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[ALERAMO
(Sibilla, pseudonyme de Rina Faccio)]. CECCATTY (René
de) Sibilla Aleramo. Monaco,
Éditions du Rocher, 2004. In-8° collé, 414 p.,
(collection « Biographie »), exemplaire
du Service de Presse.
En quatrième
de couverture :
Née
en 1876, morte en 1960, Rina Faccio, qui signa ses livres sous
le nom de Sibilla Aleramo, traversa le siècle, en participant
à de nombreux mouvements politiques, artistiques et littéraires.
Sa vie sentimentale tumultueuse lui fit croiser les destins d'écrivains
et d'artistes qui l'aimèrent et qu'elle aima passionnément.
Son autobiographie, Une femme, parue en 1906, quand elle
n'a que trente ans, est considérée comme le livre
fondateur du féminisme italien, par son ton de liberté
et d'authenticité. Ses journaux intimes révélèrent
l'envergure de cette femme solitaire et déterminée
qui avait suscité l'admiration de Zweig, Gorki, Joyce,
Rodin, D'Annunzio, Larbaud pour sa beauté et son intelligence
exceptionnelles.
Lors de sa première parution en 1992,
cette biographie, traduite en plusieurs langues, a reçu
un accueil critique très chaleureux en France et à
l'étranger :
« On ne saurait trop louer l'élégant
travail de recherche et de création de René de
Ceccatty. Comme si une partie de l'histoire de l'Italie se trouvait
résumée et reflétée dans la biographie
de cette femme belle et déchirée, ardente et paradoxale.
À n'en pas douter, le plus bel hommage rendu à
ce mythe. » (Alain Sarrabayrouse, Le Magazine littéraire.)
« La vie de Sibilla Aleramo, c'est toute
l'histoire intellectuelle de l'Italie début du siècle.
» (Gérard Meudai, Libération.)
« De ces nuits que Sibilla Aleramo passa
auprès de ses amants comme en terre étrangère,
René de Ceccatty a fait un récit sobre, beau, rythmé,
un rien désabusé. » (Linda Le, Le Monde.)
« C'est une Lou Andréas Salomé
italienne et l'étude brillante de Ceccatty se lit comme
le scénario d'un film de Visconti. » (James Kirkup,
Times Literary Supplément.)
10 euros (code de commande
: 17114).
ALOJA
(Francesca d') Le mauvais rêve. Roman. [Titre original : Il sogno cattivo.]
Traduit de l'italien par Marie Causse. Paris, Gallimard, 2008.
In-8° collé, 388 p., (collection « Du
Monde Entier »), jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Héroïnomane, Penelope
a décroché, puis rencontré Edoardo avec
qui elle mène à présent une existence paisible.
Pour tourner définitivement la page, elle veut retrouver
son amie Margherita, qui a disparu sans laisser de trace en 1978,
à l'âge de dix-sept ans. Des années après,
elle se rend chaque jour à la prison romaine de Rebibbia,
sous prétexte d'écrire un livre consacré
à l'univers carcéral, mais en réalité
pour y rencontrer Riccardo Serventi, l'ancien chef de l'organisation
terroriste dont son amie a fait partie. Au fil de ses visites,
elle tisse un lien étroit avec cet intellectuel fascinant
qui lui ressemble à bien des égards, et elle décide
de partir également à la recherche d'Emanuele,
le frère de Riccardo, celui qui l'a trahi et a refait
sa vie sous un nouveau nom. Ces deux rencontres vont bouleverser
la vie de la jeune femme : elles vont faire entrer de nouveau
la joie et la souffrance dans une existence figée depuis
trop longtemps, obliger Penelope à assumer ses propres
fautes et lui offrir une forme de rachat.
Mêlant histoire d'amour et sensibilité
politique, Le mauvais rêve est le portrait magistral
de quatre êtres poursuivis par leur passé. À
travers leurs parcours, Francesca d'Aloja y dresse le bilan des
années du terrorisme en Italie, un bilan sans concession
aux forts accents de vérité. »
12 euros (code de commande
: 13386).
[ARÉTIN]. REGLER (Gustav)
Le divin Arétin. La
vie d'un séducteur. Traduit
de l'allemand par Gaston Floquet. Paris, Club des Éditeurs,
1957. In-8° sous reliure et Rhodoïd d'éditeur,
[14 (dossier)], 353, XLV p., (collection « Hommes
et Faits de l'Histoire », n° 11).
13 euros (code de commande
: 12922).
BENNI
(Stefano) Hélianthe.
Roman traduit de l'italien
par Marguerite Pozzoli. Arles, Actes Sud, 1997. In-8° broché,
432 p., (collection « Cactus »).
En quatrième
de couverture :
« À travers la vie quotidienne des habitants de
Tristalia, Stefano Benni semble d'abord nous promettre une satire
fameusement pessimiste de notre société. Et puis
son roman prend la tournure d'un fabuleux voyage. De planète
en planète, au cur des Mondes Altéréens,
ses héros rivalisent dans la quête d'un élixir
aussi essentiel à la guérison d'Héliantbe
qu'au salut d'un monde dévoyé par l'argent et la
manipulation informative. C'est bel et bien à la résistance
que nous invite ce maître italien de la fantaisie langagière.
Une résistance en forme d'éclat de rire, de lucidité
et de poésie. »
12,50 euros (code de
commande : 5445).
BIAMONTI
(Francesco) Attente sur la mer. Roman. Traduit
de l'italien par François Maspero. Paris, Seuil, 1996.
In-8° broché, 139 p., jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Pour la dernière fois, Edoardo décide de
quitter les chers paysages de sa Ligurie et la femme qui l'aime
et l'attend depuis trop longtemps. Il s'embarque sur un bateau
chargé d'armes en direction de l'ex-Yougoslavie : un départ
qui est aussi une fuite, un abandon aux charmes de la mer, au
pouvoir guérisseur de ses silences, aux lumières
qui l'imprègnent.
La navigation se déroule tranquillement, guidée
par les ordres des armateurs de Toulon qui assument la responsabilité
de la mission.
Mais soudain la radio s'interrompt et l'attente sur la mer commence.
L'exorcisme est fini, la traversée prend une dimension
tragique qui remue les consciences et oblige les hommes à
agir. »
10 euros (code de commande
: 7767).
BUFALINO
(Gesualdo) Calendes grecques. Souvenirs d'une vie imaginaire. [Titre original : Calende greche.]
Traduit de l'italien par Jacques Michaut-Paterno. In-8° broché,
198 p., (collection « Terra d'Altri »),
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Comment
rendre compte de sa propre vie ? Sur quelle page en inscrire
la trace ? En sous-titrant son livre « Souvenirs
d'une vie imaginaire », Gesualdo Bufalino affirme
d'emblée, comme Calderon, que la vie est un songe. Mais
que déchirent parfois les éclairs d'une réalité
poignante. Dans une Sicile écrasée par la richesse
de sa propre culture, le narrateur, composant son autobiographie,
réelle ou prétendue mais au fond ni
plus ni moins que tout récit de soi , laisse
percer des accents de vérité que son ironie ne
parvient pas à étouffer.
Ses considérations sur la naissance
en tant que mise à mort, sur les ambiguïtés
de la maladie, souffrance et refuge, sur les infinies volutes
de l'amour, sur le joyeux et terrible enfermement dans l'écriture,
pourraient n'être que lieux communs ou prétexte
à misanthropie. Mais toujours, dans cette bibliothèque
infinie qu'il fut à l'égal de son personnage, Bufalino
laisse entendre la nostalgie d'une communauté véritable
entre les hommes, et une tendresse, une fragilité, qui
refusent de transformer en cruauté le désespoir.
Là prend source pour le lecteur, dans un scepticisme qui
est une forme très haute de pudeur, dans une apparente
solitude des confins, une présence au bout du compte fraternelle
comme il en est peu.
Gesualdo Bufalino, né à Comiso,
dans le sud de la Sicile, en 1921, y mourut dans un accident
d'automobile en 1996. Il apparaît aujourd'hui, avec Leonardo
Sciascia et Vincenzo Consolo, qui furent ses amis, comme l'un
des trois grands auteurs siciliens de la seconde moitié
du XXe siècle.
9 euros (code de commande
: 18868).
BUFALINO
(Gesualdo) Tommaso et le photographe aveugle ou Patatras.
[Titre original : Tommaso e il fotografo cieco.]
Traduit de l'italien par Bernard Simeone. In-8° broché,
184 p., (collection « Terra d'Altri »),
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Tommaso
Mulè, ex-journaliste devenu gardien d'un immeuble inachevé
dont il occupe le sous-sol comme le personnage de Dostoïevski,
assiste au meurtre de son ami Tirésias, aveugle et photographe,
un des paradoxes qui constituent le cur du livre. Plus
encore que l'intrigue une affaire triviale de murs
et de corruption compte dans ce roman le microcosme
de l'immeuble, répertoire à la Pérec revu
par une misanthropie non dénuée de tendresse.
Si Tommaso et le photographe aveugle,
paru quelques jours avant la mort de son auteur, ne se déroule
pas en Sicile mais aux portes de Rome, Bufalino demeure profondément
sicilien : dans un cadre faussement réaliste, il
mêle en virtuose énigmes et pastiches pour créer
un jeu baroque éblouissant. Le raffinement voluptueux
de son écriture contraste en permanence avec le caractère
sordide des situations. Souvent proche du rictus mais refusant
le cynisme, il livre à son lecteur une détresse
vraie et la crainte que la littérature ne soit que drogue
face à la folie du monde.
Gesualdo Bufalino (1921-1996) n'a que rarement
quitté sa ville natale de Comiso, dans le sud de la Sicile,
où il fut enseignant. Ce n'est que la soixantaine venue
qu'il publia son premier livre, Le Semeur de peste, qui
l'imposa d'emblée comme un grand écrivain.
9 euros (code de commande
: 18869).
BUONARROTI
(Michelangelo) Sonnets de Michel Ange Buonarroti. S.l., Maurice Darantière, 1928. In-4°
broché, [80] p., (collection « À
l'Enseigne du Raisin »), un des 125 exemplaires numérotés
sur gros vélin blanc d'Auvergne (n° 127).
Trente-deux sonnets sont réunis
dans ce recueil ; le texte italien est regard de la traduction
française de Paul Hazard.
Détail des sonnets :
- La Grillanda - La Guirlande.
- A Giovanni, a quel proprio de Pistoia
- À Jean, je veux dire Jean de Pistoia.
- A Papa Giulio II - Au pape Jules II.
- In Roma - Rome.
- A una donna - À une femme. (2
sonnets.)
- A Tommaso Cavalieri - À Tommaso
Cavalieri. (9 sonnets.)
- A Vittoria Colonna - À Vittoria
Colonna. (4 sonnets.)
- Per la morte di Vittoria Colonna - Pour
la mort de Vittoria Colonna. (2 sonnets.)
- Dante - Dante. (2 sonnets.)
- La notte - Sur la nuit. (2 sonnets.)
- All' amore - À l'amour.
- A Giorgio Vasari - À Georges
Vasari.
- A Dio - À Dieu. (2 sonnets.)
- Al Cristo - Au Christ. (2 sonnets.)
- A Monsignor Lodovico Beccadelli - À
Monseigneur Ludovic Beccadelli.
80 euros (code de commande
: 20157).
