LITTÉRATURE FRANÇAISE

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Cette page contient les nouvelles entrées de la section « Littérature française »
ainsi que les ouvrages des auteurs dont le nom commence par la lettre « A ».
Les ouvrages sont classés par ordre alphabétique de nom d'auteur.
Les biographies sont classées au nom de l'auteur étudié.

Nouvelle(s) entrée(s)

 

CASSOU (Jean) Frédégonde. Illustrations de Touchagues. Paris, Trémois, 1928. In-8° broché, 81 p., 13 illustrations (1 illustrations de couverture en couleurs, 10 à pleine page, 1 bandeau figurant de tête de chaque chapitre, 1 cul-de-lampe répété en fin de quelques chapitres), (collection « La Galerie des Grandes Courtisanes », n° 2), une des 950 exemplaires numérotés sur vélin (n° 833).

   
Couverture, frontispice et titre.

25 euros (code de commande : 15573).

 

VOLLARD (Ambroise) — Le père Ubu à la guerre. Dessins de Jean Puy. Paris, Crès, 1920. In-8° broché à grande marges, 116 p., 3 illustrations (une à la couverture, une vignette de titre, une à pleine page), un des 500 exemplaires numérotés sur Hollande (n° 131), la couverture rempliée qui a bruni les marges des premiers et derniers feuillets, exemplaire non coupé.

   
Couverture et page de titre.

100 euros (code de commande : 15574).

 

YOURCENAR (Marguerite) — Le tour de la prison. Paris, Gallimard, 1991. In-8° collé, 187 p.
En quatrième de couverture :
   De tous les héros qu'elle a fait revivre, ou inventés, Marguerite Yourcenar n'a si tendrement et profondément parlé que du prêtre errant du XVIIe siècle japonais, Bashô. C'est le premier texte du recueil qu'elle intitule Le tour de la prison, livre dont la lecture laisse mélancolique, parce qu'il n'a pu être achevé. De tant de voyages, voilà des bribes, parfois saisissantes (la traversée d'est en ouest du continent américain vers l'Alaska puis vers San Francisco), mais le centre du livre est le Japon, et dans le Japon même le théâtre traditionnel, avec pour héros Mishima, et sa mort plus importante, tenant plus de place, que son œuvre. Ce qui dans l'autre monde, s'il existe, doit enchanter Mishima. La passion que Marguerite Yourcenar apporte au spectacle du kabuki, le respect et l'intérêt passionné que lui inspirent les acteurs, avec lesquels elle parle de leurs costumes féminins et de leur maquillage, ont la fraîcheur miraculeuse des découvertes, une incroyable faculté de s'émerveiller, pas encore épuisée, jamais épuisée.
   Si bien que pour elle, on comprend que les dernières années de sa vie ont été éclairées par un monde tout neuf, et par le choc bienfaisant d'une culture radicalement étrangère. Après tant d'années d'enfermement, le grand large, le total dépaysement.

10 euros (code de commande : 15525).

 

[AMIEL]. La jeunesse d'Henri-Frédéric Amiel. Lettres à sa famille, ses amis, ses amies pour servir d'introduction au Journal intime (1837-1849). Publiées avec une préface et des notes par Bernard Bouvier. Paris, Stock, 1935. In-8° broché, 448 p., bel exemplaire.
Préface :
   L'enfance, l'adolescence et la jeunesse d'H. F. Amiel ont duré une trentaine d'années, jusqu'à son retour d'Allemagne à Genève, à la fin de 1848, bientôt suivi de sa nomination de professeur à l'Académie.
   Jeunesse où se manifestent de bonne heure des traits d'une précoce et surprenante maturité spirituelle.
   Jeunesse féconde et heureuse en somme, quoique de bonne heure assombrie par la perte de sa mère, puis bientôt après de son père ; féconde, par une singulière activité d'esprit, une inépuisable avidité de lecture ; heureuse, en dépit des retours mélancoliques, amers même, de certaines pages du Journal intime, puisqu'elle fut entourée d'affections tendres, respectueuses de sa liberté, et de camaraderies enjouées, plus tard d'amitiés loyales et confiantes. Les dons remarquables d'intelligence et de sensibilité d'Henri-Frédéric – Fritz, comme sa mère et ses proches le nommaient – ne furent ni méconnus, ni gênés. Parents et amis fondaient sur ce jeune homme, ouvert à tant de curiosités élégantes et vivaces, de grands espoirs. Malgré l'incertitude de ses ambitions, il y répondait par un constant besoin de se donner aux choses qu'il estimait dignes de son choix, comme à ceux qu'il tenait pour ses supérieurs ou ses égaux.
   Tel est le témoignage que doit rendre le présent recueil de ses lettres à sa famille et à ses amis. Autobiographie morale, spontanée et immédiate, qui précède la longue introspection du Journal intime. Celui-ci, on le sait, après un premier essai qui date de 1838, alors qu'il avait dix-sept ans fut entrepris régulièrement en 1847, pour ne s'achever qu'à la veille de sa mort, trente-quatre ans plus tard.
   Après l'entrée dans la carrière du professorat et l'établissement définitif dans la ville natale, Amiel demeure un épistolier abondant, fidèle à des amitiés et des relations dont le cercle va s'élargissant pendant vingt années, et où les femmes occupent une place prépondérante, puis se resserrant peu à peu en quelques affections plus étroites, intimités qui se reflètent dans des missives rapides et fréquentes, des billets presque journaliers. On y trouve rarement les épanchements, les effusions, les ardentes confidences des lettres d'antan. Disciple, camarade, ami encore désireux de se confier à qui l'accueillerait à cœur ouvert, il est devenu cependant un conseiller, un maître, un homme circonspect, hésitant à se livrer, qui a tourné vers le Journal intime, infatigable correspondance avec lui-même, toute sa liberté de confidence et de jugement, toute la hardiesse et les contradictions, au gré des jours et des heures, d'une pensée qui se regarde, s'analyse et se critique sans repos.
   On voit bien ainsi qu'il est conforme à la diversité, comme à la constance de sa personne morale, de la détacher, dans sa physionomie première, en isolant, pour qu'elles forment un tout vivant et aisément compréhensible, ses lettres de jeunesse.
   Amiel a toujours attaché beaucoup de prix à sa correspondance. À preuve, tout ce qu'il en avait soigneusement gardé, dans des notes ou des brouillons, et surtout le soin qu'il mettait, après la mort d'un parent, d'un ami ou d'une amie, à solliciter qu'on lui rendît, souvent par échange avec leur famille, les lettres qu'ils avaient conservées de lui. Ces ébauches, ces dossiers plus ou moins complets, forment une partie importante de ses papiers. Il les a légués à Fanny Mercier, qui mit une piété minutieuse à les ordonner, avec l'intention d'en détruire, puisque leur auteur l'en avait laissée juge, tout ce qui pût lui paraître soit inutile, soit imprudent d'en laisser à son tour après sa mort. Elle n'a pas procédé à cet ultime triage, pas plus qu'elle n'a rien supprimé, quoiqu'elle en eût le droit, par moments le désir, de l'immense manuscrit du Journal. Elle m'a légué tous les matériaux de cette correspondance, comme elle voulait me léguer le Journal intime. J'ai dit ailleurs ce qu'il m'a paru plus sage, pour en assurer l'intégrité et la conservation protégée, de faire du précieux manuscrit. Mais je possède ces matériaux, dont les éléments d'une valeur durable rejoindront, un jour, le dépôt du Journal à la Bibliothèque publique et universitaire de Genève.
   Le Journal intime a rangé Amiel, après Rousseau et Mme de Staël, parmi les grands écrivains de la Suisse de langue française, et lui a valu une place, non point unique, mais considérable, dans le mouvement général de la littérature européenne d'abord, universelle enfin. C'est ce dont témoignent, dans la plupart des pays civilisés, les études si nombreuses, extrêmement variées, dont l'homme et l'œuvre ont été l'objet, et qui ne cessent de se renouveler, tandis que se multiplient, totales ou partielles, les traductions du Journal publié. On a distingué le philosophe, le moraliste, l'homme religieux, le citoyen, l'écrivain et le poète, l'historien, le critique et le sociologue. Mais, parce que toutes ces tendances de sa pensée s'annoncent déjà dans ses années de jeunesse, sans qu'aucune ne prédomine sur l'autre ni ne les coordonne, le Journal paraîtra et plus riche et plus vrai, dans ses élans et ses hésitations, dans ses tours, détours et retours infinis, dans l'ampleur comme dans les mesquineries de sa méditation, si l'on connaît mieux l'homme jeune, entreprenant, joyeux et ardent, qu'il fut avant de s'y abandonner.
   Comme sa correspondance peut éclairer son Journal, l'inverse est vrai. Pour la suivre plus aisément, les confidences ultérieures du Journal aident à déchiffrer le caractère déjà rare et complexe qu'elle révèle, tandis qu'avant le Journal, elle reprendra mouvement et vie par l'évocation du milieu et des visages familiers, des types d'amis, qui entourent l'adolescent, l'étudiant, le jeune et ondoyant savant. Sans entreprendre ici le récit détaillé de cette jeunesse, je tracerai, en guise d'introduction, les portraits de sa proche parenté, de ses condisciples les plus aimés, et puis son portrait à lui, au moment où il entra dans la carrière de l'homme responsable, du professeur, du citoyen. Et comme j'ai cru mieux faire, toutes les fois que j'ai écrit sur lui, c'est surtout lui-même que je laisserai parler.

13 euros (code de commande : 15474).

 

[LÉAUTAUD (Paul)]. BOISSARD (Maurice) Villégiature suivi de Un livre sur Paris. Avec cinq bois gravés de Constant Le Breton. Paris, Éditions de la Belle Page, 1925. In-8° broché, 51 p., édition originale dont le tirage a été limité à 750 exemplaires, celui-ci est l'un des 50 numérotés sur vélin de Madagascar (n° 63), exemplaire en parfait état.

200 euros (code de commande : 15523).

 

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ABA (Noureddine) — Montjoie Palestine ! ou L'an dernier à Jérusalem. Poème dramatique. Préface de Jack Daumal. Avec un témoignage de Jean-Luc Combaluzier. Honfleur, Oswald, 1970. In-12 collé, 69 p., (collection « Théâtre Africain », n° 10), exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Noureddine Aba est né en 1921 à Sétif (Algérie) où il a fait ses études secondaires. Après une année de droit, il se tourne vers le journalisme. Stagiaire au Procès de Nuremberg. Collabore à de nombreux journaux et revues dont Présence Africaine où a paru son œuvre poétique la plus récente La Toussaint des Énigmes que Jean Pelegri définit, dans sa préface, comme « le chant de la souffrance dominée » et qui a fait écrire à J. Levi-Valensi et J.-E. Bencheikh (Diwan Algérien) : « Par son verbe, le poète a franchi toutes les frontières, effacé tout concept racial, confondu en un seul Dieu toutes les religions, pour faire appel du sort injuste que la violence impose aux siens. » Voilà qui pourrait aussi caractériser Montjoie Palestine ! dont Jack Daumal dit que s'il s'agit d'un « réquisitoire qui vient d'en haut, cette œuvre veut aussi présenter la question juive, si mal connue des masses, dans son ensemble ». Noureddine Aba a vu plusieurs de ses pièces jouées à l'O.R.T.F. Il est actuellement responsable de l'association « Présence de la Palestine ».

6 euros (code de commande : 14861).


ABÉCASSIS (Armand) — Rue des Synagogues. Paris, Laffont, 2008. In-8° collé, 358 p., exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième de couverture :
   Reconnu comme l'une des plus hautes autorités du judaïsme, spécialiste de la tradition biblique, Armand Abécassis signe ici son livre le plus personnel : un livre de souvenirs, entre hymne à un pays aimé, le Maroc, et hommage à des figures croisées : maître talmudique, épicier sans instruction ou projectionniste haut en couleur – silhouettes disparues, toutes dessinées avec la plus grande tendresse.
   Au fil des pages, il est question de Casablanca à l'époque du protectorat français, d'une rue où se trouvent dix synagogues, d'enfants juifs et musulmans qui vivent, rient et pleurent ensemble – les uns souvent avec les autres, les uns parfois contre les autres.
   Évocation d'une jeunesse passée dans un dénuement ensoleillé, aventure de la découverte d'une culture religieuse mais aussi républicaine, livre de partage et d'espérance, Rue des Synagogues nous entraîne dans le temps retrouvé d'un Maître.

10 euros (code de commande : 13831).


ABOUT (Edmond) L'homme à l'oreille cassée. Illustrations de J. Hémard. Paris, Hachette, [© 1934]. In-16 sous demi-toile rouge à coins, couveture conservée, 255 p., (collection « Bibliothèque de la Jeunesse »).

1,50 euros (code de commande : 9742).


ABSIRE (Alain) — Jean S. Roman. Paris, Fayard, 2004. In-8° collé, 583 p., jaquette.
En quatrième de couverture :
   Le 8 septembre 1979 à Paris, deux motards découvrent le corps de Jean Seberg enroulé dans un plaid au fond d’une voiture. La jolie Patricia d’À bout de souffle est morte depuis dix jours.
   Vingt-cinq ans plus tard, Alain Absire, qui a connu l’actrice dans les dernières années de sa vie, écrit le roman tragique de l’égérie de la nouvelle vague, vedette de trente-huit films entre 1957 et 1979, partenaire de Jean-Paul Belmondo, Sean Connery et Clint Eastwood, amie des frères Kennedy et d’André Malraux.
   Tout commence par l’enfance d’une petite campagnarde qui rêve de gloire entre le drugstore paternel et les vastes plaines du Middle-West. Générosité à fleur de peau, goût précoce pour le théâtre, fascination pour Marlon Brando et Marilyn Monroe... Comment l’éducation luthérienne qu’elle a reçue l’aurait-elle préparée au mirage hollywoodien ? On connaît la légende : à dix-sept ans, Jean est choisie parmi dix-huit mille candidates pour jouer le rôle de Jeanne d’Arc dans un film d’Otto Preminger. Mais on ignore que, dès lors, cette fulgurante notoriété s’accompagne d’une lente descente aux enfers.
   Au fil des années, ses amours chaotiques, ses quatre mariages, son engagement aux côtés des Black Panthers, la haine implacable du FBI, la mort sordide de sa petite fille métisse, sa lutte contre l’alcoolisme et l’abus des neuroleptiques, entament sa raison. Obsédée par la volonté d’être parfaite et bonne envers le monde entier, Jean voit peu à peu son idéal s’effriter face à l’indifférence et au cynisme. Un séjour de trop en hôpital psychiatrique et une ultime liaison fatale achèvent de la détruire.
   Dans ce roman, aussi émouvant que lucide, entre intimité et image publique, Alain Absire met à nu la vérité d’une star déchue, morte à quarante ans dans des circonstances obscures, et restitue ce que fut vraiment l’une des figures emblématiques des années soixante.

