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   Afin d'éviter la répétition de la consultation systématique de toutes les pages du catalogue pour y découvrir les nouvelles entrées, nous vous proposons une liste de nouveautés le 1er et le 15 de chaque mois. A chaque nouvelle mise à jour, les ouvrages invendus sont intégrés dans le catalogue général et les autres sont retirés.

   Si vous le souhaitez, nous pouvons vous avertir de la réalisation de chaque nouvelle mise à jour ; il vous suffit d'adresser un message à courrier@loiseaulire.com (en cas de problème de communication : loiseaulire@hotmail.com) en y indiquant : abonnement à la liste de nouveautés ou de compléter et de nous renvoyer le formulaire ci-dessous :

 

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MISE À JOUR DU
MARDI 31 JANVIER 2012

 

Actes du Colloque d'Histoire militaire belge (1830-1980). Bruxelles, 26-28 mars 1980. Akten van het Colloqium over de Belgische Krijgsgeschiedenis (1830-1980). Brussel, 26-28 maart 1980. Bruxelles, Musée Royal de l'Armée, 1981. In-8° broché, 528 p., quelques illustrations, (collection « Centre d'Histoire Militaires - Travaux », n° 16).
Table des matières :
   - Introduction.
   - Allocutions d'ouverture, par le lieutenant général Renson et par E.A. Jacobs.
   - 1830 te Brugge, par R. Van Eenoo.
   - La révolution de 1830 à Liège, par Robert Dumoulin.
   - De omwenteling van 1830 te Gent, par M. Balthazar.
   - La révolution de 1830 à Tournai, par Jacques Nazet.
   - La révolution de 1830 à Bruxelles et à Anvers, par J. Logie.
   - Belgische militairen en wapens in de ontwikkeling van de Braziliaanse grootmacht (1830-1914), par Eddy Stols.
   - Historiographie des Zouaves pontificaux belges 1860-1980, par J. Lorette.
   - La campagne antiesclavagiste 1892-1896, par Jo Gérard.
   - De Congolese weermacht en de hulptroepen gedurende de « Arabische » campagne (1892-1894), par Ph. Marechal.
   - La force publique congolaise de 1918 à 1960, par François Vanderstraeten.
   - De monarchie en de landsverdediging onder Léopold I, par Lode Wils.
   - Léopold II et la défense nationale, par Nadine Lubelski-Bernard.
   - Le roi Albert, la paix et la conduite de la guerre, novembre 1915 - février 1916, par Marie-Rose Thielemans.
   - Regards nouveaux sur mai 1940, par Jean Vanwelkenhuyzen.
   - Défense nationale et monarchie. Conclusions, par Jacques Willequet.
   - Le danger de guerre et la neutralité belge (1910-1914), par Robert Devleeshouwer.
   - Nog over de verhouding tussen de taalgroepen in het Ijzerleger (1917-1918), par F.E. Stevens.
   - Kritische beschouwingen betreffende het belgisch leger in mei 1940 (1), par J.F. Verbruggen.
   - Discussion à propos de l'exposé du professeur Verbruggen sur la retraite de l'armée en 1940.
   - La résistance en Belgique. Problématique historique et politique, par Hubert Galle et Yannis Thanassekos.
   - Psychologie de l'officier belge face à la défaite. Juin 1940 - automne 1941, par Francis Balace.
   - Le rôle social de l'armée belge, par Philippe Sunou.
   - Le milieu militaire belge de 1830 à 1945, par E. Wanty.
   - L'emploi des langues à la garde civique, par E.A. Jacobs.
   - La gendarmerie belge 1830-1914, par Marie-Claire Rabier.
   - Les problèmes de la défense nationale de 1830 à 1914 vus par des francs-maçons belges et particulièrement à Bruxelles, par Roger Desmed.
   - L'Église de Belgique et la défense nationale de 1830 à 1914, par R. Aubert.
   - La juridiction militaire belge de 1830 à nos jours, par John Gilissen.
   - La professionnalisation de l'armée belge, par Philippe Manigart.
   - Un versement du ministère de la Défense nationale aux Archives générales du royaume : cartes, plans et registres divers (fin XIXe - début XXe siècle), par Alain Dierkens.
   - Brèves conclusions générales, par J. Stengers.

13 euros (code de commande : 18368 - vendu).

