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AGUSTÍN
(José) Acapulco 72. [Roman.]
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Jean-Luc Lacarrière.
Paris, La Différence, 1997. In-8° broché, 359
p., (collection « Les Voies du Sud »), jaquette,
exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
« La drogue aussi bien que son engagement politique ont
mené José Agustín pour un temps en prison, au début
des années 70. À n'en pas douter il fait vivre
aux cinq personnages principaux les expériences par lesquelles
il est lui-même passé.
Rafael, diseur de bonne aventure au Salon de thé Scorpio
à Mexico, va passer quelques jours chez son ami Virgilio,
petit dealer d'Acapulco. Ce qui devait être un voyage d'agrément
se transforme en un véritable voyage psychédélique
où l'alcool et la drogue deviennent des personnages à
part entière.
L'écriture d'Agustín parvenue à sa plénitude
sert bien sûr son sujet : les néologismes jalonnent
le texte, les langues s'entremêlent pour mieux dépeindre
la journée chaotique de Rafael et ses comparses qui s'achève
dans une folle course-poursuite avec la police de Tránsito.
Rarement le roman mexicain atteint un tel degré de vie
: à vingt-huit ans, âge auquel Agustín publie
ce livre, il est passé maître dans l'art de la transcrire
et de la condenser avec des mots.
Se está haciendo tarde a obtenu, en 1995, le prix
des Deux Océans, décerné lors du Festival
International de Biarritz. »
12,50 uros (code de commande
: 8361).
AMPARO ESCANDÓN (María)
Esperanza et ses saints. Roman. Traduit de l'américain et de l'espagnol
par Bernard Cohen. Paris, Robert Laffont, 1999. In-8° broché,
257 p., exemplaire à l'état de neuf.
11 euros (code de commande
: 7014).
ARGUEDAS
(José María) Ywar fiesta. [La fête du sang.] Traduit
de l'espagnol (Pérou) par Cécilia Hare et Dominique
Jaccottet. Paris, Métailié, 2001. In-8° broché,
201 p., (collection « Bibliothèque Hispano-Américaine »).
En quatrième
de couverture :
« Les Andes, dans les années 30. Pour la fête
nationale, sur la place du village, les Indiens des communautés
de Puquio affrontent un taureau, à la dynamite, et se
font la plupart du temps encorner. Cette année-là,
un préfet « progressiste » décide que
la corrida sera moderne, à l'espagnole, avec un torero
venu de Lima. Les indiens, eux, vont ramener de la sierra un
taureau mythique, le « Misitu ».
J.M. Arguedas nous place au centre d'un conflit où s'affrontent
les civilisations et les classes sociales, la ville et la sierra.
Au-delà de l'argument, ce roman est remarquable par la
création d'une langue où s'invente une syntaxe
éclatée, mêlant quechuismes et mots espagnols
pour une voix plurielle comme un chur. »
8 euros (code de commande
: 8551).
ASTURIAS
(Miguel Angel) Monsieur le président. Roman guatémaltèque. [Titre
original : El Señor Presidente.] Nouvelle
traduction de l'espagnol d'après le texte définitif
de l'auteur par Georges Pillement et Dorita Nouhaud. Paris, Albin
Michel, 1980. In-8° broché, 340 p., ex-libris manuscrit
et étiquette de librairie à la page de garde.
En quatrième
de couverture :
Étrange
paradoxe : ce n'est pas au Guatemala mais à Paris que
fut écrit, entre 1925 et 1932, Monsieur le Président,
l'exemple le plus spectaculaire, et le plus représentatif,
des lettres non seulement guatémaltèques mais hispano-américaines.
Politiquement, socialement, littérairement,
Monsieur le Président exprime admirablement la
pensée, l'idéologie de Miguel Angel Asturias. Ce
roman est en effet la peinture d'une dictature en Amérique
centrale, celle du sinistre et solitaire Estrada Cabrera, figure
historique (et qui devient mythique) du Guatemala au début
de ce siècle. Monsieur le Président exerce son
autorité, enfermé dans son palais, visible seulement
de ses intimes; simple en apparence, mais dévoré
par la passion du Pouvoir; affectueux avec ses familiers, mais
hypocrite et prêt à les perdre au premier soupçon.
C'est ce qui arrivera à son ami Miguel Visage d'Ange,
coupable de ne pas avoir exécuté l'un de ses ordres
monstrueux. Coupable par amour...
Car Monsieur le Président est
aussi l'histoire d'un amour romantique parce qu'il
est né du premier regard et pour toujours ; « maléfique »
dans un pays où chacun vit sous la menace, obligé
de choisir entre la mort et la compromission (crime, malversation,
délation). Sur un fond d'angoisse et de cruauté,
l'amour donne en tout cas à ce livre un incomparable élan
lyrique.
Extraordinaire « moment » d'une
uvre à la fois abondante et homogène, Monsieur
le Président se lit avec passion. On y retrouve l'écriture
singulière d'Asturias, nourrie des rythmes narratifs propres
aux mythes mayas aussi bien que du langage populaire guatémaltèque,
et exaltée par une incessante invention d'images.
10
euros (code de commande : 17637).
BAROJA
(Pío) César ou rien. Roman. Traduit de l'espagnol par Raphaël
Carrasco. Lagrasse, Verdier, 1989. In-8° broché, 392
p., couverture rempliée.
En quatrième
de couverture :
« Comme le célèbre fils du Pape Alexandre
VI, César Moncada veut être César ou rien.
Que faire pour y parvenir ? Comme César Borgia, c'est
à Rome qu'il va chercher les sources du pouvoir, dans
la terrible Rome de l'Église toute-puissance. Mais le
XXe siècle n'est pas la Renaissance, aussi devra-t-il
adapter ses méthodes, pour réussir à mettre
en pratique ses idées sur l'individualisme révolutionnaire.
Élu ensuite député en Espagne, c'est dans
un gros bourg castillan qu'il devra désormais faire son
apprentissage politique. Il trouvera là une réalité
forte et urgente, révoltante. Il trouvera aussi l'amour.
Mais parvenu presque au sommet, César sera précipité
dans le fond, au terme d'un suspense implacable où la
montée de la violence est décrite de façon
magistrale. »
10 euros (code de commande
: 8979).
[BORGES
(Jorge Luis)]. PAULS (Alan) Le facteur Borges. [Titre original : El factor Borges.]
Traduit de l'espagnol (Argentine) par Vincent Raynaud.
Paris, Bourgois, 2006. In-8° collé, 188 p.,
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Ce livre n'est pas un roman d'espionnage. C'est
un essai consacré à la lecture, un manuel d'utilisation
pour s'orienter dans une littérature : celle de Jorge
Luis Borges.
Certains cherchent le Saint Graal, d'autres
Moby Dick et, de façon tout aussi téméraire,
cet essai suit, lui, les traces du facteur Borges pour capturer
la propriété, l'empreinte digitale, la molécule
qui fait que Borges est Borges et qui, libérée
par la lecture, la traduction et les multiples formes de résonance
s'acharnant sur l'auteur et sur son uvre depuis plus ou
moins quarante ans, fait que le monde devient chaque jour un
peu plus borgésien.
Ce qu'Alan Pauls trouve au cours de cette quête
est une forme heureuse d'échec : il n'y a pas un facteur
Borges mais plusieurs, nombreux et variés. Avec ce Facteur
Borges, Pauls démontre qu'il est non seulement un
extraordinaire romancier, mais également un magnifique
et incisif essayiste.
9 euros (code de commande
: 17886).
CABRERA
INFANTE (Guillermo) Premières Lueurs du jour
sous les tropiques. [Récit.].