13 euros (code de commande : 11017*).


ACREMANT (Germaine) — Ces dames aux chapeaux verts. Comédie en quatre actes, dont un prologue, tirée du roman de Germaine Acremant par Albert Acremant. Paris, Plon, 1929. In-8° broché, 122 p., couverture défraîchie.

5 euros (code de commande : 14863).

ACREMANT (Germaine) — Une petite qui voit grand. Paris, Plon, 1931. In-8° broché, 248 p.

5 euros (code de commande : 14942).

ACREMANT (Germaine) — Une petite qui voit grand. Paris, Plon, 1940. In-12 broché, 252 p., (collection « Nouvelle Bibliothèque Plon », n° 73), exemplaire en bel état.

6 euros (code de commande : 14862).


ADAM (Paul) — Lettres de Malaisie. Édition décorée de compositions originales dessinées et gravées sur bois par Maurice Becque. Portrait de l’auteur gravé par Paul Baudier. Paris, Crès, 1922. In-8° broché, XII, 237 p., XXVII illustrations (1 frontispice et 13 bandeaux, 13 culs-de-lampes)), (collection « Les Maîtres du Livre », n° 98), exemplaire numéroté sur Rives (n° 1381) et en bel état.
Avis de l'éditeur :
   Le texte du présent ouvrage a été établi sur la seconde édition intitulée : La Cité prochaine. Nous nous sommes crus autorisés, toutefois, à reproduire le titre de l'édition originale de 1898, plus conforme à la pensée de l'auteur.
Extrait de la préface :
   Ce livre fut écrit avant que les Nord-Américains eussent évincé de Cuba et des Philippines les fonctionnaires espagnols dont l'administration fantaisiste lésait fort les autochtones. Les Yankees n'ont guère amélioré la situation des îles malaises, depuis leur victoire. Ils souhaitent les vendre au Japon pour épargner à sa flotte la gloire d'y aborder canons tonnants, avec un geste libérateur des indigènes révoltés. Bien qu'à l'exposition de Saint-Louis on ait pu voir, en 1904, les cavaliers et les fantassins de Manille évoluer en uniformes de l'Union, avec leur teint jaune et leur stature gracile, aux îles, la sécurité, sur les routes de l'intérieur cesse à vingt kilomètres de la capitale. L'insurrection reste maîtresse de la brousse, des forêts, des fleuves et de l'impénétrable montagne. Même les peuplades se dispersèrent que les moines avaient rassemblées et civilisées autour de leurs couvents. Des millions de dollars furent inutilement dépensés. La sauvage indépendance des Philippins demeure incoercible. C'est pourquoi, en dépit de ces changements historiques, la fable que l'on va lire n'a point perdu de sa vraisemblance.
   Comme je l'affirme plus bas, on ne saurait découvrir ici un idéal de société future. Plutôt ai-je voulu montrer l'une des formes possibles qu'eut revêtue, dans la pratique, l'évolution des efforts chers aux gens de 1848, à ceux qu'on nomma : « les Vieilles Barbes ».


Frontispice et titre.

   
Couverture et bandeau de la p. 181.

15 euros (code de commande : 14859).


ADAMOV (Arthur) — Paolo Paoli. Paris, Gallimard, 1957. 5e édition. In-12 broché, 286 p., (collection « Le Manteau d’Arlequin »).
En quatrième de couverture :
   Le Ping-Pong annonçait un renouvellement de la dramaturgie d'Arthur Adamov. Au lieu des archétypes ou des figures oniriques qui peuplaient jusqu'alors son théâtre, les personnages du Ping-Pong témoignaient tous, à des degrés différents, d'une réalité sociale. Avec Paolo Paoli, ce renouvellement s'accomplit. Au Ping-Pong faisait encore défaut une société précise. Nous la trouvons maintenant dans Paolo Paoli : c'est la société de notre prétendue « belle époque ».
   Paolo Paoli n'est pas, bien sûr, une de ces pièces dites historiques où l'histoire ne sert que de prétexte à l'amusement ou au dépaysement du spectateur complice. À travers ses personnages qui, au départ, peuvent paraître frivoles, c'est la réalité sociale et historique elle-même de cette époque commencée en opérette et terminée en tragédie, par la guerre de 1914, que l'on reconnaîtra. Le trafic des plumes et des papillons révèle ici un autre trafic : celui des hommes, de leur travail, de leur temps et de leur sang.
   Ainsi à la comédie d'un langage petit-bourgeois qui se donne libre cours, répond un drame réel, daté et pourtant toujours actuel : celui d'un monde où tout s'échange et se vend dans le décor des beaux sentiments et des bonnes intentions.

10 euros (code de commande : 14860).


AFANASSIEV (Valery) Disparition. Roman. Paris, Seuil, 1983. In-8° broché, 377 p., ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Pour décrire une quelconque œuvre, qu'il s'agisse d'un haïku ou d'À la recherche du temps perdu, il faudrait composer une œuvre de plus ; pour décrire. cette nouvelle œuvre, il faudrait en composer une troisième et ainsi de suite. Un essayiste-romancier, désireux d'entreprendre cette série infinie, connaîtrait sans doute les souffrances de Vladimir qui reconstitue ici son histoire, à tous les niveaux possibles et imaginables (documentaire, poétique, psychologique, parapsychologique, psychanalytique, symbolique, mythologique, etc.), pour la revivre dans toute son ampleur. La présence de Friedrich von Hohenstaufen, de Wittgenstein, de personnages du théâtre Nô, d'habitants du village Bororo, d'Hélène de Troie... suggère une fertile exploration des existences antérieures.
   Visionnaire malgré lui, Vladimir est entraîné également vers le futur qui subit les conséquences du passé. Il est assis à la même place, en face du même miroir, comme si le cours de l'histoire suivait scrupuleusement la doctrine de l'Éternel Retour. Éternelle dans sa banalité (amour, il part, elle reste, dernier regard, solitude, roulement par terre, roulements de tambours, l'intrigue n'est autre que le canevas d'une spirale. Vladimir semble non seulement réduire le Temps aux dimensions de son fauteuil à bascule, mais, aussi, il se répand dans l'Univers comme s'il avait conçu, à l'instar d'un auteur borgesien, le démesuré! Projet d'écrire un livre où l'univers/ Serait dénombré. Avec un zèle infini/ Il rédigea l'énorme et difficile manuscrit (Borges, La Lune).
   Disparition est un livre d'une virtuosité hallucinante, au sens fort du terme, écrit avec une culture plus occidentale que nos plus extrêmes recherches. 

9 euros (code de commande : 9743).


Affaires de cœur. Textes de Abel Hermant, Abel Bonnard, Colette et Paul Morand. Illustrations d'Hermine David, Jean Berque, Deluermoz et Dignimont. Paris, Nativelle, 1934. In-8° broché, 86 p., 12 illustrations en couleurs hors texte (3 d'Hermine David), 3 de Jean Berque, 3 de Deluermoz et 3 de Dignimont), exemplaire sur vélin d'Arches en très bel état.
Ce volume contient :
   - Le cœur et la littérature, par Abel Hermant, illustré par Hermine David.
   - Le cœur sentimental, par Abel Bonnard, illustré par Jean Berque.
   - Le cœur des bêtes, par Colette, illustré par Deluermoz.
   - Le cœur moteur, par Paul Morand, illustré par Dignimont.

25 euros (code de commande : LF/5983).

 

 

            
Une des illustrations d'Hermine David (p. 16), de Jean Berque (p. 42), de Deluermoz (p. 64) et de Dignimont (p. 72).


AGUÉTANT (Pierre) — Les noces de la terre et de l'amour. Paris, La Pensée Française, 1924. In-8° broché, 222 p., couverture défraîchie.

4 euros (code de commande : 14938).


AHNNE (Pierre) Comment briser le cœur de sa mère. Paris, Fayard, 1997. In-8° broché, 127 p.
En quatrième de couverture :
   Une mère et son fils marchent dans la forêt. C'est une forêt de sapins. Ils avancent sur le bord de la route. Quand une voiture ou un camion arrivent, ils se mettent l'un devant l'autre et marchent sur le bas-côté. Après, ils reviennent sur la route proprement dite.
   Tout en marchant, la mère et l'enfant s'entretiennent du monde, de ses périls et de ses merveilles. Les Noirs sont moins à craindre que les Arabes. Oui, les Noirs, au fond, sont bien braves. Mais est-ce que les Arabes seraient encore pires que les Allemands ? Non, les Allemands sont encore pires que les Arabes.
   Quelle époque est la plus cruelle ? La mère et l'enfant en reviennent souvent à ce débat. Ils discutent pour savoir quelle époque est la plus cruelle ou, plus précisément, si le vingtième siècle est plus cruel que les siècles qui l'ont précédé, ou le contraire. La mère dit que, sous le rapport de cruauté, le vingtième siècle n'a rien à envier aux siècles précédents...

6,50 euros (code de commande : 9744).


AICARD (Jean) Arlette des Mayons. Roman de la terre et de l'école. 1917. Paris, Flammarion, 1917. In-8° demi-basane fauve à coins, dos lisse orné de filets et de roulettes dorés, pièce de titre bordeaux, 294 p., ex-libris Maurice Vander Linden.

   

12 euros (code de commande : 14924).


AJAR (Émile), voir Romain Gary     


ALAIN (voyez à la page Philosophie)


ALAIN-FOURNIER — Le Grand Meaulnes. Paris, Émile-Paul Frères, 1939. In-8 broché, 311 p., exemplaire numéroté sur Lafuma.

18 euros (code de commande : 9752).

ALAIN-FOURNIER — Le Grand Meaulnes. [Mention de nouvelle édition sur la couverture.] Paris, Émile-Paul Frères, 1950. In-8 broché, 328 p., exemplaire numéroté.

10 euros (code de commande : 14881).

ALAIN-FOURNIER — Lettres au petit B. précédées de La fin de la jeunesse par Claude Aveline [et par René Bichet, par Isabelle Rivière]. Paris, Émile-Paul, 1936. In-8° broché, 192 p., exemplaire numéroté.

8 euros (code de commande : 9754).

[ALAIN-FOUNIER]. Lettres d'Alain Fournier à sa famille. (1905-1914). Avant-propos d'Isabelle Rivière. Paris, Émile-Paul Frères, 1942. In-12 broché, 344 p., exemplaire numéroté sur Alfa anglais (n° 512), en grande partie non coupé.

25 euros (code de commande : 14871).

ALAIN-FOURNIER — Lettres d'Alain-Fournier à sa famille (1905-1914). Avant-propos par Isabelle Rivière. Paris, Émile-Paul Frères, 1942. In-12 broché, 344 p., exemplaire numéroté, dos restauré.

10 euros (code de commande : 1409).

ALAIN-FOURNIER et RIVIÈRE (Jacques) — Correspondance. 1905-1914. (Tome 1 : janvier 1905- décembre 1906). Nouvelle édition revue et augmentée. 23e édition. Paris, Gallimard, 1948. In-8° broché, 442 p., bel exemplaire non coupé.

13 euros (code de commande : 14882).

[ALAIN-FOURNIER]. CLAUDE (Robert) — Alain Fournier. Sa douloureuse attente. Liège - Paris, La Pensée Catholique - Casterman, 1937. In-12 agrafé, 32 p., (collection « Études Religieuse », n° 410).
Introduction :
   De la jeunesse littéraire d'avant-guerre, la Correspondance de Jacques Rivière et d'Alain-Fournier restera un témoignage de première importance. Ces écrivains ont été éminemment de leur temps : tous deux ont subi les influences caractéristiques et contradictoires d'un Gide et d'un Claudel et leurs âmes douées d'une sensibilité merveilleusement fine ont réagi aux touches les plus délicates de la pensée littéraire du XXe siècle naissant. Réactions, de plus, très différentes chez l'un et chez l'autre : si Rivière est fortement sollicité par la raison, c'est le sentiment qui enchante l'âme mélancolique de son ami ; et ceci ne peut qu'enrichir la valeur de leur déposition à la barre de l'histoire.
   Henri Fournier – qui seul nous retiendra aujourd'hui – est né le 3 octobre 1886 sur les confins de la Sologne et du Sancerrois ; en 1914, à l'âge de vingt-sept ans, il est tué par une balle allemande sur les Hauts de Meuse. Nous possédons de lui une abondante correspondance : avec Rivière (4 vol.), avec sa famille, avec le petit B., un recueil de courts essais publié sous le titre : Miracles, enfin un roman paru en 1913 et dont nous aurons à parler plus d'une fois : Le Grand Meaulnes.
   Doux et triste, tel apparut Fournier à ceux qui l'approchèrent.
   Pour un observateur du dehors, cette tristesse s'expliquait aisément. Né à la campagne, y ayant passé les belles années de son enfance, Henri l'a aimée d'une ferveur naïve. Ses chemins sinueux, le tapis immense de ses champs, ses ruisseaux argentés, les paysages d'été et d'hiver, tout cela, connu et goûté dans la griserie de la liberté, a empli son âme rêveuse et admirablement réceptive d'une douce et merveilleuse poésie. Et voilà qu'il lui faut partir pour un lycée de Paris, s'enfermer dans une salle d'étude, penché sur des livres aux feuilles sans vie ! Et de plus subir échec sur échec. « J'ai détesté Paris d'une haine de paysan », écrit-il. Et ailleurs : « Vais-je arriver à ce moment où il n'y aura enfin plus rien avec moi que des histoires de paysans, de paysans qui prennent le frais au pas de leurs portes à la tombée de la nuit. Repos ! Repos ! Ne plus apprendre! penser ! »
   Mais ici, pourquoi ne pas citer une page de ce petit chef-d'œuvre qu'est le Miracle de la Fermière ? Ces lignes nous livrent avec bonheur l'art frais, délicat, mélancolique et finement évocateur de Fournier : il y a laissé les traits authentiques de son visage. Je ne vois rien de mieux pour nous introduire dans cette atmosphère « si bien à lui » et que connaissent tous les lecteurs de Meaulnes : atmosphère de sympathie sans laquelle est impossible l'intelligence d'un cœur.
   « Certes, le petit Beaulande regretterait les longues journées d'hiver aux Chevris, lorsque, enfermé dans une étude moisie d'un lycée de Paris, il regarderait la grande pluie de décembre plaquée par le vent sur les vitres, ou lorsque prêtant l'oreille à quelque voix perdue de ses souvenirs, il entendrait seulement monter de la rue le morne cri captif des raccommodeurs et des marchands d'oiseaux.
   « II n'irait plus, les matins de gelée blanche, à sept heures avec les autres, attendre devant l'église que le curé sortît de son presbytère en se frottant les mains, et vînt sonner à la petite cloche les trois coups du catéchisme...
   « Et parfois, le jeudi matin, il découvrait en se levant toute la cour de la ferme et les prés, là-bas, jusqu'à la ri-rivière enfoncés dans la neige. Au loin, dans les creux du paysage, on apercevait quelques métairies pareilles à celles qu'on voit sur les images et les calendriers... Alors le petit Claude se prenait à courir droit devant lui, en se retournant de temps à autre pour regarder la trace de ses sabots ; puis, choisissant sur le chemin l'endroit le plus blanc et le plus scintillant, il s'y couchait de tout son long, le nez en avant, pour y faire son portrait.
   « Après midi, quand il revenait au même endroit, le menton dans le cache-nez que sa mère lui avait mis, le haut de sa rude petite figure fouetté par le vent, il retrouvait intact le creux que son corps avait fait dans la neige. Il lui semblait que personne ne passerait là jamais plus ; qu'il était le maître de tout ce pays blanc et il reprenait sa course à travers le grand après-midi gelé, comme un patineur qui s'élance sur un lac immense en poussant un cri de plaisir !
   « Prisonnier, dans l'étude, quand le veilleur viendrait allumer les lampes, avec quel regret il se rappellerait les soirs purs et glacés qui, lentement, descendaient sur ces belles journées d'hiver !... Il s'en revenait alors, enrre les champs de neige, qui faisaient sous la nuit tombante de grandes lueurs immobiles, vers la ferme chaude et vivante où les travaux des hommes cessaient, tandis que sa mère, avec les domestiques, préparait le repas. Elle prenait le petit sur ses genoux, lui enlevait ses bas humides, les glissait dans les hauts chenets de fer. Puis, assise dans un coin de la vaste cheminée noire, elle s'attardait un instant à faire chauffer les jambes nues de son dernier-né... »
   Pour un observateur du dedans, le cas Fournier est loin d'être simple: il a suscité plus d'une étude; malgré cela, maintes obscurités demeurent. Nous n'avons pas d'autre prétention que de projeter notre humble lumière sur la topographie de cette âme. Peut-être y verra-t-on plus clair en confrontant notre itinéraire avec d'autres. D'ailleurs, même si cela n'était pas, l'aventure de Fournier est assez universelle pour que les jugements que nous serons amené à émettre débordent, et de beaucoup, le cadre nécessairement étroit de sa sympathique personnalité. »

2,50 euros (code de commande : 14889).

