AFRIQUE DU NORD

 Page proposée par la librairie
L'Oiseau-Lire
Pour commander
Retour à la page des listes thématiques

Nouvelle(s) entrée(s)

 

COISSAC DE CHAVREBIÈRE [J.-B.] — Histoire du Maroc. Paris, Payot, 1931. In-8° demi-chagrin brun à coins, dos à 4 nerfs, couverture conservée, 554 p., illustrations, (collection « Bibliothèque Historique »).
Préface :
   Les érudits arabisants et berbérisants doivent entreprendre une histoire du Maroc sur un vaste plan : cette œuvre est attendue, et grâce à leurs admirables travaux, les sources indigènes et étrangères sont maintenant suffisantes pour alimenter de nombreux volumes. Mon labeur est, s'ils me permettent de leur adresser cet hommage, celui du glaneur dans le champ qu'ils ont moissonné, et dont j'ai recueilli des épis dispersés, ou plus souvent arrachés à même les gerbes. Les auteurs arabes ou étrangers qui ont – depuis le XIe siècle de notre ère jusqu'aux grandes œuvres réalisées par les Charles de Foucauld, les Michaux-Bellaire, les De Castries, les membres de la Section Historique du Maroc, les professeurs de l'Institut des Hautes-Études marocaines – figuré dans les bibliothèques et les catalogues, je les ai consultés pour la plupart à la Bibliothèque du Protectorat, à Rabat. De précieux loisirs m'ont permis, pendant les cinq ans d'enseignement que j'ai passés au Collège Moulay Youssef, de me consacrer à des recherches dont cet ouvrage est la mise au point. Deux longs séjours au Maroc facilités, depuis, par la haute faveur de M. le Directeur général de l'Instruction publique, ont procuré à ma documentation ses éléments les plus récents. Mes voyages à travers le pays ont fixé certains traits du paysage, des attitudes et des mœurs dont je me suis servi pour orner ça et là mes nomenclatures.
   J'ai tenté de présenter dès le début l'histoire d'un mouvement dont les origines sont certainement méditerranéennes, par les peuplades qui s'y rencontrent et les courants de civilisation qui les réunissent, par les influences successives des Phéniciens, de Carthage, de Rome, de la Bétique romaine et de Byzance. Vingt siècles de vie intérieure et d'échanges avec le dehors, plus que ne comporte l'histoire du Maghreb islamique, ont déterminé ou accentué le caractère propre de l'Afrique du Nord et, surtout au Maroc, les traits ineffaçables de la race berbère.
   L'enfant est le père de l'homme. L'on comprendra donc pourquoi l'histoire du Maroc avant l'Islam occupe ici une place qui n'a jamais encore été accordée par les précédents historiens. La répugnance des Berbères à se plier au régime du Makhzen, ignorant de leurs coutumes régionales et locales, adversaire de leurs tendances innées vers la démocratie clanique ou la confédération autonome, leurs luttes pour ou contre les gouvernements méditerranéens plus évolués, tels que l'empire romain, et leur persévérant effort à se replier sur eux-mêmes pour protéger leurs raisons d'être et de durer, voilà le fait permanent, essentiel de l'histoire du Maroc, celui qu'il faut mettre en lumière.
   Quel eût été l'avenir de ce pays sans les Arabes ? Dans quelle route historique se seraient engagés les Berbères, les Berbéro-Libyens, accrus des peuplades nouvelles que les invasions nordiques auraient jetées en plus grand nombre sur leurs côtes, après le fléchissement du monde romain ? L'hypothèse ne se pose pas, mais il est certain que le Maroc devenu musulman ne perdit pas toutes ses qualités originelles et que, s'il fit une place aux Arabes, il en fit une aussi large, dans le cours des siècles, aux milices chrétiennes, aux esclaves chrétiens, aux femmes déportées en masse dans les harems, aux renégats, aux pirates, aux Andalous, aux artistes et aux savants trempés de civilisation méditerranéenne par Byzance, la Grèce et Rome.
   En rouvrant largement ses portes aux mêmes influences ethniques et sociales, le Maroc, même musulman, ne perd aucune de ses qualités natives ; il exige seulement qu'on tienne compte de son passé, de tout son passé pour enrichir son patrimoine : les survivances en sont manifestes, vivaces et déjà fécondes.
   Tel est l'esprit qui anime cet ouvrage. Il n'est pas systématisé en une thèse dont la rigueur ne saurait expliquer tous les faits. Depuis les Idrissides jusqu'à l'actuel présent, le Makhzen musulman a tenu si longtemps et souvent avec tant d'éclat les destinées du Maroc en son pouvoir, qu'il faut l'étudier avec soin, le critiquer avec déférence, le soutenir avec sincérité, tout en affirmant que la France a le devoir et le droit de protéger, non une partie, mais les formes diverses et essentielles de la pensée, du caractère et de la vie profonde du peuple marocain tout entier.

20 euros (code de commande : 15952 - vendu).

 

Pour être informé des mises à jour de cette page


 