Traduit de l'espagnol (Cuba) par Alexandra Carrasco. S.l., Mille
et Une Nuits, 2003. In-8° broché, 173 p., exemplaire
à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
« Voici l'île, surgissant toujours et encore entre
l'Océan et le golfe : la voici. (... ) Elle restera là.
Comme l'a dit quelqu'un, cette longue île triste et malheureuse
sera encore là après le dernier Indien et après
le dernier Espagnol et après le dernier Africain et après
le dernier Américain et après le dernier des Cubains,
survivant à tous les naufrages et baignée à
jamais par le courant du golfe : belle et verte, impérissable,
éternelle. »
Depuis la formation géologique de l'île jusqu'à
la révolution, en passant par la conquête, la colonisation,
la guerre d'indépendance et la dictature de Batista, les
images de l'histoire de Cuba défilent comme dans un diaporama.
Au milieu de simples paysans assassinés ou de femmes en
deuil, on reconnaît derrière tel ou tel comandante
le Che déguisé en géologue étranger,
Cienfuegos avec son chapeau de cow-boy, et même Fidel Castro...
Écrit en 1974, Premières lueurs du jour
sous les tropiques compose une histoire de l'île par fragments,
descriptions de gravures et de scènes saisies sur le vif
: l'exécution d'un Indien, un esclave noir poursuivi par
des chiens, une partie d'échecs en pleine guerre, le naufrage
d'un radeau qui voulait atteindre la Floride... autant d'instants
dramatiques, parfois cocasses, qui nous font sentir toute l'essence
de la cubanité. »
7 euros (code de commande
: 9571).
CAMOES
(Luís Vaz de) Les Lusiades. Os Lusiadas. Édition bilingue portugais-français.
Traduction du portugais par Roger Bismut. Paris, Laffont,
1996. In-8° collé, XL, 582 p., (collection « Bouquins »),
exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
« Le
sujet des Lusiades, traité par un esprit aussi
vif que le Camoes, ne pouvait que produire une nouvelle espèce
d'épopée. Le fond de son poème n'est ni
une guerre, ni une querelle de héros, ni le monde en armes
pour une femme ; c'est un nouveau pays découvert
à l'aide de la navigation [...]. Cela est grand en tout
pays sans doute » (Voltaire, Essai sur la poésie
épique).
On a appelé Les Lusiades le « trésor
du lusitanien », et, de fait, le poème porte
des valeurs ancrées dans le conscient et l'inconscient
collectifs des Portugais, que l'assentiment général
des étrangers a confirmés dans leur vénération.
Aucun poème épique moderne n'a joué le même
rôle national. Il en est peu voire aucun
qui soient poétiquement aussi réussis que Les
Lusiades.
En France, on aurait perdu une première
traduction à l'état de manuscrit. La première
imprimée fut celle de Duperron de Castéra (1735).
Il y en eut, depuis, une douzaine, en prose ou en vers. Celle
de Jean-Baptiste Millié (1825) fut la plus rééditée.
Nous avons choisi la plus fidèle, celle de Roger Bismut
(1954), très affinée d'édition en édition,
jusqu'à la quatrième, que la présente reproduit.
Cette édition du poème, en version bilingue, vient
trouver sa juste place dans la collection « Bouquins ».
Ce sommet littéraire d'une langue que
parlent aujourd'hui deux cents millions d'hommes est enfin accessible
au grand public, ainsi qu'aux lusitanistes avertis. M. Eduardo
Lourenço, prix européen Charles Veillon, et M.
de Pina Martins, le plus grand spécialiste portugais de
l'humanisme et de la Renaissance, président de l'Académie
portugaise, ont rédigé respectivement une Préface
et une Présentation qui éclairent le poème
et le resituent dans la tradition épique du XVIe siècle.
13 euros (code de commande
: 16231).
CARDOSO
(Lúcio) Inácio. Traduit du portugais (Brésil) et présenté
par Mario Carelli. Paris, Métailié, 1991.
In-8° broché, 128 p., (collection « Bibliothèque
Brésilienne »).
En quatrième
de couverture :
« Inácio est un de mes vieux cauchemars d'enfant
» confia Lúcio Cardoso, et la force de ce personnage
tient à ce caractère onirique.
Dans un monde sans Dieu, orphelin miné par l'alcool, étudiant
qui a renoncé à ses livres, Rogério est
malade de la médiocrité humaine. Par-delà
une révolte aux accents nietzschéens, il recherche
la pureté et la joie. Créature cauchemardesque,
Inácio, « bellâtre vieillot et inconséquent
», hante les nuits des bas-fonds de Rio de Janeiro, il
ensorcelle le jeune homme qui part à sa recherche comme
on cherche un père. Lúcio Cardoso donne ici un
étrange exemple « d'expressionnisme tropical. »
6,50 euros (code de commande
: 8606).
[CARPENTIER
(Alejo)]. ABSIRE (Alain) Alejo Carpentier. Paris, Julliard, 1994. In-8° broché,
175 p., illustrations, (collection « Écrivain /
Écrivain »), couverture insolée.
En quatrième
de couverture :
« Parmi les « grands » Latino-Américains,
Alejo Carpentier, mort à Paris en 1980, me paraît
tenir une place particulière. D'abord par ses origines
mêlées, par ce vrai métissage de celui qui
est né à La Havane d'un père français
et d'une mère d'origine russe. Cette ambivalence détermine
toute son uvre. Nul mieux que lui n'exprime la déchirure
de l'homme qui, appartenant à deux hémisphères,
n'est plus de nulle part.
Réussite sans équivalent d'écriture baroque,
Le Royaume de ce monde ou Le Siècle des lumières
exaltent l'espoir de l'homme aux prises avec l'Histoire. Plus
j'ai avancé dans la relecture d'Alejo Carpentier, plus
de son exil d'étudiant révolutionnaire à
Paris, dans les années trente, à son engagement
dans la révolution castriste, j'ai vu se confondre la
vie de l'auteur avec son uvre. Prenant le parti des Indiens
et des esclaves venus d'Afrique, ses romans et ses nouvelles
nous mettent en face de nos conquêtes et de nos incertitudes.
Hors de nos frontières romanesques habituelles, ils sentent
le rhum et la poussière. Ils charrient l'odeur de l'or
et du sang répandu. »
9 euros (code de commande
: 9220).
CEPEDA
SAMUDIO (Alvaro) Le maître de La Gabriela. Roman. Traduit du colombien par Jacques Gilard.
Préface de Gabriel Garcia Marquez. Paris, Belfond,
1984. In-8° broché, 138 p.
En quatrième
de couverture :
« Une bourgade étouffante, construite sur une plage
de la côte caraïbe colombienne, est devenue, par la
volonté de la United Fruit Company, le grand port
d'où sont expédiés les millions de régimes
de bananes que produit « la Zone », dans l'arrière-pays.
Un jour, la grève éclate. La société
yankee appelle l'armée. Le sang coule dans les plantations,
dans les hameaux, tout au long de la voie ferrée, et l'ordre
règne à nouveau. Mais Le maître de la
Gabriela ne s'en tient pas à cet épisode réel
de l'histoire colombienne : ce roman fait revivre trois générations
de la famille d'un planteur sans scrupules et sans remords. Un
entrelacs de voix mystérieuses et de récits objectifs
reconstitue, parcimonieusement, l'histoire de cette dynastie
de tyrans et de rebelles, où chacun est prisonnier de
son propre orgueil et victime de sa fidélité aux
lois d'un sang implacable.
Le roman d'Alvaro Cepeda Samudio n'est pas seulement un classique
colombien : avec lui commence l'histoire littéraire de
tout un continent. Gabriel Garcia Marquez qui fut l'ami
de l'auteur voit dans Le maître de la Gabriela
« un formidable apport » à l'ensemble de la
littérature latino-américaine. »
6,50 euros (code de commande
: 8604).