 

BERNANOS (Georges) — Journal d'un curé de campagne. Paris, Club Français du Livre, 1953. In-8° sous reliure d'éditeur et composé d'après les maquettes d'Alain Le Breton, 341 p., illustrations hors texte, une carte volante à déplier, (collection « Romans », n° 133), exemplaire numéroté (n° 7271), en bel état.

15 euros (code de commande : 18339).

 

[BUSSY-RABUTIN (Roger de)]. VINCENT (Daniel-Henri) — Bussy-Rabutin. Le libertin puni. Paris, Perrin, 2011. In-8° collé, 198 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Roger de Rabutin, comte de Bussy, est l'une des figures les plus étonnantes et les plus méconnues du Grand Siècle. De bonne noblesse bourguignonne, officier général courageux, fidèle à la cause royale pendant la Fronde, cultivé et galant, il est surtout l'inventeur d'un certain libertinage bien français. Auteur d'un roman « à clés » qui fit scandale, l'Histoire amoureuse des Gaules, emprisonné à la Bastille, il est finalement contraint à une vie d'exil qui le désole.
   C'est pourtant ainsi qu'il deviendra l'un des grands mémorialistes de son temps. Son abondante correspondance, notamment avec sa cousine la marquise de Sévigné, en fait le témoin privilégié d'une époque tumultueuse qu'il .éclaire d'un regard caustique et brillant. Grâce à lui, avec le souffle et le pittoresque d'un roman de cape et d'épée, tout le XVIIe siècle renaît sous nos yeux, à travers la petite comme la grande histoire. Enfin, il nous a légué le château de Bussy-Rabutin au décor « d'une beauté singulière et qu'on ne voit point ailleurs ».

10 euros (code de commande : 18346).

 

CAPEK (Karel) — Le Météore. Traduit du tchèque par Alain van Crugten. Lausanne, L'Âge d'Homme, 2001. In-8° broché, 191 p., (collection « Classiques Slaves »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Karel Capek fut l'un des rares écrivains tchèques à conquérir de son vivant une célébrité mondiale, qu'il dut principalement à son œuvre de dramaturge, et même surtout à une seule pièce, la célèbre R.U.R. (1920), dans laquelle il forgea un néologisme qui allait connaître une fortune prodigieuse : Le robot.
   Mais, loin de n'être qu'un dramaturge qui eut son moment de succès, Capek est l'un de ces auteurs protéiformes qui abordent avec un égal bonheur tous les exercices de la plume et peut être considéré comme le maître à penser de la Tchécoslovaquie de l'entre-deux-guerres.
   Le Météore se compose de trois récits concentriques cherchant à reconstituer l'histoire d'un homme dépourvu d'identité se trouvant sur un lit d'hôpital et dont on ignore tout au départ.
   Mais ce qui est original ici est qu'aucun des trois récits n'a de fondement dans le réel. Celui de la sœur de charité est un rêve, le deuxième est basé sur un don de voyance et celui du romancier est un exercice d'imagination. Le tout est appuyé sur la connaissance scientifique représentée par les observations et déductions professionnelles du chirurgien et de l'interniste.
   Tout en se conformant aux données précises fournies par ces observations, les trois récits se complètent en se recoupant sur un certain nombre de points. Mais les contradictions apparaissent au fil de la lecture, car chacun des trois conteurs, prenant la parole à son tour, nous convainc qu'il détient la solution définitive de l'énigme.
   Ce roman a plu à un vaste public ; comme pour Hordubal ou La guerre des Salamandres, les lecteurs, passionnés par le monde à la fois réel et fantastique de Karel Capek, lui ont donné raison. Répétons-le, ce n'est pas un hasard : l'ambition de Capek, chef de file de la culture d'une Tchécoslovaquie renaissante, était de combler autant que faire se pouvait le fossé entre la littérature et le peuple. Qui nierait qu'il ait réussi ici à concilier la qualité littéraire et la lisibilité, tout en faisant passer, sans prétention aucune et sans vains déploiements d'intellectualisme, quelques-unes des grandes idées philosophiques et morales qui lui tenaient à cœur ?

12 euros (code de commande : 18347).