AGERON (Charles-Robert) — Politiques coloniales au Maghreb. Paris, Presses Universitaires de France, 1972. In-8° broché, 291 p., (collection « Hier »), couverture un peu défraîchie.
Avertissement :
   Ce recueil d'études est né du souhait formulé par plusieurs jeunes chercheurs maghrébins de voir rassembler sous une forme commode quelques-uns des articles que j'ai consacrés à l'histoire de la politique française au Maghreb et à l'évolution de l'Algérie coloniale. Si, grâce à la compréhension des Presses Universitaires de France, j'ai pu accéder à leur demande, je m'en réjouis. Non par vanité d'auteur, mais dans l'espoir de faciliter ainsi la recherche en histoire coloniale et maghrébine, ne serait-ce qu'en lui évitant les redites inutiles. Un professeur ne peut que déplorer, tant sont vastes et nombreux les champs de la recherche historique, que, par méconnaissance des travaux antérieurs, déjeunes chercheurs s'engagent en toute bonne foi sur des terrains déjà connus et négligent l'exploration des terres nouvelles.
   On trouvera donc dans cet ouvrage, outre des textes inédits, quelques-uns des dix-huit articles que j'ai publiés dans diverses revues françaises et algériennes, regroupés autour des thèmes essentiels de mes recherches. Quatre ont été retenus : Aux origines de l'Algérie française ; Mythes et politique coloniale française ; Socialistes et communistes devant la question algérienne ; L'Algérie algérienne.
   Parlant des origines de l'Algérie française, je n'ai pu faire figurer ici, comme je l'aurais souhaité, quelques-unes des pages de ma thèse inédite : Le gouvernement du général Berthezène à Alger (1831), car on ne choisit pas aisément dans un gros manuscrit un chapitre qui se suffise à lui-même. En revanche j'ai pu reprendre une étude publiée en 1964 dans la revue Preuves (n° 163 et 164) et consacrée aux négociations entre « Abd el-Kader et les généraux français Desmichels et Bugeaud », ainsi qu'un long article sur « L'évolution politique de l'Algérie sous le Second Empire » donné naguère à L'Information historique.
   Second thème retenu : celui des mythes qui ont inspiré la politique coloniale française au Maghreb et au Levant. Concernant le Proche-Orient, on verra comment l'idée curieuse de faire d'Abd el-Kader le souverain d'un « Royaume arabe » d'Orient a pu inspirer au moins partiellement la politique arabe de Napoléon III et l'intervention française en Sjrie de 1860. La politique kabyle en Algérie et la politique berbère au Maroc m'ont paru dès longtemps (depuis que je posais la question dans la Revue historique d'avril 1960 : La France a-t-elle eu une politique kabyle ?) avoir été les véritables clés de la « politique indigène » de la France au Maghreb. J'estime en avoir fourni la démonstration. Après avoir étudié dans un article de 1967, que l'on n'a pu reprendre ici, ce que furent le mythe kabyle et la politique qu'il commanda sous le Second Empire, j'ai consacré au même sujet, mais pour les années 1871 à 1919, deux chapitres de mon livre Les Algériens musulmans et la France (P.U.F., 1968). Le transfert de cette politique et du mythe qui l'inspira devait donner naissance au Maroc à la célèbre politique berbère. « La politique berbère du protectorat marocain » étudiée ici jusqu'en 1934 forme donc le troisième volet de ce triptyque.
   Retrouver ce que furent exactement les attitudes des socialistes français, et notamment de Jaurès, face à la question algérienne de 1895 à 1914, puis celle des premiers communistes français étudiée ici de 1921 à 1924, m'a semblé et me semble encore un thème fécond. Même s'il demande à être largement complété et prolongé pour justifier de véritables conclusions scientifiques, on trouvera ici l'amorce de ce travail et mes conclusions provisoires, celles de 1963 et celles de 1971.
   Enfin, j'ai rassemblé sous le titre L'Algérie algérienne trois articles dont deux furent publiés à des dates diverses dans la Revue d'Histoire du Maghreb et la Revue de l'Occident musulman. Le premier, concernant « l'insurrection algérienne de 1871 », est, sous sa forme présente, inédit, Le Monde n'ayant publié qu'une version très abrégée de ce texte. Les deux autres s'efforcent de saisir comment évoluait après 1919 l'Algérie musulmane, comment elle tendait à s'affirmer une Algérie « algérienne ». « L'émir Khaled fut-il le premier nationaliste algérien ? » Quel était le sort des « paysans du Constantinois pendant la crise économique » ? Autant de questions auxquelles il est répondu de manière précise, sinon exhaustive.
   Ce recueil, d'où ont été éliminées plusieurs études inédites, qui paraîtront dans un ouvrage ultérieur consacré à l'Algérie entre 1871 et 1939, n'appelle nulle conclusion. Il représente un moment de la recherche de l'auteur, une étape de sa réflexion. Il veut être un instrument au service de tous ceux que, par vocation ou par naissance, par métier ou par goût, l'histoire du Maghreb intéresse, de tous ceux qui cherchent à comprendre ce que furent réellement la politique coloniale de la France et les réactions de son opinion. L'auteur a constamment cherché à échapper aux passions chauvines de la vieille histoire coloniale, comme aux pressions de la propagande anticolonialiste. Y est-il parvenu ? Ce n'est pas à lui de répondre.

15 euros (code de commande : 02630).

 

BERNUS (Edmond) et DUROU (Jean-Marc) Touaregs un peuple du désert. Préface de Théodore Monod. Paris, Laffont, 1996. Fort in-4° sous reliure, jaquette et étui d'éditeur, 331 p., très belles reproductions en couleurs, exemplaire à l'état de neuf.
En quatrième de couverture :
   Que connaît-on de ces Touaregs que l'on a autrefois rencontrés sans trop y croire dans les romans de Pierre Benoit et de Jules Verne, et que l'on a aperçus depuis à la télévision ou dans la presse, voilés de bleu et la kalachnikov à la main, au volant d'un véhicule tout-terrain ?
   L'intense beauté des paysages presque immobiles depuis l'aube des temps, et ces images du passé qui nous collent à la mémoire cachent une réalité plus complexe. Les Touaregs exploitent depuis des siècles un milieu aride, mais plus contrasté que celui du désert absolu toujours évoqué. D'ailleurs, la grande majorité d'entre eux ne vit pas dans le désert, mais dans les montagnes ou dans les régions sud-sahariennes, là où des arbres variés s'obstinent à pousser, là où des prairies d'herbes annuelles se lèvent en saison des pluies et où les mares occupent les bas-fonds plusieurs mois en saison sèche.
   Cet ouvrage, abondamment illustré de photos splendides, relate l'histoire de cette civilisation touarègue en l'abordant à travers différents thèmes qui s'entrecroisent et s'enchaînent : explorations et conquêtes, élevage et agriculture, art et culture, relations sociales, artisanat, diversités géographiques, révoltes et affrontements du passé au présent, témoignages récents et poèmes gravés à tout jamais sur la pierre...

75 euros (code de commande : 8518).