CERVANTÈS Nouvelles exemplaires Traduction de Louis Viardot.
Paris, Club Français du Livre, 1967. In-8° sous reliure
plein simili d'éditeur, maquettes de Jacques Daniel,
622 p., (collection « Les Portiques », n° 83).
19 euros (code de commande
: 7583).
[CERVANTÈS]. DAIREAUX (Max)
Cervantès.
Paris, Desclée De Brouwer,
[1947]. In-8° broché, 294 p., (collection «
Temps et Visages »), exemplaire non coupé.
10 euros (code de commande
: 1447).
[CERVANTÈS].
TRAPIELLO (Andrés) Les vies de Miguel de Cervantès.
Biographie traduite de l'espagnol
par Alice Déon. Paris, Buchet-Chastel, 2005. In-8°
broché, 314 p.
En quatrième
de couverture :
« Très probablement né le 29 septembre
1547 à Alcalá de Henares, Miguel de Cervantès
est mort à Madrid en 1616. Il est l'un des auteurs mondialement
connus sur lequel on a le plus écrit avec le moins de
certitudes ; sa vie reste un mystère malgré diverses
enquêtes lancées sur ses traces.
Andrés Trapiello, dans Les vies de Cervantes, raconte
la trajectoire de cet iùmmense écrivain avec érudition
et dextérité, mais surtout avec amour et respect
quand il nous entraîne sur l'étonnant parcours de
cet aventurier et homme de lettres.
Le romancier Trapiello se mue en biographe. Il sait nous communiquer
son admiration pour un aîné et, comme il l'écrit
lui-même, « accompagner le lecteur non initié
le long de l'obscur chemin de la vie de Cervantès pour
le laisser dans les bras des uvres de ce dernier. »
Paris plus que réussi ! »
10 euros (code de commande
: 10237).
CHIRBES
(Rafael) Mimoun. [Titre
original : Mimoun.] Traduit de l'espagnol par Denise
Laroutis. Paris, Rivages, 2003. In-8° collé, 144 p.
En quatrième
de couverture :
« Fuyant Madrid, l'alcool et un
mal-être général, Manuel, un jeune professeur
espagnol, part vivre au Maroc. Il s'installe à Mimoun,
un village de l'Atlas. Manuel espère y trouver, avec l'isolement
et la paix, un environnement propice à l'écriture
d'un livre, et une « authenticité »
qui lui permettra de reprendre pied.
C'est un très beau « roman
d'apprentissage » que ce premier livre de Rafael Chirbes,
dans lequel se reconnaîtront tous ceux qui, un jour, ont
voulu couper les ponts. Paru en 1988, il avait retenu l'attention
des critiques et rencontré un grand succès auprès
du public. »
6 euros (code de commande
: 11899).
COUTO (Mia) Terre somnambule.
Roman. Traduit du portugais par Maryvonne Lapouge-Pettorelli.
Paris, Albin Michel, 1994. In-8° broché, 250 p., (collection
« Les Grandes Traductions »).
En quatrième
de couverture :
Salué comme
la révélation de la littérature portugaise
contemporaine, Terre somnambule est le premier roman prometteur
du jeune écrivain mozambicain Mia Couto.
Sur une route déserte, un vieil homme et un enfant marchent,
épuisés. Alentour, un Mozambique déchiré
entre troupes régulières et bandes armées.
Devant eux, un car-brousse, ou ce qu'il en reste : tôles
incendiées, corps pêle-mêle ; un asile, pourtant,
où le vieillard et l'enfant vont faire halte et découvrir,
miraculeusement intacts, les cahiers d'un certain Kindzu. Le
récit de cet homme parti vers l'inconnu pour renouer avec
l'esprit des sorciers et des guerriers sacrés leur livrera
peu à peu la clé de leur destin.
Épopée fascinante et douloureuse d'un peuple en
proie aux guerres civiles, qui survit enraciné dans ses
traditions ancestrales et ses mythes plus forts que toute réalité
barbare, cette oeuvre magique puise dans l'imaginaire africain
et rejoint, par la beauté surprenante de son style, la
grande tradition des romanciers de langue portugaise, de João
Guimarães-Rosa à José Saramago.
12,50 euros (code de
commande : 7407).
DE
AZÚA (Félix) Quelques questions de trop.
Roman. Traduit de l'espagnol
par Éric Beaumatin malgré la collaboration de
l'auteur. Paris, Seuil, 1995. In-8° broché, 202
p., exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
« Madrid 1980 : l'Espagne cesse d'être post-franquiste
pour entrer dans la néo-démocratie, les films d'Almodovar
et la movida cherchent à exorciser le fascisme et à
célébrer la post-modemité. Mais, derrière
le rideau de fumée de la fête, une jeunesse meurt
à force de poser des questions qui restent sans réponse.
Mourir à Madrid en 1980, en écoutant du rock, en
roulant en moto, en se droguant, ne relève pas, comme
en 1939, d'un engagement, mais d'un vide. Ceux qui ont voulu
changer le monde seraient-ils restés aveugles et sourds
à ce qu'ils avaient de plus proche ? N'auraient-ils laissé
à leurs enfants, pour tout héritage, que cela:
le vide ?
Trop de questions que posent une jeune fille et son compagnon
dans cette tragi-comédie philosophique du déséquilibre,
où la philologie et le roman populaire sont déboutés
par une histoire qui ressemble fort à une bande dessinée
de notre époque. Questions que Félix de Azúa
lance comme autant de défis aux acteurs de l'histoire
de notre siècle, avec la causticité et l'intelligence
qui ont fait de lui l'un des écrivains les plus brillants
et originaux d'Espagne et d'ailleurs. »
9 euros (code de commande
: 8404).
FAJARDO
(José Manuel) Les Imposteurs. Traduit de l'espagnol par Claude Bleton. Paris,
Métailié, 2000. In-8° broché, 331 p.,
(collection « Bibliothèque Hispanique »).
En quatrième
de couverture :
« La Havane 1622. Deux jeunes hommes embarquent pour l'Europe
sur un galion : un mystérieux aventurier anglais et un
jeune juif converti qui cache ses origines. Sur le galion voyage
aussi une femme... Les deux jeunes gens recherchent la liberté
mais ils vont devenir flibustiers et être confrontés
aux limites de cette liberté et à la cruauté.
Ils ont en commun le sentiment de l'exil physique et moral, et
au fil de leurs aventures leur amitié grandit. Poussé
par les vents de l'imposture, leur navire aborde un univers d'énigmes,
de naufrages, d'enlèvements, d'amours, de chagrins d'amour,
d'amitié.
En hommage à Stevenson et à Conrad, José
Manuel Fajardo écrit un roman d'aventures brillant où
tous les éléments romanesques se transforment avec
légèreté en un monde d'idées et d'émotions.
Une lecture passionnante mais aussi une réflexion sur
le mensonge et les limites de la recherche du bonheur. »
12 euros (code de commande
: 8417).
FERREIRA DE CASTRO Les
brebis du Seigneur. Roman traduit du portugais par Louise Delapierre.
Préface de Henri Poulaille. S.l., Club des Libraires
de France, 1956. In-8° sous reliure déditeur,
347 p., dos passé.
9 euros (code de commande
: 1456).
GARCÍA CALDERON (Ventura) La Vengeance du Condor.
Bois en couleurs de Marcel Bovis. Édition établie
par Henri Jonquières. Paris, Henri Lefèbvre,
1941. In-8° demi-chagrin brun à coins, tête
dorée, couverture conservée (R. Laurent),
164 p., 20 illustrations en couleurs dans le texte, (collection
« La
Renaissance », n° 1), exemplaire numéroté
sur pur chiffon de Lana (n° 710), quelques petites éraflures
au dos passé.