[ALAIN-FOURNIER]. LÉONARD (Albert) — Alain-Fournier et le Grand Meaulnes. Essai d'interprétation littéraire et psychologique. Paris, Desclée de Brouwer, 1943. In-8° broché, 299 p., (collection « Temps et Visages »).
Introduction :
   L'œuvre d'Alain-Fournier, bien qu'ayant déjà suscité d'innombrables commentaires, n'a pas encore été étudiée dans son ensemble.
   Une atmosphère de légende entoure sa fuyante personnalité, mais sa figure commence cependant à émerger, à se préciser. Après vingt-cinq ans, il nous est permis d'essayer de faire le point, d'analyser l'ensemble d'une œuvre, de dégager le sens véritable d'une individualité littéraire, à la lumière des courants historiques et esthétiques.
   Les deux ou trois livres qui ont déjà été consacrés à l'auteur du Grand Meaulnes ne soulignent point tous les caractères nécessaires à une synthèse. Le petit livre d'Alice Chauvet, Essai sur Jacques Rivière et Alain-Fournier, délicatement pensé et écrit, ne dépasse guère les limites restrictives d'une conférence.
   Mlle Eva von der Wall nous a donné une thèse, consciencieuse, mais qui laisse bien des choses essentielles dans l'ombre, s'attachant surtout au côté externe d'une œuvre si lourde de profondeurs secrètes.
   La récente publication des Images d'Alain-Fournier par Mme Isabelle Rivière apporte une aide précieuse à la connaissance détaillée du Grand Meaulnes, nous livrant la matière vivante et concrète d'une œuvre, nous en expliquant en quelque sorte la lente genèse.
Mme Isabelle Rivière a fait revivre un homme dans son vrai climat, nous l'a montré tel qu'il était, grâce à une biographie anecdotique et poétique d'une délicatesse fragile. Si ce livre n'a aucune prétention critique ou historique, il va loin cependant dans la vérité, grâce à la lumière précieuse du souvenir.
   Le travail que nous avons tâché de mener à bien, n'a pas la prétention d'être complet ni surtout définitif. Replaçant une œuvre dans l'atmosphère intellectuelle où elle est née, un homme dans les remous des courants littéraires qu'il a subis, nous nous sommes efforcé de réunir tous les éléments, toutes les idées capables d'avoir contribué à former une originalité. Notre but a été, en partant des données historiques, de comprendre un homme, de pénétrer le fond véritable de son œuvre, de voir clair dans le mystère d'une âme et enfin d'expliquer une esthétique. Il a fallu se résoudre, dans ce travail, à tenir compte d'une façon toute particulière de la psychologie d'un homme, de ses idées personnelles, de ses recherches esthétiques qui conditionnent son œuvre. Dans le cas Alain-Fournier, nous avons opté pour l'originalité.
   L'importance que nous avons attribuée aux idées chez un auteur qui semble, au premier abord, n'être qu'un romancier habile et un poète d'accent spécial, provient de l'adéquation légitime que nous avons établie entre l'homme et l'œuvre. Notre ouvrage tente À'éclaircir le mieux possible les sources réelles du Grand Meaulnes, ses caractéristiques spirituelles, littéraires et enfin ce que l'on est convenu d'appeler son « originalité ».
   La littérature n'est point que l'art d'écrire et il nous semble très insuffisant d'expliquer le cas du Grand Meaulnes, du seul point de vue de la forme. Tout homme, conscient de son essence véritable, qui se met à écrire et qui est un artiste, pose un acte humain en écrivant et soulève de toute façon, même inconsciemment, des problèmes philosophiques. L'art n'engage point que l'artiste chez Alain-Fournier, il engage l'homme tout entier. N'y aurait-il que notre propre conviction en ce qui concerne ce problème, elle serait insuffisante peut-être, mais la lecture de la Correspondance, les témoignages divers existants, prouvent la véracité d'une telle affirmation.
   L'étude des influences présentait, dans le cas présent, une difficulté. Montrer les influences subies par un écrivain, dont précisément l'unique but était de s'en dégager, demandait un tact et une intuition sûrs. L'influence du symbolisme sur Alain-Fournier ne saurait être niée. Celle des quelques auteurs que nous avons mentionnés porte principalement sur une intelligence qui se forme, sur une œuvre qui déjà existe à l'état non exprimé. Tout le secret d'Alain-Fournier sera, finalement, de trouver une forme idéale, exprimant le plus parfaitement possible son inspiration, d'arriver à couler dans une langue appropriée son rêve intérieur. Il s'ensuit que, chez les auteurs qui ont exercé sur lui une attraction parfois extraordinaire, il prend ce qui est nécessaire à son art, ce qui lui apparaît réaliser ses propres désirs. Les influences vont-elles jusqu'au texte ? Assurément, pour ce qui est des quelques poèmes qu'il nous a laissés, mais l'affirmation nous semble bien difficile à poser positivement en ce qui concerne le Grand Meaulnes, œuvre écrite à une époque où Alain-Fournier s'est assimilé complètement les maîtres admirés. On pourrait écrire comme l'a fait André Gide : « Les influences agissent par ressemblance. On les a comparées à des sortes de miroirs qui nous montreraient, non point ce que nous sommes déjà effectivement, mais ce que nous sommes d'une façon latente. » Somme toute, ces questions sont en fin de compte d'importance secondaire. Il s'agit de montrer qu'une œuvre est belle, qu'elle est vraie, qu'elle est née d'un besoin profond d'une âme désaxée.
   Si dans l'interprétation de l'œuvre d'Alain-Fournier nous nous sommes laissé aller à un certain impressionnisme, nous avons tâché de le limiter, surtout de le dépasser, ne nous contentant pas d'une étude qui négligerait le côté historique et externe. Mais interpréter le Grand Meaulnes est une tâche où il entre fatalement une part de subjectivisme que nous croyons tout de même légitime.
   Pour éviter les affirmations gratuites nous n'avons pas hésité à recourir le plus souvent possible au texte, puisque celui-ci exprime clairement ce que nous découvrons chez un auteur, tant du point de vue des idées que de celui de la forme ou de la technique romanesque. Ainsi, soucieux de placer Alain-Fournier et son œuvre dans le milieu historique, avons-nous essayé de dégager son originalité en nous efforçant d'obéir à l'attitude de l'historien que Gustave Lanson définissait de la façon suivante : « Distinguer « savoir » de « sentir », ce qu'on peut savoir de ce qu'on doit sentir, ne pas sentir où l'on peut savoir, et ne pas croire qu'on sait quand on sent : je crois bien qu'à cela se réduit la méthode scientifique de l'histoire littéraire. »

10 euros (code de commande : 7941).


ALARY (E.) — Monologues pour hommes. Paris, Albin Michel, s.d. In-12 broché, 60 p.
Ce volume contient :
   - La barbe de l'Anglais.
   - Un gros lot.
   - Oh ! Ces aviateurs !
   - L'avaleur de sabres.
   - Le suburbain.
   - L'hypnotiseur.
   - Un nouveau Sherlock-Holmes.
   - Mon premier roman.
   - Maman Fercot
(pièce en 1 acte, en prose).

5 euros (code de commande : 14890).


ALECHINE (Ivan) — Paix Blanche et Murmures Noirs. 12 dessins de l'auteur. Paris, La Différence, 1979. Grand in-8° broché, 127 p., illustrations, (collection « La Planète Confuse », n° 5), ex-dono à la page de faux-titre et petites décharges d'adhésif aux pages de garde.
Ce volume contient :
   - Seule la mort fait bouger.
   - Sans alcool.
   - Baby Peguy Titatata.
   - De pas dans les terres du matin.
   - Pretty Pretty Death.
   - Saisons d'instants.
   - Retour dans la ville.
   - Nous sommes.

10 euros (code de commande : 14892).


ALEGRIA (Raphaël) — Rue Saint-Denis ou La Revanche de Bolotnikov. Paris, Minuit, 1983. In-12 broché, 207 p.
En quatrième de couverture :
   Gioacchino rencontre Ingrid et Maud, deux filles de la rue Saint-Denis. Elles le prostituent. Dans son corps livré au calcul des passes, elles saluent l'éclat de leur propre histoire… En Russie, au dix-septième siècle, un chef de gueux, le célèbre Bolotnikov, vient d'être mis à mort par ordre du tsar. Une fée des eaux le rebande et l'entraîne à la reconquête de son supplice… Unissant les partouzes glacées d'Ingrid, Maud et Gioacchino, à la quête obscène de Boltnikov, Rue Saint-Denis parle la langue de tout désir, de toute souffrance.

5 euros (code de commande : 13333 - vendu).


ALEXAKIS (Vassilis) — Les mots étrangers. Roman. Paris, Stock, 2002. In-8° broché, 320 p.
En quatrième de couverture :
   Grec par ses parents, Français par ses enfants, Vassilis Alexakis se promène depuis bientôt trente ans d'une langue et d'un pays à l'autre.
   Pourquoi a-t-il donc éprouvé un jour le besoin d'apprendre et d'écrire une langue supplémentaire : le sango, langue africaine peu connue, parlée en Centrafrique ? Il espère sans doute que cette troisième langue finira par le rajeunir. Il souhaite qu'elle l'aide à retrouver ses sensations d'enfant quand l'alphabet et la grammaire grecs l'impressionnaient. Et ses élans de jeune homme que le français a aussitôt enchanté et ravi.
   Il doit bien y avoir encore une autre raison, plus secrète, la vraie raison qui l'aura décidé à mener aussi sérieusement ce projet, de Paris à Bangui, d'une île des Cyclades au lac des Sorciers.
   Vassilis Alexakis a beau se lancer dans l'apprentissage du sango sous le signe du Tarzan de Burroughs, on devine très vite qu'il n'a pas choisi l'Afrique par hasard. Ce pays et cette langue sont bien inscrits dans son histoire intime et familiale.
   Le premier mot qu'il apprend est baba qui signifie le père. En écrivant baba ti mbi a kui, la nouvelle de la mort de son père paraît moins grave, son chagrin moins lourd. Peut-être que si baba meurt en sango il continuera de vivre dans les deux autres langues.

8 euros (code de commande : 9755 - vendu).


ALFROY (Jean-Marie) — La fugue du père. Roman. Paris, Gallimard, 1984. In-8° broché, 178 p., exemplaire en parfait état avec un hommage de l'auteur à Pierre Maury.
En quatrième de couverture :
   Âgé, veuf, isolé et malade, Gabriel a fini par céder aux instances de son médecin, et par entrer à l'hôpital où on le soumet à des examens interminables. Et voici que tout à coup le fantôme de sa tante Stéphanie lui apparaît, et lui conseille de prendre la fuite. Gabriel a toujours eu confiance en Stéphanie, qu'il a aimée dès son adolescence, et dont sur le tard il a même été l'amant. Alors Gabriel s'échappe, et entreprend de rentrer à pied dans son village. Voulant couper par la forêt, il y mourra d'épuisement mais libre et réconcilié avec lui-même, avec la vie...
   L'équipée de Gabriel est entrecoupée du récit de ses souvenirs, ceux d'une existence modeste et même obscure, sur laquelle Stéphanie a semé un peu de rêve et d'imprévu. Le coup de tête du vieil homme va' avoir en même temps des répercussions sur l'existence également monotone de sa fille et de sa petite-fille, amenant une crise qui mûrit la première et permet à l'autre de découvrir l'amour.
   Le raccourci de la forêt, pris par le vieil homme, est finalement un chemin initiatique où l'on retrouve la mémoire du corps et du cœur, le bonheur et la tristesse, la solitude et le partage.

7 euros (code de commande : 9756).

 


ALISIER (Jacques) — La dame hors de saison. « Journal de Satsuko » Roman. Paris, Seuil, 1989. In-8° collé, 389 p., dos passé.
En quatrième de couverture :
   Au cœur d'un merveilleux jardin japonais, un palais shinden, architecture paradisiaque du XIe siècle. Un gouverneur chenu, en ce palais provincial. Esthète fou. Et malade, horriblement. Et puis, Satsuko, sa blanche épouse de douze ans...
  Dans son journal, Satsuko calligraphie ses peines et ses joies. Son ennui. Son inavouable dégoût pour ce vieil époux malade et pervers. Et son rêve poignant : partir ! Voir Heian Kyô, et la Cour impériale...
   Mais sur l'ésotérique jardin où s'amarrent la nuit des navires imaginaires, les jours et les saisons passent si lentement que le temps semble s'immobiliser. Et Satsuko se prend à douter. Mille signes nourrissent son inquiétude. Rêves étranges que lui soufflent les esprits du jardin, étonnants présages, curieux conciliabules surpris derrière des paravents, peintures secrètes qu'elle découvre dans l'ombre du Dozo. Et puis, dans les fumées du vin de riz, qu'ils ont d'étranges manières les invités du gouverneur !
   Bientôt, il bascule, l'univers édénique du palais et, tandis qu'une sourde décomposition travaille les personnages et les lieux, dans des fêtes fastueuses, le gouverneur pourrissant et parfumé s'avance en grand apparat vers son but inavoué. Le dessein tortueux du seigneur Hatsuhira, Satsuko le découvrira-t-elle ?
   Par-delà un suave « journal poétique » japonais traditionnel, un roman diabolique d'une grinçante modernité.