 

CARADEC (François) — Entre miens. D'Alphonse Allais à Boris Vian. Paris, Flammarion, 2010. In-8° collé, 931 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Ce volume rassemble des écrits de François Caradec, publiés dans des périodiques des plus variés, certains célèbres, comme Combat ou Les Nouvelles littéraires, d'autres passablement oubliés, comme Arts et Lettres ou Actualité littéraire, entre 1945 et 2008. Il s'agit le plus souvent de textes intéressant l'histoire littéraire, qu'ils abordent dans ses sentiers les moins battus. Ils révèlent aussi d'autres visages de leur auteur: typographe, historien du livre, curieux d'images, des « naïfs » aux grands caricaturistes, attentif à la chanson populaire et au caf' conc'.
   Ils portent la marque de grandes rencontres : Artaud, Michaux, Vian, Prévert, Leiris, Queneau, sans oublier Pascal Pia et Maurice Saillet. Nombre d'entre eux se retrouvèrent d'ailleurs au Collège de 'Pataphysique dont François Caradec fut un membre des plus actifs.
   Entre miens, titre d'un dossier réunissant quelques études sur des personnages chers à l'auteur, éclaire l'ensemble du volume tant il affirme une communauté, presque une famille. S'attacher à Jarry, à Lautréamont, à Allais ou à Roussel n'était pas pour François Caradec un simple travail intellectuel, mais bien l'approfondissement d'un lien sensible et d'une amitié.

18 euros (code de commande : 18349 - vendu).

 

Catalogue de machines-outils. Première édition. Londres, Associated British Machine Tool Makers, [ca 1920]. In-12 sous reliure d'éditeur, XV, 619 p., très nombreuses illustrations, bon exemplaire.
Extrait de la préface :
   En présentant la première édition de notre Catalogue de Machines-Outils modernes, noua croyons bien faire en attirant votre attention sur un résumé succinct du but de notre Association et sur les moyens d'actions que nous nous sommes assurés pour l'atteindre.
   Pourquoi l'Associated British Machine Tool Makers Limited a-t-elle été formée ?
   Les différentes firmes anglaises, constructeurs de machines-outils, étaient depuis longtemps d'accord pour reconnaître que la grande diversité des types de machines construites par chacune d'elles constituait un obstacle à la production rapide et économique, rendait impossible la prompte livraison de leurs produits, de même que le perfectionnement et la standardisation de leurs modèles.
   Supprimer cet obstacle, c'était les placer dans une position beaucoup plus avantageuse pour concurrencer, avec succès, les constructeurs étrangers, mais, pour ce faire, il fallait un terrain d'entente sur lequel on éliminerait tout ce qui pouvait créer la rivalité entre les différents fabricants. Dans cet ordre d'idées, les nécessités nées de la guerre furent un stimulant pour les constructeurs anglais de machines-outils. L'intensification à outrance de la production, les obligea à se centraliser et à se spécialiser, et les résultats acquis furent tels que bientôt les grandes firmes anglaises décidèrent de constituer une Société Anonyme, sous la raison sociale : Associated British Machine Tool Makers Limited.


Tours à charioter, surfacer et fileter (pp. 83-84).

40 euros (code de commande : 18363).

 