CALVINO (Italo) Le baron
perché. Adaptation
pour la jeunesse. [Titre original : Il Barone rampante.]
Traduit de l'italien par Juliette Bertrand. Illustrations de
Michel Siméon. Paris, Gallimard, 1976. In-8°
sous reliure et jaquette d'éditeur, 191 p., (collection
« 1000 Soleils »).
10 euros (code de commande
: 12926).
CICOGNANI (Bruno) La Vélia.
Roman. Traduit de l'italien par Juliette Bertrand.
Paris, Calmann-Lévy, 1947. 3e édition. In-8°
broché, 282 p., (collection « Traduit de »).
Extrait du New York
Times Book Review (dimanche 24 juillet 1932) :
« Bruno Cicognani, although he has never succeeded in winning
a wide public, has been greatly esteemed in Italian literary
circles ever since he published his novel La Velia in 1921. This
has generally been considered to be the best Italian novel of
the post-war decade. Unfortunately he seemed for a while to have
said all he had to say and to be wandering around afterward to
little or no result. »
7,50 euros (code de commande
: 7838).
COCCIOLI (Carlo) Manuel
le mexicain. Roman. Paris, Plon, 1956. 6e mille. In-8° broché,
314 p., (collection « Feux Croisés »),
petit accroc à la couverture.
En quatrième
de couverture :
« À Tlatenalco, village du haut-plateau mexicain
où il est coutume de représenter chaque année
une Passion du Christ, Manuel, un adolescent qui se croit marqué
d'un signe, accepte le rôle du Sacrifié. Il est
accueilli
dans le pueblo comme un condamné à mort ; aux yeux
de tous, il passe pour un héros; sera-t-il le Christ parce
qu'il a sauvé une jeune fille du village d'une odieuse
agression ? Une accusation ignominieuse est soudain portée
contre lui : il serait non pas le sauveur, mais l'agresseur de
la jeune fille. Manuel cesse de « représenter »,
il « devisent », la victime. Avili à cause
d'un crime qu'il n'a peut-être pas commis, il est conduit
au supplice : n'est-ce qu'un simulacre, ou bien est-ce une conspiration
véritable où les vieux rites indiens se mêlent
à ceux d'un catholicisme violent, morbide, obsédant
?
Tel est le court prologue du plus extraordinaire roman de Carlo
Coccioli. Les deux sangs qui coulent dans les veines de Manuel
(son père, sorti d'un pueblo de pêcheurs de la côte
de Veracruz ; sa mère, fleur de la race indienne de Tepoztlán,
qui n'a point subi de contaminations) font de cet adolescent
sombre et ardent, triste et délicat, un reflet du Mexique
actuel ; celui qui n'est pas connu des voyageurs trop pressés.
Un Mexique qui n'a pas offert à Carlo Coccioli un simple
décor ou un prétexte ; 1'auteur, semble-t-il, y
a vraiment connu son personnage, et l'on pourra retrouver, à
l'accent de ce livre magique, à son style assionnel, le
sceau de ce qui constitue, à tous égards une rencontre.
La rencontre d'un pays et d'un homme l'un à l'autre prédestinés
; la rencontre, par un des plus grands écrivains d'aujourd'hui,
d'une aventure humaine d'où il a su tirer une inoubliable
forme de beauté. »
6,50 euros (code de commande
: 7841).
D'ANNUNZIO (Gabriele) L'enfant
de volupté. Traduit
de l'italien par G. Hérelle. Bruxelles, Le Club du Livre
Sélectionné, s.s. In-8° sous reliure d'éditeur,
309 p., exemplaire numéroté, dos passé et
charnière du second plat endommagée.
5 euros (code de commande
: 7823).
DANTE
(Dante Alighieri, Durante degli Alighieri, dit) La
Divine Comédie. L'Enfer. Traduction
nouvelle et notes de L. Espinasse-Mongenet. Préface
de Charles Maurras. Paris, Nouvelle Librairie Nationale,
1920. In-8° demi-chagrin brun, dos à 4 nerfs orné
de fleurons dorés, couverture conservée, XLV, 451 p.,
édition juxtalinéaire italien-français,
petit cachet ex-libris de Pierre Couneson à la couverture
et à la page de faux-titre.
Extrait de la préface (à propos de la traductrice)
:
Venue
de la Franche-Comté en ligne paternelle, Madame Espinasse-Mongenet
est née en Savoie, où la famille de sa mère,
après avoir longtemps servi la maison ducale, s'est divisée
en branche italienne et branche française lorsque les
derniers ducs nous ont abandonné le berceau et les tombeaux
de leur dynastie. La Savoie a toujours été terre
française. On parle à Chambéry, patrie de
Vaugelas, un français d'une pureté délicieuse
et qui fit autorité en Europe. Mais la langue toscane
était aussi courante parmi ceux que leurs charges faisaient
vivre à Turin. Madame Espinasse-Mongenet se trouvait donc
si bien placée entre les deux versants de nos lettres
latines qu'à dix-huit ans elle pouvait se demander si
le livre qu'elle voulait écrire serait italien ou français.
Elle savait déjà par cur les Canzone
et la Vita nuova, sans parler des Cantiques, approfondissait
le Convivio et lisait aussi bien Del volgare eloquio
que De Vulgari eloquio, car elle avait eu soin de compléter
dans tous les sens sa culture naturelle, qui était la
culture classique, sans oublier les lettres grecques, d'où
tout descend. Mais c'est autour de Dante que ses préférences
s'étaient fixées. Le désir de concevoir
avec précision le mieux défini des poètes
lui fit compulser une bibliothèque de commentateurs. Il
faut donc appeler une bénédiction l'heureux penchant
qui fit dériver vers la France, et, si je ne me trompe,
jusqu'à la plaine de Toulouse, ce beau et riche tesoretto
de l'intelligence dantesque.
Aucun ami de Dante ne lira sans d'inexprimables
plaisirs la version demi-explicative, demi-littérale,
toujours fidèle, claire et vive, que Madame Espinasse-Mongenet
a bien voulu se résoudre à écrire enfin.
Mille problèmes de détail, jugés presque
insolubles et qui avaient vaincu jusqu'ici tous nos traducteurs,
ont été surmontés et tournés comme
sans effort. L'inconvénient du décalque est complètement
évité. Au moyen d'un très petit nombre d'inversions
imperceptibles et très fluides, l'esprit rationnel de
notre syntaxe se concilie avec les jeunes libertés d'un
langage qui n'avait pas eu le temps de mûrir. À
chaque vers italien, la ligne française répond
en rivalisant avec lui de concision forte, de beau dessin, de
couleur sobre et pure. Ce mot à mot, souvent littéral,
n'arrête pas le cours naturel du langage, le vocabulaire
français suffit à tout.
25 euros (code de commande
: 19178).
[DANTE (Dante Alighieri, Durante
degli Alighieri, dit)]. GUARDINI (Romano) Dante, visionnaire
de l'éternité. Traduit
de l'allemand par Jeanne Ancelet-Hustache. Paris, Seuil, 1962.
In-8° broché, 209 p., cachet d'apparteance au revers
de la couverture et à la page de garde, quelques soulignements
aux pages 27, 32 et 37.
En quatrième
de couverture :
« Ce livre contient
tous les textes de Romano Guardini sur l'uvre de Dante.
Il s'agit là de recherches que l'éminent penseur
a poursuivies pendant plus de trente ans, concernant non pas
la philologie et l'histoire, mais l'image philosophique et chrétienne
du monde dans la Divine Comédie. Une étude
sur l'ange lui permet dès l'abord de s'élever jusqu'aux
principaux thèmes du poème et constitue ainsi une
première esquisse de son interprétation.
La seconde partie de l'ouvrage est d'une extrême richesse.
On en jugera par les titres de quelques chapitres : « L'élément
visionnaire dans la Divine Comédie », «
L'ordre de l'être et du mouvement », « Le paysage
dans l'art de Dante », « Le phénomène
de la lumière », « La conscience de l'histoire
chez Dante », etc. Le lecteur trouvera ici l'équivalent
des études du même auteur sur Socrate, Pascal, Dostoïevski,
dont la traduction française, comme l'original, a connu
un tel rayonnement.
Romano Guardini termine son livre par un « Epilogue subjectif
». Toute rencontre avec une grande uvre ne pouvant
être, nous dit-il, que le fruit d'une longue préparation,
il explique comment il a trouvé accès à
la Divine Comédie. Son ordinaire réserve
sur tout ce qui a trait à sa vie et à sa pensée
rend ce témoignage doublement précieux. »
9 euros (code de commande :
7843).
[DANTE
(Dante Alighieri, Durante degli Alighieri, dit)]. SOLLERS (Philippe)
La Divine Comédie. Entretiens avec Benoît
Chantre. Paris, Desclée de Brouwer, 2000. In-8°
collé, 461 p., jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Dantesque » est devenu
synonyme d'infernal. Les guerres sont « dantesques »,
les camps d'extermination aussi, les catastrophes naturelles
ou les accidents sanglants... Tout se passe comme s'il fallait
maintenir Dante en enfer. Curieuse obsession, qui exclut la possibilité
même d'un purgatoire ou d'un paradis, alors qu'ils sont
désormais là, à portée de main. Il
faut rouvrir aujourd'hui La Divine Comédie.
Les temps modernes nous cachaient Dante ;
l'ère planétaire où nous sommes entrés
le fait revenir dans toute son actualité. C'est l'idée
qu'avance Philippe Sollers dans les entretiens qui constituent
ce livre. Mais encore faut-il s'entendre sur les uvres
ou les pensées qui préludent à ce retour...
Dialogue tendu, cette nouvelle Comédie se déploie
de cercles infernaux en ciels paradisiaques, en passant par les
corniches du purgatoire : y apparaissent Rimbaud, Apollinaire,
Proust, Bataille, Heidegger, Bacon et Picasso, mais aussi Péguy,
Simone Weil, Matisse ou Cézanne, Bach et Mozart, sans
oublier le pape Jean Paul II. Chaque figure vient à
son heure demander qu'on lui prête oreille et nous donner
sa clé.
La Divine Comédie peut alors
être entendue et nous livrer toutes ses richesses. L'histoire
entière est convoquée, avant le Jugement dernier,
au tribunal de la justice et de l'amour. Les acteurs sont là,
princes et ministres, papes coupables et martyrs, prostituées
et bienheureuses, assassins et poètes et nous
aussi, lecteurs, perdus que nous sommes dans la forêt obscure.
L'amour mène la danse. Libre à chacun de l'accepter
ou de le refuser, de rester en enfer ou d'accéder au paradis. »
12 euros (code de commande
: 13845).
DE
CARLO (Andrea) Yucatan. Roman.
Traduit de l'italien par Myriam
Tanant. Paris, Grasset, 1989. In-8° broché, 239 p.,
jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Un metteur en scène de cinéma, son assistant
et le producteur partent des États-Unis en voiture pour
réaliser au Mexique un film où il serait question
de musique indienne et de sorcellerie. De mystérieux et
inquiétants inconnus, qui ne se signalent que par des
messages anonymes, se mettent en travers du projet. Tant mieux
pour le roman, qui devient l'histoire, subtile et brillante,
de la continuelle modification des rapports, sous l'influence
de la curiosité et de la peur, entre les trois hommes
et leurs compagnes occasionnelles. Un livre fait de rythmes internes,
de parcours parallèles, de variations, de répétitions,
d'assonances orchestrés dans un style qui utilise les
possibilités de la musique autant que celles du langage.