@ Ce recueil contient : La Momie,
La Vengeance du Condor, Les Cochons maigres, La
Forêt des poisons, traduits par Francis de Miomandre
; Yacou-Mama, La mort de Jacinto Vargas, Mort
dans sa loi, Chamico, L'Aube ardente, Sacrilège,
Le Lama blanc, Don Vidal Samanès, Amour
indigène, Le noyé, L'Homme aux quarante-huit
enfants, L'Homme qui soulage la mort, Vendredi
saint, Ce fut au Pérou, traduits par Max Daireaux
et Histoires de cannibales, Lune de miel traduits
par Victor Flama.
80 euros (code de commande
: 66/70).
GARCIA LORCA (Federico) Théâtre. Illustrations de G.
Wakhevitch. Paris, Gallimard, 1967. In-8° sous reliure,
Rhodoïd et étui d'éditeur (d'après
la maquette de Hollenstein), 334p., exemplaire numéroté
en très belle condition.
65 euros (code de commande
: 6620).
GOLDEMBERG
(Isaac) La Vie à crédit de don Jacobo
Lerner. Roman. Traduit de
l'espagnol par Catherine Martin-Gevers. Monaco, Éditions
du Rocher, 2005. In-8° broché, 341 p., (collection
« Anatolia »).
En quatrième
de couverture :
« Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale,
deux amis d'enfance, Jacobo Lerner et Léon Minsky, arrivent
à San Sebastian, en provenance d'un village du fin fond
de la Russie. Ils y découvrent un pays dans le chaos,
où l'on accuse les Juifs tantôt d'être des
capitalistes tantôt d'être des communistes, en les
rendant ainsi responsables de la débâcle économique.
Leurs vies s'organisent peu à peu, puis elles seront bouleversées,
et Minsky se laissera glisser dans la folie, au grand effroi
de Jacobo. Les harangues de son ami devant l'église du
village suscitent les moqueries et la haine de ses habitants.
C'est dans ce contexte que le drame se déroulera, histoire
d'amour et recréation du Juif errant tout à la
fois. »
12 euros (code de commande
: 9296).
IBARGÜENGOITIA
(Jorge) Ces ruines que tu vois. Roman. Traduit de l'espagnol (Mexique) par François
Gaudry. Paris, Phébus, 2001. In-8° broché,
181 p., (collection « D'Aujourd'hui - Étranger »).
En quatrième
de couverture :
« Les lecteurs de langue française sont en train
de découvrir, non sans quelque retard, l'uvre d'Ibargüengoitia
(mort bêtement dans un accident d'avion il y a une quinzaine
d'années), considéré aujourd'hui dans le
monde entier par l'admirable Alvaro Mutis entre autres
comme l'un des plus grands romanciers du Mexique. Et comme
un prince de l'irrespect.
Ces ruines que tu vois (1974), ce sont celles du Mexique
éternel, vues à travers le prisme d'une petite
ville imaginaire plus vraie que nature. Celles aussi que la vie
laisse après elle où qu'on soit... et pas seulement
au Mexique. Vachardise, dérision, nostalgie, fraternité,
humour rose et humour noir : un cocktail plutôt fort en
tequila, concocté par un barman virtuose. »
9 euros (code de commande
: 9572).
JIMENEZ (Juan
Ramon) Platero et moi. (Traduction de Claude Couffon. Illustrations
de Baltasar Lobo). Paris, Seghers, 1956. In-12 broché,
137 p.
10
euros (code de commande : 61/65).
LANDERO (Luis) Gentilshommes
de fortune. Roman. Traduit
de l'espagnol par Françoise Rosset. Paris, Gallimard,
1997. In-8° broché, 314 p., (collection « Du
Monde Entier »).
12 euros (code de commande
: 7117).
LITTÍN
(Miguel) Le Voyageur byzantin. Traduit de l'espagnol (Chili) par Bertille Hausberg.
Paris, Métaillé, 1998. In-8° broché,
259 p., (collection « Bibliothèque Hispano-Américaine
»).
En quatrième
de couverture :
« Sur le bateau qui l'emmène loin du monastère
et des massacres des Turcs, Kristos, le Grec, est devenu le sauveur
des 39 fiancées palestiniennes du village Beith Sahur.
Chaque soir une femme douce et inconnue se glisse dans son lit
pour le remercier de sa protection, mais elles l'empêchent
de débarquer à Cuba et l'obligent à les
conduire au Chili et à les remettre l'une après
l'autre aux hommes que le village leur a destinés. À
Palmilla, Mijail le Chasseur épouse la trente-neuvième.
À Palmilla aussi, Kristos va vivre et aimer, tout en écoutant
sur son gramophone les disques de musique grecque qu'il transmettra
à son petit-fils.
Miguel Littín porte un regard de cinéaste sur une
émigration qui amène la tragédie méditerranéenne
sur les rives du Pacifique et où les fantômes du
passé refusent de se laisser écarter et habitent
les personnages comme une part inéluctable de leur être.
»
11 euros (code de commande
: 8712).
MARSÉ
(Juan) L'obscure histoire de ma cousine Montsé.
Traduit de l'espagnol par
Michèle Gazier. Paris, Le Sycomore, 1981. In-8° broché,
275 p.
En quatrième
de couverture :
« C'était un samedi torride de juillet. Tandis que
de l'autre côté du mur les pelles s'efforçaient
de creuser la terre dans un vrombissement vengeur, gémissant
sur les raidillons, nous, deux voix chuchotantes perdues dans
le temps, deux évocations différentes qui luttaient
en vain pour s'accorder, nous gisions sur le lit, dans la pénombre
phosphorescente où flottait le voile rosé d'une
poussière persistante et irréelle qui filtrait
à travers les fenêtres et nous recouvrait. On eût
dit je ne pouvais m'empêcher d'y penser le
linceul que quelqu'un (une prostituée encore adolescente
poussée par la misère et l'abandon, souffla une
voix, par son penchant naturel pour le mal, souffla l'autre ;
une fille aux yeux de cendre malicieux, vêtue d'un tablier
court et blanc, qui nous observait accroupie au bord d'un terrain
de basket) avait commencé à tisser pour nos dépouilles
depuis déjà dix ans. Soudain, en revoyant ce personnage
flou que Nuria évoquait à mes côtés
d'une voix rancunière, je me demandai si par hasard je
n'étais pas revenu, après huit ans d'absence, pour
retomber dans le piège. Et en roulant comme un tronc sur
le lit, je touchai le dos tiède de ma cousine. »
10 euros (code de commande
: 10216).
MATHIAS
(Marcello) Pablo la Nuit. Roman.
Traduit du portugais par Maria Teresa Planadevall. Paris, Robert
Laffont, 1976. In-8° broché, 313 p., (collection «
Pavillons »).
En quatrième
de couverture :
« Dans la grande tradition du roman picaresque espagnol
(tradition très voisine de l'auteur, en l'occurrence,
puisqu'il est portugais), Pablo la Nuit est le livre de
l'inquiétude de notre temps. Les aventures du héros
à travers le monde et les hommes forment, en le conduisant
de lui-même à Dieu, un périple parfait. Car
ce Dieu que Pablo avait quitté dans sa jeunesse, après
être d'abord entré au séminaire, qu'est-il
donc si ce n'est la connaissance de soi ramenant l'homme, allégé
beaucoup plus qu'alourdi d'expérience, à soi-même,
à un juste soi-même ? Mais, avant d'y parvenir,
il lui faudra essayer presque tout ce que le monde peut offrir
à la longue quête de l'insatisfaction humaine, qui
est le seul chemin de vérité. Il y aura l'amour
et l'argent, bien sûr, la puissance, la réussite
matérielle, à peine obtenus, aussitôt rejetés.