 

BOLLARDIÈRE (Général Jacques Pâris de) Bataille d'Alger, bataille de l'homme. 2e édition, 15e mille. S.l., Desclée de Brouwer, 1972. In-8° broché, 167 p.
En quatrième de couverture :
   En 1956, le général Jacques Pâris de Bollardière, commandant du secteur Est de l'Atlas blidéen, croit à la possibilité d'une politique de pacification. Comme tel, il refuse le recours à la torture, s'oppose au général Massu et demande à être relevé de son commandement. Ayant exposé publiquement sa position, il est condamné à soixante jours de forteresse. On se souvient de ce qu'on a appelé « l'affaire Bollardière ». En 1962, le putsch d'Alger le décide à quitter l'Armée. Depuis, il se consacre aux problèmes de la formation permanente des adultes.
   Son livre est la réponse d'un homme de guerre, d'un soldat de pure tradition, d'un esprit libre, à ceux qui pensent qu'il n'est pas de limites à la raison d'État, comme à ceux qui, sous tous les régimes, participent à ce mal de notre époque : la dévaluation de l'humain.

9 euros (code de commande : 11313).

 

BLANGUERNON (Claude) — Le Hoggar. Nouvelle édition revue et augmentée. Paris, Arthaud, 1973. In-8° sous reliure d’éditeur, 276 p., 53 héliogravures hors texte.
Avant-propos :
   Lorsque la première édition de cet ouvrage parut, en 1955, le Hoggar commençait de s'ouvrir au grand tourisme. Le nombre de voyageurs venus soit en voitures particulières, soit en avion, s'accroissait rapidement, de même que celui des expéditions alpines attirées par les pics vierges du massif. Il y eut les traversées fulgurantes des participants au rallye Alger-Le Cap. Des savants de toutes disciplines s'intéressèrent au pays, et de hauts personnages n'hésitèrent pas à délaisser leurs bureaux pour vérifier sur place les rapports de leurs subordonnés. Nous vîmes aussi des journalistes, français, étrangers, avides d'informations inédites, d'autres plus objectifs, groupés en caravane, écoutant sagement experts et conférenciers. Mais le plus grand nombre de visiteurs provenait des voyages organisés par des agences ou par le T. G. F.
   Beaucoup de ces touristes possédaient cet ouvrage, et venaient me demander de le dédicacer. C'est ainsi que j'ai pu savoir que certaines personnes qui avaient entrepris ce voyage aimaient à se documenter par avance, afin de pouvoir mieux orienter ensuite leurs observations et goûter plus intensément les impressions du dépaysement. D'autres touristes, moins nombreux à vrai dire, préféraient avoir une première vision personnelle et gardaient l'ouvrage pour le retour afin de prolonger les émotions éprouvées lors des promenades dans les montagnes et des rencontres avec les Touareg.
   Puis vint le temps où des équipes de prospecteurs sillonnèrent le Hoggar en tous sens pour tenter de dresser l'inventaire des ressources minières du pays, de multiples chantiers furent ouverts loin de Tamanrasset, employant un nombreux personnel autochtone. J'eus alors la satisfaction de constater que mon ouvrage permettait aux nouveaux arrivants de se faire rapidement une idée de l'ambiance dans laquelle ils devraient vivre et de s'adapter aisément aux contacts quotidiens avec des gens d'une langue et d'une culture différentes.
   Dans une seconde édition, j'ai ajouté des observations sur l'évolution sociale qui s'est manifestée de 1955 à 1961, alors que la civilisation industrielle venait pour la première fois au contact des Kel Hoggar. La nouvelle édition de 1972 tient à conserver à l'ouvrage l'essentiel de ce qui a fait le succès des éditions précédentes : c'est-à-dire l'exposé des caractères géographiques du pays, les aspects traditionnels de la vie humaine ainsi que divers renseignements fournis en appendice. En quelques années, de profondes modifications sont apparues. Il était nécessaire de les noter, afin de mettre en évidence combien le Hoggar, qui était autrefois une entité humaine et sociale distincte des autres régions, est lié à présent à l'Algérie dont il fait partie intégrante. On trouvera dans un nouveau chapitre un aperçu des réalisations, des tendances et des projets qui viennent bousculer les structures sociales, les habitudes économiques et l'aspect même des habitants.
   La jeunesse du Hoggar est entraînée par une administration dynamique dans une voie qui l'éloigné des sentiers traditionnels. L'activité qui s'observe à Tamanrasset succède au calme suranné qui y régnait, il n'y a pas si longtemps. Dans une ville abondamment éclairée, un jeune Targui dirige une banque, un autre assure les liaisons radio d'une puissante société, son cousin, garagiste, dépanne les touristes et les administrations. Tous ceux qui furent les premiers élèves de nos écoles sont à présent secrétaires, météorologistes, sondeurs, chauffeurs, représentants d'Air-Algérie, de l'A.T.A. Nombreux sont ceux qui ont choisi le commerce. Ils gèrent leurs affaires d'une façon moderne. Téléphone en main, ils passent commande à Alger ou à Ghardaïa. L'esprit d'entreprise qui règne chez tous ces jeunes hommes permet de bien augurer de leur réussite.
   Il est évident qu'une page est tournée sous l'œil mélancolique, parfois narquois, des vieux nomades qui demeurent surpris, impuissants et amers devant la frénésie qui étreint leurs enfants. Il ne nous appartient pas de formuler des jugements de valeur. Qui donc d'ailleurs pourrait le faire ? Ce sera à l'histoire qui commence d'apporter témoignage. Elle jugera la somme des efforts entrepris, le courage des réalisateurs, le bien-fondé des choix, l'ampleur des réalisations dans le domaine sociologique. Elle appréciera les options dictées par les nécessités de survie dans un milieu désertique pour une population en proie à une croissante progression démographique.
   Depuis l'indépendance de l'Algérie, le Hoggar a amorcé une vie politique au sein de la République algérienne ; les conditions économiques ont sensiblement varié mais le tourisme qui renaît demeure pour le Hoggar la plus grande chance. La beauté grandiose des montagnes de l'Atakor, le site de Tamanrasset, le cirque de l'Ilamane, la sauvage grandeur des regs, les escarpements des gorges de l'Immidir, le charme particulier des nombreux centres de culture constituent un capital sûr, la véritable richesse de ce pays dont la population nomade et sédentaire possède un attrait que ressentent tous ceux qui l'ont connue, comprise et aimée.
   Je crois nécessaire de dire que cet ouvrage est avant tout destiné à éclairer les voyageurs qui prennent un premier contact avec le pays, et qu'il n'est qu'une base de départ pour des études plus approfondies, tant de spécialistes qualifiés ayant publié des études scientifiques sur le Hoggar ainsi qu'on en aura un aperçu dans la bibliographie.
Table des matières :
   Avant-propos.
   I. Le Hoggar : Morphologie et relief - Les différentes régions naturelles - Massifs isolés - Les plaines - Le climat - L'eau au Hoggar - La flore et la faune.
   II. Histoire du peuplement ou de la Préhistoire à l'Histoire : Traditions orales - Le néolithique - La société traditionnelle - Les tribus - Les nobles - Les imrad - Les maalmines. Inaden - Les harratin - La langue.
   III. Économie : Généralités - Le troc - L'agriculture - Les centres de culture - La production agricole en 1961 - L'élevage.
   IV. La vie matérielle : L'habitat - Les migrations - Le mobilier touareg - L'habillement - La nourriture - La santé publique - Rites magiques.
   V. La vie individuelle : Note sur le matriarcat touareg.
   VI. Le Hoggar moderne : L'évolution de 1954 à 1965 - Une mutation qui s'amorce : 1966-1972.
   VII. Le tourisme.
   Apendices :
      I. Histoire du Hoggar du XIXe siècle à nos jours.
      II. Géologie.
      III. Météorologie.
      IV. Puits ou points d'eau sur les pistes caravanières.
      V. La Flore.
      VI. Outillage.
      VII. Liste des centres de culture.
      VIII. Du tourisme à l'alpinisme.
   Glossaire des termes tamacheq et arabes.
   Index - Bibliographie.