Andrea De Carlo, un des meilleurs représentants de la
nouvelle génération de romanciers italiens, donne
ici les preuves d'une virtuosité élégante
et désinvolte, inspirée des techniques du cinéma
et de la télévision. Les scènes, les dialogues,
les descriptions nettes et précises glissent sous les
yeux du lecteur avec une lisse évidence et une rapidité
fugitive qui lui donnent à peine le temps de s'apercevoir
qu'ils ont déposé en lui tout un monde d'images
et de sensations excitantes. »
7,50 euros (code de commande
: 7751).
DE LUCA (Guido) Critique
du génie italien. [Bruxelles],
Les Essais Humanistes, 1935. In-12 broché, 217 p., traces
d'adhésif à la couverture.
Extrait de l'avant-propos
:
« Une des tendances les plus nuisibles pour l'évolution
de la pensée du XXe siècle est celle qui vise l'abandon
de toute sérieuse recherche historique et philosophique,
car les uvres qu'on appelait autrefois « monumentales
» sont disparues du domaine de la culture moderne et le
goût littéraire se porte tout sur ce qui se passait
aux marges de l'historiographie. La culture de 1900, si l'on
excepte les branches scientifiques, se cristallise en formes
académiques et maniérées, telles que les
divers aspects du synthétisme littéraire, l'internationalisme
réthorique
de l'art, le goût de plus en plus accentué pour
une esthétique primitive d'inspiration décadente.
Tout l'effort
d'origina1ité de la pensée s'oriente vers la déformation
et le grotesque, ce qui permet à Erasme de reprendre sa
place parmi les maîtres les plus universels et écoutés
de l'ironie humaniste de notre siècle.
En entreprenant une critique du génie italien et en adressant
cette étude à la culture française et européenne,
nous croyons pouvoir accomplir un effort utile et nouveau par
rapport aux formes habituelles de l'érudition historique
et littéraire, surtout nouveau en ce qui concerne l'analyse
de l'originalité spirituelle italienne dans ses expressions
les plus modernes et représentatives. »
6 euros (code de commande
: 7845).
ECO
(Umberto) L'île du jour d'avant. Roman. [Titre original : L'Isola del giorno
prima.] Traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano.
Paris, Grasset, 1996. In-8° collé, 461 p.
En quatrième
de couverture :
« C'est entre le mois de juillet et le mois d'août
1643 que le jeune Roberto de la Grive fait naufrage en plein
océan Pacifique. Et l'aventure commence dès les
premières lignes : seul survivant d'un navire espion hollandais
où le cardinal Mazarin l'a contraint à embarquer
comme agent secret au service de la France, Roberto se retrouve
naufragé sur un autre vaisseau, une flûte qui semble
abandonnée par son équipage.Face à lui,
une île ; entre l'Île et lui, le 180e méridien.
Derrière lui : le mystère des longitudes...
Alors, entre le présent et le passé, se déroule
un carrousel ininterrompu de personnages, d'événements,
d'idées, de machines merveilleuses, où ne manquent,
en pleine guerre de Trente Ans, à une époque où
les découvertes d'autres mondes font chanceler les esprits,
les religions, les arts et les lettres, ni les sièges
et les assauts de forteresses, ni les duels de lames et de langues
effilées jusqu'au frisson, ni les poudres et les onguents,
ni les multiples trames d'espions, les sosies perfides, les libertins
et les jésuites sans scrupules et brillant de leur science
raffinée, ni les paysannes pulpeuses et batailleuses,
ni les épidémies, ni les salons parisiens feutrés
où s'ourdissent les complots du cur et du pouvoir...
En un jeu magique de miroirs, Umberto Eco, l'enchanteur au gai
sçavoir, nous fait renaître au siècle des
Galilée, Monterdi, Caravage, Cervantès, Rubens,
Bernin, Shakespeare, Vermeer, Campanella, Rembrandt, Marino,
Molière, Gracián, Cyrano, Spinoza, Velasquez, Descartes,
Borromini, Poussin, Gassendi, Basile, Milton, Racine, Pascal,
dans le plus français, le plus universel et le plus subtilement
autobiographique de ses romans. L'île du jour d'avant
est l'histoire de notre langue en perpétuelle métamorphose,
de notre temps qui se joue dans l'espace, où l'homme baroque
d'aujourd'hui vit assiégé en sa virtuelle tour
de Babel ; c'est un roman-encyclopédie, un roman de formation,
un roman d'espionnage, un roman d'amour. C'est un roman-clef
d'un millénaire qui s'achève, le nôtre. »
12 euros (code de commande
: 11103).
ECO
(Umberto) Le pendule de Foucault. Roman. [Titre
original : Il pendolo di Foucault.] Traduit de l'italien
par Jean-Noël Schifano. Paris, Grasset, 1990. In-8°
collé, 657 p.
En quatrième
de couverture :
« À Paris, le soir du 23 juin
1984, dans le conservatoire des arts et métiers où
majestueusement oscille le pendule de Foucault, un homme observe
avec révérence et crainte prémonitoire le
prodige : c'est Casaubon, le narrateur, venu de Milan après
l'appel angoissé de son ami Belbo qui se trouve en danger
de mort. Casaubon se cache dans le gothique musée de la
technique, s'y laisse enfermer, bien résolu à attendre
que sonne l'heure du rendez-vous fatal...
C'est ainsi que commence ce thriller au souffle
gigantesque. L'abbaye du Nom de la rose a éclaté
: notre terre entière est en jeu, à notre époque...
Trois amis, travaillant dans une maison d'édition milanaise,
ont publié, entre autres, des textes qui explorent le
savoir ésotérique, hermétisme, alchimie,
sciences occultes, sociétés secrètes...
Et comme tous trois, jonglant avec l'histoire des Templiers,
des Rose-Croix, des francs-maçons, les textes de la Kabbale,
naviguant avec humour et ironie sur les courants souterrains
qui parcourent la culture occidentale, sont beaucoup plus intelligents
que leurs auteurs fanatiques, ils ont décidé, par
jeu et pour déjouer l'ennui, d'imaginer un complot planétaire
noué au fil des siècles pour la domination du monde.
Mais un beau jour réapparaissent en chair et en os les
chevaliers de la vengeance...
D'Europe en Afrique, du Brésil au Proche-Orient,
des parchemins cryptés aux computers, de Voltaire aux
jésuites, de Descartes à Hitler, des druides aux
druses, l'histoire, la science, les religions, tout notre savoir
passe, avec une fluiditié géniale, dans ce roman
d'initiation aux mille mystères, où ne manquent
ni les rites sataniques et les meurtres rituels, ni les passions
et les amours que font naître les inoubliables Lia, Amparo,
Lorenza ; ni les maitiés fortes fondées sur la
noblesse et la liesse de l'esprit... Immense livre où,
sous une érudition universelle frappée au sceau
final de la sagesse, bat le cur de l'auteur qui accompagne,
à travers l'espace et le temps, les fascinants mouvements
du Pendule, quand la réalité dépasse et
précède la fiction... »
10 euros (code de commande
: 12927).
EVANGELISTI
(Valerio) Les Chaîne d'Eymerich. [Titre original : Le Catene di Eymerich.]
Traduit de l'italien par Serge Quadruppani. Paris, Rivages, 1998.
In-8° collé, 247 p. (collection « Fantasy »).
En quatrième
de couverture :
« Seconde aventure de Nicolas Eymerich,
grand inquisiteur d'Aragon, Les Chaînes d'Eymerich
nous entraîne en 1365, au cur d'une période
troublée où les croyances païennes n'ont pas
encore plié devant l'inexorable machine de guerre chrétienne.
Quel rapport existe-t-il entre l'enquête
que mène le Grand Inquisiteur Eymerich, père dominicain
pourfendeur des ennemis du Christ, sur la résurgence de
l'hérésie cathare en Savoie, les manipulations
génétiques de chercheurs déments au milieu
des années 1930, et les charniers de Timisoara en Roumanie ?
Seule la main de fer de Nicolas Eymerich pourra
dénouer un à un les fils de cet écheveau
diabolique et libérer la vérité de ses chaînes,
si étroitement liées à travers les siècles.
Dans cet entrelacs remarquable de coïncidences
entre passé et futur se dessine une bien noire histoire
de l'humanité, l'histoire de notre monde telle que l'imagine
Valerio Evangelisti.
Après avoir remporté le Prix
Urania pour Nicolas Eymerich, inquisiteur, Valerio Evangelisti
poursuit la saga du bras armé de la chrétienté
dans ce deuxième roman, où il navigue astucieusement
entre théorie scientifique et alchimie. C'est un Eymerich
plus mûr, mais non moins redoutable, qui y affronte ses
démons, cependant qu'en parallèle, au fil des siècles,
l'humanité ne cesse de dévoiler sa face noire. »
7 euros (code de commande
: 12928).
FERRANTE
(Elena) L'amour harcelant. Roman. Traduit
de l'italien par Jean-Noël Schifano. Paris, Gallimard, 1995.
In-8° broché, 181 p., (collection « Du Monde
Entier »), exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
« Entre le corps d'Amalia, qui flotte dans la mer, à
l'aube, mystérieusement noyé, et le corps de Delia,
sa fille, exposé à la violence, au sang et à
la pluie d'une Naples au ciel plombé et aux rues hostiles,
se déroule ce thriller familial, sensuel et désespéré,
dont les rebondissements vous griffent le cur.
Qu'est-il arrivé à Amalia ? Qui se trouvait avec
elle la nuit de sa mort ? Pourquoi n'est-elle vêtue que
d'un soutien-gorge neuf quand on la retrouve ? A-t-elle vraiment
été, comme le portent à penser les dernières
heures de sa vie, la femme que sa fille a toujours imaginée,
ambiguë et insatiable, prête à de secrètes
déviations, capable d'échapper dans la ruse et
la grâce à la surveillance obsédante de son
mari ? Qui est Caserta, ce vieil ami d'Amalia, une victime ou
un bourreau ? Quels sont ces hommes qui entravent et révèlent
le destin de Delia ?
Le parcours qui conduira Delia des funérailles de sa mère
à l'évocation toujours plus détaillée
de la figure troublante de cette génitrice, et au dénouement
imprévisible de l'histoire, est constellé de soubresauts
de la mémoire, de gestes de répulsion et d'amour,
de scènes glaçantes.
Dernier mystère : nul ne sait qui est l'auteur de ce livre.
Nul n'a vu son visage. Elena Ferrante a longuement vécu
à Naples, dit-on. Actuellement elle devrait résider
en Grèce. Ce premier roman d'une plume sûre de soi
a été mis en film par Mario Martone, sous le titre
L'amour qui dérange.
7,50 euros (code de commande
: 7511).
FERRERO (Guglielmo) Entre
les Deux Mondes. Ouvrage
traduit de l'italien par G. Hérelle. Paris, Plon, 1930.
7e édition. In-12 broché, IV + 418 p., mention
manuscrite d'appartenance à la page de titre, peu courant.
