec un. brio intarissable. En même temps, cela ne dissimule
pas une amertume presque sauvage.
Le guignolo's band de La France vacharde
porte la marque du nihilisme célinien. De Pétain
à Mitterrand, en passant par de Gaulle, Pompidou et Giscard,
le jeu de massacre burlesque et torrentiel n'épargne personne,
radioscopiant à la perfection l'hydre française
aux têtes de veaux innombrables. »
35 euros (code de commande
: 14068).
VERDAGUER
(Pierre) L'univers de la cruauté. Une lecture
de Céline. Genève,
Droz, 1988. In-8° broché, 217 p., (collection
« Histoire des Idées et Critique Littéraire »,
n° 260), exemplaire en parfait état.
Table des matières
:
Introduction : Comment dire le mal.
Première partie : L'art du
tableau selon Céline.
Chapitre I : La géographie
célinienne.
- Le
spectacle du monde.
- L'unité
de lieu.
- La
structure microcosmique.
- Perversion
et mise en abyme : exemple de la nature.
- L'universalité
du décor : exemple des paysages urbains.
Chapitre II : Les
composantes essentielles du décor.
- Les
substances aqueuses et leur dynamique (La boue et le principe
d'uniformisation - L'eau et la dynamique de la fusion - Les forces
de la fusion universelle - Ambivalence de la boue - La maladie
aqueuse du monde - Corps et décor, intérieur et
extérieur).
- Les
substances corporelles (L'urine - Les excréments - Le
sang).
Chapitre III : Les
composantes annexes du décor.
- Les
miasmes de l'univers aqueux.
- La
chaleur et la violence.
- Le
rayonnement solaire.
- La
poussière.
- Le
feu.
Chapitre IV : Topographie
et faune.
- Le
souterrain et le labyrinthe.
- La
descente au tombeau.
- Le
principe de la codification géographique.
- L'éclairage
souterrain.
- Le
monde larvaire.
- Le
bestiaire de la violence.
Deuxième partie : Le
cul-de-sac.
Chapitre V : Prisons,
pièges et mondes de la lourdeur.
- Du
labyrinthe à la souricière.
- Les
lieux étroits.
- La
prison flottante.
- Les
maux de la claustration.
- L'alourdissement
(Coagulation et pesanteur - Angoisse existentielle et responsabilité
- Les forces alourdissantes du Voyage).
Chapitre VI : La
quête du refuge et l'évasion.
- Le
besoin d'ailleurs.
- L'errance
et la quête pervertie.
- La
fuite.
- Les
évasions de Bardamu.
- Robinson
et la fonction du double.
- La
vie immobile.
Chapitre VII : Refuges
et faux refuges.
- La
galère.
- Le
bordel.
- L'hôpital
et la prison.
- Le
cimetière.
- L'asile
d'aliénés.
- La
beauté interdite.
- Les
faux asiles (Le Tarapout - La péniche).
Troisième partie : Les forces
du chaos.
Chapitre VIII :
Le décor de la maladie.
- La
contagion universelle.
- Le
sursis microbien.
- Les
symptômes du mal.
- Perversion
et infection : le salut et l'amour.
- La
maladie des lieux et le dérapage allégorique.
- L'hypertrophie
malsaine.
- Horreur
objective et maladive.
Chapitre IX : Le décor
de la guerre.
- Armageddon
(L'obsession apocalyptique - la viande humaine consommable -
L'étripage).
- La
fête macabre (La foire et le décor du mal - Perversion
et grotesque - Célébrer la violence et la mort
- Célébrer le faux).
- La
guerre (Ludus et Thanatos - La belle mort.)
Conclusion.
Bibliographie - Index.
25 euros (code de commande
: 15434).
VIGNEAU
(Catherine) Remarques sur la reprise et l'anticipation
dans « Voyage au bout de la nuit » et « Mort
à crédit ». Toulouse,
Université de Toulouse - Le Mirail, 1975. In-8° en
ff. détachés et sous la couverture de l'ouvrage,
[33] p.
Cette
étude est extraite du tome XI - 1975, fascicule 5
des Annales, Grammatica IV, pp. 3-36.
Extrait :
La reprise et l'anticipation, constructions
qui impliquent une redondance puisqu'un pronom annonce ou reprend
un syntagme nominal ou son équivalent, sont des tours
expressifs. Aussi la langue parlée en use-t-elle sans
cesse, alors qu'une langue écrite, soucieuse de correction,
ne les utilise que très rarement et dans des cas bien
déterminés. Dans Voyage au bout de la nuit et
Mort à crédit, ces procédés
sont très fréquents, mais alors que dans le premier
roman, l'anticipation domine très nettement, puisqu'on
trouve environ 328 reprises pour 1551 anticipations, dans le
second, le nombre des reprises l'emporte sur celui des anticipations
(1128 pour 921). Cette observation incite à établir
une distinction entre les deux tours. De plus, en constatant
que dans Mort à crédit, malgré le
nombre supérieur de reprises, le syntagme objet direct
est souligné surtout par des anticipations, l'on est en
droit de se demander si le choix de l'un ou l'autre procédé
est déterminé par des contraintes syntaxiques ou
s'il est libre. Dans ce dernier cas, la prédominance d'un
tour sur l'autre donnerait aux deux romans une signification
différente.
10 euros (code de commande
: 048).
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