9 euros (code de commande : 9757).


ALMIRA (Jacques) — Le Passage du Désir. Paris, Gallimard, 1978. In-8° broché, 232 p., jaquette.
En quatrième de couverture :
   Si Jacques Moreau, jeune écrivain français, se laisse emporter par la passion de Gina Joker, éblouissante star de cinéma, c'est qu'il cherche à faire vivre l'obsession de son adolescence : être l'amant de Marilyn Monroe. Sans cesse le visage de l'actrice défunte s'interpose entre Jacques et Gina. Comme sous l'effet d'un obscur maléfice dont Hollywood serait le lieu, le jeu qui s'établit entre les deux êtres se déchaîne jusqu'à la tragédie.
   Sous l'alternance du soleil et des sunlights cette femme de trente-six ans, fouettée par l'angoisse de vieillir, terrifiée par la perspective de sa déchéance physique, s'interroge sur la vieillesse. Harcelée par la solitude physique et morale, la misère matérielle qui point déjà derrière la gloire, elle fait au cours de cet étrange mois d'août californien, le bilan de sa vie. Gina, abandonnée de tous, s'enfonce de plus en plus sauvagement dans les poisons de l'autodestruction : les somnifères, l'alcool, les amphétamines, une atroce impudeur physiologique.

4 euros (code de commande : 9758).

ALMIRA (Jacques) — Le Salon des Apogées ou la vie du prince Eugène de Savoie. Roman. Paris, Le Grand Livre du Mois, 1998. In-8° sous reliure souple d'éditeur, 361 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Eugène de Savoie (1663-1736), déçu dans ses ambitions par Louis XIV, offre alors ses services à Léopold, empereur d'Autriche. Il s'illustre dans le métier des armes, puis dans l'art de la diplomatie. Il sera ministre de la Guerre en 1700. Son intrépidité le rend célèbre. Dans toute l'Europe, le nom d'Eugène est synonyme de gloire. Richissime, populaire, esthète, il emploie ses quartiers d'hiver à faire construire, décorer et meubler de somptueux palais.
   Jacques Almira, biographe éclairé et romancier de l'Histoire  – La fuite à Constantinople (prix des Libraires 1987), Le bal de la guerre –, n'en est plus à son coup d'essai. À l'égal d'un historiographe de l'époque qui aurait suivi le prince Eugène comme son ombre, il propose ici, dans la langue du XVIIIe siècle, le portrait d'un personnage exemplaire doublé d'une fresque détaillée de la vie européenne du temps.

4 euros (code de commande : 14939).

ALMIRA (Jacques) — Le voyage à Naucratis. [Roman.] Paris, Gallimard, 1975. In-8° broché, 550 p., (collection « Le Chemin »).
En quatrième de couverture :
   Peut-on raconter selon les règles de la logique et de l'ordre mental la mécanique d'un corps ? Cela est impossible, et c'est tant mieux. La fureur attentive et joyeuse de celui qui s'observe lui-même de jour en jour, d'heure en heure, peut ainsi exploser à son aise.
   Le premier roman de Jacques Almira, jeune écrivain-sorcier possédé par la splendide et inguérissable maladie du discours, permet au lecteur d'accéder à son corps bourré d'organes, d'artères et de veines, de paquets de nerfs à vif. On ne peut que se laisser aller au flux sans commencement ni fin de cet admirable délire fonctionnel en suivant dans son voyage Jil le narrateur, substitut du Je et du Il. On ne peut que lui accorder foi, car il est vérité géniale, humour, lucidité mordante, et par-dessus tout jouissance.
   L'aventure de Jacques Almira nous entraîne au coeur de la littérature. L'auteur dit quelque part que son inconscient est une bibliothèque. Tandis que son livre s'élabore sous nos yeux, mille lectures viennent s'y réfléchir. Toute littérature, ici, est mise en scène dans un formidable jeu, fait de liberté et de hardiesse.

6 euros (code de commande : 9759).


AMAR (Marlène) — Des gens infréquentables. Roman. Paris, Gallimard, 1996. In-8° broché, 142 p.
En quatrième de couverture :
   Ils étaient juifs. Ils étaient nobles. Ils étaient princes, mécènes et bienfaiteurs. Chassé du Touat puis du Tafilalet, ils s'étaient réfugiés à Colomb-Béchar, aux confins du désert, et y avaient trouvé comme un peu de bonheur. Puis l'ardeur guerrière des hommes les ont une fois de plus obligés à partir et ils se sont installées en France.
   Après La femme sans tête, Marlène Amar recompose ici le monde bigarré, insolite et sauvage de ces voyageurs involontaires. Un mone aujourd'hui englouti, laminé par l'exil, le froid, le silence et la tiédeur ambiante des sentiments. Des gens infréquentables est son deuxième roman.

6,50 euros (code de commande : 9760).


 

[AMIEL (Henri-Frédéric)]. MARANON (Grégorio) — Amiel. Une étude sur la timidité. Traduit de l'espagnol par Louis Parrot. Sixième édition. Paris, Gallimard, 1938. In-8° broché, 225 p., illustrations hors texte.
Table des matières :
   Prologue à l'édition française.
   Chapitre I : Une fenêtre et un intérieur.
   Chapitre II : Biographie - Amiel et l'Espagne - L'éminent professeur - L'apôtre et l'homme - Mort et résurrection.
   Chapitre III : Biographie littéraire et biographie humaine - Degrés de la timidité - Mécanismes de la timidité.
   Chapitre IV : Le timide sur-différencié - Processus de différenciation de l'objet sexuel - Évolution de l'objet sexuel chez l'homme - Monogamie pure et monogamie de groupe - Schéma du processus de différenciation.
   Chapitre V : Progrès, différenciation et famille - Pathologie de la spécification de l'instinct - Donjuanisme et timidité - Le fétichisme de l'idéal.
   Chapitre VI : Diagnostics - L'enfance maladive - La mère et le père - Léonard et Amiel - Aversion envers l'amour physique - L'ambiance puritaine.
   Chapitre VII : Féminité et efféminement - Caractères des deux catégories de timides - Les portraits d'Amiel - Le prestige physique.
   Chapitre VIII : L'obsession et la compagnie féminine - La recherche de l'idéal - Peur de la vie en commun.
   Chapitre IX : La tentation de la chair - La décision de connaître - Sérénité devant la révélation - Le préjugé confirmé - Fin de l'aventure.
   Chapitre X : Le don de la femme - La folie d'amour - L'estomac en « pantoufles ».
   Chapitre XI : Ombres féminines - L'âge critique - Fanny, la vierge veuve - Le serpent entre les fleurs - Berthe, la filleule - Secrétaire et fiancée - Prestidigitation amoureuse.
   Chapitre XII : La muse vengeresse - La tactique déjouée - Années de tempêtes - Le voyageur désillusionné - Révolte et adieu - Yago.
   Chapitre XIII : Le secret de l'attraction - Accord des instincts - Indifférence et irritation du milieu.
   Chapitre XIV : Erreur de l'interprétation donjuanesque - Hostilité des hommes - Amiel et Casanova - Catégorie des femmes d'Amiel - Le confesseur - Le médecin - La préoccupation du temps - Paysage et sexualité.
   Chapitre XV : Le carrefour du narcissisme - La légende de l'efféminement - La femme forte et sa signification - Psychologie du Journal - Journal intime et ménage - La tendresse envers les enfants - Idéal et action.
   Chapitre XVI : Épilogue.

8 euros (code de commande : 15457).


 

AMIOT (Yves) — Les diamants de l'Argonne. Roman. Paris, Flammarion, 1988. In-8° broché, 189 p., (collection « Rue Racine »).
En quatrième de couverture :
   Le 20 septembre 1792, à Valmy, la vieille armée royale remporte la dernière victoire de la monarchie française. Cette bataille, où les adversaires se sont entendus d'avance, entraînera néanmoins la retraite de l'armée prussienne, sauvera la France de l'invasion et la Révolution de l'effondrement.
   Deux grands fauves dominent la scène : Dumouriez en Champagne, Danton à Paris. Pendant qu'un jeune avocat orgueilleux et candide, Billaud-Varenne, négocie avec le roi de Prusse et le duc de Brunswick, Danton organise, à Paris, les massacres de Septembre. Les stratagèmes et le sang.
   Des Diamants de l'Argonne se dégage une méditation terrible sur le pouvoir, les épreuves qu'il inflige à ceux qui veulent s'en saisir et le piège éternel qu'il tend aux esprits trop chimériques. La densité du récit et l'efficacité de l'écriture en font un roman historique exceptionnel.

5 euros (code de commande : 9761).


ANDRÉ (Philippe d') — Le cabanon. Roman. Paris, Laffont, 1980. In-12 broché, 288 p., ouvrage épuisé chez l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   « La maison était située à quelques kilomètres de Briancourt. » Phrase première, phrase-appel, phrase-cellule. Née d'une même pulsion, se déroulant d'une même coulée, une double aventure s'inaugure, celle du langage et celle du récit. L'écriture se développe au gré de ses mutations propres, sur le modèle d'une composition musicale. Mais ce déploiement est aussi narration. La maison écartée est un cabanon cerné de ronces. Un homme y soigne sa jambe malade. Il vit dans la hantise d'un cambriolage et, continuellement aux aguets, fortifie son territoire tandis que l'agresseur rôde...
   L'unité sensible du livre, cependant, ce par quoi il nous atteint et nous arrime, se tient en deçà, par en bas si l'on peut dire, et s'alimente à ce creuset originel où l'inconscient bat comme un cœur et projette ses images. Le travail de variation qui s'exerce sur l'écriture engendre un ralentissement du temps, où les gestes, les événements, les sensations se décomposent et s'amplifient jusqu'à l'étrange, jusqu'au fantastique, tels ces insectes familiers que le grossissement optique restitue à une sorte de barbarie native. Le récit se creuse, s'alourdit – comme la jambe malade du héros. L'envahit peu à peu la révélation progressive d'un Invisible où les antagonismes s'exaspèrent avant de se résoudre...
   Ainsi la démarche de Philippe d'André nous conduit-elle, tout naturellement, de l'ordre des mots, dans leur impassibilité apparente, au mystère brûlant des choses et du monde : s'il est un itinéraire littéraire exemplaire, c'est bien celui-là...

5 euros (code de commande : 9762).


ANET (Claude) Quand la Terre trembla... 52 bois originaux de Jean Lébédeff. Paris, Fayard, 1948. Grand in-8° broché, 125 p., il y a en réalité 62 illustrations dont 1 frontispice, 16 vignettes, 15 bandeaux de tête de chapitre, 15 lettrines et 15 culs-de-lampe, (collection « Le Livre de Demain », n° 42), bel exemplaire.

   
Couverture, frontispice et page de titre.

7 euros (code de commande : 9763).


ANGER (Henri) L'An quarante. Roman. Paris, Grasset, 1980. In-8° broché, 189 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   L'an quarante, c'est en plein exode que le narrateur le connaît, tandis que les blindés allemands foncent sur les routes encombrées de réfugiés. La guerre l'a surpris, en train de faire son métier de colporteur en livres érotiques, les œuvres de Nerciat et de Sade dans sa musette. Il s'est refusé à être soldat : ne devant sa vie qu'à une femme, il ne tient pas à la donner à une « Mère Patrie » à laquelle il ne croit pas. In ne croit d'ailleurs à rien : ni aux autres ni à lui-même.
   Puis, un jour, dans le troupeau qui se presse sur les chemins de Touraine, il vient au secours d'une toute jeune fille, Marietta, qui est sourde et muette. Au cœur de cette tragédie où règnent la peur et l'égoïsme, cet homme de trente-cinq ans est bouleversé par l'adolescente sereine et confiante que, bientôt, la Croix-Rouge va lui enlever. C'est alors qu'il connaît des jours et des nuits aux confins du rêve et de la réalité. Une réalité elle-même insolite. Il rencontre cinq jeunes femmes, employées du Trésor que leur administration « replie » sur Angoulême : Evelyne, Mathilde, Bertrande, Marie-Louise, Emma. Il y a aussi Tadeusz, jeune juif natif de Cracovie, spécialiste en renards argentés qui tenait boutique quartier du Sentier et veut partir pour l'Amérique...
   Avec ses compagnons de hasard et quelques autres, Henri continue, à pied, à bicyclette ou en train, passant du lit d'une fermière à des chambres d'auberge, sa petite épopée personnelle. Retrouvera-t-il Mariette, dont le fantôme, le fantasme le hantent ? A-t-elle été sa maîtresse ? A-t-elle seulement existé ? Pour l'instant, rendu à sa solitude, alors que les troupes allemandes l'ont ratrappé dans sa course absurde, il suspend à son cou un éloquent écriteau : « sourd et muet »...
   L'An quarante est un roman à mi-chemin du témoignage et du délire, de l'introspection impitoyable et de l'impressionnisme nervalien, du nihilisme goguenard et de l'effusion sentimentale. Une histoire d'amour. Une histoire de brigands. Une histoire à rêver debout.

5 euros (code de commande : 9765).

ANGER (Henri) Chatte allaitant un ourson. Roman. Paris, Grasset, 1979. In-8° broché, 182 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Précédé d'une chatte blanche, nommée Prudence, qu'on dirait échappée de chez Lewis Carroll, un collégien fugueux erre dans les bois, en pleine nuit. Après des années de solitude, l'adolescent n'a plus supporté, soudain, le pensionnat de province où il se morfondait. Fils unique et naturel d'une ballerine fantasque, pour qui la maternité s'est vite réduite à des retrouvailles épisodiques, des vacances éclair avec « son ourson », entre deux tournées lointaines, il a toujours souffert de ces perpétuelles éclipses. Même la correspondance qu'il entretient avec sa mère vagabonde et adorée n'a pas suffi à combler distance ni malentendus. Avec une tragédie manuscrite, les Métamorphoses d'Ovide et le précieux paquet des lettres maternelles dans sa besace, le voici en chemin : l'aventure – et Prudence – l'attendent au coin d'une maison apparemment inhabitée...
   Presque ingénu – mais comment ne pas l'être quand on écrit son premier roman à soixante et onze ans – Henri Anger a retrouvé la justesse de ton du Grand Meaulnes pour conter une histoire qui fait tout de suite rêver. La poésie, l'insolite, le charme de l'enfance, le sens du mystère y sont intégrés au réel avec la force d'évocation que seuls possèdent les livres nés de la tendresse ou du souvenir, et tout lecteur entend battre aussitôt son cœure d'enfant, miraculeusement ressuscité.