Extrait de la préface
:
« Tant qu'enfin, à force d'aller et venir mentalement,
moi aussi, entre les deux mondes, je crois que je suis arrivé
à comprendre quelle extraordinaire perturbation la découverte
de l'Amérique a apportée dans la vieille histoire
de l'humanité. Petite au début, cette perturbation
a grandi dans le cours des siècles avec les découvertes
de la science, avec les inventions, avec le triomphe de la liberté
; et il en est résulté une lutte ardente entre
la quantité et la qualité, c'est-à-dire
entre la force qui pousse les hommes à détruire
toutes les limites pour prendre possession de la terre entière
et pour en conquérir tous les trésors, et le besoin
naturel qu'ont les hommes de se circonscrire dans des limites
pour être cepables;de recounditre avec certitude le Bien,
le Beau et le Vrai.
Et ainsi m'est venue finalement l'idée de représenter
ce conflit des deux mondes non pas seulement le conflit
de l'Amérique et de 'Europe, mais celui qui met aux prises
les anciennes civilisations limitées, encore vivantes
dans un si grand nombre de traditions, avec les aspirations,
les ambitions, les passions de cette civilisation nouvelle, impatiente
de jeter bas toutes les 1imites, en renouvelant une vieille
forme littéraire. Qu'est-ce que ce livre ? Un roman ?
un récit de voyage ? un drame ? un traité de philosophie
ou de sociologie ? Non : c'est un dialogue. Chère aux
anciens, cette forme littéraire, qui fut l'instrument
favori de Platon et de Galilée, semble, au dire de Renan,
faite exprès pour traiter les graves questions que l'esprit
humain recommence toujours à discuter parce qu'il ne peut
jamais en donner une solution définitive. »
10 euros (code de commande
: 7847).
FO
(Dario) Le monde selon Fo. Conversations
avec Giuseppina Manin. [Titre original : Il Mondo
secondo Fo.] Traduit de l'italien par Dominique Vittoz. Paris,
Fayard, 2008. In-8° collé, 201 p., quelques illustrations,
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
« J'ai
quatre-vingts ans mais en ai vécu cent cinquante. Si on
compte l'âge de Franca de la même façon, nous
cumulons à nous deux pas loin de trois siècles.
C'est beaucoup pour deux vies mais il est vrai que toutes ces
années, sans exception, ont été intenses
et magnifiques. Les mois duraient soixante jours, les jours quarante-huit
heures... Oui, nous avons vécu à deux une multitude
de vies. »
C'est aune délicieuse leçon de
vie, de politique, de culture, d'espoir en l'intelligence des
humbles que nous invitent ces conversations au ton alerte et
simple. À travers le récit de son passé
et de sa pratique théâtrale, Dario Fo laisse transparaître
sa sensibilité, sa virulence contre les hypocrisies du
pouvoir, sa maestria comique, sa profonde érudition. Sur
le ton léger de l'anecdote souvent cocasse, il nous restitue
tout un climat culturel : son Italie de l'après-guerre,
sa fidélité aux idéaux de gauche, son combat
contre toutes les formes de censure, son indépendance
jamais démentie.
10 euros (code de commande
: 16946).
GADDA (Carlo Emilio) La
connaissance de la douleur. Roman.
Traduit de l'italien par Louis
Bonalumi et François Wahl. Paris, Seuil, 1974. In-8°
broché, 264 p., exemplaire du Service de Presse, quelques
soulignements.
En quatrième
de couverture :
« Amérique du Sud ou Lombardie, Alpes ou Cordillère
des Andes : c'est dans un paysage de paix parmi les soubresauts
de Commedia d'une contingence villageoise, que l'ingénieur-hidalgo
Gonzalo Pirobutirro d'Eltino éclate en fureurs épouvantables
: contre feu son père, sa mère, les péons,
les propriétaires, l'enfance, toute la société
maradagalaise : et surtout contre l'idée du moi.
« C'était le mal obscur dont les histoires, les
lois, l'enseignement universel des grandes chaires persistent
à ignorer et la cause et les modes : qu'on porte en soi
tout au long de l'effritement foudroyé d'une vie, plus
pesant chaque jour, sans remède. »
« Le mal invisible, peut-être : la fable de la maladie,
l'étrange fable propagée par les conquistadores,
auxquels il fut donné de la recueillir des mourantes paroles
de l'Inca : selon qui la mort arrive pour rien, environnée
de silence, comme une tacite, ultime, combinaison du penser.
»
« Un grotesque comme celui-ci ne se niche pas dans la perversité
machinante du foie de l'auteur de la Connaissance mais
dans le foie machinateur de la réalité universelle
. »
9 euros (code de commande
: 7887).
[GADDA (Carlo Emilio)]. MANGANARO
(Jean-Paul) Le baroque et l'ingénieur. Essai sur l'écriture de Carlloo Emilio
Gadda. Paris, Seuil, 1994. In-8°
broché, 288 p., pliure à la couverture, (collection
« Le Don des Langues »)
7,50 euros (code de commande
: 7440).
[GADDA
(Carlo Emilio)]. ROSCIONI (Gian Carlo) La Disharmonie
préétablie. Essai sur Gadda. Traduit de l'italien pâr Maurice Darmon.
Paris, Seuil, 1993. In-8° broché, 172 p., (collection
« Le Don des Langues »), exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
« Née comme « projet encyclopédique
» de représentation totale de la réalité,
l'uvre de Carlo Emilio Gadda se heurte sans cesse à
l'impossibilité de tout dire, de « spécifier
la totalité », de « débrouiller l'écheveau
» et, de là, à l'inachèvement ; aussi
le texte est-il fait de répétitions, de réécritures,
de reprises des mêmes motifs, stylistiques ou thématiques.
La Disharmonie préétablie offre une carte
générale de l'uvre et de la personnalité
de Gadda, à travers une reconstruction de ses intérêts
philosophiques et scientifiques : du background positiviste et
des prédilections encyclopédiques vers un panorama
inédit de la pensée, qui comprend des philosophes
comme Bergson et Darwin, Leibniz et Spinoza, sur lesquels l'angoisse
existentielle de Gadda eut tout le loisir de se former tandis
que grandissait son destin littéraire. »
10 euros (code de commande
: 7512).
[MACHIAVEL (Nicolas)]. PREZZOLINI
(Giuseppe) Vie de Nicolas Machiavel florentin. Traduit de l'italien par Marthe-Yvonne Lenoir.
Paris, Plon, 1929. 7e édition. In-8° broché,
254 p., cachet à la page de garde, couverutre légèrement
défraîchie.
5 euros (code de commande
: 7870).
MANGANELLI (Giorgio) A
et B. Traduit de l'italien
par Lise Chapuis. Paris, Gallimard, 1995. In-8° broché,
214 p., collection "L'Arpenteur").
. 13 euros (code de commande
: 7907).
MANZINI
(Gianna) Portrait en pied. Traduction
de l'italien par Marilène Raiola. Postface de Bertrand
Levergeois. S.l., Mille et Une Nuits, 2002. In-8° broché,
268 p.
En quatrième
de couverture :
« Comment vit-on une enfance dans un petit village de Toscane
au début du XXe siècle, lorsque sa mère
appartient à la bourgeoisie industrielle, que son père
mène des activités syndicales et défile
dans la rue avec les anarchistes ? Gianna Manzini fut déchirée
par la séparation de ses parents, ballottée entre
le désir de combler les aspirations maternelles à
la réconciliation familiale et l'admiration éperdue
pour ce père superbe, à l'âme idéaliste
et poétique. « Elle, elle me fait du chantage avec
ses larmes, lui me fascine avec sa noblesse et sa douleur. Leur
échapper est impossible. Sinon où pourraient-ils
continuer à se rencontrer ? Moi seule peux leur servir
de point de rencontre, de terrain de conflit. »
Au crépuscule d'une uvre romanesque importante,
celle qui fut l'amie d'Eugenio Montale et la traductrice italienne
de Gide et de Larbaud revient sur sa blessure originelle et explore
cet espace intérieur contradictoire, source de sa vocation
littéraire. En une ultime tentative, elle cherche à
se libérer de la culpabilité qui l'étouffe
et à rendre, enfin, tout l'amour qu'elle doit à
son père Giuseppe, mort loin d'elle, en exil, en 1925,
après avoir été banni par le régime
fasciste. »
12 euros (code de commande
: 8986).
MARAINI
(Dacia) La vie silencieuse de Marianna Ucria. [Titre original : La lunga vita di Marianna
Ucria.] Traduit de l'italien par Donatella Saulnier. Paris,
Laffont, 2006. In-12 collé, 412 p., (collection «
Pavillons Poche »).
En quatrième
de couverture :
« Sicile, XVIIIe siècle.
La jeune Marianna Ucria, devenue sourde et muette à l'âge
de cinq ans, brisée par un douloureux secret, vit murée
dans son silence.
Pour communiquer avec le monde, à défaut
de parler et d'entendre, marianna choisit la lecture et la connaissance.
Elle se réfugie dans la bibliothèque où,
influencée par les idées des Lumières, elle
découvre la vie. C'est dans ce savoir qu'elle trouvera
le courage d'affronter la vérité sur son infirmité.
Après des années de silence et
de solitude, sur cette île où tout est extrême,
la splendeur et la misère, la tendresse et la violence,
Marianna Ucria se révélera et apprendra à
conquérir sa liberté. »
6 euros (code de commande
: 12931).
MARIOTTI
(Giovanni) Musique dans la maison d'à côté.
[Titre original : Musica
nella casa accanto.] Roman. Traduit de l'italien par Chantal
Moiroud. Paris, Gallimard, 1999. In-8° collé, 159
p., (collection « L'Arpenteur »), soulignements.
En quatrième
de couverture :
« D'habitude, les livres parlent
d'amours brèves. Le roman de Giovanni Mariotti est dédié
au long amour, celui qui défie le temps. Mais s'agit-il
d'une victoire, ou l'amour lui-même ne devient-il pas prisonnier
de sa propre durée ? Et que se passe-t-il quand l'un
des deux vient à disparaître ?
Dans ce roman où le silence devient
magie, assourdissant les clameurs de la grande métropole,
Giovanni Mariotti nous conduit avec une infinie délicatesse
à la rencontre des spectres qui vivent en nous, à
côté de nous. Nous pénétrons dans
un espace empli de tristesse feutrée, de douceur poignante
et désespérée. Cette pénombre parcourue
de lueurs, qui pourrait dire si elle appartient déjà
à l'autre monde, ou si elle nous retient encore
ici-bas ? »
8 euros (code de commande
: 12932).
MONTALE
(Eugenio) Papillon de Dinard. Traduit de l'italien par Mario Fusco. Lagrasse,
Verdier, 2010. In-8° broché, 217 p., (collection
« Terra d'Altri »), exemplaire en très
bel état.
En quatrième
de couverture :
Les
proses de Papillon de Dinard frappent par la variété
de leur inspiration : on y trouve successivement des évocations
de l'enfance et de l'adolescence au soleil ligure, des chroniques
florentines, des portraits de femmes ainsi que les pages d'un
carnet de voyage comme arrachées à un bottin mondain.
Et pourtant, au fil de cette cinquantaine de récits, on
entend monter la voix du poète, de plus en plus intime,
de plus en plus étrange, de plus en plus énigmatique.
On ne met pas longtemps à se convaincre
que l'un des plus grands poètes du siècle (prix
Nobel en 1975) fut un prosateur hors pair et parfaitement singulier.
L'écriture épouse la circonstance comme le poème
les « occasions » : parfois elle concentre
tout dans une pure potentialité qui intrigue, parfois
elle a la netteté du symbole.