Et donc aussi la pauvreté, l'obscurité volontaires,
et la ruine. Ce que l'on appelle, en somme, une vie pleine,
si l'on admet qu'une telle plénitude débouche sur
le vide.
Publié il y a deux ans sous un pseudonyme dont le secret
fut bien gardé, Pablo la Nuit a été
aussitôt salué, tant en Amérique du Sud qu'au
Portugal, comme une révélation et un chef-d'uvre
de la littérature portugaise, tant pour l'extrême
élégance de son style et la pureté de sa
langue que pour l'actualité de la pensée. »
5 euros (code de commande
: 8547).
MENDICUTTI (Eduardo) Le pigeon boiteux.
Traduit de l'espagnol par
Denise Laroutis. Paris, Bourgois, 1995. In-8° broché,
271 p.
En quatrième
de couverture :
« Un été, c'est le temps qu'il faut à
un garçon pour découvrir sa vraie nature. Apprendre
à vivre aussi, et tomber amoureux. Les surprises du désir
le guettent derrière les portes de la maison andalouse
chaleur, lumière, odeurs de vin et de fleurs, joie
du quotidien , habitée d'êtres étranges
et comiques qui exécutent tous un grotesque ballet. Conduit
par son regard étonné et lucide, par sa parole
hésitante et fleurie, le lecteur accompagne le garçon
qui se cherche n'est-il pas, comme le pigeon boiteux,
un être à part, beau et blessé ? et
qui fera le choix du rêve et des mots, de la beauté
des hommes, de la vie en marge et de la liberté, pour
toujours. »
15 euros (code de commande
: 7782).
MENDOZA (Eduardo) Lartiste
des dames. Traduit de lespagnol
par François Maspero. Paris, Seuil, 2002. In-8° broché,
300 p., jaquette.
10 euros (code de commande
: 116/72).
[MIRÓ
(Gabriel)]. VAN PRAAG-CHANTRAINE (Jacqueline) Gabriel
Miró ou Le visage
du Levant, terre d'Espagne. (Essai biographique et critique.) Préface de Jean Cassou. Paris,
Nizet, 1959. In-8° broché, 463 p., exemplaire
non coupé et en parfait état.
Préface :
On ne saurait, en présentant ce livre,
ne pas évoquer tout d'abord l'amitié que le cher
Valéry Larbaud avait nouée avec Gabriel Miró.
Le point de l'Espagne que cet amateur de climats étrangers
avait choisi pour s'y fixer était Alicante, et c'est la
patrie du grand écrivain levantin. On lira, dans l'étude
de Mme Jacqueline van Praag-Chantraine ce que c'est que le Levant,
ce versant méditerranéen de la péninsule,
entre Catalogne et Andalousie, patrie délicieuse, participant
de cette clarté intellectuelle qui est l'apanage de la
Catalogne, mais aussi de la fraîcheur de coloris qui est
celui de la région valencienne, et enfin se teignant déjà
des voluptés de l'Andalousie arabe. Toutes sortes de richesses
s'accumulent là, et on ne sait quelles merveilleuses grâces
de la nature, quelles puissances de floraison qui donnent au
paysage un caractère véritablement évangélique
et y reproduisent les printemps de la Galilée. Il était
de providentielle nécessité que le génie
de Miró transplantât dans ce décor les figures
et les scènes de la Passion.
Miró est un écrivain difficile
à situer, difficile à traduire. Il constitue, dans
la littérature espagnole contemporaine, un cas isolé,
discret, secret. Peut-être d'ailleurs en est-il ainsi de
chacun des écrivains qui ont illustré cette littérature.
C'est que chacun, bien souvent, se relie à l'endroit où
il avait ses racines, sinon à celui où il s'est
enraciné ; chacun est de sa province et est lui-même
cette province. Il est impossible de séparer Machado de
l'Andalousie de sa jeunesse et des campagnes de Soria de sa maturité,
Unamuno de son berceau basque, mais surtout de Salamanque, Azorïn
de sa découverte des « pueblos »
castillans. Miró, lui, né dans le Levant, a vécu
le Levant, médité le Levant; il s'y est confiné ;
c'est de toutes les quintessences géologiques du Levant
qu'il a composé ses charmes, pareils à ces savantes
et pieuses confiseries qui abondent dans son uvre pour
la délectation du lecteur et même, allons plus loin,
qui font son uvre, qui sont essentiellement son uvre,
la saveur et le parfum de son style. Toute l'opération
littéraire de Miró est de l'ordre de la confiserie,
elle est une soigneuse et raffinée alchimie faite pour
la gourmandise. Elle est profondément sensorielle. Et
les états d'esprit qui en émanent, les sentiments,
les mélancolies, les passions quelle exprime et communique
naissent toujours de sensations, sensations d'enfance retrouvées,
comme chez Proust, sensations rencontrées le long des
murs conventuels d'une petite ville assoupie dans le silence
et le soleil, ou sensations cueillies au hasard d'une promenade
à travers champs, sensations que la tige extrait du sol,
la fleur de l'air qu'elle respire.
Mme van Praag-Chantraine a fait de son sujet
une étude exhaustive. Elle a dessiné la vie de
Miró et son portrait, elle l'a placé dans l'atmosphère
de l'Espagne de son temps, elle a analysé toute son uvre
pas à pas, avec une minutieuse, microscopique attention.
Avec la même méthode dont Miró lui fournissait
l'exemple, elle a examiné sa poétique, son rythme,
sa langue. J'ai particulièrement goûté cette
partie de son ouvrage, laquelle est très importante et
s'imposait pour définir un écrivain dont l'art
linguistique et stylistique dépasse le contenu de ce qu'il
a à dire, ou plus exactement, se confond avec ce contenu.
C'est bien pourquoi, d'ailleurs, Miró est, comme je l'ai
noté, difficile à traduire. C'est son écriture
qui forme la substance même de son uvre, et cette
substance se mange, c'est-à-dire est absorbée par
tout l'être physique du lecteur. Mais celui-ci en éprouve
un plaisir spirituel, comme d'une nourriture qui n'est pas que
matérielle, mais tient du philtre et procure ivresse de
regrets, de nostalgies, d'ironies et de songes.
Il faut donc qu'en cet art de Miró il
n'y ait pas que l'art. Et l'artiste lui-même le sait, qui
a voulu se représenter à la source de son art.
Il a voulu nous faire entendre qu'un tel art devait être
attribué à un artiste, nous rendre manifeste la
présence de l'artiste, nous peindre le portrait de l'artiste.
Siguenza n'est pas un personnage de roman, il n'est pas non plus
le héros de l'autobiographie d'un homme. Mais l'artiste
qui ne pouvait que produire l'art de Miró. Et sans doute
ressemble-t-il à Miró, et sans doute est-il Miró.
Mais, plus profondément l'auteur des uvres de Miró,
et l'artiste qui a créé l'art de Miró et
qui le pratique. Et qui par conséquent, plutôt qu'à
Miró, ressemble à l'art de Miró et, conformément
à cet art, est solitaire, suave et triste. Humain au point
de ressentir de profonds émois, mais aussi transcendant
à ses émois, pareil à la nature dans sa
puissance et sa luxuriance, et comme elle, inépuisablement
orchestral et implacablement funèbre. Un être, en
somme, essentiellement intime et retiré, retiré
dans le secret de son laboratoire de magicien et de virtuose.