5 euros (code de commande : 9766).

ANGER (Henri) Une petite fille en colère. Roman. Paris, Gallimard, 1982. In-8° broché, 161 p.
En quatrième de couverture :
   À huit ans et demi, Angelina ouvre sur l'existence un regard naïf et hardi. Malgré sa mère qu'elle adore, son père qu'elle aimerait s'il était accessible, ses frères et sœur qui sont ses aînés de près de dix années, elle se sent étrangère dans la maison de Saint-Jean-les-Grands-Bois où les circonstances de la vie veulent qu'elle soit souvent livrée à elle-même, c'est-à-dire à un bon et mauvais petit diable. Logicienne, prenant tout à la lettre, elle s'imagine qu'elle est la fille du facteur ou la petite-fille d'Attila. Elle s'éprend d'un poney, dévaste la pelouse à laquelle son père consacre ses dimanches, se rend coupable de larcins tout à fait fous dans des supermarchés, et cela jusqu'au jour où Wladimir et Hilda, ses parents qui sont sur le point de se séparer, la confient, dans un esprit de démission, à une tante et à des cousines de province qu'elle déconcerte ou épouvante.
   Sa mère, ayant décidé de reprendre sa liberté et de travailler, s'installe avec elle en grande banlieue. Avec une assurance et un courage associés à beaucoup d'imprudence, l'enfant s'efforce de conquérir ou de reconquérir cette « mère à problèmes » qui la confiera, en désespoir de cause, à la femme d'un garde-forestier. Grâce à sa patience et à sa résolution, la petite rebelle trouvera pour finir le chemin d'un cœur.
   De façon drôle et émouvante, la voix menue d'Angelina plaide à sa manière pour les droits de l'enfance.

5 euros (code de commande : 9764).


ANGLADE (Jean) La foi et la montagne. Roman. Paris, Laffont, 1985. In-8° broché, 242 p., (collection « Bibliothèque Romanesque »), dos insolé, ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Depuis dix ans, Arsenio Hernandez – riche notable d'une petite île des Philippines – a perdu le sommeil. Exactement depuis que, pendant la guerre, les Japonais l'ont contraint à un triple crime. Pour distraire sa conscience, en même temps que pour accroître sa fortune, don Arsenio conçoit le projet de construire une route qui atteindra le sommet d'un volcan, le Banlaon. Folle entreprise où il perdra quarante livres de sa chair, sa famille, ses biens, sans pour autant trouver la paix de l'âme. Il lui faut une pénitence exemplaire. Il lui reste à sanctifier cette route. Le triple chemin de croix de don Arsenio est commencé...
   « Jean Anglade a le génie de la belle histoire. De l'histoire pour elle-même, à laquelle on croit comme on croit à un fait divers apporté par l'actualité – une histoire qu'apporté le colporteur, que le trouvère vient chanter, que le conteur arabe interrompt pour ramasser des sous... Ici, je pense à Lord Jim, de Conrad ; même sujet : le remords et le rachat... C'est admirable. » (Alexandre Vialatte.)

5 euros (code de commande : 9768).


ANGOT (Christine) — L'inceste. Paris, Stock, 2000. In-8° collé, 207 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   « Toujours m'appuyer sur des choses annexes, faire des rapprochements, depuis que j'écris, il y a toujours eu d'autres voix, d'autres textes, d'autres choses, un autre angle sous lequel j'essaie de me montrer. Moi et autre chose, toujours. Il faut que je compte sur moi maintenant, le plus proche, le plus réel, pas grand-chose, avec l'inceste je ne peux pas nie sentir grand-chose, le corps, la vie, le lieu où je vis, la comédie que je me joue, dans mes angoisses mes crises de larmes, mes coups de fil, mon intelligence, etc., toutes mes limites, être juste sur ma limite, m'appuyer dessus, comme à la rampe qui monte chez l'avocat. Que tout le monde la voie, ma nullité, mon rien, mon minimum d'être humain, le tout petit écrivain que je suis. »

8 euros (code de commande : 14921).

ANGOT (Christine) — Léonore, toujours. Roman. Paris, Stock, 1997. In-12 collé, 155 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   « J'ai donné la vie. Ça m'a tuée, j'en avais une seule. Je n'écris plus. Depuis aujourd'hui. Ça, ça ne s'appelle pas écrire, ça s'appelle marquer. Je marquerai chaque jour quelque chose sur elle, au moins une ligne. Il n'y a qu'elle. Que ça. Que ça. Qui m'a tuée. »
   « Évidemment tout est vrai. Intime. J'ai décidé de publier mais ça reste vrai. Quand dans ces pages je confie un baiser comme place Garibaldi ou, radicalement différent, mes problèmes pour chier, surtout expulser, Auschwitz l'accouchement, mon vagin avec le nerf dans la couture et le sexe de Léonore, c'est comme dans l'amour quand on parle avec des mots vaches et les caresses de seins ou d'autres. Hors du lit, comme hors du livre. Fermé on n'en parle plus. Entre vous et moi c'est fait pour être lu. Le premier qui me dit « alors ce baiser place Garibaldi ? », je le tue. »

5 euros (code de commande : 14922).


ANISSIMOV (Myriam) L'homme rouge des Tuileries. Roman. Paris, Julliard, 1979. In-8° broché, 176 p., dos insolé, ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.
Sur la couverture :
   Paris déserté. L'été.
   Les Tuileries, le Palais-Royal. Simson et Rebecca vivent ensemble depuis longtemps déjà. Elle s'éloigne de lui, il le sait, il erre à sa recherche quand elle s'en va ou tente de l'atteindre quand elle s'étend près de lui. Mais elle lui échappe, elle s'ennuie et fuit cet homme infirme qu'elle n'a sans doute jamais aimé mais qui fut un refuge.
   Un matin de chaleur moite, elle rencontre l'homme rouge des Tuileries. Dès l'instant où elle l'aimera, il deviendra pour elle mystère et silence, elle tremblera de le perdre comme Simson craint d'être quitté par elle. Ainsi va l'amour, toujours inégal car le « demandé » ne se retourne jamais vers le « demandeur ». La rencontre est improbable sinon impossible. Pour chaque couple, l'abandon ou la mort – les deux ensemble parfois – sont au bout du chemin.
   Les personnages de Myriam Anissimov n'ont plus de lien sur la terre, ils vont à la dérive en emportant leur mémoire et leur pesante culpabilité d'avoir survécu à l'holocauste.
   Orphelins de parents et d'enfants, isolés dans un monde hostile, ils sont à jamais solitaires. Seuls la tiédeur et la douceur de la chair et le bref plaisir des sexes joints rompent pendant quelques instants la solitude de ces naufragés.

7 euros (code de commande : 9769).

ANISSIMOV (Myriam) La soie et les cendres. Paris, Payot, 1989. In-8° broché, 345 p., (collection « Roman »), exemplaire du Service de Presse.
En quatrième de couverture :
   Il y a une guerre qui ne s'achèvera jamais : c'est celle que Hannah Kaganowski mène contre elle-même. Faut-il choisir entre le passé et le présent, le français et le yiddish, la mort anonyme et l'inexplicable survie ?
   Autant de questions inguérissables comme les blessures infligées aux siens. Élevée dans la soie, Hannah porte secrètement le deuil de son peuple dont les cendres sont mêlées à la terre polonaise.
   Quant à l'autre guerre, qui se mène en dentelles, elle connaît parfois une trêve, pour une nuit, pour un jour. Mais lorsque Hannah rencontre Moskovitch, le musicien, et son maître Sylviu, c'est l'éblouissement. Dans l'univers de la musique, Sylviu l'affirme, le temps, la souffrance et la mort sont abolis.
   Grave, étincelant, léger, ce roman suit l'itinéraire intérieur d'une jeune femme qui, de Paris à New York, de Varsovie à Jérusalem, de Munich au mont Moab, quitte un moment l'Histoire pour entrer dans sa propre histoire.

7 euros (code de commande : 9770).


ANOUILH (Jean) Becket ou L'Honneur de Dieu. Paris, La Table Ronde, 1965. In-8° broché, 209 p., (collection « Théâtre »), exemplaire en très bel état.

5 euros (code de commande : 14954).

ANOUILH (Jean) Pièces costumées. L'alouette - Becket ou l'Honneur de Dieu - La Foire d'empoigne. Paris, La Table Ronde, 1960. In-8° sous reliure et Rhodoïd d'éditeur, 371 p., dessins de couverture de jean-Denis Malclès, édition originale de La Foire d'empoigne avec sa bande d'annonce, bel exemplaire.

13 euros (code de commande : 14923).

ANOUILH (Jean) — La vicomtesse d'Eristal n'a pas reçu son balai mécanique. Souvenirs d'un jeune homme. Paris, La Table Ronde, 1987. In-8° collé, 190 p., exemplaire du Service de Presse.
En quatrième de couverture :
   Jean Anouilh se défend d'avoir voulu écrire ses mémoires. Il n'est pas Saint-Simon, dit-il, ni Chateaubriand qui n'hésitait pas à embellir les épisodes de sa vie. Il est Jean Anouilh, tout simplement, l'homme de théâtre le plus présent sur nos scènes depuis cinquante ans.
   Il nous a fait rire, pleurer, il nous a serré la gorge. Nous avons vécu avec lui, et pourtant nous le connaissons à peine cet homme discret, effacé derrière son œuvre. Dans la Vicomtesse d'Eristal n'a pas reçu son balai mécanique il soulève un coin du voile. Ce n'est pas pour nous éblouir, c'est par un petit coup de tendresse moqueuse pour le jeune homme qu'il a été et qui découvrait la vie un peu à la manière d'un Buster Keaton. Il avoue avoir du mal à se reconnaître dans ce personnage ballotté par la vie, aux prises avec ces monstres pas toujours sacrés que sont les comédiens et les directeurs de théâtre, mais nous, nous savons bien que c'est déjà lui avec ses modesties et ses certitudes. Après tout, le monologue c'est encore du théâtre. Le rideau se lève sur une scène à peu près nue. Une petite fille dort dans une valise. Son papa écrit et n'a pas de quoi payer son loyer, mais sur la table s'accumulent les manuscrits peuplés de tous ces personnages qui ont accompagné sa vie imaginaire et sa vie réelle. L'homme de théâtre est un magicien.

6 euros (code de commande : 14966).


ANSELME (Daniel) Le compagnon secret. Roman. Paris, Laffont, 1997. In-8° broché, 259 p.
En quatrième de couverture :
   Un homme se souvient du temps où, impatient, il faisait son entrée dans le monde, dans les rangs de l'étonnante armée française née de la Libération. Durant quelques mois, il y côtoie un personnage énigmatique, qui l'intimide, le fascine, et qui meurt peu après : le sergent-chef Gilles Gras, dit Crabe. Pensant lui rendre un dernier service, somme toute anodin, il se rend dans la Creuse. La Fortune, qui a son mot à dire, transforme ce déplacement en voyage initiatique, au cours duquel le secret du mort lui est révélé. Au lieu de s'effacer avec le temps, le souvenir de cette rencontre et de ce secret s'impose à lui par la suite, au point de faire du personnage disparu le « compagnon secret » de toute une vie. Ce n'est que trente ans plus tard, un matin d'été, en Grèce, qu'ils se sépareront.
   Le Compagnon secret est une peinture surprenante, cocasse, d'une période où la société française, brisée en mille morceaux, sort à peine de la guerre, encore tremblante du séisme. C'est aussi le portrait émouvant d'un de ces « enfants volés » – volés à leur propre vie – avec lesquels la société fait « ses » soldats.
   Né à Paris en 1927, de parents russe et hollandais, Daniel Anselme a fait des débuts remarqués dans les lettres avec La Permission (Julliard, 1951) et Les Relations (Robert Laffont, 1964). Son œuvre se nourrit de ce qu'il a connu, découvert, vécu. Très jeune, il a participé à la Résistance et à la guerre (Le Compagnon secret se fait l'écho de cette époque de sa vie). Dès 1955, il s'est engagé contre la guerre d'Algérie ; il a collaboré avec Ben Barka au secrétariat de la Tricontinentale, fondé et animé Les Cahiers de Mai de 1968 à 1974, pris part à la lutte des travailleurs de Lip à Besançon, avant d'être l'un des animateurs de Radio-Solidarnosc à Paris, en 1981 et 1982.
   Le Compagnon secret a fait l'objet d'une adaptation télévisuelle produite par Arte sous le titre Compagnons secrets.

10 euros (code de commande : 9772).


APOLLINAIRE (Guillaume) Alcools. Poèmes 1898-1913. Cent trente-huitième édition. Paris, Gallimard, 1959. In-8° broché, 173 p.

8 euros (code de commande : 14968).

APOLLINAIRE (Guillaume) Le Bestiaire ou Cortège d'Orphée. Illustré par Raoul Dufy. S.l., Bibliothèque de l'Image, 1997. In-8° broché, [68] p., exemplaire en parfait état, ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.

12,50 euros (code de commande : 9777).

APOLLINAIRE (Guillaume) Textes inédits. Avec une introduction de Jeanine Moulin. Genève - Lille, Droz - Giard, 1952. In-8° broché, XVIII, 194 p., (collection « Textes Littéraires Français »), étiquette et cachet de bibliothèque à la couverture, cachet de bibliothèque aux pages de titre, V, VII et 3.

6 euros (code de commande : 14967).


APPERY (Yann) Diabolus in musica. Roman. Paris, Grasset, 2000. In-8° broché, 318 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   «  Je ne suis pas en mesure de dire combien de ces jours affreux s'écoulèrent où le métronome battait en brèche mon âme vide comme l'éternel mendiant que je voyais, matin et soir, battre la semelle sur les quais. Quant aux nuits, elles ne donnaient pas cher de ma peau. Mes rêves étaient comme des étaux. Je ne pouvais m'en échapper qu'en me réveillant, parfois dans un cri. »
   Composer cet air qui l'obsède est le but que Moe Insanguine poursuit depuis qu'il a découvert, enfant, le Diabolus in musica, cet intervalle rebelle, qui, du Moyen Âge à l'ère du jazz, sème la discorde. À qui doit-il cette œuvre de musique et de mort qui peu à peu s'est imposée à lui ?

5 euros (code de commande : 9773).

                               

APPERY (Yann) Qui vive. Roman. Paris, Éditions de Minuit, 1997. In-12 broché, 251 p., exemplaire du Service de Presse, en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Un colonel rebelle dont la seule ambition est d'être couronné comme poète, une résistance qui abandonne son maquis pour se réfugier au couvent, une brute sanguinaire qui risque sa vie pour sauver des nouveau-nés, une religieuse qui élève un cheval, un amant comblé qui ne comprend rien à ce qui lui arrive sont quelques-uns des personnages de ce roman baroque qui dénote un juvénile appétit pour la nature, les animaux et les gens : la vie, quoi.