On ferait volontiers de ces petits poèmes
en prose un « spleen d'Italie » s'ils n'étaient
aussi traversés par l'humour, par la drôlerie et
le gag on découvrira notamment comment un
couple lutte contre une chauve-souris ou comment une comparaison
malheureuse rend difficile une soirée en gondole. Enfin
il y a ici tant d'animaux, du gros rat à la soubuse, de
la limace à l'okapi, qu'il n'est pas faux de lire cette
étrange phénoménologie de la mémoire
comme un zodiaque que dominerait un étrange effet papillon.
10 euros (code de commande
: 19396).
MONTALE
(Eugenio) Poésies VI. Derniers poèmes. Édition bilingue. Avant-propos, choix, traduction de l'italien
et notes de Patrice Dyerval Angelini. Paris, Gallimard,
1988. In-8° broché, 333 p., (collection «
Du Monde Entier »).
En quatrième
de couverture :
« Ce sixième et ultime volume
des Poésies de Montale, bilingue comme les précédents,
contient de larges extraits des deux derniers recueils de l'auteur
(Cahier de poésie 1973-1977 et Autres vers),
parus de son vivant.
Le choix a porté principalement sur
les poèmes autobiographiques, prépondérants
dans ces recueils sans qu'on s'interdie de montrer
parfois le poète commentant l'actualité à
sa façon, voire s'interrogeant sur le sens de la vie et
de l'après-vie, afin de compléter son autoportrait.
La vision que l'écrivain offre de lui-même et du
monde d'aujourd'hui ou d'hier , qu'il
évoque, critique, illustre ou met en doute, mêle
tendresse et dérision, ironie et humour, véhémence
et pudeur, compassion pour l'humanité et rappel constant
à une leçon de « décence quotidienne ».
On retrouvera, ici encore, un Montale désormais installé
dans son rôle, émouvant et magistral, de poète
anti-poète au lyrisme faussement prosaïque. En outre,
la comparaison entre des textes de jeunesse insérés
dans Autres vers et les compositions tardives permettra
de retrouver l'unité fondamentale d'un tempérament
poétique qui, à travers trois recueuils « classiques »
et quatre recueuils « contemporains »,
n'a cessé d'être fidèle à lui-même. »
13 euros (code de commande
: 12934).
MONTEFOSCHI (Giorgio) La
troisième femme.
Traduction de Nathalie Castagné.
Paris, La Manufacture, 1990. In-8° broché, 334 p.,
(collection « Les Étrangères »), ouvrage
épuisé au catalogue de l'éditeur.
En quatrième
de couverture :
« J'avais l'enfer dans le cur et je ne le savais
pas. » Rarement, le portrait d'un homme à la dérive
aura été aussi bien tracé que dans le roman
de Giorgio Montefoschi, La Troisième Femme. De
page en page, l'auteur explore les arcanes du couple formé
par Federico et Laura Trotta, couple cimenté par l'amour
et déchiré par une incompréhension mutuelle.
Ce dernier thème, comme dans les meilleurs films d'Antonioni,
trouve, dans La Troisième Femme, son expression
la plus haute. Et Rome, haut lieu du roman, a la réalité
d'un personnage. Construit sur le modèle de L'Odyssée,
La Troisième Femme est le récit d'un voyage
jalonné d'épreuves
et conclu par la mort.
Le roman de Giorgio Montefoschi se situe dans la lignée
de la prestigieuse tradition romanesque qu'illustrent
Cesare Pavese et Goffredo Parise. »
10 euros (code de commande
: 7880).
MONTESANO
(Giuseppe) Cette vie mensongère. Traduit de l'italien par Serge Quadruppani.
Paris, Métailié, 2005. In-8° broché,
209 p., (collection « Bibliothèque Italienne »),
exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième
de couverture :
« Dégoûté par la mesquinerie et la
vulgarité de sa famille petite-bourgeoise, Roberto se
met au service de Cardano, un artiste bohème marié
à l'une des filles d'une grande famille de Naples. Tandis
que « l'artiste » l'abreuve de discours nourris de
la littérature décadente de la fin du XIXe siècle,
il découvre les projets monstrueux des Negromonte, un
clan d'entrepreneurs rapaces : transformer Naples tout entière
en parc de loisir, s'approprier musées et monuments, faire
de tout Napolitain un comédien jouant les Napolitains
pour le plus grand plaisir des touristes et le plus grand bénéfice
du clan. Mais avec l'aide d'une fillette en guenilles, Andrea,
le cadet de la famille, fomente une révolte.
Banquets gargantuesques, délires mêlant culture
populaire et raffinement littéraire, résurgence
du passé d'une ville-monde, carnaval des gueux : ce livre-maelström,
entre fantastique et réalisme Social, tend un miroir à
notre époque. Les lecteurs l'y reconnaîtront, à
peine déformée, avec ses grimaces les plus dangereuses
et les plus effrayantes. »
10 euros (code de commande
: 10144).
MORANTE
(Elsa) Aracoeli. Roman.
Traduit de l'italien par Jean-Noël Schifano.. Paris, Gallimard,
1984. In-8° broché, 400 p., (collection « Du
Monde Entier »).
En quatrième
de couverture :
« Ma mère était andalouse. Le hasard rit
que de naissance ses parents portaient l'un et l'autre le même
nom de famille, Muñoz : si bien que selon l'usage espagnol,
elle portait le double nom Muñoz Muñoz. De son
nom de baptême, elle s'appelait Aracoeli.
Mon teint, mes traits, c'est à elle que je ressemblais,
tandis que la couleur de mes yeux venait de mon père (Italien
du Piémont). De ce temps où j'étais beau,
me revient à l'oreille une chanson douce que l'on chantait
seulement les soirs de pleine lune, et dont je ne me lassais
jamais. Et elle, pleine de joie, me la répétait,
en me faisant sauter vers la lune, comme pour m'exhiber devant
ma sur jumelle, là-haut dans le ciel... »
8 euros (code de commande
: 9228).
MORANTE
(Elsa) La Storia. Roman. Traduit de
l'italien par Michel Arnaud. Paris, Gallimard, 1977. In-8°
broché, 615 p., (collection « Du Monde Entier »).
En quatrième
de couverture :
« En Italie d'abord où il provoqua
un véritable débat national, puis partout où
il a été publié dans le monde, le livre
d'Elsa Morante a immédiatement été reçu
comme l'un des grands romans du siècle : un pendant de
La Guerre et la Paix.
Il est remarquable que cette audience universelle
ne soit en rien fortuite. Le propos déclaré de
l'auteur non sans audace était de «
parler à tous, dans un langage commun, accessible à
tous ». Et cela, non point pour retrouver les facilités
du « roman populaire » même au sens noble du
XIXe siècle, mais bien parce qu'il était question
pour elle non sans audace encore de s'en prendre
à l'Histoire elle-même. L'Histoire en son sens double,
celle du Pouvoir, de ceux qui « font » l'Histoire,
et d'autre part celle des hommes qui ne font que subir l'«
interminable assassinat » qu'elle est. Ici, plus que Tolstoï,
c'est le Victor Hugo des Misérables qu'il faut
évoquer, et le grand Michelet : la certitude passionnée
que les innombrables victimes de l'histoire en sont les héros
véritables et cachés.
Il est tout à fait impossible de résumer
d'aucune façon l'action de cette vaste « saga d'innocence,
de persécution et de mort » dont le fil conducteur
est la mère, Iduzza, et son fils, l'inoubliable Useppe.
Cela est d'autant moins possible que le récit «
historique » et ses personnages les plus positifs ne cessent
d'être reliés au monde de l'imagination poétique
où leur appartenance au sacré se retrouve, où
malheur et félicité s'équivalent, où
la mort d'une chienne n'importe pas moins que les,« grandes
actions » officielles.
Relevons qu'à l'inverse de la plupart
des romans « modernes » où il est de convention
que l'auteur joue l'inexistence, ce livre possède un narrateur
avoué qui intervient dans le récit, par exemple
pour dire son incertitude, ou s'excuser de s'étendre sur
tel épisode. Il est remarquable que ces interventions
du narrateur, loin d'apparaître comme indiscrètes,
sont le signe de sa plus parfaite humilité. Il faut sans
doute y voir un autre trait de l'audace dont a su faire preuve
Elsa Morante dans sa volonté de surmonter la séparation
(« moderne » elle aussi) entre auteur et lecteurs.
Le roman ne serait donc pas mort. C'est sur
ce thème qu'un critique italien, Cesare Garboli, a pu
faire ce bel éloge de La Storia : « Maintenant
que le roman est revenu parmi nous, nous prenons conscience que
seule une femme était capable de lui redonner vie. »
9 euros (code de commande
: 13873).
MORAVIA (Alberto) L'amour conjugal. Roman.
[Traduit de l'italien par Claude Poncet.] Lausanne, La Guilde
du Livre, 1962. In-8° sous reliure toilée d'éditeur,
184 p., une illustration en frontispice, exemplaire numéroté.
9 euros (code de commande
: 56/69).
[MORAVIA (Alberto]. MORAVIA (Alberto)
ELKANN (Alain) Vita di Moravia. Traduit de l'italien par Jean-Marie Laclavetine.
Paris, Bourgois, 1991. In-8° broché, 346 p., illustrations
hors texte, ouvrage à l'état de neuf et épuisé
au catalogue de l'éditeur.
En quatrième
de couverture :
« Alberto Moravia à longtemps proclamé que
la vie privée d'un écrivain ne regarde que lui-même
: que seule compte la réalité des livres qu'il
a écrits, des personnages qu'il a créés.
Il aura fallu la curiosité passionnée et l'obstination
d'un ami cher, le romancier Alain Elkann, pour vaincre cette
pudeur, cette tendance de Moravia à se réfugier
de ce qui peut être saisi et analysé par la pensée.
Voici donc l'écrivain vieillissant mais plus que jamais
animé d'une ironique lucidité retraçant
son itinéraire, celui d'un protagoniste essentiel de notre
siècle : l'enfance solitaire, la maladie et le sanatorium,
le succès précoce, le nomadisme effréné
de l'âge adulte. Mais le livre qui résulte de ce
long entretien avec Alain Elkann est peut-être, avant tout,
un livre d'amour : amour pour la littérature, d'abord,
et pour les trois femmes qui ont habité sa vie : Elsa
Morante, Dacia Maraini, carmen Liera. Amour pour les amis - au
premier donne lieu aux passages les plus poignants du livre.
Amour enfin pour la vie elle-même vue par étonnement
ceux qui ne voyaient net en Moravia que l'écrivain diva,
le témoin omniprésent de son époque, le
dernier grand monument des lettres italiennes. »
10 euros (code de commande
: 7909).
NATOLI
(Luigi) Le Bâtard de Palerme. Histoire des Beati Paoli I.
[Titre original : I Beati Paoli.] Traduit
de l'italien par Maruzza Loria et Serge Quadruppani. Paris, Métaillé,
1990. In-8° collé, 777 p.
En quatrième
de couverture :
« Septembre 1713. Juché sur
une étique rossinante, la râpière au côté,
Blasco de Castiglione, cur tendre, joyeux drille et tête
brûlée, entre dans Palerme. En quête du secret
de sa naissance, il va rencontrer Don Raimondo de la Motta, qui
a commis tous les crimes pour ceindre la couronne ducale, l'éblouissante
et tumultueuse Donna Gabriella, qui sait ce qu'aimer à
mort veut dire, le sbire Matteo Lo Vecchio, maître ès
scélératesses, Violante, belle comme un rêve
de pureté, le séduisant et mystérieux Coriolano
de la Floresta, et tout un petit peuple pittoresque et rebelle.