On l'a dit franciscain ; il est aussi cruel. Bref un homme
que l'on peut soupçonner d'être infiniment complexe
; mais c'est que cet art est infini et que son artiste est doué
de pouvoirs infinis. Cet homme complexe, c'est un artiste complexe,
il se confond avec cet artiste complexe, il n'est que cet artiste
complexe. D'où l'impression d'abondance, voire de prolixité
que produit une uvre dont le substrat humain, en fait,
est mince et replié.
Tous ces caractères de l'uvre
de Miró, avec leurs subtiles combinaisons, apparaissent
au fur et à mesure que se déroulent et se composent
les analyses de Mme van Praag-Chantraine. Rien ne demeure dans
l'ombre et à chacune de ces révélations
s'éveillent de délicates et graves suggestions.
Cette monographie de Gabriel Miró constitue
assurément un des apports les plus sérieux, qui
aient été faits à notre connaissance, de
ce monde, lui-même solitaire et précieux, que sont
les lettres espagnoles d'aujourd'hui.
15 euros (code de commande
: 16073).
MONTALBAN
(Manuel Vasquez) Le pianiste. Roman. [Titre original : El Pianista.]
Traduit de l'espagnol par Michèle Gazier. Paris, Seuil,
1988. In-8° collé, 316 p.
En quatrième
de couverture :
« Une boîte de travestis de la Barcelone contemporaine.
Dans le public, des paumés, de faux snobs, d'anciens étudiants
qui se souviennent, non sans amertume, du temps où ils
étaient jeunes et se croyaient révolutionnaires,
des têtes connues, un ministre branché, et surtout,
centre de toutes les attentions, Luis Doria, musicien internationalement
célèbre, artiste extravagant, vieillard superbe
et provocant, au milieu de sa cour. Or est-ce de
l'affectation, de l'ironie, ou bien l'effet d'un mystère
plus grave ? celui vers qui convergent tous
les regards semble lui-même fasciné par un petit
homme absent, mal fagoté, dont les doigts sur le clavier
accompagnent les anciens forts des Halles devenus chanteuses
de charme : don Alberto Rosell, le pianiste.
Quarante ans plus tôt, dans le Paris
du Front populaire, deux jeunes musiciens catalans, Luis et Alberto,
l'un histrionesque, l'autre timide, chacun une parcelle de génie,
sortent de chez Darius Milhaud. La guerre d'Espagne va éclater,
leurs destins vont se séparer... »
10 euros (code de commande
: 11477).
MUÑOZ
PUELLES (Vicente) Ombres Siamoises. Roman. Traduit
de l'espagnol par Gabriel Iaculli. Paris, Seuil, 1991. In-8°
broché, 245 p.
En quatrième
de couverture :
« En 1829, deux jumeaux originaires du Siam et attachés
l'un à l'autre par deux parties homologues de leurs corps
furent présentés en Europe où ils éveillèrent
la curiosité de la médecine et soulevèrent
l'enthousiasme des foules. Cet événement pourrait
être le point de départ de l'histoire imaginaire
d'Ang et Eng, telle que nous la livre Vicente Mufioz Puelles
: celle d'une personnalité à la fois double et
une, jalonnée d'aventures toutes plus fabuleuses les unes
que les autres qui rappellent par bien des côtés
la littérature fantastique de Lovecraft. Nés à
Hawaii, dans ces îles chères à Conrad, adoptés
par l'empereur du Siam, enlevés par un marin anglais,
ces frères siamois passeront une bonne partie de leur
vie sur des scènes de théâtre et des pistes
de cirque, fréquenteront princes et rois, connaîtront
Geoffroy Saint-Hilaire et Edgar Allan Poe, se lieront d'amitié
avec Balzac et les frères Grimm, seront témoins
d'assassinats en tous genres et manqueront périr dans
la fabrique de monstres du docteur Bela Mann après avoir
participé, en pères de famille, à la grande
aventure du sud des États-Unis.
Ombres siamoises reprend, sur le mode agile et véloce
de la bande dessinée ou du vidéo-clip, les grandes
traditions littéraires d'autrefois : roman d'aventures
et récit de voyages, conte fantastique et fable philosophique,
il nous invite à plonger non sans quelque frisson dans
le monde de l'étrange et du merveilleux. »
7,50 euros (code de commande
: 7911).
OROZCO
MUÑOZ (Francisco) ¡ Oh, tú, que
comienzas a tener un pasado !...
(Pequeños Poemas). Bruselas,
1932. In-8° broché, 51 p., deux gravures de Suzanne
Cocq, un des 370 exemplaires numérotés sur
Hollande Pannekoek, dédicacé par l'auteur.
@ Suzanne Cocq fut lélève de Constant
Montald, épouse du lithographe et aquafortiste Maurice
Brocas, elle se distingue par ses gravures et plus particulièrement
par ses eaux-fortes.
65 euros (code de commande
: 4258).
PADURA
FUENTES (Leonardo) Électre à La Havane.
[Titre original : Máscaras.]
Traduit de l'espagnol par Mara Hernandez et René Solis.
Paris, Métailié, 1998. In-8° collé,
230 p., (collection « Bibliothèque Hispano-Américaine »).
En quatrième
de couverture :
Intrigué par la robe rouge du cadavre
retrouvé dans le Bois de La Havane, Mario Conde, l'inspecteur
chargé de l'enquête, rend visite à Marqués,
metteur en scène de Electra Garrigó de Virgilio
Pinera. Homosexuel exilé dans son propre pays, vivant
au milieu de livres volés dans une maison en ruines, cultivé,
intelligent et ironique, Marqués va lui faire découvrir
un monde inconnu où chacun détient une vérité
sur le mort et sur un passé que la Révolution veut
effacer.
Peu à peu, Mario Conde va perdre ses
certitudes et chercher sa propre vérité dans un
pays qui vit au rythme des pénuries et où, pour
survivre, tous portent des masques. À travers une intrigue
policière solide, Leonardo Padura crée un monde
complexe, à la fois drôle et sombre, passionnant
comme ces Cubains nés dans la Révolution, qui vivent
sans rêver d'exil et cherchent leur identité au
sein du désastre.
10 euros (code de commande
: 15489).
PEREZ
REVERTE (Arturo) Le peintre de batailles. Roman.
Traduit de l'espagnol par François Maspero. [Titre original :
El pintor de batallas.] Paris, Seuil, 2007. In-8°
broché sous jaquette, 282 p.
En quatrième
de couverture :
« Dans une ancienne tour sur les
bords de la Méditerranée, où il vit retiré
du monde, Faulques, un ancien photographe de guerre, compose
une grande fresque circulaire et tente de restituer ce que ni
son il ni son appareil n'ont jamais pu saisir : le
paysage intemporel d'une bataille. Au bout de ses pinceaux l'accompagne
l'ombre d'une femme morte dix ans auparavant. Jusqu'au jour où
surgit Ivo Markovic, un Croate qui a survécu à
la guerre en Bosnie et dont la photo prise par Faulques a fait
le tour du monde. Markovic est venu exiger le paiement d'une
dette mortelle.
Entre ces deux personnages, l'un témoin,
l'autre victime de l'horreur humaine, se noue alors un drame
qui pose la question essentielle de la responsabilité.
Quelle part ont-ils prise à l'engrenage infernal du désordre
du monde ? Ne sont-ils que les jouets d'un chaos obéissant
non pas au caprice des dieux, mais à une implacable géométrie
à laquelle il serait vain de vouloir se soustraire et
que la science et l'art peuvent, peut-être, permettre de
comprendre ? Jusqu'à quel point l'amour et la lucidité
peuvent-ils aider à assumer le fait que nul n'est innocent
?
Arturo Pérez-Reverte nous livre ici
son roman le plus intense et le plus dérangeant, et sans
doute la clé de toute son uvre.
10 euros (code de commande
: 13875).