15 euros (code de commande : 16144).

 

L'Expédition militaire en Tunisie. 1881-1882. Avec sept cartes dans le texte. [3e édition.] Paris, Charles-Lavauzelle, [1898]. Deux tomes en un volume in-8 broché, 421 p., exemplaire non coupé et en parfait état, rare.
Table des matières :
   Tome I.
   Avertissement.
   Première partie : Premère expédition.

      - Événements à la frontière ; concentration des troupes ; le premier corps expéditionnaire.- Opérations en Khoumirie ; traité de Kassar-Said ; rapatriement.
      Chapitre I : Préliminaires.
         - Engagements entre les Oulad-Cedra (Tunisiens) et les Nehed (Algériens), février 1881. - Premier envoi de troupes à la frontière ; engagements des 30 et 31 mars (entrée en ligne de deux compagnies françaises le 31). - Renforcement des troupes au contact par des détachements de la division de Constantine.
         - Le 3 avril, le Conseil des Ministres décide l'expédition de Tunisie. - Des éléments de renfort sont envoyés des divisions d'Alger et d'Oran. - Les troupes d'Afrique (couverture) sont en position le 13 avril.
         - Envoi de troupes de France (7 avril-20 avril) ; la concentration est terminée le 20 avril. - Le corps expéditionnaire du général Korgemol de Bostquénard.

      Chapitre II : Première expédition.
         - Plan de campagne.
         - Le général Logerot franchit la frontière le 24 avril, entre au Kef le 20 ; le même jour (26) la colonne Delebecque entre en Khoumirio (elle s'arrête), et 1200 hommes (colonel Delpech) prennent pied sur la côte tunisienne, à Tabarka.
         - Le 28, le général Logorot, arrive à Souk-el-Arba ; engagement du colonel Hervé, le 30 avril, à Ben-Béchir.
         - Le 3 mai, la colonne Bréart débarque à Bizerte (attitude du bey Mohamed es Saddok et du boy du camp Ali Bey). - Le 8 mai, la colonne Bréart se
met en route sur Tunis; elle arrive le 12 mai à la Manouba. - Traité de Kassar-Said.

      Chapitre III : Première expédition (suite).
         - Concentration de la colonne Delebecque, le 3 mai, à Djebabra ; marche vers l'est (reconnaissance de Sidi-Abdallah, le.8 mai).
         - La colonne Delebccque et la colonne Logerot on relations à Ben-Métir, le 14 mai.
         - Conversion à gauche, vers le nord-est, de la colonne Delebecque. - Dernier coup de canon (26 mai). - Concentration à Berzigue (29 maii.
         - (Le général Maurand à Matour, 18 mai - le général Logerot à Boja, 20 mai). Rapatriement.
         - Le 1er juillet, le corps expéditionnaire est dissout ; le général Logerol reçoit le commandement du corps d'occupation.
   Deuxième partie : Événements et opérations entre le premier rapatriement et la seconde expédition.
      - Ali ben Khalifa ; défense et prise de Sfax. - Opérations contre Gabès. - Occupation de Djerba.
      - Les Zlass a Kairouan. - Réunion des chefs insurrectionnels à Sbeitla. - Les Zlass et la 5e brigade.
      - Ali ben Ammar et les Oulad-Ayar ; massacre de l'oued-Zergua et combat de Testour.

      Chapitre I : Opérations du colonel Jamais.
         - Situation générale de la Tunisie au 1er juillet.
         - Ali ben Khalifa, caïd des Neffet, se met à la tête du mouvement insurrectionnel et vient à Sfax organiser la résistance.
         - Bombardement de Sfax (15 juillet) ; débarquement et prise de la ville (16 juillet).
         - Opérations contre Gabès : débarquement les 24 et 25 juillet.
         - Occupation de Djerba (28-31 juillet).