Il rencontre aussi une ville de palais arabes, d'églises
espagnoles, de châteaux forts normands, avec ses quartiers
misérables et ses catacombes où se réunit
la secte des Beati Paoli dont l'idéal de justice sera
défiguré par la mafia...
Cavalcades, duels, courses en mers, fêtes
grandioses, intrigues de cour, enlèvement au couvent,
chocs des armées et des ambitions, sublimes amours et
combinaisons ténébreuses, toutes les séductions
du roman historique sont là, réunies dans la lumière
sicilienne qui rend les emportements plus violents et plus mélancolique
le bonheur. »
8 euros (code de commande
: 12935).
NIGRO
(Raffaele) La baronne de l'Olivento. Roman. Traduit de l'italien par Hélène
Leroy. (titre original : La baronessa dell'Olivento.)
Paris, Verdier, 1996. In-8° broché, 250 p., (collection
« Terra d'Altri »).
En quatrième
de couverture :
« Les Feux du Basento, le premier roman de Raffaele
Nigro, faisait revivre le mythe d'une république paysanne
dans le Sud italien. Une autre utopie donne son sens à
La Baronne de l'Olivento : celle d'une civilisation adriatique
menacée par les violences de l'histoire, à l'aube
des temps modernes. Situé, entre 1440 et 1494, en Albanie
et dans les trois régions de la péninsule dont
l'auteur s'est fait le chantre, Campanie, Pouilles et Basilicate,
ce second roman conte l'amour d'un frère et d'une sur,
Stanislas et Vlaïka Brentano, alors que Skanderbeg lutte
contre le joug ottoman, que Gutenberg impose son invention et
que des communautés albanaises s'installent au sud de
l'Italie.
Une étrange procuration unit frère et sur,
Stanislas fougueux poursuivant son rêve de culture de part
et d'autre de la mer, et Vlaïka née privée
de membres mais habitée par la puissance de la vision
et du rêve. À l'image de ces deux êtres, proches
et dissemblables comme le sont l'acteur et le témoin,
le roman mêle la fable et la chronique, les personnages
historiques et inventés, les créatures réelles
et fantastiques. Nombre de conflits donnent à l'épopée
son rythme : la guerre entre les chrétiens et les Turcs,
le complot des barons au sein du royaume de Naples, les joutes
entre clercs et hommes de science, entre tenants d'Aristote et
de Platon.
La Baronne de l'Olivento est un livre de conteur, nourri
d'une érudition vive, d'une connaissance profonde des
cultures, qu'elles soient de cour ou populaires, et tout entier
porté par le désir de transfigurer le réel
sans renoncer à le comprendre. »
10 euros (code de commande
: 10953*).
PAZZI
(Roberto) La princesse et le dragon. Roman. Traduit de l'italien par Myriem Bouzaher.
Paris, Grasset, 1989. In-8° broché, 229 p., jaquette.
En quatrième
de couverture :
« Un jeune prince russe, prisonnier de deux solitudes
la maladie et le pouvoir dû à son rang , espère
et recherche obstinément l'évasion vers la vie
que seule Hélène, son amour impossible parce qu'interdit
au nom d'obscures raisons politiques, pourra et saura lui offrir.
Son nom, sa situation, une partie de ses aventures appartiennent
à un personnage ayant réellement existé
: le grand-duc Georges Alexandrovitch Romanov, frère du
dernier tsar.
Or ce voyage, « historique » à bien des égards,
est avant tout une quête initiatique à la découverte
de soi-même, dont l'issue ne peut être qu'un long
sommeil profond, prélude à la mort libératrice
qu'Hélène, parvenue enfin jusqu'à Georges,
lui donnerait, en un ultime et sublime acte d'amour. »
7,50
euros (code de commande : 7889).
PEREGALLI
(Roberto) La Cuirasse brodée. Les Grecs et l'invisible.
[Titre original : La Corazza ricamata.] Traduit
de l'italien par Todaro Tradito. Illustrations de Pierre Le-Tan.
Paris, Le Promeneur, 2009. In-12 broché, 177 p.,
(collection « Le Cabinet des Lettrés »),
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Pour
Homère, pour les présocratiques, pour Hérodote,
pour Hippocrate, la connaissance concerne le visible, elle équivaut
à voir ou, mieux, à dévoiler ce qui en réalité
est déjà manifeste.
À partir de Platon, au contraire, il
ne s'agit plus de rendre évident ce qui se cache à
la surface, mais de s'attacher à scruter cet invisible,
auquel s'identifie le vrai, et qui renvoie à sa vacuité
la tromperie du visible. C'est une révolution complète,
où se perd la notion originaire de vérité
comme dévoilement.
À travers l'évocation des mystères
de la Grèce archaïque, du mythe d'dipe où
les thèmes de la vue et de la cécité jouent
évidemment un rôle central ainsi que
de celui des Sirènes, ce livre s'interroge sur le rapport
essentiel qui noue le savoir et le voir, remontant aux racines
anciennes de problématiques qui sont toujours les nôtres.
À mi-chernin de la philosophie et de
la littérature, cet essai à l'érudition
légère et rigoureuse est accompagné de douze
illustrations originales de Pierre Lé-Tan, spécialement
exécutées pour ce volume.
12 euros (code de commande
: 18333).
PETRIGNANI
(Sandra) La navigation de Circé. Roman. Traduit de l'italien par Marguerite Pozzoli.
Paris, Flammarion, 1997. In-8° broché, 154 p., exemplaire
du Service de Presse, dos insolé, ouvrage épuisé
au catalogue de l'éditeur.
En quatrième
de couverture :
« Circé est une magicienne. Sur son île blanche
et bleue, sa vie s'écoule à un rythme paisible,
entre les feuillets qu'elle remplit chaque jour et... ses hommes.
Car Circé est aussi une femme moderne. Amadouant ses amants
qui, d'eux-même, s'enferment dans une cage lorsque... eh
bien, lorsqu'ils ne font plus l'affaire. Mais l'arrivée
d'Ulysse bouleverse ses saines habitudes. Et la trouble au point
qu'elle ne désire plus que lui, s'obstinant à le
retenir. Ulysse cependant résiste, et Circé se
voit obligée de déployer tous ses dons de sorcellerie.
La Navigation de Circé allie en un équilibre
délicieux légende et réalité. Car
ne nous y trompons pas, ce récit « hors du temps
» traite d'un sujet bien contemporain, les relations entre
hommes et femmes, où il ne faut pas moins que les fantaisies
de la fable pour adoucir l'amertume ... de certaines vérités.
»
7,50
euros (code de commande : 7891).
PIOVENE (Guido) Pitié
contre pitié. Pietà contro Pietà. Traduit de l'italien par Suzanne Hotelier
et Paul-Henri Michel. Paris, Laffont, 1947 (8e édition).
In-12 broché, 316 p., (collection « Pavillons »),
exemplaire non coupé.
9 euros (code de commande
: 114/64).
POLO (Marco) :
voyez la page voyages.
PONTIGGIA
(Giuseppe) Vie des hommes non illustres. Traduit de l'italien par
François bouchard. Paris, Albin Michel, 1995. In-8°
broché, 314 p., (collection « Les Grandes Traductions
»).
En quatrième
de couverture :
« Il n'est pas d'homme dont la vie ne soit riche de violences,
de bouleversements dramatiques et de situations comiques, de
moments grandioses, de déchéances et de rédemptions.
Giuseppe Pontiggia en apporte une brillante illustration à
travers ces dix-huit biographies imaginaires. Dix-huit personnages,
hommes ou femmes du XXe siècle, d'origines et de professions
diverses, dont il évoque avec une précision d'historien
les expériences les plus mémorables : émotions,
rencontres, amours, manies, rêves, mésaventures,
angoisses, bonheurs.
Au fil de ces brèves chroniques intimes, une constante
se fait jour : les événements décisifs d'une
existence ne peuvent être réduits à des faits
; ils ressortissent à une mythologie familière
et personnelle, à un entrelacs sous-jacent de sentiments,
de souvenirs et de désirs secrets, une vie parallèle,
souvent clandestine et ignorée. Jouant non sans humour
les anti-Plutarque, l'auteur de La Comptabilité céleste,
du Rayon d'ombre et du Joueur invisible s'est plu
à souligner le caractère exceptionnel de toute
vie humaine, même la plus ordinaire. Avec ce livre inventif
et novateur, d'une écriture raffinée, à
la fois limpide et complexe, Pontiggia confirme sa place prépondérante
dans la littérature italienne contemporaine. »
12,50
euros (code de commande : 7892).
PRATOLINI (Vasco)
Chronique des pauvres amants. (Chronache
di poveri amanti.) Traduit
de l'italien par Gennie Luccioni. Préface d'Armand
Pierhal. Paris, Albin Michel, 1950. [2e mille.] In-8°
broché, 413 p., exemplaire non coupé et à
l'état de neuf.
Extrait de l'introduction
:
« À la vérité, ce sont quatre romans
que nous offrent ces Cronache, où s'entrelacent
quatre destins d'amoureuses. Le lecteur soucieux de méthode
pourra relever leurs noms vers la fin du chapitre premier : Aurora
Cecchi, fille d'un balayeur ; Milena Bellini, fille d'un petit
fonctionnaire judiciaire ; Bianca Quagliolti, fille d'un confiseur
ambulant ; Clara Lucatelli, fille d'un terrassier. Humbles, pauvres
amantes comme on voit. Et leurs amoureux ne sont guère
situés plus haut sur l'échelle sociale. Le plus
fortuné tiendra une épicerie achalandée,
qui sera d'ailleurs à l'origine de son malheur ; un autre
est apprenti typographe ; un troisième, employé
de chemin de fer. Les filles sont à cet âge où
l'amour est la grande, la seule affaire de la vie. La plus jeune
a 17 ans, l'aînée a vu fleurir à peine plus
de vingt printemps, lorsque commence l'histoire, par une étouffante
soirée de juin 1925.
Car les événements privés que celle chronique
relate s'insèrent dans un laps déterminé
de la durée historique : les années 1925 et 1926.
C'est l'époque où le régime fasciste établi
depuis bientôt trois ans, s'occupe activement de consolider
son pouvoir ; où il matraque encore les récalcitrants,
mais déjà de moins bon cur, désavouant
ostensiblement la violence. Il ne rencontre d'adversaire sérieux
sur sa route que le parti communiste, réfugié dans
la clandestinité. Mais on se méprendrait en voyant
dans les Cronache un roman politique. C'est l'incidence
des événements politiques sur la vie de ses personnages
qui intéresse le romancier. Son tableau n'eût pas
été complet s'il en avait omis la politique, alors
qu'elle intervient d'une manière si directe dans la vie
des gens.
Il n'est pas douteux que l'auteur témoigne à son
héros communiste une affection particulière ; c'est
qu'il incarnait alors la lutte la plus active et courageuse pour
la liberté de l'bomme. L'apostrophant quelque part, il
s'écrie : « Tu n'as peut-être jamais lu une
ligne du Capital ; rien qu'à le voir, ce livre,
on s'endort. Est-ce à cause de la théorie de la
plus-value, ou parce que ton cur est blessé, que
tu es devenu communiste ? » D'autre part, il ne noircit
pas inutilement ses persannages fascistes, il ne les charge pas
jusqu'à la caricature, ils restent humains et d'une parfaite
« véridicité ». Encore une fois, Pratolini
est avant tout un romancier. »
10
euros (code de commande : 7906).