9 euros (code de commande : 9774).


ARAGON   


ARÈSE (Simone) — La fiancée du timbalier. Roman. Paris, Balland, 1987. In-8° broché, 188 p., exemplaire en très bel état, ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Josette Hermier, quinze ans, fille unique d'un couple d'enseignants, s'ennuie : chez ses parents englués dans une quotidienneté pseudo-intellectuelle, au lycée où elle se trouve directement sous la coupe de sa mère, dans son village normand coincé entre l'autoroute grise, le fleuve pollué et la raffinerie nauséabonde. Elle s'ennuie surtout de grandir. Comme tous les adolescents du monde, elle vit mal le passage d'un âge à un autre.
   Sur ce thème intemporel, Simone Arèse, avec l'ironie qu'on lui connaît, a construit un roman à la fois grinçant et tendre où l'on voit une toute jeune fille qui, pour assouvir les passions naissantes qui la dévorent, n'a de ressources que de se jeter à la tête du premier godelureau venu et de l'entraîner dans une fugue échevelée et romanesque dont elle sortira un peu meurtrie mais enfin adulte.
   Après le succès de Mado, on retrouve avec plaisir l'écriture volontiers provocante de cet écrivain, qui signe ici son troisième roman.

6,50 euros (code de commande : 9791).


ARLAND (Marcel) — Antarès. 10e édition (mention de 14e édition en 4e page de couverture). Paris, Gallimard, 1945. In-8° broché, 157 p., ouvrage « définitivement indisponible » au catalogue de l'éditeur.

8 euros (code de commande : 9794).

                                                                          

ARLAND (Marcel) — La consolation du voyageur. Récit. Paris, Stock, 1952. In-8° broché, 353 p., exemplaire du tirage courant de l'édition originale.

9 euros (code de commande : 9798).

ARLAND (Marcel) — Les échanges. Paris, Gallimard, 1946. In-8° broché, 247 p., bel exemplaire.
Table des matières :
   - Le Promenoir de Tristan.
   - Sur Phèdre.
   - 
Mme de La Fayette et la Princesse de Clèves.
   - Esquisse d'un « Fénelon ».
   - Marivaux romancier.
   - Sur les Liaisons dangereuses.
   - Benjamin Constant écrit Adolphe.
   - Fromentin et
Dominique.
   - Sur le
Grand Meaulnes.

10 euros (code de commande : 14943).

ARLAND (Marcel) — Lumière du soir. Paris, Gallimard, 1983. In-8° broché, 164 p., exemplaire en parfait état de cet ouvrage épuisé au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Au long des trois parties composant l'ouvrage (De l'aube à la nuit, L'instant et la vie, La procession), l'auteur âgé aujourd'hui de quatre-vingt-trois ans fait le point du temps, de l'espace et du cœur, que son agilité d'écriture nous livre confondus. C'est donc le paysage de sa vie tout entière qui se révèle ainsi. Son amour fou de la nature, partagé avec J. depuis cinquante ans, son enfance dans un village champenois auprès de sa mère, des amitiés profondes comme des rencontres fortuites, des excursions à travers l'Auvergne comme le recueillement dans sa maison de Brinville en construisent les plans essentiels. Mais ce qui rend par-dessus tout déchirante la succession de ses récits, c'est que la perspective de la mort et les souvenirs de sa jeunesse s'expriment en simultané : le vieil homme et l'enfant qu'il fut ne cessent de marcher côte à côte et d'échanger à voix basse mais vibrante des propos tour à tour tendres, douloureux, parfois tristes ou teintés d'humour, ou animés par un profond sentiment religieux. De telles confidences sont toutes reliées à leur expérience vécue, et leur violence pudique n'a d'égale que la délicatesse de style d'un de nos plus grands écrivains.

8 euros (code de commande : 9796).

ARLAND (Marcel) — Mais enfin qui êtes-vous ? Paris, Gallimard, 1981. In-8° broché, 247 p.
En quatrième de couverture :
   « Qui êtes-vous ? » Cette question, l'auteur se la pose à lui-même, mais non moins à chaque homme, au monde, à la vie, à la lumière, à la mort...
   La mort, il a récemment failli la connaître d'une façon plus intime, à la faveur d'un paysage élu entre tous – et d'un accident qui fut pour lui une sorte de signal.
   Donc, par textes brefs, tantôt fiction, tantôt autobiographie, il va creuser davantage les énigmes qui se posent à lui depuis toujours : comment et pourquoi ai-je vécu, créé, aimé, entretenu des amitiés merveilleuses ? Pourquoi l'angoisse jusque dans le bonheur ? Pourquoi vieillir, s'approcher avec une croissante surprise de son propre terme ? Pourquoi les souvenirs bouleversants liés à l'enfance, au père qui mourut très jeune, à la mère ? Et pourquoi les « honneurs » littéraires, la splendeur des arbres, la chaleur des rencontres ? Et pourquoi tant de voyages lumineux à travers une nature qui ne cesse d'émouvoir ?
   Si la réflexion se fait ici douloureuse, poétiquement scandée par un langage dont on sait la tension, la pudeur et la rigueur, elle est magnifiée sans cesse par l'expérience d'un homme dont l'unique souci est d'y voir clair et droit sur le problème de la solitude ainsi que celui, puissant, de son amour pour l'humanité.

8 euros (code de commande : 9792).

ARLAND (Marcel) — Où le cœur se partage. Deuxième édition. Paris, Gallimard, 1929. In-8° broché, 195 p.

6,50 euros (code de commande : 9793).

                                                               

ARLAND (Marcel) — Proche du silence. Paris, Gallimard, 1973. In-8° sous reliure et Rhodoïd d'éditeur, 177 p., (collection « Soleil », n° 309), exemplaire numéroté et en très bel état.

10 euros (code de commande : 14955).


ARLIX (Éric) Mise à jour. Mercato / Groupetto / Free tour. Romainville, Al Dante, 2002. In-8° broché, 163 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Lire M.A.J. c'est bien.
   M.A.J. est un run/freeride/visite/shot/incruste au pays des flux énergisants combinant mélodies de l'ère de l'information (capitalisme phases 3 et 4), fictions divertissantes (entertainment et modèles fictionnalisants) et dynamiques d'interactions, d'optimisation, de motivation...

10 euros (code de commande : 9800).


ARNAUD (Georges) Le salaire de la peur. Roman. Paris, Julliard, 1953. In-8° broché, 203 p., jaquette illustrée.
En quatrième de couverture :
   Régions de pétrole : pays de Cocagne où l'on peut devenir millionnaire, plus souvent crever de faim. À mille dollars par tête, quatre gars, au volant de quelconques camions, partent, avec, sur la plate-forme, deux fûts de nitroglycérine destinée à « souffler » le pétrole qui flambe à cinq cents kilomètres plus loin, à la sortie d'un puits. Quatre gars, au travers des plaines arides, sur les routes défoncées où chaque cahot peut provoquer l'explosion, ont pris la mort en charge. Quatre gars qui ont peur. Leur existence était misérable : ils sont la « raclure » du continent ; mais ils veulent vivre, et ces mille dollars c'est l'avion ou le bateau, c'est l'évasion de cet enfer... Seulement « le destin prend son homme au berceau », il sait ce qu'il fait : dans ce tête-à-tête qu'il leur a ménagé avec la mort, ces gars jouent quitte ou double.

6 euros (code de commande : 9801).


ARNAUD (Pierre) L'oreille aveuglée et autres désordres. Nouvelles. Paris, Grasset, 1994. In-8° broché, 248 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Le monde est un vaste désordre où parfois s'insinue l'harmonie. Dans les cinq nouvelles de ce recueil, Pierre Arnaud a exploré certaines des passions qui viennent troubler l'ordre fragile de ce monde. On y voit comment la fatalité conduit les personnages à poursuivre, jusqu'à la destruction, leurs chimères, comme si chacun d'eux n'était fidèle qu'à ce qui l'égare. Ainsi les musiciens de L'oreille aveuglée, artistes géniaux, sont tellement habités par la terreur de perdre leur talent qu'ils appellent sur eux la fatalité tant redoutée. Quant à l'héroïne du Vendeur de temps, confrontée à son inexorable médiocrité, elle accepte de tenter un pari qui la plongera dans le pire des enfers. Le fou du roi et La fin du monde explorent l'univers de la folie tandis que dans Pile et Poil retentissent les accents beckettiens d'une haine aux confins de l'absurde.
   Drôle d'histoires tragiques contées avec un humour et une violence extrêmes qui donnent à ces textes écrits avec une maîtrise étonnante un charme grinçant et original.

7 euros (code de commande : 9802).


ARNOTHY (Christine) La dernière nuit avant l'an 2000. Paris, Plon, 1997. In-8° broché, 205 p., exemplaire en parfait état, ouvrage « définitivement indisponible » au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Lors d'une nuit blanche à Los Angeles, décalage horaire et insomnie aidant, emportée dans un étrange univers entre la nuit et l'aube, je me laissais guider par les premières phrases d'un récit. Je compris bientôt qu'il serait totalement différent de tout ce que j'ai écrit jusqu'ici.
   « J'ai raté l'homme, dit Dieu à son fils. Tu dois retourner sur terre et, avant la nuit qui précède l'an 2000, trouver un juste. Alors je sauverai le monde. Tu prendras corps, tu partageras la vie quotidienne des hommes, leurs soucis. Ainsi je comprendrai pourquoi la haine l'emporte sur l'amour. À toi de faire entendre mon message. De quelle manière ? Cherche. »

4 euros (code de commande : 9805).

ARNOTHY (Christine) Une affaire d'héritage. Roman. Paris, Grasset, 1991. In-8° broché, 406 p., jaquette.
En quatrième de couverture :
   « Depuis la mort de mon père, astrophysicien, abattu lors d'une réunion avec ses amis de jadis dans une taverne de Vienne, mon destin a basculé. Je suis devenu un personnage à supprimer. Je reçois des lettres de menace et j'ai l'impression de vivre sous une loupe. On me suit.
   La veille de mon départ de New York pour Vienne, une fille force la porte de mon cabinet médical. Elle s'apelle Carol ; prétend être amoureuse de mon père. « J'étais son élève. Je ne peux pas accepter sa mort. Vous, son fils, vous êtes médecin. Vous devez m'aider, je suis une personne en danger. » Je l'ai prise dans mon existence comme on ramasse une auto-stoppeuse. Pour reconstituer la vérité parcelle après parcelle, j'allais parcourir le monde avec elle, traverser Vienne, Salzbourg, la Thaïlande et découvrir le mystère de Miami Beach.
   Lorsqu'on voyage avec son propre destin, avec Carol dont le regard n'est que douceur et le corps tentation, il est évident qu'on tombe amoureux, même si elle représente tous les dangers. Alors seul le hasard peut vous sauver, ou la chance. J'ai toujours réussi à m'agripper à la chance... À l'attraper comme un train en marche. La preuve. J'écris ces lignes, donc j'existe. Mais pour combien de temps ? »

5 euros (code de commande : 9804).


ARNOUX (Alexandre) Carnet de route du juif errant. Mention de 12e édition au second feuillet de la couverture. Paris, Grasset, 1931. In-12 broché, 269 p., mention d'appartenance à la page de faux-titre.

9 euros (code de commande : 14935).

ARNOUX (Alexandre) La guerre meurt au printemps. Avec des vignettes de Maximilien Vox. Paris, Denoël, 1947. In-8° broché, 77 p., (collection « Le Jardin de Candide », I), édition originale, un des 950 exemplaires numérotés sur pur fil Johannot (n° 56), non coupé et en parfait état.
Ce volume contient :
   - Alexandre Arnoux, par Émile Henriot.
   I. Ruines de villes.
   II. Routes.
   III. Le Général De Lattre de Tassigny.
   IV. Croquis.
   V. Jeunesse de l'Armée Française.

30 euros (code de commande : 14934).

ARNOUX (Alexandre) La nuit de Saint-Avertin. Paris, Grasset, 1942 (2e édition). In-12 broché, 128 p., bel exemplaire.

8 euros (code de commande : 14933).

ARNOUX (Alexandre) Suite variée. Paris, Grasset, 1925. In-8° broché, 242 p., (collection « Les Cahiers Verts », n° 55), bon exemplaire numéroté sur vergé bouffant.
Ce volume contient :
   - Sextuor.
   - Cuisine d'âme.
   - L'Écran.
   - Louis et Louis.
   - La Malédiction de l'ovale.
   - Ismaël le Borgne.
   - Le thermomètre.
   - Histoire de Marie.
   - Redowa.
   - La Tour.
   - Bernard ou le Mort discourtois.
   - Deux contes pour Noël :

         I. Fortuné le Riche et Agricola le Pauvre.
         II. Le Pauvre.
   - Supplément aux voyages de Marco Polo.
   - Paravent trois feuilles :

         I. Confidences d'une ombre.
         II. Veillée avec un buste.
         III. Dissociation.
   - Le fauteuil.

7 euros (code de commande : 9803).


ARROU-VIGNOD (Jean-Philippe) La lettre italienne. Paris, Belfond, 1994. In-8° broché, 168 p., ouvrage « définitivement indisponible » au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Thomas, âgé de dix ans, accompagne sa mère à Florence. Au gré des promenades et des visites remontent les souvenirs d'un bonheur depuis longtemps perdu. Entre la mère et l'enfant plane l'ombre du père absent, savant fragile et doux dont chaque lieu garde encore obscurément la trace.
   Un étrange capitaine, une fillette insaisissable, un couple de Français trop envahissant, un riche industriel : il faudra à Thomas le hasard des rencontres dans une ville étrangère pouf que se lève le voile jeté sur cette absence, le libérant enfin des sortilèges de l'enfance. . .
   Mais au prix de quelles trahisons entre-t-on dans le monde des adultes ?
   La Lettre italienne est un roman subtil et grave sur le silence, la culpabilité et les dettes contractées dans l'enfance sous le poids des choses tues.  

5 euros (code de commande : 9806).


[ARTAUD]. MAEDER (Thomas) — Antonin Artaud. Traduit de l'américain par Janine Delpech. Paris, Plon, 1978. In-8° broché, 314 p., illustrations hors texte.
En quatrième de couverture :
   « Comédien inspiré ou histrion sans envergure, metteur en scène génial ou provocateur en mal de publicité, poète fou ou simulateur adroit..., que n'a-t-on pas dit et écrit sur Antonin Artaud ! Depuis sa mort en 1948, il exerce la même fascination sur ses disciples et des détracteurs, et chaque année voit au moins une publication lui être consacrée. Un jeune universitaire américain, Thomas Maeder, intrigué par le phénomène, cherchant à le comprendre, subit à son tour cette fascination. Durant deux années, il a vécu en France, interrogeant tous ceux qui ont connu Artaud, s'imprégnant de son œuvre, retrouvant des lettres inédites. Avec une tendresse filiale, sans chercher pourtant à voiler ses errements, Thomas Maeder retrace la vie du poète maudit : ses relations avec toute l'intelligentsia parisienne entre 1920 et 1948, la création du théâtre Jarry, les manifestations du surréalisme, l'existence affreuse des internés dans les asiles d'aliénés durant la guerre, les amitiés fidèles qu'il suscita.
   Qui était Artaud ? Ses traits sont restés familiers aux cinéphiles. Mais sa véritable nature transparaît-elle derrière le masque grimaçant de Marat, dans le Napoléon d'Abel Gance, ou derrière le visage lumineux de Frère Massieu dans la Passion de Jeanne d'Arc de Carl Dreyer ? Thomas Maeder s'est efforcé de répondre en toute lucidité : ni ange ni démon, Artaud n'était qu'un homme, mais un homme qui choisit de vivre toutes les passions jusqu'à l'absolu. »

13 euros (code de commande : 14255 - vendu).