      Chapitre II : Incursions des insurgés.
         - El Hadj Hassein ben Messaï, avec les Zlass, occupe Kairouan. - Les Hammema, avec Ahmed ben Youcef, dans le Sers et autour du Kef. - Ali ben Ammar chez les Oulad-Ayar.
         - Réunion des chefs insurrectionnels à Sbeitla (15 août).
         - Les Zlass et la 5e brigade française ; le lieutenant-colonel Corréard à Bir-el-Hafaïed (26 août) et à El-Arbain (nuit du 28-29) ; le général Sabattier à Zaghouan.
         - Position des insurgés le 20 septembre.
         - Opérations d'Ali ben Ammar dans le nord ; massacre de l'oued-Zergua (30 septembre) ; combat de Testeur et surprise de Nebeur, le 2 octobre.

   Troisième partie : Seconde expédition.
      - Occupation de Kairouan ; opérations contre Ali ben Ammar ; poursuite des insurgés ; les dissidents se réfugient en Tripolitaine.

      Chapitre I : Seconde expédition; Kairouan.
         - Le 14 octobre, le général Saussier prend le commandement du second corps expéditionnaire ; préparation de la marche en 3 colonnes sur Kairouan.
         - Position des troupes françaises le 16 octobre.
         - Marche concentrique sur Kairouan : Entrée du général Étienne à Kairouan, le 20 octobre ; du général Saussier et de la colonne Logerot, le 28 octobre.
         - Engagements de la colonne Forgemol, sur la Rouhia (22 octobre) et au Koudiat-el-Halfa (23 octobre), pendant sa marche sur Kairouan.

      Chapitre II : Opérations contre Ali ben Ammar.
         - Le colonel de la Roque au Kef. - Opérations des colonnes de la Roque et d'Aubigny autour de Bordj-Messaoudi.
         - Marche concentrique des colonnes de la Roque, d'Aubigny et Philebert sur la hamada des Oulad-Ayar.
         - Ali ben Ammar s'échappe (19 novembre).

      Chapitre III : Poursuite des dissidents.
         - Marche de la colonne Logerot sur Gabès ; Mohamed Cherfeddine et les Beni-Zid ; rentrée de la colonne à Sousse.
         - Marche de la colonne Forgemol sur Gafsa ; la colonne de Négrine et la colonne d'El-Oued ; la colonne Forgemol rentre à Tébessa (12 décembre).
         - Les dissidents se sont réfugiés on Tripolitaine.

      Chapitre IV : La poursuite (suite) ; incursions des dissidents.
         - La 6e brigade (général Philebert) à El-AâIa ; à Djilma ; à Gafsa (14 février 1882).
         - Les dissidents sur le Mokta ; les Ouarghamma ; premières incursions.
         - Opérations du général Logerot : le général Philebert au Nefzaoua et chez les Aouaya ; le général Jamais à Medenine.
         - La colonne Philebert sur l'oued-Tatahouine ; la colonne Jamais sur l'oued-Fessi ; elle ne peuvent atteindre les dissidents.
         - Fin des opérations actives (14 mai 1882).
      Chapitre V : Expansion des dissidents ; leurs djich - Colonnes de Zarzis et de Gabès.
         - Djich poussés jusqu'à Kairouan, Djilma, El-Djem, etc....., dans le Djerid. Nos colonnes ne peuvent les atteindre ; on occupe les points de passage
obligé.
         - Le mouvement d'expansion des dissidents est devenu presque impossible : premières soumissions.
         - Colonnes de Gabès (colonel de la Roque) et de Zarzis (lieutenant-colonel Corréard) dirigées par le général Guyon-Vernier (décembre 1882 et janvier
1883).
   Tome II : Annexes.
      I. Le 19e corps d'armée, au 1er avril 1881.
      II. Organisation du service des renseignements dans la division de Conslanlino, au 1er avril 1881.
      III. Le bataillon du 3e régiment de zouaves du Tarf, le 31 mars 1881.
      IV. Les incursions des Khoumir.
      V. Le cabinet Jules Ferry et la préparation de l'expédition.
      VI. Recrutement du premier corps expéditionnaire.
      VII. Objectifs de la colonne Logerot.
      VIII. Déclaration de M. Barlbélemy-Saint-Hilaire au bey ; protestation du bey.
      IX. Instruction générale pour le corps expéditionnaire sur la frontière tunisienne et composition de ce corps.
      X. Dépêche du Ministre de la guerre au moment de l'entrée en campagne.
      XI. Répartition de l'artillerie du corps expéditionnaire.
      XII. Organisation administrative de la Régence de Tunis, en mars 1881.
      XIII. Situation générale de la Régence de Tunis, au commencement de l'année 1881.
      XIV. Occupation du Kef, le 20 avril 1881, par le général Logerot.
      XV. Occupation de Tabarka (25, 26 avril 1881).
      XVI. Instructions du général Delebecque pour franchir la frontière.
      XVII. L'opération, ordonnée pour le 25 avril, est remise.
      XVIII. Elle est fixée au 20 avril.
      XIX. Ordre du général Ritter pour la journée du 26 avril.
      XX. L'artillerie de la colonne Logerot.
      XXI. Ali Bey ; combat de Ben-Béchir.
      XXII. Résumé succinct des principales causes de l'expédition française.
      XXIII. Résumé de la circulaire de M. Barthélémy Saint-Hilaire aux agents diplomatiques.
      XXIV. Tunis, à la signature du traité.
      XXV. Reconnaissance ollensive dirigée par le général Delebecque, le 8 mai 1881, sur Sidi-Abdallah-ben-Djemel.
      XXVI. Ordre de la 1re brigade pour la journée du 14 mai 1881.
      XXVII. Ordre général du 14 mai.
      XXVIII. Attaque d'avant-postes par les Khoumirs, le 19 mai, à Djebibia.
      XXIX. Dernières opérations de la 1re brigade contre les Mekna (20, 27 mai).
      XXX. Ordre donné par le général Delebecque à la brigade Vincendon, avant son rapatriement.
      XXXI. Ordre général à la fin des opérations en Khoumirie.
      XXXII. Ordre donné par le général Delebecque à la brigade Cailliot.
      XXXIII. Dépêche du Ministre de la guerre, à la fin des opérations en Khoumirie.
      XXXIV. État, au 1er juillet 1881, des troupes restant en Tunisie, après le premier rapatriement.
      XXXV. Insurrection de Sfax.
      XXXVI. Bombardement et prise de Sfax.
      XXXVII. La prise et l'occupation de Sfax.
      XXXVIII. Organisation de la province de l'Aarad, en 1881.
      XXXIX. Insurrection de l'Aarad.
      XL. L'infanterie du corps expéditionnaire du colonel Jamais.
      XLI. Opérations autour de Gabès.
      XLII. Occupation de l'Ile de Djerba.
      XLIII. Situation générale de la régence, au commencement du mois d'août 1881.
      XLIV. Réunion de Sbeilla (vers le lu août 1881).
      XLV. Recrutement du second corps expéditionnaire.
      XLVI. Le lieutenant-colonel Corréard à Hir-el-Hafaïed (26 août), à El-Arbaïn (nuit du 28 au 29) et à Turki (29 août).
      XLVI bis. La colonne tunisienne du kaimakam Taïeb ben el Hadj Ahsen Mesmouri, à Kl-Arbaïn, pendant les allaires des 20, 28 et 29 août.
      XLVII. Situation générale des tribus du sud-ouest delà régence, à la fin de septembre 1881.
      XLVIII. Opérations d'Ali ben Ammar vers le nord.
      XLIX. Opérations du général Sabaltier au sud et au sud.-ouest de Zaghouan.
      L. La 7e brigade (général Étienne) à Sousse, du 1er au 14 octobre.
      LI. Organisation du second corps expéditionnaire de Tunisie.
      LII. Organisation du commandement supérieur de Tunis et de la région Nord.
      LIII. Répartition, à la fin d'octobre 1881, des troupes du second corps expéditionnaire.
      LIV. Opérations du général Étienne.
      LV. Marche du général Étienne de Sousse sur Kairouan.
      LVI. Garde des communications de la colonne Logerot en marche sur Kairouan.
      LVII. Marche de la colonne Forgemol sur Kairouan.
      LVIII. Opérations contre Ali ben Ammar.
      LIX. Une colonne, sous les ordres du général Logerot, va de Kairouan à Gabès, pacifie l'Aarad, reçoit la soumission des Beni-Zid et revient à Sousse. - Retraite d'Ali ben Khalifa.
      LX. La colonne Forgemol va de Kairouan à Gafsa. - Colonnes de Négrine et d'El-Oued. Le colonel Jacob à Gafsa. - La colonne Forgemol rentre en Algérie.
      LXI. La 6e brigade à Sidi-Mohamed-ben-Ali, à Djilma et à Gafsa.
      LXII. Les dissidents sur le Mokta. Les Ouarghammma ; il entrent dans la lutte.
      LXIII. Situation des dissidents en Tripolitaine et attitude des autorités turques.
      LX1V. Opérations du général Logerot dans l'extrême sud. La colonne du général Jamais à Ksar-Médenine ; la 6e brigade sur l'oued-Tatahouino. - Fin des opérations actives.
      LXV. Organisation des troupes d'occupation.
      LXVI. Colonne du général d'Aubigny, de Tebourba à la Kessera.
      LXVII. Expansion des dissidents ; leurs djich ; premières soumissions.
      LXVIII. Les colonnes de Zarzis et de Gabès.
      LXIX. Les compagnies mixtes.
   Postface.