[PRATT
(Hugo)]. GUILBERT (Jean-Claude) Hugo Pratt. La traversée du labyrinthe. [Biographie illustrée.] Paris,
Presses de la Renaissance, 2006. In-8° broché, 505
p., illustrations en noir et en couleurs.
En quatrième
de couverture :
« Voyage initiatique en cinq étapes
qui correspondent aux cinq parcours secrets d'un labyrinthe intime,
le livre de Jean-Claude Guilbert comble un vide. Car à
l'instar de Corto Maltese, son personnage emblématique,
Hugo Pratt est un mystère. Son univers où
s'entremêlent sources d'inspiration livresques et destins
réels de perdants magnifiques, plongés dans des
aventures improbables aux marges de la grande histoire
est si touffu, si codé, que ses nombreux fans ne cessent
de s'interroger sur le dessein caché de tant de pistes
à peine visibles. Chez Pratt, un épisode en apparence
anodin nous entraîne souvent dans un tourbillon de poésie
à l'imaginaire si puissant qu'il n'est pas toujours aisé
d'en sortir. C'est ainsi que la fascination opère chez
cet auteur hors norme de la bande dessinée qui n'a cessé
d'agir en démiurge.
Ami très proche du grand Hugo, Jean-Claude
Guilbert nous convie ici à un périple dont la trame
déborde les limites traditionnelles de la biographie.
D'une originalité affirmée, libéré
des conventions du genre, illustré de nombreux documents
iconographiques, le présent ouvrage est à bien
des égards le livre définitif consacré
à l'un des génies les plus influents de la BD.
Mélange de bribes de vie, d'aventures vraiment vécues
et d'autres vécues tout aussi intensément mais
dans un monde irréel, La traversée du labyrinthe
renouvelle le genre biographique pour entrer de plain-pied dans
l'évocation littéraire. Car le talent d'écrivain
de Jean-Claude Guilbert est un élément essentiel
de cet exercice d'admiration. »
12 euros (code de commande
: 12938).
PRAZ (Mario)
Le monde que j'ai vu. Traduit de l'italien par Jacques Michaut-Paternò.
Préface de Marc Fumaroli. Paris, Julliard, 1988.
In-8° broché, XX, 446 p., cachet d'appartenance
à la page de garde.
En quatrième
de couverture d'une édition postérieure :
« Praz en voyage ! J'ai été le premier surpris
quand j'ai découvert dans ce livre cette face cachée
du personnage et de l'écrivain. Je l'imaginais sédentaire,
enfermé même. Il avait donc couru le monde, si souvent,
si loin, et avec quel appétit ! Comment avait-il trouvé
le temps de faire tant de livres, de voyager autant, et d'écrire
autant de récits de voyage ? J'avais sous-estimé
sa mémoire prodigieuse, qui lui rendait l'érudition
facile, qui faisait de lui une sorte de Borges italien, une corne
d'abondance.
Il était fatal qu'un historien à ce point pénétré
de la civilisation du XIXe siècle l'eût continuée
dans l'un des exercices spirituels qui lui furent les plus chers,
et qu'elle porta à la hauteur d'un grand art : le voyage
et le récit de voyage.
Dans ce livre qui est une véritable petite bibliothèque
des voyages en même temps qu'un art de voyager, la sensibilité
esthétique, quand elle est à ce degré avertie,
se révèle un style vigilant d'être au monde,
et l'un des modes les plus rigoureux de l'amour. Une «
gaie science » qui sait ravaler ses larmes. »
10 euros (code de commande
: 7898).
PRAZ
(Mario) Le pacte avec le serpent. Tome II. Traduit de l'italien par Constance
Thompson Pasquali. Paris, Christian Bourgois, 1990. In-8°
broché, 343 p., (collection « Les Derniers Mots
»), cachet d'appartenance à la page de garde.
En quatrième
de couverture :
« Wyndham Lewis l'a désigné, comme son «
Prince diabolique » et Edmund Wilson l'a salué chapeau
bas. Alberto Arbasino l'a qualifié d'anglologue
et s'est exclamé : « Voici donc un érudit
qui est aussi un écrivain : classificateur, styliste,
adonné non pas à la mode, mais au goût...,
au fascinant caprice, à l'excentricité enchanteresse.
» Et Italo Calvino a décrit avec admiration sa vocation
qui s'est forgée « dans la fréquentation
des Anglais excentriques qui séjournaient jadis en Italie...,
dans ses promenades à travers Londres, en quête
des lieux décrits par Charles Lamb. »
Dans ce second volume du Pacte avec le serpent, Praz nous
incite à redécouvrir les écrivains britanniques
les plus singuliers, de Walter Pater à Max Beerbohm, d'Oscar
Wilde à George Moore. Puis il nous révèle
les visages déconcertants de Gabriele D'Annunzio, tel
qu'en lui-même la légende le change. »
10 euros (code de commande
: 8569).
PRAZ (Mario) Le pacte avec le serpent.
Tome III. Traduit de l'italien
par Constance Thompson Pasquali. Paris, Christian Bourgois, 1991.
In-8° broché, 206 p., (collection « Les Derniers
Mots »), marque manuscrite d'appartenance au verso de la
couverture.
En quatrième
de couverture :
« Il y a, depuis la Renaissance, au sein de l'intelligentsia
occidentale une famille attachante, à peine secrète,
dont les membres se font des signes à travers les âges
; ils se lisent et se commentent volontiers les uns les autres,
(... ) toujours tentés de remonter aux origines païennes,
obscures, cruelles, des cultes et des croyances, à bonne
distance du présent et de ses vicissitudes incompréhensibles
(... ) ; bref, des espèces de sages-malgré-eux
défendus contre la grandiloquence des philosophes par
l'ironie, contre les naïvetés des doctrinaires par
la recherche savante, la philologie, et contre les facilités
de la narration historique accréditée par une exigence
critique intraitable généralement souriante, mais
souvent moqueuse ; c'est la famille des « libertins érudits
», la famille de Mario Praz. » (André Chastel)
Dans ce dernier tome du Pacte avec le serpent, Mario Praz
s'attache à deux grandes démarches esthétiques
: celle de Gabriele D'Annunzio et celle de Marcel Proust. »
5 euros (code de commande
: 8570).
SATTA
(Salvatore) Le jour du jugement. [Titre original : Il giorno del giudizio.]
Traduit de l'italien par Nino Frank. Paris, Gallimard, 1981.
In-8° broché, 321 p., (collection « Du
Monde Entier »), couverture légèrement
défraîchie.
En quatrième
de couverture :
« Comme Le guêpard
de Lampedusa, ce livre est d'un homme venu à la littérature
sur le tard, dans le but de sauver de l'oubli un passé
qui lui tient à cur : celui de sa ville natale,
Nuoro, au centre de cette Sardaigne où les Italiens sont
considérés comme des sortes d'étrangers.
La saga de Nuoro, qui se déroule à
la fin du siècle dernier et au début du nôtre,
est dominée par la figure du notaire Don Sebastiano Sanna.
Il est le témoin privilégié du narrateur
puisque sa position lui permet de tout savoir de la petite ville
surplombant comme une acropole son cimetière, le seul
lieu de réunion véritable pour ses habitants qu'une
vitalité fébrile submerge dès que le glas
sonne pour l'un d'entre eux.
Hors d'atteinte des événements
historiques et presque hors du temps, Nuoro grouille d'une humanité
livrée sans trêve aux passions de la haine ou de
l'amour mûries lentement dans la solitude et la méfiance :
notables et bergers, voleurs de troupeaux et gens d'Église,
instituteurs, mendiants, avocats et prostituées. De sorte
que, débordant la chronique familiale du notaire, des
scènes d'une rigoureuse précision imposent au fil
des pages des personnages hauts en couleurs : tel qui réussit
à déshériter les siens au profit de l'hôpital ;
et tel autre qui, enrichi par un héritage, part pour Milan
et ne tarde pas à revenir démuni au pays, où,
escorté par tous les morts qu'il a connus, il va se pendre
à un arbre du cimetière. Il y a aussi le boutiquier,
socialiste par rancune, qui rêve de devenir député,
et la sur du curé qui perd la foi et devient folle
le jour où, avec la mort de son frère chanoine,
Dieu semble déserter la maison...
Avec eux, et bien d'autres, toute une culture,
avec ses caractéristiques sociales et géographiques,
ses structures économiques, ses murs ancestrales,
se trouve ressuscitée avec ferveur et minutie. Et l'on
ne dit rien de l'art avec lequel les silhouettes inclinées
du passé se redressent vers le soleil de la mémoire
pour affronter le jugement dernier du romancier, qui demeure
imperturbable et implacable, au milieu d'une sarabande où
chacun, à la vitesse de ses pulsions, court, se perd et
se damne. »
8 euros (code de commande
: 12939).
SAVINIO
(Alberto) Enfance de Nivasio Dolcemare. Récit autobiographique. [Titre original :
Infanzia di Nivasio Dolcemare.] Traduit de l'italien par
Ariel Piasecki. Paris, Gallimard, 1989. In-8° collé,
167 p., (collection « Du Monde Entier »).
En quatrième
de couverture :
Ce
livre n'est pas une autobiographie, mais une rêverie délibérée
que l'auteur, né cinquante ans auparavant à Athènes,
laisse se dérouler au sujet de son enfance. Ici, c'est
l'imagination qui dévide l'écheveau du souvenir,
de sorte que les grandes ombres de l'Olympe croisent, au fil
des pages, les représentants les plus en vue d'une Europe
cosmopolite en transit dans la capitale grecque.
Des aristocrates, des diplomates, des dames
jupitériennes qui incarnent l'éternel féminin,
des artistes en tout genre défilent ou se produisent dans
les salons de la villa Dolcemare. Savinio les évoque avec
une sorte de cocasserie qui en fait de sautillantes marionnettes
de Labiche.
Par ailleurs, il y a ce Dieu de l'église
orthodoxe que l'enfant suppose caché derrière le
rideau rouge, au centre de l'iconostase, et à qui il rend
visite à l'insu de ses parents et, surtout, de son Dieu
à lui, qui est catholique... Mais la scène capitale
du passé est peut-être celle de la vision des seins
de Cléopâtre, la jeune domestique : elle a suscité
en lui l'éveil des sens. Et marqué, par là
même, la fin de l'enfance.
7 euros (code de commande
: 19612).
SCARPA
(TIziano) Stabat Mater. Traduit
de l'italien par Dominique Vittoz. Paris, Bourgois, 2011. In-8°
collé, 141 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
Cecilia
vit dans l'orphelinat abrité par l'hospice de la Pietà,
à Venise, où elle a été recueillie
à sa naissance, quand sa mère l'a abandonnée.