AUBIGNÉ (Agrippa d') Prose. [Introduction et notes par Marcel Raymond] [Neuchâtel], Ides et Calendes, 1943. In-8° broché, 199 p., exemplaire numéroté sur vergé de Biberist (n° 326), couverture défraîchie (décharges d'adhésif), exemplaire non coupé.
   
Table des matières :
   D'Aubigné et son œuvre.
   Sa vie à ses enfants :
      De la préface - Enfances - Le serment d'Amboise - Les études - Enfant de troupe - Liberté trop affectée - Les amours - Un mauvais mot - Les premières clauses des Tragiques - Maître et écuyer - Une injuste pensée - Paroles et prophétie au Roi - L'exil Remariage à Genève - Père et fils.
   Son testament.
   Lettres :

      À Madame de Villette - À mes enfans - À mes filles touchant les femmes doctes de nostre siècle - À Constant d'Aubigné - À M. de la Rivière, premier médecin du roy - À M... - À M. de Loménie - À M. de Touverac, mon lieutenant à Maillezais - Au prince de Condé - À Messieurs les très honorez et magnifiques seigneurs de la République de Genève - À M. Manuel - Au roy de la Grande Bretagne - Au roy Louys XIII - Lettre à Madame, sœur unique du roy.
   Méditation sur le Psaume LXXXVIII :
      Préface - Occasion et argument. Psaume LXXXVIII - Méditation.
   Du devoir mutuel des rois et des sujets :
      D'un contrat - La Royauté et ses correctifs - Le Roi n'a de droit que celui que le peuple lui a donné - Les consciences n'appartiennent qu'au Dieu souverain - Justification de la prise d'armes - Par delà la souffrance.
   La confession du Sieur de Sancy :
      De la réunion des religions - Suivre toujours même but - De ménager sa conscience.
   Les aventures du baron de Faeneste :
      Préface du premier Livre - Les moyens de paraître à la Cour - Le songe du Connétable - Des résolutions de Faeneste - Description du « grotesque de la terne » - Triomphe de l'impiété.
   Histoire universelle :
      Dialogue nocturne de Coligny & de Charlotte de Laval - L'agonie de Charles IX - D'Aubigné parle - Le roi de Navarre rejoint les siens - Un prodige - Assassinat du Duc de Guise - Oraison funèbre d'Henri III - Conversion d'Henri IV - L'Escalade de Genève - La mort d'Henri IV.

11 euros (code de commande : 9809).

[AUBIGNÉ (Agrippa d')]. DESCHODT (Éric) — Agrippa d'Aubigné. Le guerrier inspiré. Paris, Laffont, 1995. In-8° collé, 358 p., exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième de couverture :
   « Cet homme, l'un des plus grands poètes français, a vécu avec une folle passion l'une des plus folles et passionnées époques de l'histoire de France : les guerres de Religion. Cet homme, l'auteur des Tragiques, est un héros, tout droit sorti des chants homériques.
   D'un personnage de cette envergure, on ne peut écrire une biographie académique. Lui-même s'y oppose, qui bouscule tous les genres établis. Pour lui redonner vie, on ne peut que s'identifier à lui, épouser sa foi (protestante), ses élans, ses combats (innombrables : grand homme de guerre, il fut de cent batailles et de mille escarmouches), sa rigueur, sa fidélité (envers Henri de Navarre, demain Henri IV), ses excès – sa grandeur et sa noblesse hors du commun.
   Pour dire ce que fut la vie d'Agrippa d'Aubigné, Eric Deschodt a dû quitter les chemins de la biographie traditionnelle et rejoindre la grande voie du récit historique à la Dumas. Et c'est là qu'il retrouve la vérité d'un homme et d'une époque dignes des grands tragiques. »

10 euros (code de commande : 12016).


AUBRY (Octave) Le grand amour caché de Napoléon (Marie Walewska). Dix hors-texte d'Edou Martin. Lettrines et culs de lampe de Robert Garnier. Paris, Éditions du Panthéon, 1947. In-8° broché, 325 p., exemplaire numéroté.

   
Couverture, frontispice et page de titre.

19 euros (code de commande : 14944).


Aucassin et Nicolette. Chantefable. Berte aux grands pieds de Ardenet, le roi des ménestrels. [Avant-propos de Maurice Teissier.] Illustrations de J.-J. Philippon. Paris, Lanore, 1959. In-8° broché, 145 p., mouillures au second feuillet de couverture.

8 euros (code de commande : 9810).


AUCLAIR (Georges) Une vie barrée. Roman. Paris, Gallimard, 1953. In-8° broché, 174 p., bel exemplaire en grande partie non coupé.
En quatrième de couverture :
   Au cours d'une scène avec sa maîtresse, Lila, le peintre Octave Larbouet parle de se tuer. Sans y penser sérieusement, semble-t-il. Mais dans la lettre où il raconte l'incident à Koberte, son amie, il affirme qu'il éprouve « le désir confus de disparaître ». C'est l'été ; ses amis, pour la plupart, ont quitté Paris ; le voici astreint à leur écrire pour tromper sa solitude. À chacun il donne avec une trouble complaisance une interprétation différente de son angoisse. À Saillu, dont il a trahi la confiance, il explique que son œuvre est une tricherie. À son frère, que leurs sentiments, à l'un et à l'autre, sont pourris. À Roberte, désespérée comme lui, mais sereine, qu'il tenterait en vain d'atteindre au détachement.
   Ses lettres ne sont pas seulement des méditations passionnées sur lui-même : il veut agir sur les autres et, s'il raconte ses aventures, ses marches épuisantes dans les villes qu'il traverse et le long de la mer, il cherche aussi à convaincre, il insulte, il supplie...
   Cependant il cause la mort de Roberte : traqué, près de la folie, il a un moment l'illusion de se survivre. Il retrouve alors Lila, comprend qu'il s'est trompé sur son compte comme sur celui de ses amis. Le livre se ferme sur une énigme : Octave Larbouet va-t-il se tuer ? ... Toutes les issues sont-elles fermées ?

4 euros (code de commande : 11607).


AUCLAIR (Marcelle) Anne Fauvet ou L'Assortiment difficile. Paris, Gallimard, 1931. In-8° broché, 226 p., édition originale, un des 600 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre (n° 480), en très bel état.

18 euros (code de commande : 14937).

AUCLAIR (Marcelle) Toya. Paris, Gallimard, 1927. In-8° broché, 221 p., édition originale, un des 850 exemplaires numérotés sur vélin pur fil Lafuma-Navarre destinés aux Amis de l'Édition Originale (n° 715), très bel exemplaire.

18 euros (code de commande : 14936).


AUDIBERTI (Marie-Louise) Viens, il y aura des hommes. Paris, Stock, 1976. In-8° broché, 257 p., ouvrage « définitivement indisponible » au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   « Je ne me suis pas suicidée, pas assez jolie pour ça, je n'ai pas fait de voyages, je n'ai pas eu de maladie grave. Je me suis contentée d'écrire ma vie avec mon corps. Des pleins et des déliés. » Ainsi parle Abigaïl...
   Une femme, un homme. L'amour glisse de l'un à l'autre, versatile et véhément. Ils en rient, ils en pleurent. Chacun pour soi. Abigaïl et Romain vivent désespérément sous le signe du contretemps. Et tour à tour ils lancent leur complainte douce-amère, lucide, souvent drolatique. Leur amour déphasé est un ballet-poursuite sur le pavé de Paris, d'où surgissent, fragiles ou redoutables, les figurants de leur paysage quotidien.
   À trente-cinq ans, Abigaïl avait renoncé aux hommes : c'est-à-dire qu'il y en avait beaucoup dans sa vie. Comment aurait-elle pressenti que Romain, ce clown facétieux, pernicieux, aurait pour elle le visage de l'amour et de la souffrance ? Comment Romain aurait-il su qu'un jour, plus tard, Abigaïl lui manquerait de façon intolérable ? Vont-ils se trouver ou se retrouver au détour du chemin où les ramène sans cesse le besoin obsédant d'interroger leur passion ?
   Dans Viens, il y aura des hommes, l'écriture se moque d'elle-même, cédant parfois au rêve et parfois au calembour. Un livre impertinent, grave, acide, tendre, où les mots sont pris, emportés dans une sorte de joute âpre et scintillante.

6 euros (code de commande : 9811).


AUDOUARD (Antoine) La peau à l'envers. Roman. Paris, Gallimard, 2003. In-8° broché sous jaquette, 250 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   « Le matin, avant d'ouvrir les yeux, elle me demandais si je l'aimais.
   Je ne lui répondais pas toujours mais je la prenais dans mes bras et je la serrais. Plus fort ne lui faisait jamais mal, plus fort n'était jamais assez. Le visage encore froissé de sommeil, elle murmurait de ces petits mots-là, et puis elle s'embrassait l'épaule avant de battre des mains en se répétant « Mon dieu, que tu es belle ! »
   Après, elle roulait hors du lit et la journée pouvait commencer.
   C'était une chambre sans espace et sans rien, un sous les toits d'où l'eau gouttait les jours de pluie, avec juste un matelas et une télé que je regardais la nuit, quand elle dormait.
   –  Tu m'aimes ?
   Son regard bleu s'attarda sur moi et sa main me caressa le nez, la joue, avant de se poser sur un coin chiffonnéde lit.
   J'avais envie de dire oui mais ça restait bloqué au fond de la gorge. J'esquissai un mouvement pour l'embrasser mais elle me rapoussa.
   – Tu m'aimes ?
   Tu ne le demandas plus. Tu glissas le long de moi et tu restas ainsi en bois mort malgré ma main qui essayait de te réchauffer en te broyant la hanche.
   Le soir même nous allions nous séparer mais je ne le savais pas. »

8 euros (code de commande : 9812).


AUDOUARD (Yvan) Le sabre de mon père. Récit. Paris, Laffont, 1999. In-8° broché, 175 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Marseille 1917. Le petit garçon habite une maison du quartier populaire de Saint-Mauront. Sous la protection de la Bonne Mère, Baptistine, sa maman, et la tante Joséphine veillent sur lui avec un amour exigeant. De sa fenêtre, il est le spectateur des turbulences de la rue et jalouse les enfants qui jouent en liberté.
Autour de cette forteresse d'innocence, Marseille n'est qu'une rumeur qui monte jusqu'à lui. Sous le soleil du Sud, c'est l'année des femmes en noir, l'année du doute, la guerre ne finira jamais.
   Le petit garçon, lui, demeure persuadé de la victoire. Son père a pour métier de sauver la France. Il regarde la photo du héros en uniforme de l'armée coloniale et son sabre, accroché au mur. Quand l'absence est trop lourde, le petit garçon décroche le sabre et le couche dans son lit. Il s'endort, sabre au côté.
   Dans ce récit d'enfance, Yvan Audouard n'hésite pas à laisser paraître derrière la drôlerie, la tendresse et l'émotion qui l'habitent.

7,50 euros (code de commande : 9814).


AUGIÉRAS (François) Domme ou L'essai d'occupation. [Avant-propos de Jean Chalon.] S.l., Fata Morgana, 1982. In-8° broché, 177 p., exemplaire du tirage courant de l'édition originale imprimé sur vélin teinté.
Avant-propos : Un médium, un suspect, un précurseur.
   Avec Domme ou L'essai d'occupation, François Augiéras devrait connaître cette gloire posthume qui passe, absurdement, pour être la récompense des écrivains méconnus, rejetés par leur époque.
   De son propre aveu, Augiéras savait qu'il était en avance sur son temps. Il en paya le prix : le refus de Domme par plusieurs éditeurs dont je tairai pudiquement le nom. Il s'en affecta. Un mois avant sa mort, en décembre 1971, dans un hospice où il avait trouvé refuge après une vie d'aventures, de dénuements et d'exaltations multiples, il s'interrogeait encore sur les raisons de l'échec de Domme et m'écrivait :
   – Ce texte est-il vraiment maudit ? Domme est-il impubliable ? J'imagine ce texte comme étant le plus lisible de mes livres, le plus clair, le mieux construit...
   Il ne se trompait pas. En effet, c'est le plus lisible, le plus clair, le mieux construit de toute son œuvre. Son chef-d'œuvre, à mon avis, et un dangereux chef-d'œuvre dont les séductions, les enseignements, les initiatives vous entraîneront plus loin que vous n'avez jamais osé l'espérer.
   Je n'ai jamais rencontré François Augiéras, hélas. Je peux maintenant répéter cet « hélas » jusqu'à la fin de mes jours. Je me contentais d'admirer ses livres avec passion, craignant, stupidement, que l'homme soit inférieur à l'auteur du Vieillard et l'enfant ou du Voyage au Mont Athos alors que les lettres qu'il m'adressait me prouvaient le contraire. L'homme et l'écrivain, pour une fois, étaient à égalité. Il m'écrivait : « Je suis un médium au dernier degré, possédé, hanté. Je me sens surveillé : on ne me reproche rien, mais je suis suspect de tout », ou « Venue d'Europe Centrale et Orientale, une première vague d'artistes, de musiciens semble avoir apporté un sang neuf à l'Occident au début de ce siècle. Je me demande parfois si je ne suis pas le précurseur d'une seconde vague, venant, elle aussi, de l'Est des steppes ».
   Ce médium, ce suspect, ce précurseur ressemble comme un frère au narrateur de Domme. Et puisque nous vivons sous le règne du Saint Document, je vous dirai que chaque chapitre de Domme a été vécu. De lettre en lettre, Augiéras me contait les événements, les rencontres qui formèrent cet essai d'occupation. Quand il mit le point final à ce livre, c'est aussi sa vie qu'il achevait. Il ne l'ignorait pas. L'une de ses dernières lettres, reçue le 9 novembre 1971, pourrait servir de préface à Domme. La voici :
   « Je t'ai écrit hier, je t'écris aujourd'hui pour le plaisir, n'ayant aucune nouvelle bien remarquable à te donner. Je demeure désolé de ne pas te voir en
Périgord...
   Au désert, on oublie vite la civilisation, le temps : de retour en France, j'ai acheté des revues, des journaux. À nouveau dans mon siècle je me rends compte à quel point Domme est actuel.
   Ce texte est en plein dans l'époque !
   (...) Qu'il est actuel le récit de cet être, a-social, mutant, extra-terrestre ou non, peut-être fou, qui, à l'hospice de Domme, au fond des bois du Périgord, décide, non seulement de fuir une civilisation qui lui est étrangère, mais encore décide d'inventer à lui seul une civilisation différente, et de vivre comme bon lui semble dans les cavernes dominant la rivière.
   Avec ou sans l'approbation de la gendarmerie !
   C'est de la contestation agressive, et cela va au-delà de la contestation ; car il invente un autre monde, un art, une musique, une civilisation inconnus...
   Qui plus est, l'histoire est vraie. Étienne Lalou, Christian Bourgois, toi-même, avez été alertés par moi, il y a deux ans, quand on a tenté de m'interner. On m'a cru fou, avant d'admettre que je jouissais de la plénitude de mes facultés mentales, mais que l'électro-encéphalogramme révélait parfois une activité psychique inconnue...
   (...) Loin de moi la pensée d'influencer les « lecteurs en maison » d'édition, ni ton propre jugement sur ce manuscrit... ; simplement, je vois que je suis de mon siècle, parfois... en avance sur mon siècle et j'avais à cœur de le dire.
   Au reste, cette rapide analyse peut t'aider à décider un éditeur. »
   On connaît la suite. Je ne parvins à décider aucun éditeur. Et François Augiéras est mort le 13 décembre 1971 sans avoir tenu entre ses mains un exemplaire de ce Domme ou L'essai d'occupation que Fata Morgana publie aujourd'hui.