100 euros (code de commande : 07411).

 

GAUTIER (R.) Écologie et éthologie des reptiles du Sahara nord-occidental (région de Béni-Abbès). Tervuren, Musée Royal de l'Afrique Centrale, 1967. In-8° broché, 83 p., planches hors texte, (collection « Annales, Série in-8°, Sciences Zoologiques », n° 155).
Avant-propos :
   Béni-Abbès est une oasis du Sud-Oranais, située sur l'Oued Saoura, à 230 km au Sud de Colomb-Béchar. Elle est adossée au Grand Erg Occidental, dont les premières dunes s'étendent à proximité. L'Oued Saoura, formé à 45 km en amont (Igli) par la jonction du Guir et de la Zousfana, longe la palmeraie et coule entre l'Erg et la Hamada du Guir. Il se perd finalement dans la Sebkha el Melah, à 220 km au Sud.
   À 70 km de la palmeraie se rencontrent les formations primaires des Djebels d'Ougarta, plissements parallèles orientés Nord-Ouest - Sud-Est, qui offrent un aspect bien particulier du paysage saharien.
   Le groupement sur une étendue relativement restreinte des différents faciès de terrains : Erg, Oued, Hamada, Djebels et Palmeraie, est évidemment intéressant puisqu'il permet d'étudier facilement et dans des conditions homogènes tous les biotopes sahariens.
   Les observations que nous avons réunies sur la faune herpétologique ont été effectuées sur le terrain, au cours de sorties pratiquées en toutes saisons, soit encore sur des animaux en captivité, grâce à des élevages conduits au Centre de Recherches Sahariennes de Béni-Abbès.

7 euros (code de commande : 05371).

 

ROY (Jules) — J'accuse le général Massu. Paris, Seuil, 1972. In-8° broché, 118 p.
En quatrième de couverture :
   Sous le titre La Vraie Bataille d'Alger, le général Massu publiait en octobre 1971 une relation du conflit qui constitue en fait une tentative de justification de la torture, telle qu'elle fut pratiquée sous son commandement, dans l'Algérois, en 1956-1957.
   Comme beaucoup d'autres, militaires ou civils, responsables ou non du cours des choses en Algérie, Jules Roy, pied-noir, ami de Camus, ancien officier supérieur, auteur de La Vallée heureuse et du Métier des armes, guerrier, moraliste et romancier, a été révolté de ce plaidoyer qui ressuscite les horreurs de la guerre de conquête, les massacres collectifs commandés par Saint-Arnaud et Pélissier, et jette sur l'armée tout entière une ombre sinistre. Il dit son indignation avec une véhémence d'homme du soleil et l'éloquence d'un héraut d'armes du roi Jean.

8 euros (code de commande : 07146).