Elle y mène une vie rangée, partagée entre
la routine rigoureuse du pensionnat et le violon qu'elle joue
chaque jour à l'église. Dans cet univers confiné
et reclus où Cecila évolue, la musique est sa seule
source de joie et de réconfort, tandis que chaque nuit
l'absence de sa mère la fait cruellement souffrir. Mais
tout change l'année de ses seize ans, lorsqu'un nouveau
professeur de musique vient remplacer le vieil abbé besogneux
qui officiait auparavant : un jeune prêtre aux cheveux
roux qui n'est autre qu'Antonio Vivaldi. Rendant compte du destin
de nombreuses jeunes filles ayant appartenu à la maîtrise
instrumentale de la Pietà, renommée à travers
toute l'Europe, Tiziano Scarpa bâtit une fiction poignante
qui est tout autant une enquête qu'un hommage au compositeur
de génie qu'il admire depuis son enfance, ainsi qu'à
ses brillantes interprètes.
8 euros (code de commande
: 18850).
SILONE
(Ignazio) Une poignée de mûres. [Titre original : Una manciata di more.]
Traduit de l'italien par Jean-Paul Samson. Paris, Club Français
du Livre, 1954. In-8° sous reliure d'éditeur et composé
d'après les maquettes de Jacques Darche, 375, [8 (notice
biographique)] p., un portrait, (collection « Romans »,
n° 162), exemplaire numéroté (n° 6569).
Extrait de la notice
biographique :
En
1953, avec Une Poignée de mûres, Ignazio
Silone donne son chef-d'uvre. Dans un coin des Abruzzes,
coin misérable et sauvage, à l'écart de
tous les changements, quelques familles possèdent ancestralement
la terre, unique forme de richesse. Par violence et par ruse,
avec la complicité de tous les pouvoirs successifs, elles
maintiennent à travers les âges leur domination
sur les paysans pauvres, sur les cafoni. Les cafoni, dans
ce monde à part, forment une classe à part. Ignazio
Silone qui parle comme l'un d'eux à tous les autres, les
décrit sans complaisance, ignorants, crédules,
attardés mais non pas passifs, car le moindre d'entre
eux garde, à tout instant, le sentiment obstiné
de son droit et la certitude religieuse que l'heure de la justice
sonnera un jour.
Au moment où commence Une Poignée
de mûres, cette heure semble enfin venue. Le fascisme
s'écroule, la libération survient, la guerre finit.
À la faveur des bouleversements dont leur parvient l'écho
lointain, les cafoni tentent d'agir selon leur conscience
et établissent un socialisme spontané. Mais les
chefs communistes officiels, étrangers venus des villes,
bardés de théories et d'arrière-pensées
accaparent le mouvement et en tarissent la source vive. Bientôt,
sacrifiant les plus pauvres, ils pactisent avec l'ancienne tyrannie.
Rien n'est changé pour les malheureux
cafoni. L'histoire qui les a effleurés les laisse
dans leur solitude.
Ce drame d'une occasion manquée, d'une
duperie historique est pourtant plein d'espérance.
La foi des cafoni résiste à
toute désillusion ; déçue elle ne meurt
pas, mais s'en remet à l'avenir. Ainsi, quand le vieux
juif exilé meurt, tandis que sa fille lit à voix
haute le Livre de Job, il demande au prêtre catholique
de lui parler de la « commune filiation du genre humain ».
Ainsi Lazare, le vieux cafone en qui se retrouvent tous
ses frères. Une première fois, sous le fascisme,
il a caché le clairon qui sert à rassembler les
cafoni et qui est pour eux le symbole de la liberté. Après
la trahison du communisme officiel, il faut à nouveau
cacher l'instrument.
Dans combien de temps pourra-t-il
reparaître ? demande à Lazare une jeune femme,
et il répond :
Comment le saurais-je ? Ça
ne dépend pas de moi. Peut-être dans un an ou dans
vingt ou dans mille.
« Dans ce livre, a écrit
André Rousseaux, le romancier n'épilogue point
sur les problèmes spirituels de l'époque. Il n'explique
ni n'interprète rien. »
Une grande leçon serait sans portée
si elle n'était servie par un grand art. C'est encore
à son pays que Silone a emprunté le sien.
« Il consiste, en a-t-il dit lui-même,
à mettre une parole après l'autre, une phrase après
l'autre, une figure après l'autre, à exposer chaque
chose à son tour, sans allusion, sans sous-entendu, en
appelant le pain du pain, le vin du vin et l'ancien art de tisser,
l'ancien art de mettre un fil après l'autre, une couleur
après l'autre, avec insistance, clairement. »
13 euros (code de commande
: 18545).
SOLDATI (Mario) Les
lettres de Capri.
Traduit de l'italien par Paul-Henri Michel. Paris, Plon, 1956.
8e mille. In-12 broché, 309 p., (collection «
Feux Croisés »), ex-lbris dessiné par Francis
André.
En quatrième
de couverture :
« Les protagonistes des Lettres de Capri sont deux
epoux américains, unis par une estime réciproque,
mais sans amour. En Italie, aux temps troublés de la libération,
ils avaient connu l'un et l'autre, Harry auprès d'une
belle Romaine de murs faciles et Jane auprès d'un
jeune Italien dont on ne remarque d'abord que les bracelets et
les bagues, tous les émois de la sensualité. Le
mariage ne les assagit guère. Dans le secret, dans le
mensonge, dans la terreur obsédante d'un chantage et dans
le sentiment aigu de leur culpabilité, ils continuent
de vivre ou de rêver chacun de son côté
l'aventure de leur vie. Tout cela aboutit, d'abord, à
deux confessions : l'une, celle de l'épouse, entière
et dramatique, l'autre, celle du mari, réticente et à
peine esquissée ; puis à deux épilogues
où apparaissent, bien différentes pour chacun des
deux coupables, les punitions du destin.
L'analyse psychologique de ce roman magistral est servie par
une parfaite technique romanesque et un style éblouissant.
Les Lettres de Capri ont valu à Mario Soldati le
Prix Striga 1956, qui est l'équivalent du Goncourt. »
7,50 euros (code de commande
: 5792).
STARNONE
(Domenico) Via Gemito. Roman.
Traduit de l'italien par Alain Sarrabayrouse. Paris, Fayard,
2004. In-8° collé, 364 p., (collection « Littérature
Étrangère »).
En quatrième
de couverture :
À
la mort de son père Federi, le narrateur entreprend de
retracer la vie de cet homme fantasque et impulsif, cheminot
le jour, artiste peintre le soir, faisant progressivement émerger
le portrait en clair-obscur d'un personnage à la fois
effrayant et fascinant, excessif et passionné, dans la
Naples des années cinquante. Son fils aîné
rend un hommage ambivalent à cette figure paternelle omniprésente
dans le récit comme elle le fut dans la famille, tout
entière soumise à son bon vouloir et à ses
caprices. Violent, mégalomane et paranoïaque, Federi
est un artiste illuminé, dévoré par la flamme
de son art, auquel il soumet tout le reste sa vie,
mais aussi celle de sa famille, écrasée par sa
volonté tyrannique. La belle Rusinè, sa femme,
volubile et charmante, et à qui Federi ne cesse de reprocher
sa séduction, en est la première victime.
Par touches et retouches successives des différentes
strates de souvenirs qui affleurent à sa mémoire,
le narrateur ouvre une à une les fenêtres de son
passé, de cet appartement de la via Gemito où il
vécut entouré d'une famille nombreuse et haute
en couleur, et revit ainsi son enfance marquée par l'inquiétude,
le respect et la terreur que lui inspira Federi. Un requiem baroque,
imprégné de la verdeur du dialecte napolitain,
pour un père qui refuse de mourir tout à fait.
10 euros (code de commande
: 19399).
[SVEVO (Italo)]. Italo Svevo et
Trieste. Paris, Centre Pompidou,
1987. In-8° broché, 376 p., illustrations., (collection
« Cahiers pour un Temps »).
@
« Une série
de texte porte sur Svevo lui-même (M. Fusco,
G. Piroué, N. Frank, C.Magris), les autres donnent une
idée de la richesse littéraire de Trieste et ce
à travers des études (G. Bosetti, Y. Hersant, E.
Bavcar) et des inédits en français (R. Bazlen,
U.Sba, C. Michelstaedter et E. Montale). »
15 euros (code de commande
: 138/64).
TASSE (Torquato
Tasso dit Le)
La Jérusalem délivrée. Gand, La Sixaine, 1947.
In-8° broché, 116 p., couverture rempliée,
exemplaire numéroté et non coupé.
10 euros (code de commande
: 5262).
[TRILUSSA (pseudonyme
de Carlo Alberto Salustri)]. CHAZAI (Louis) Un fabuliste italien.
Trilussa.
Genève, Pierre Cailler, 1949. In-8° broché, 45 p., couverture
rempliée, (« Collection d'Études et de Documents
Littéraires », n° 7), tirage limité à
500 exemplaires numérotés, peu courant.
Extrait :
« Qui est donc ce Trilussa, dont on peut affirmer qu'il
mérite infiniment plus d'être connu ici que maints
écrivailleurs italiens dont les ouvrages ont eu en pays
de langue française de nombreuses traductions ? Il mérite
d'être connu ici car ses boutades cinglantes, ses mordantes
satires, ses fines railleries, l'apparentent à ce que
l'humorisme français a de meilleur.
Trilussa est un pseudonyme. Le poète s'appelle en réalité
Carlo Alberto Salustri (Trilussa est l'anagramme de ce nom).
Il nacquit à Rome en 1873. Il fit ses études dans
un établissement dirigé par des Pères, ce
qui ne l'empécha pas plus tard de leur décocher
quelques-unes de ses flèches les plus affilées.
Ses premières poésies lui valurent tout de suite
une certaine notoriété : elles se ressentent fortement
du milieu petit bourgeois où vivait leur auteur, mais
sont cependant différentes de celles de ses prédécesseurs.
[...] »
8
euros (code de commande : 7902).
[UNGARETTI]. Giuseppe Ungaretti,
vie d'un homme. Poésie 1917-1970. Traduit de l'italien par Ph. Jaccottet, P.-J.
Jouve, J. Lescure, A. Pieyre de Mandiargues, F. Ponge et Armand
Robin. Préface de Ph. Jaccottet. Paris, Éditions
de Minuit/Gallimard, 1973. In-8° broché, 358 p.
13
euros (code de commande : 7446).
VERALDI
(Attilio) Pour service rendu. Traduit de l'italien par Bruno Granazio et Dominique
Blanckaert. S.l., Audibert, 2004. In-8° broché, 343
p..
En quatrième
de couverture :
« Naples, 1976. Pourquoi Giulia Miletti, la fille de l'homme
le plus riche et le plus corrompu de la ville a-t-elle pris la
fuite ? De quel document compromettant s'est-elle emparé
avant de disparaître ? Qui a noyé dans sa baignoire
Tina, la quatrième femme de Don Michele, et égorgé
son amant Pino Gargiulo ? Que sait au juste Casali, l'associé
et le rival de Don Michele du fabuleux contrat de 5 milliards
de lires dont son partenaire ne lui a soufflé mot ? C'est
Alessandro Iovine, dit Sasà, un avocaillon fiscaliste,
que Don Michele charge de découvrir la vérité,
de lui rendre un ultime service. Mais la piste de Giulia est
jonchée de cadavres... Et notre détective ne court
pas seulement après la fin mot de l'affaire. S'il réussit,
une belle somme d'argent l'attend, en Suisse. On lira avec passion
ce superbe roman chandlerien à l'italienne, mieux... à
la napolitaine ! »
12 euros (code de commande
: 8883). |