25 euros (code de commande : 9816).

AUGIÉRAS (François) Le voyage des morts. S.l., Fata Morgana, 1979. In-8° broché, 216 p., édition originale sur papier vergé, mention manuscrite sur la page de garde.
Préface :
   J'ai commencé d'écrire en Afrique, la nuit, sur les toits de terre sèche. Cette volonté de survivre à travers une œuvre d'Art, à l'occasion d'une aventure imprévisible, n'aurait eu en soi rien de dramatique, si elle n'avait été le fait d'un être aussi primaire ; je n'étais rien, je ne savais rien, je craignais de mourir ; j'appris le français mot par mot.
   Ce premier livre fut écrit au nord de l'oasis d'El Goléa dans des conditions d'une cruauté peu commune. Me sauvèrent le goût du jeu, une gaieté féroce un peu dansante ; je ne voulus voir dans le thème du Vieillard et l'enfant qu'un jeu barbare sous le ciel étoile, qu'une admirable partie d'échecs. Au Sahara j'habitais dans un fort ; sous la splendeur des astres étais-je à tout jamais coupé des autres hommes, devais-je survivre, atteindre mon époque ? J'écrivais chaque soir à la lueur d'une petite lampe ; désespéré, sans une réponse humaine, je commençais d'être un artiste qui regardait le ciel, qui rencontrait l'Éternel au plus profond de son destin, parmi les sables du désert. La flamme sereine de ma lampe approfondissait le charme des ténèbres ; dans le silence de la fin de la nuit je conçus bien que l'aventure de mes livres en couleur, d'Afrique expédiés partout jusqu'à l'Océanie, serait un jour envisagée comme un trait d'une rare audace, comme un accord secret avec le monde, comme une agression autrement plus émouvante que l'Art Moderne agonisant. M'enchantait l'éblouissante cruauté de ma vie.
   J'allais vers la conquête d'un style. Qu'avais-je lu ? Nietzsche, Sade, Rimbaud. Qu'avais-je vu ? Le Musée de l'Homme. Si l'on veut bien se souvenir de cette pauvreté d'une part, et de l'autre considérer ma solitude en Afrique, l'on peut concevoir à quel point j'étais, hors de l'Europe, au cœur même, sans le savoir, de la culture actuelle. Disons une expérience involontaire, une équation aux données d'une simplicité jamais réalisée, aux conséquences dont l'orientation serait décisive. Pour moi d'abord. Si Le vieillard et l'enfant n'avait été qu'un jeu barbare, Le voyage des morts devait être une conquête, la résolution de l'équation.
   Une erreur assez remarquable fut alors la mienne. Au Soudan, lisant Les voix du silence, je fus persuadé que la pensée de Malraux était celle de l'Europe que j'ignorais parfaitement, d'une élite héritière de la noblesse des hommes, modifiée, atteinte par Sumer, par l'Égypte, par le message des morts, par la présence des dieux. L'Occident fut pour moi : Sade, Nietzsche, Rimbaud, ET la Résurrection. Tant d'appels ne firent qu'approfondir ma solitude sous le ciel étoile, j'acceptai ma part d'éternité, ce qui me séparait des hommes, m'accordait à l'au-delà.
   Dois-je regretter mon erreur, ma solitude maintenant désespérée : l'élite pour laquelle j'écrivais n'existe pas. L'Europe sans âme, avec Malraux, qui ressuscite les Dieux à l'usage des lecteurs des numéros d'été de la nouvelle N.R.F. ne me pardonnera jamais de l'avoir crue hantée ; d'avoir été atteint par la Résurrection qui l'honore et la dépasse, dont elle ne sait que faire ; d'avoir gravi, meurtri, sanglant mais victorieux, marche à marche, mon escalier vers les astres ; d'avoir cru en l'au-delà clamé par tous les resurgis des nécropoles ; d'avoir refusé de me soumettre à la civilisation de Paris. S'il me fallait la définir, je serais tenté de répondre : la seule qui n'incarne pas les valeurs qu'elle prétend siennes.
   Il est beau que du désert une voix se soit élevée, assez humble pour n'être pas indigne de la Résurrection des Dieux.
   L'Europe demeure ce qu'elle était sous les César, grossièrement coupée de l'Éternel. Contre elle j'ai conquis mon style et ma survie ; jadis j'aurais lutté contre Rome. D'abord un style de vie, des mœurs datant des premiers temps du Monde ; je perdis jusqu'au souvenir que j'avais de l'Occident, et je tremblais de joie. Mon écriture aussi : agressive, émue. J'ai cru à mon âme éternelle, à mon double. Mot par mot j'ai conquis ma liberté, qui m'accordait à Dieu. Devinant pourtant que cette panique, si émouvante qu'elle soit, me faisait passer à côté d'un admirable sujet.
   À côté d'une réalité si puissante qu'elle participait de l'Éternel. Quand l'ai-je acceptée sans réserve ? Je n'en sais rien, de même qu'il m'est impossible de savoir à quel endroit mes livres ont commencé de n'être plus d'un enfant. Étais-je un écrivain ? Que l'être assez primaire que j'ai toujours été signifia surtout par sa vie : lorsque j'en fus persuadé je devinai quelle victoire pourrait être la mienne, à quel point serait moderne la notion de réalité si forte qu'elle atteint l'au-delà. En fait une modification volontaire du destin individuel serait proprement géniale, après l'acceptation cohérente des conséquences de la culture actuelle.
   Le voyage des morts : il y a dans ce livre toute une mentalité, autant de candeur que de férocité orientées vers les astres, une irrémédiable sauvagerie ; je me suis parfois demandé qui pourrait aimer ça, quand je rencontrai la solitude, le silence et la mort.

20 euros (code de commande : 14910).

AUGIÉRAS (François) Un voyage au mont Athos. Paris, Grasset, 1996. In-12 collé, 279 p., (collection « Les Cahiers Rouges»), très bel exemplaire, ouvrage « définitivement indisponible » au catalogue de l'éditeur.
En quatrième de couverture :
   Un voyage au Mont Athos est le récit d'une double initiation, mystique et sensuelle. Allant de monastère en monastère sur la Montagne Sainte, le voyageur prend peu à peu conscience de son véritable Moi. Refusant de revenir chez les mortels, il se retire dans la région des cavernes où il accède enfin à cet État pur que l'Occident s'obstine à vouloir appeler Dieu. Mais l'esprit habite la matière et ce qu'Augiéras appelle la Claire Lumière Primordiale illumine autant les secrets de la nature que les mystères de l'âme.
   François Augiéras appartenait à ces esprits libérés des contingences qui forgent leurs propres mythes et leurs propres religions dans une solitude sommitale et dont l'œuvre se crée hors de toutes modes comme de tous dogmes. 

4,50 euros (code de commande : 11608).

AUGIÉRAS (François - Abdallah Chaamba) — Le vieillard et l'enfant. Nouvelle édition. Paris, Minuit, 1985. In-12 broché, 80 p.
Avis de l'éditeur :
   Le vieillard et l'enfant a fait l'objet de quatre éditions successives.
   La première, publiée à compte d'auteur au cours des années 50-52 sous la signature d'Abdallah Chaamba, se présentait sous forme de trois opuscules qui furent adressés à diverses personnalités de la littérature et des arts. Cette édition ne fut pas mise dans le commerce.
   La deuxième, reprenant en un volume le texte des trois brochures, parut aux Éditions de Minuit en 1954.
   La troisième, établie en 1958 et sensiblement réduite par rapport à la précédente, fit l'objet par les soins de l'auteur d'un tirage hors commerce à deux cents exemplaires.
   La même édition, augmentée d'une préface de 1963, sera cette fois signée François Augiéras. Augmentée de la présente notice, c'est celle que le lecteur a sous les yeux.
   François Augiéras est mort en 1971, à l'âge de quarante-six ans.

5 euros (code de commande : 13780).


AVRIL (Nicole) Il y a longtemps que je t'aime. Paris, Flammarion, 1991. In-8° broché sous jaquette, 262 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   J'écris en 2010 et je m'appelle Antoine. Ma jeunesse s'est passée dans les années 80-90. En fait, c'est toute ma vie qui s'est jouée à ce moment-là.
   Ma mère venait de me mettre à la porte et j'avais trouvé refuge chez mon père. Il habitait près de la tour Eiffel une grande maison dont les étages supérieurs formaient un immense atelier. Le domaine de Pauline, la fée Lumière. Elle était photographe. Elle était la femme de mon père. Je croyais la détester, mais je l'observais sans cesse dans sa cage phosphorescente.
   Nous vivions au temps de la futilité. Une image chassait l'autre. On effleurait les jours. Jusqu'aux sports à la mode qui étaient de glisse. Ces années 80-90, je les ai aimées, Pauline, parce que je t'aimais. 

4 euros (code de commande : 9820).

AVRIL (Nicole) Monsieur de Lyon. Roman. Paris, Albin Michel, 1979. In-8° broché, 279 p., jaquette.
En quatrième de couverture :
   Lorsqu'en 1756, à Lyon, un beau jeune homme étranger à la ville vient solliciter la charge d'exécuteur des hautes œuvres, ces messieurs de la justice l'acceptent avec un certain soulagement. C'est qu'une malédiction semble peser sur les bourreaux de Lyon. Frappés de fièvre maligne ou assassinés dans leur sommeil, ils ne font pas de vieux os dans la carrière.
   Le jeune homme accomplit sa fonction à merveille. Les exécutions attirent une foule immense et les dames de la bonne société lyonnaise ne sont pas les dernières à frissonner... Car, si le seul fait de toucher le bourreau porte malheur, celui-là montre dans son regard et dans chacun de ses gestes une douceur qui surprend et captive.
   Cet étrange et séduisant « monstre à visage de femme » n'est-il qu'un être de mort ? N'est-ce pas plutôt l'amour qui l'anime ? La passion ne serait-elle pas son seul guide ?...
   Nicole Avril, dont le talent ne cesse de s'affirmer et de s'épanouir, compte désormais parmi nos meilleures romancières. Ses prédents livres, Les Gens de Misar, Les Remparts d'Adrien, Le Jardin des absents, ont connu un très grand succès. Avec Monsieur de Lyon, sans rien renier des sortilèges qui marquent son écriture et sa personnalité, elle nous donne une œuvre tout à fait différente, un roman vif, fougueux, haletant, qui emporte le lecteur dans un foisonnement de personnages et d'aventures. Le récit, qui d'ailleurs part d'un curieux fait historique, caracole comme dans un roman de Dumas, serpente sur les routes du Tendre et du plaisir à la rencontre de Casanova, joue avec l'ambiguïté et le mystère, et mêle avec bonheur l'éclat souriant de la vie à la violence des sentiments. 

5 euros (code de commande : 9819).

AVRIL (Nicole) La première alliance. Roman. Paris, Flammarion, 1986. In-8° broché, 291 p., jaquette, exemplaire dédicacé par l'auteur à Jean Tordeur.
En quatrième de couverture :
   Sonia Salzères est de retour. Son père, le grand soyeux lyonnais, revit soudain. Elle a découvert le monde, connu le plaisir de quelques étreintes... Qu'importé tout cela ? Leur alliance aussitôt se ressoude, intacte, sans faille.
   Seuls survivants d'une dynastie ravagée par la guerre et les haines, le père et la fille n'ont cessé de vivre une passion réciproque, jalouse et inaccomplie. Autour de ce couple ambigu, d'autres êtres tentent d'exister, de participer à leur entente ou de briser cet amour des origines. N'est-ce pas en vain ?
   Les cernant tous, Lyon, belle et ombrageuse, la cité des passions tues, exacerbées.
   Qu'est donc cette première alliance qui unit le père et sa fille ? Une fatalité tragique et innocente qui écrase les uns et fait courir les autres à leur propre perte ? Une prison ? Ou bien un bonheur fou ? 

9 euros (code de commande : 9818).


AXELARD (Catherine) L'homme au car VW blanc de ma jeunesse. Roman. Paris, Gallimard, 1988. In-8° broché, 143 p., exemplaire en très bel état malgré le dos insolé.
En quatrième de couverture :
   « Aujourd'hui que l'homme au car VW blanc de ma jeunesse est devenu l'homme à la R 25 gris métallisé et aux costumes d'une coupe impeccable, il faudra bien parler des Corbières où je lui avais rendu visite, de la petite rue parisienne où Lena n'avait jamais cessé d'habiter, et de l'escalier de bois terne en haut duquel se trouvaient l'appartement incognito et le petit passage secret que je n'ai jamais franchi. »

6,50 euros (code de commande : 9821).


AYMÉ (Marcel) — La Jument Verte. Deux cent soixante-sixième édition. Paris, Gallimard, 1943. In-8° broché, 303 p., bel exemplaire non coupé.

9 euros (code de commande : 14940).

AYMÉ (Marcel) — Travelingue. Roman. Trente-neuvième édition. Paris, Gallimard, 1942. In-8° broché, 263 p.

4 euros (code de commande : 14941).

AYMÉ (Marcel) — La Vouivre. Paris, Gallimard, 1959. In-8° reliure toilée et Rhodoïd d'éditeur, 251 p., dos passé, (collection « Soleil », n° 32), exemplaire numéroté, en très bel état.

10 euros (code de commande : 14903).



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