 

SOUGUENET (Léon) — Missions au Sahara (1915-1918). Le dernier chameau. Le premier pneu. La première aile. Bruxelles, Éditions de l'Éventail, 1927. Grand in-8° broché, 141 p., illustrations.
Préface :
   J'eus l'honneur d'être, pendant la guerre, à la disposition de M. le Gouverneur Général de l'Algérie Lutaud. Il m'employa à diverses enquêtes sur l'Aurès dont j'ai parlé dans un autre livre et, entre-temps, il m'expédia au Sahara.
   Divers problèmes le hantaient. Au Mzab, il y avait une énigme. Les rapports sur les habitants de ces cinq curieuses petites villes perdues au seuil noir du désert étaient contradictoires. D'aucuns voyaient chez les Mzabites des agents de l'étranger. Il y avait eu, un peu avant la guerre, chez eux, une visite de Sliman et Barouni, sénateur turc, ami peut-être d'Enver bey, peut-être agent provocateur. Il y avait des relations établies entre les Mzabites et leurs coreligionnaires du Djebel Xefous, en Tripolitaine et, à la stupéfaction générale, on avait un jour constaté que la ville de Guerrara, la plus pittoresque du Mzab, et où ne se trouve aucun Français, avait, au début de la guerre, relevé ses remparts. Tous ces faits étaient soulignés par les uns à l'avantage, par les autres à la condamnation du Mzab, avec une égale bonne foi incontestable de part et d'autre. Le gouverneur général me donna l'ordre de me faire une opinion personnelle que je lui communiquerais.
   Un autre problème : la pénétration saharienne. Dès le début de la guerre, la question de l'évacuation éventuelle du Sahara s'était imposée. On était demeuré au Sahara. Le fait ainsi accompli devait être maintenu ou il en résulterait une perte considérable de prestige. Cependant, du sud marocain et du sud tripolitain, les attaques se précisaient; la communication du nord au sud risquait d'être instantanément coupée. Pour la défendre, les moyens faisaient de plus en plus défaut, la métropole rappelant à elle le plus d'officiers qu'elle pouvait et les troupes indigènes sahariennes étant capables de se laisser séduire par les menaces ou les promesses de leurs coreligionnaires. Il fallait coûte que coûte, maintenir, tout au moins, un couloir entre Alger et In-Salah et vers le Hoggar et même jusqu'au Niger.
   Le gouverneur Lutaud prévit les services que pourrait rendre l'automobile et, renonçant à un programme bien établi, scientifique, logique, définitif tel qu'on en fait en temps de paix, et pour n'avoir pas à discuter, imagina de créer, sous tout prétexte, même celui d'un voyage qu'il aurait tenté dans l'extrême sud, des pistes hâtives. Les automobiles y passeraient une fois et, ensuite, on consoliderait le chemin incertain qu'elles auraient frayé.
   Puis, vint l'idée d'un raid d'avions, de la Méditerranée au Niger qui, lui, aurait attiré l'attention du monde, qui aurait eu, comme le disait plus tard le général Laperrine, « une importance planétaire » et qui, en tout cas, avec un minimum de frais, de matériel humain, aurait fait sur les indigènes l'impression d'un miracle français plus efficace pour les maintenir en ordre que l'organisation de hasardeuses colonnes.
   C'est à la solution de ces problèmes et à des préparatifs de ce genre que le gouverneur Lutaud m'utilisa. Les faits historiques qui se déroulèrent au Sahara, sont maintenant connus. Des historiens les ont révélés et commentés. Il n'y sera donc fait allusion qu'incidemment. Ce sont ici simplement des impressions de voyageur qui, touriste, ou qualifié tel pour la circonstance, fut, peut-être le dernier touriste à chameau et qui, touriste obstiné, ensuite, fut le premier touriste en avion : le dernier chameau, le premier pneu et la première aile.
   Il faudra bien pourtant qu'incidemment il soit rendu justice à ceux dont je fus le compagnon d'un moment et dont j'ai constaté les efforts héroïques et tenaces, d'autant plus méritoires qu'ils étaient ignorés de tous. La mère-patrie menait ailleurs une querelle vitale et ne pouvait détourner non attention vers les enfants perdus qui, hors de ses regards et dans l'inconnu, la préservaient de lointaines injures.
   Je parlerai peu des automobilistes du Sahara. Leur histoire reste à faire. Je les ai précédés au début de 1916, puis je n'ai fait que les rencontrer de la fin de 1916 à 1918. Il y a là une véritable épopée, des aventures héroïques et même comiques, des dangers de tous genres dont on se fait difficilement une idée. Ni eux ni les aviateurs n'étaient accompagnés par des légions de journalistes, et ils ne défilaient pas devant le cinéma. La guerre finie, ils rentrèrent tous chez eux et purent lire, quelques années après, que des héros en costume d'opérette, munis d'instruments perfectionnés, solidement escortés, nantis d'importants traités de publicité, avaient mené à bonne fin la traversée du Sahara.
   Il faut applaudir à une opération enfin définitive ; mais s'il est évangélique que les ouvriers de la onzième heure soient récompensés, on peut regretter qu'ils aient oublié de déposer sur les tombes éparses au long desquelles leur randonnée a passé avec la bannière et la fanfare, la plus triste et la plus humble des fleurs du désert.
   Pour moi, je ne puis faire connaître dans le détail tous les exploits dont je fus le témoin et où la ténacité, la bonne humeur, la résistance, morale se manifestaient autant que la valeur guerrière. Ces notes furent prises hâtivement. Aux jours où j'en avais le loisir, j'écrivais. Tel fait y tient plus de place que tel autre, simplement à cause du jour on j'avais du loisir et puis je continuais machinalement, dans ces missions sahariennes, ma profession de chroniqueur et j'écrivais, sans espoir que, jamais, cela pût parvenir à son adresse, pour mes lecteurs de l'Éventail comme j'avais accoutumé de le faire depuis tant d'années. C'est pour cela que le pittoresque, le descriptif tiennent ici la plus grande place. Ce qui était politique, tactique, stratégie – ce qui était administratif, si vous voulez – tout cela fut condensé dans des rapports qui s'en allèrent aux adresses qui convenaient et se trouve donc éliminé des pages qui suivent ; d'où le côté désintéressé de récits de missions au Sahara au moment où la guerre bouleversait le monde et où le Sahara lui-même n'était plus un endroit de tout repos.
   J'ai pourtant le devoir d'écrire quelques noms au début de ces pages. Toute mon action, comme tout ce que j'ai pu écrire depuis, se recommande de Charles Lutaud, gouverneur général de l'Algérie pendant la guerre, à qui je garde une pieuse et reconnaissante mémoire. J'appelle de mes vœux, le jour où il lui sera rendu justice ; mais ce sera contre son vœu à lui qui, dans les dernières années de sa vie, me maintenant son amitié et me prenant pour compagnon dans les Alpes ou à Paris, me disait, avec je ne sais quel accent inquiétant, le plaisir incompréhensible, profond qu'il avait eu à être calomnié et à demeurer méconnu.
   Il me faut écrire ici aussi le nom du général Laperrine. Tous ceux qui l'ont connu lui sont demeurés singulièrement attachés. Parlerai-je aussi du général Nivelle devenu, dès 1918, si ardemment saharien et aviateur ? Mais en dehors de ces grands personnages, à combien d'autres ai-je dû de l'amitié ! à eux, mes compagnons, de qui l'entrain et la bonne humeur ne se démentirent jamais et qui, tout en collaborant à une grande œuvre, avaient le sentiment d'une modestie touchante qui s'imposait au moment où continuait là-bas la guerre, où ils avaient été des héros : Laurent qui gouverne maintenant Casablanca ; Simian, colon aussi courageux qu'il avait été zouave et aviateur admirable ; Bernard, technicien étonnant de l'aviation, entré maintenant, je suppose, dans quelque industrie. Et tant d'autres spécialement de nos deux escadrilles, que la vie a repris, quand la mort ne les a pas immobilisés sous les sables.
   En dehors de cette escadrille à laquelle j'étais « attaché », il m'a été donné d'admirer ces officiers sahariens et ces soldats vers qui j'allais avec de singulières préventions. Le colonel Meynier, Sigonney, Depommier, d'autres, et d'autres, il faut le dire sans qu'on se permette de sourire, avaient des âmes d'apôtres, oui, d'apôtres. Cela paraît naïf ; mais c'était ainsi. Et je garde de ce Sahara où on va pour fuir les hommes, le souvenir que j'y ai rencontré les hommes les plus hommes que je pouvais imaginer.