Romancero Moresque. Traduction de Alexandre Arnoux. Paris,
Piazza, 1921. Quatorzième édition. In-12 broché,
166 p., frontispice illustré par Léon Carré,
(collection « Ex Oriente Lux", n° 3),
bel exemplaire.
Avant-propos :
Le Romancero Moresque est fort peu connu,
en France, du public lettré. La légende du Cid,
dont l'influence s'est exercée durablement sur nos poètes,
de Corneille aux Romantiques et aux Parnassiens, a étouffé
le rayonnement des ballades qui chantaient les héros arabes,
plus précieux, plus raffinés. Toutefois on peut
dire que ces princesses à turbans, ces sultans magnifiques
et jaloux qui peuplent les nouvelles du XVIIe et du XVIIIe siècle
viennent d'Andalousie, par le chemin de la Castille.
Écrit par des poètes espagnols,
après que les Mores eurent été chassés
de Grenade, le Romancero Moresque reflète cet éblouisse
ment qu'éprouvèrent les chrétiens devant
la civilisation de leurs ennemis. Inspiré des traditions
du sol si longtemps soumis aux Arabes, des ballades populaires
toujours vivaces, que colportaient les muletiers de souche sarrasine,
il offre un mélange singulièrement savoureux de
poésie castillane violente et chevaleresque, de poésie
musulmane alambiquée, cruelle et décorative. D'un
caractère unique dans la littérature européenne,
ce lyrisme marque le point de contact et la frontière
de l'Orient et de l'Occident ; il semble répondre
à ces palais et à ces cathédrales de la
péninsule ibérique, que des ornemanistes africains
ont décorés d'arabesques et d'azulejos.

Couverture et frontispice.
15 euros (code de commande
: 15917).
SCORZA (Manuel) Roulements de tambours
pour Rancas. Roman péruvien.
Traduit par Claude Couffon. Paris, Belfond, 1979. In-8° broché,
302 p.
Texte de Max-Pol Fouchet
en quatrième de couverture :
« Roulements de tambours pour Rancas, nous dit Manuel
Scorza, « est la chronique désespérément
vraie d'un combat solitaire : celui que livrèrent, dans
les Andes centrales, entre 1950 et 1962, les hommes de quelques
villages visibles seulement sur les cartes d'état-major
des troupes qui les rasèrent. » Les paysans de Rancas
tentent de s'opposer aux menées de la Cerro de Pasco Corporation,
une société minière américaine qui
veut clôturer un million d'hectares pour élever
le bétail de sa section agricole. Le livre se termine
par le massacre des comuneros. Tous les personnages évoqués
sont réels : le tout-puissant Dr Montenegro, juge et propriétaire
terrien, qui vole impunément les communautés paysannes,
et son adversaire, l'Indien Hector Chacón, chef de la
révolte populaire (qui, en juillet 1971, a été
libéré après onze ans d'emprisonnement,
grâce au livre de Scorza).
Roulements de tambours pour Rancas est aussi un roman
où tout est élevé à la dimension
du mythe et de l'imaginaire : les interminables barbelés
de la Cerro de Pasco Corporation deviennent pour les Indiens
l'Enclos maudit qui enserre le monde dans ses griffes, les chevaux
parlent et participent à la lutte des comuneros,
les rebelles sont doués de pouvoirs surnaturels, les morts,
après le massacre, conversent entre eux sous la terre.
Le fantastique est ici le fidèle reflet d'une réalité
tragique et convulsée, celle du monde andin. « Misère
et mystère, révolte et rêve, tels sont les
deux plans sur lesquels se développe ce livre incomparable.
On sort de sa lecture tout ruisselant d'images, tout enrichi
de force... Un des plus grands livres parus depuis longtemps.
»
9 euros (code de commande
: 9097).
SOMOZA
(José Carlos) La Dame n° 13. Roman traduit de l'espagnol par Marianne Millon.
Arles, Actes Sud, 2005. In-8° collé, 423 p.,
(collection « Lettres Hispaniques »), exemplaire
du Service de Presse.
En quatrième
de couverture :
« La
n° 7 Empoisonne, récitait le vieux, tandis que l'enfant
lisait, sans un seul murmure, sans une seule erreur. La n°
8 Conjure... La n° 9 Invoque... La n° 10 Exécute...
La n° 11 Devine... La n° 12 Connaît. II
s'arrêta et sourit. Ce sont les dames. Elles sont treize,
elles sont toujours treize, mais on n'en cite que douze, tu vois...
? Tu ne dois en mentionner que douze... Ne te risque jamais,
même en rêve, à parler de la dernière...
Pauvre de toi, si tu mentionnais la n° 13... ! Tu crois que
je mens ? » (extrait)
Une clandestine hongroise, un vieux médecin
pragmatique et un professeur de lettres désaxé
forment la profane trinité chargée de juguler les
pouvoirs de treize sorcières du verbe. Dans ce suspense
fantastique, la poésie, censée réfléchir
toutes les beautés du monde, devient la plus raffinée
des armes de destruction.
José Carlos Somoza est né à
La Havane en 1959. Psychiatre de formation, il vit à Madrid.
Après La Caverne des idées (Actes Sud, 2002)
dont la traduction anglaise a obtenu le Dagger Gold Prize, et
Clara et la Pénombre (Actes Sud, 2003), il est
ici au sommet de son art.
10 euros (code de commande
: 17521).
SOUZA
(Márcio) Le Brésilien volant. Roman plus-léger-que-l'air. Traduit du portugais (Brésil) par Lyne
Strouc. Paris, Belfond, 1991. In-8° broché, 282 p.,
jaquette, rousseurs, définitivement indisponible chez
l'éditeur.
En quatrième
de couverture :
« Roman plus-léger-que-l'air », Le Brésilien
volant est tout à la fois l'histoire d'un inventeur
farfelu et passionné qui réalise son rêve,
faire que l'homme vole par ses propres moyens, et la chronique
d'une véritable révolution scientifique, dont les
illustres protagonistes ont pour nom Santos-Dumont, Blériot,
Voisin, Wright.
Ici le lecteur sera entraîné à bord des plus
gracieux aéronefs à la suite d'Alberto Santos-Dumont,
pionnier de l'aérostation. Il naviguera dans les cieux
de la Ville lumière et éprouvera toutes les joies
de la découverte la plus fabuleuse de notre siècle.
Il aura aussi à souffrir des jalousies et de l'envie,
devra frayer avec cocottes et marlous... D'aventure en mésaventure,
il s'attachera à ce petit Brésilien qui regardait
le monde de haut. »
12 euros (code de commande
: 8669).
VALDÉS
(Zoé) Cher premier amour. Roman traduit de l'espagnol (Cuba) par Liliane
Hasson. Arles, Actes Sud, 2000. In-8° broché, 331
p., (collection « Lettres Latino-Américaines »),
exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
« Un train quitte la gare centrale de La Havane et roule,
bringuebalant, vers le tréfonds de la mémoire pour
atteindre une mystérieuse vallée qui porte un secret
d'amour.
Il emmène Danaé depuis longtemps
perdue dans l'asphalte brûlant de la ville et les semblants
de bonheur domestique à la recherche des
paradis de sa jeunesse.
C'est l'été de ses treize ans et de sa première
école aux champs. Au sein de la joyeuse cohorte d'adolescents
qui fait l'expérience patriotique des travaux agricoles
occasion de bien truculentes anecdotes ,
Danaé découvre l'amour interdit avec une sauvageonne
indienne qui habite ce lieu autant qu'il l'habite. Cette Terre
qui n'est pas qu'allégorie, dessille les yeux de la jeune
citadine et éveille ses sens à toutes les formes
de vie, des algues de la lagune aux vibrantes cimes des palmiers,
ouvrant à Danaé le monde du merveilleux.