30 euros (code de commande : 14136).

 

VIERSET (Auguste) — Du Rif au Grand Atlas. Bruxelles, Les Éditions de Belgique, 1939. In-8° broché, 208 p., (collection « Les Beaux Voyages »), couverture un peu défraîchie.
Table des matières :
   - RabatI
   - Casablanca.
   - Azemmour, Mazagan.
   - Safi, Mogador.
   - Agadir, Taroudant.
   - La traversée du Grand Atlas.
   - Marrakech.
   - Vers Ouarzazate.
   - La vallée du Dadès.
   - Ksar-Es-Souk.
   - Le Tafilalet.
   - La Forêt de Cèdres.
   - Meknès.
   - Moulay-Idris.
   - Volubilis.
   - Fez.

9 euros (code de commande : 13589 - vendu).

 

Retour au début


Si vous souhaitez recevoir les avis de mise à jour de la page
Afrique du Nord
indiquez ci-dessous vos références :
prénom et nom :
adresse électronique :
pays de résidence :
et cliquez sur

La fréquence de mise à jour est bien évidemment aléatoire et dépend des achats que nous réalisons...

N.B. : les informations que vous nous donnerez ne seront en aucun cas communiquées à des tiers.

 

Retour au début

COMMANDE DE LIVRES

Si vous souhaitez commander un ouvrage présenté sur cette page, copiez le code de commande et collez-le dans un courrier que vous adresserez à courrier@loiseaulire.com ; en réponse, nous vous indiquerons si le livre est bien disponible, nous vous donnerons l'évaluation des frais de port (en fonction du pays de destination de la commande) et nous vous communiquerons les modalités de paiement (virement bancaire, chèque, carte, ...).

 
CONDITIONS DE VENTE

Les prix sont exprimés en euros (toutes taxes comprises). Les éventuels frais de port sont pris en charge par le destinataire. Nous garantissons un emballage approprié, cependant les ouvrages voyagent aux risques et périls du destinataire et nous ne pourrons intervenir en cas de détérioration ou de perte.

Pour nos clients belges, les factures seront réglées par virement bancaire.

Pour nos clients résidant à l'étranger, les factures seront réglées en euros de préférence par carte de crédit (« Visa » ou « Eurocard ») ou par virement bancaire international (IBAN). Il est également possible d'utiliser le mandat postal international ou le virement postal international ; dans ce cas, nous rappelons que nous ne pouvons pas nous permettre d'assumer les éventuels frais réclamés par la poste ou par les banques et que ceux-ci sont pris en charge par le client.

Nous disposons d'un C.C.P. en France, nos clients français pourront (sans frais) effectuer leurs paiements par chèques libellés en euros.

Toutes les informations sur les taux de change peuvent être obtenues sur le site : The XE.com Universal Currency Converter

Notre adresse postale : Librairie L'Oiseau-Lire, rue du Hautbois 36, B-7000 Mons (Belgique).
Téléphone et fax : +32 (0) 65 31 28 73.
Notre numéro d'inscription au Registre du Commerce : R.C.M. 98.525.
Notre numéro de T.V.A. : BE-619.836.631.
Notre numéro de compte à la banque I.N.G. : 370-0295773-10.
IBAN à l'ordre de notre librairie : BE41370029577310 (code BIC : BBRUBEBB).
Notre numéro de C.C.P. en Belgique : 000-1512114-78.

Notre numéro de C.C.P. en France : 12 155 61 G 026.

C.C.P. en France : Relevé d'Identité Postal

 Établissement

 Guichet

 Numéro du compte

Clé

 20041

 01005

1215561G026

 12