Résolument animiste, Cher premier amour puise aux
sources poétiques des règnes minéral, animal
ou végétal les voix fantastiques de la narration
pour les fondre en un choeur célébrant la terre
cubaine et sa culture métisse. »
12,50 euros (code de
commande : 8362).
VALDÉS
(Zoé) Le pied de mon père. Traduit de l'espagnol (Cuba) par Carmen Val
Julián. Paris, Gallimard, 2000. Petit in-8° broché,
201 p., (collection « Haute Enfance »), jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Alma Desamparada songea à son père. Pourquoi
était-il allé fourrer sa queue dans la chatte de
sa mère ? Pourquoi avoir craché sa sauce dedans
? Pourquoi sa mère avait-elle ouvert les jambes ? Pour
l'avoir, elle ? Mettre au monde une crève-la-faim ? [...
] Plus d'une fois on lui avait présenté tel ou
tel type comme étant son père.
Voilà ton père, ton foutu père, lui
avait dit sa mère le jour de ses six ans, alors que son
parrain débarquait avec un gâteau trop sucré.
Alma aurait donné n'importe quoi à présent
pour une miette d'un gâteau pareil, même rance. Un
sirop fruité imaginaire coula dans ses veines fragiles.
Il avait été question si souvent de l'identité
véritable de ce maudit père. Le coup des poubelles
ou du panier abandonné devant la porte, elle n'y croyait
plus. Si le type du gâteau était son père,
elle s'en foutait purement et simplement. »
7,50 euros (code de commande
: 8532).
VARGAS
LLOSA (Mario) La
fête au bouc. [Titre original : La fiesta
del chivo.] Traduit de l'espagnol (Pérou) par Albert
Bensoussan. Paris, Gallimard, 2002. In-8° collé sous
jaquette, 603 p., (collection « Du Monde Entier »).
En quatrième
de couverture :
Que
vient chercher à Saint-Domingue cette jeune avocate new-yorkaise
après tant d'années d'absence ? Les questions
qu'Urania Cabrai doit poser à son père mourant
nous projettent dans le labyrinthe de la dictature de Rafaël
LeonidasTrujillo, au moment charnière de l'attentat qui
lui coûta la vie en 1961. Dans des pages inoubliables et
qui comptent parmi les plus justes que l'auteur nous ait offertes ,
le roman met en scène le destin d'un peuple soumis à
la terreur et l'héroïsme de quatre jeunes conjurés
qui tentent l'impossible : le tyrannicide. Leur geste, longuement
mûri, prend peu à peu tout son sens à mesure
que nous découvrons les coulisses du pouvoir : la
vie quotidienne d'un homme hanté par un rêve obscur
et dont l'ambition la plus profonde est de faire de son pays
le miroir fidèle de sa folie.
Jamais, depuis Conversation à « La
Cathédrale », Mario Vargas Llosa n'avait
poussé si loin la radiographie d'une société
de corruption et de turpitude. Son portrait de la dictature de
Trujillo, gravé comme une eau-forte, apparaît, au-delà
des contingences dominicaines, comme celui de toutes les tyrannies
ou, comme il aime à le dire, de toutes les
« satrapies ». Exemplaire à plus
d'un titre, passionnant de surcroît, La fête au
Bouc est sans conteste l'une des uvres maîtresses
du grand romancier péruvien.
13 euros (code de commande
: 16057*).
VICENT
(Manuel) La ballade de Caïn. Roman. Traduit de l'espagnol par Chantal Mairot
et Eduardo Jiménez. Paris, Robert Laffont, 1990. In-8°broché,
188 p., (collection « Pavillons »).
En quatrième
de couverture :
« Caïn joue du jazz dans une boîte new-yorkaise,
Abel danse en offrant son corps aux regards concupiscents. À
travers l'errance de ces deux personnages, la Ballade de Caïn
nous invite d'abord à un double voyage : dans l'espace,
du paradis terrestre, où un Dieu colérique et débonnaire
laisse libre cours à son à tempérament de
matamore, des sables d'un désert aveuglé de soleil,
des grandes cités mythiques et marchandes du Moyen-Orient,
à une jungle urbaine peuplée d'êtres fantomatiques
ou insolites ; dans le temps aussi, depuis les premiers temps
de la Genèse jusqu'à un monde contemporain ponctué
par le fracas des explosions et des sirènes de police.
Manuel Vicent guide ainsi nos pas, dans une langue baroque, plus
proche de l'exubérance latino-américaine que de
la gravité espagnole, teintée d'humour et de tendresse,
le long d'une sorte de parcours initiatique où le thème
de la culpabilité de Cain, coupable d'avoir osé
se mesurer à Dieu, renvoie sans cesse à celui de
la condition humaine. »
9 euros (code de commande
: 8531).
VILA-MATAS
(Enrique) Dublinesca. Traduit
de l'espagnol par André Gabastou. Paris, Bourgois, 2010.
In-8° collé, 340 p., exemplaire en très bon
état.
En quatrième
de couverture :
Samuel
Riba est l'éditeur talentueux d'un catalogue exigeant.
Néanmoins, incapable de faire face à l'émergence
des nouveaux médias et de concurrencer la vogue du roman
gothique, il vient de faire faillite. Il sombre alors dans la
déprime et le désuvrement. Pour y remédier,
il entreprend un voyage à Dublin. L'accompagnent quelques
amis écrivains avec qui il entend créer une sorte
de confrérie littéraire. Cette visite de la capitale
irlandaise se double d'un voyage dans l'ouvre de Joyce.
En explorant toutes les facettes de ce personnage
complexe, qui est en partie son alter ego, Enrique Vila-Matas
interroge la notion d'identité, de sujet, et décrit
le parcours qui a mené la littérature contemporaine
d'une épiphanie (Joyce) à l'aphasie (Beckett).
12 euros (code de commande
: 17705).
WACQUEZ
(Mauricio) Face à un homme armé. Chasses de 1848.
Traduit de l'espagnol (Chili) par Jean-Marie Saint-Lu. Paris,
Presses de la Renaissance, 1986. In-8° broché, 231
p., exemplaire du Service de Presse.
En quatrième
de couverture :
« La prose étincelante du grand écrivain
chilien Mauricio Wacquez ne doit rien au baroquisme d'un Garcia
Marquez. Comme Borges, Sabato ou son compatriote José
Donoso, il trouve davantage ses racines littéraires dans
la culture européenne. Aussi provocateur et audacieux
soit-il, Wacquez relève du classicisme dans le sens où,
chez lui, le raffinement de la forme épouse la subtilité
de la pensée.
Qui est juan de Warni, son héros et narrateur ? Un traître,
un assassin, un mercenaire, un sodomite... ? Ou plus simplement
un jeune homme de bonne famille qui, à la fin de la dernière
guerre, rentre au manoir ancestral de Périer en Périgord,
prince déchu en proie aux assauts d'une imagination trop
douloureuse ? Aux souvenirs de sa propre enfance se mêlent
ceux de son père et de son grand-père. Couvrant
plus d'un siècle, le récit se divise et se ramifie,
ponctué de scènes de chasse et de guerre d'une
force d'expression, d'une passion verbale peu communes. juan
chasse en compagnie d'Alexandre, sonjeune serviteur. Qui des
deux est le maître ou l'esclave, le possesseur ou le possédé
? Tel est l'enjeu d'un combat « monstrueux » où,
en définitive, le narrateur s'oppose d'abord à
lui-même.
Recherche de soi, méditation sur la personnalité
déchirée de l'homme moderne, Face à un
homme armé est aussi une parodie de feuilleton romantique,
une chronique stendhalienne, une sonate pathétique et
intemporelle... »
9 euros (code de commande
: 8714). |