La Chasse moderne. Encyclopédie du chasseur. Par H. Adelon, G. Benoist, P. Bert, E. de la Besse, G. Canet, J. Clary, J. de Coninck, Cunisset-Carnot, Baron de Dorlodot, T. Duclos, C. Fricaud, P. Gastinne-Renette, H. Journu, R. Laurent, Leddet, P. Mégnin, Michel-Carré, E. Passerat, E. de Poncins, R. Pouret, L. Ridet, M. Rondet-Saint, P. Sire, G. Vasse, dr. Verchère, G. Voulquin. Introduction par Justinien Clary. Nouvelle édition revue et complétée. Publiée sous le patronage de la Société Centrale des Chasseurs de France et du Saint-Hubert-Club de France. 488 gravures, 7 cartes cynégétiques. Trente-troisième mille. Paris, Larousse, [1932]. In-8° sous reliure d'éditeur, 684 p., illustrations dans le texte, étiquette de librairie (Maison du Livre, à Mons) et cachet ex-libris à la couverture, exemplaire en bel état.
Introduction :
   Lorsque mon ami Gustave Voulquin vint m'entretenir dans le courant de l'été de 1899 de son projet et du plan de la Chasse moderne, il trouva en moi non seulement un auditeur attentif mais un partisan convaincu de l'utilité, de la nécessité de mettre au jour une Encyclopédie du Chasseur.
   À l'époque déjà lointaine où je faisais mes premières armes comme chasseur, j'avais senti le besoin, déploré l'absence d'un ouvrage de ce genre.
   Épuisé depuis longtemps, le Nouveau traité des chasses à courre et à tir, dû à la collaboration du baron de Lage de Chaillou, de M. A. de la Rue et du marquis de Cherville, remonte à plus d'un demi-siècle : il paraît actuellement quelque peu vieilli ; et depuis cette époque aucun autre traité de la Cynégétique n'avait été publié en France.
   En Angleterre, les trois volumes consacrés à la Chasse à courre et à tir, publiés dans la « Badminton library of Sports and Pastimes », édités parle duc de Beaufort, sont restés comme le type le plus parfait du genre.
   Mon ami Voulquin ne pouvait s'inspirer d'un meilleur exemple. Il me soumit la liste des collaborateurs éventuels auxquels il avait l'intention de demander un article, et que leur compétence et aussi leur « spécialité » désignaient en première ligne pour écrire les différents chapitres de la Chasse moderne. Je fus très heureux de pouvoir lui prêter tout mon concours pour vaincre les résistances de quelques amis plus habitués à manier le fusil ou leur cheval de chasse que la plume, très heureux aussi de lui apporter le premier ma modeste collaboration.
   Le succès très mérité de la Chasse moderne parue en 1900 a dépassé toutes les espérances ; aussi les Éditeurs n'ont-ils pas hésité à faire de nouveaux sacrifices pour refondre entièrement l'ouvrage à l'occasion d'une nouvelle édition, et maintenir ainsi dans le monde des chasseurs le bon renom et le succès que la Chasse moderne y a toujours rencontrés jusqu'ici.
   Voici en résumé les innovations de cette nouvelle édition.
   Parmi les parties inédites les chasseurs trouveront :
      « La création et l'entretien d'une chasse », ainsi que l'intéressante question des « Chasses par actions », par M. Guillaume Vasse ;
      « Les chiens de chasse », par M. Paul Bert ;
      « Le chenil », par M. R. Pouret ;
      « Élevage, nourriture, hygiène des chiens de chasse », par M. Georges Benoist ;
      « Le dressage :
         « du chien d'arrêt », par M. James de Coninck ;
         « du chien destiné à la chasse sous terre », par M. T. Duclos ;
         « du chien de contre-braconnage », par M. L. Ridet ;
      Une étude sur « la Faune dans les colonies françaises », par M. Maurice Rondet-Saint ;
      « La chasse au grand duc », par M. E. Passerat ;
      Toute une suite de Modèles de formules, pour les pièces officielles nécessaires aux chasseurs ;
      Puis une série de Cartes cynégétiques, cartes statistiques de la Chasse, extraites delà grande Carte cynégétique de la France, dressée par les soins du Saint-Hubert-Club de France, et absolument inédites ; des Cartes de la faune du Sénégal et de la Guinée française, par M. J. Méniaud ; de la faune du Gabon et du Congo français, par M. M. Rondet-Saint ;
      « Les nouveaux impôts, taxes, etc., d'après la loi du 23 juin 1920 et celle du 1er mai 1924.
   Au point de vue des armes, les fusils de chasse automatiques sont entrés en ligne depuis l'apparition de la première édition : Browning, Sjögren, Winchester.
   Sans vouloir braconner sur le domaine réservé à Paul Gastinne qui parle de ces nouveaux fusils au point de vue balistique, nous nous bornerons à constater qu'ils réalisent un progrès considérable, le plus grand qu'ait fait l'armurerie depuis le hammerless à éjecteur automatique.
   Leur puissance balistique est au moins équivalente à celle des meilleurs fusils doubles, mais ils sont moins en main, moins bien équilibrés, sensiblement plus lourds. Ils exigent un certain apprentissage, une accoutumance du chasseur, pour viser avec un canon unique ; ils nécessitent l'emploi de munitions d'une fabrication très régulière, et réclament de ceux qui s'en servent une attention, une prudence, plus constantes, plus absolues, que les fusils ordinaires.
   Le chasseur armé d'un de ces fusils ne doit jamais oublier que son arme est toujours chargée, toujours armée, tant que la dernière cartouche n'a pas été tirée ; et à cet égard le fusil automatique présente un coefficient danger infiniment plus grand que celui des autres fusils.
   Au point de vue sport, et dussions-nous paraître rétrograde, nous comprenons que les propriétaires de chasses s'élèvent contre l'emploi d'une arme plus meurtrière que les fusils doubles. – Les cinq coups que le chasseur peut tirer sans interruption, sans désépauler, l'incitent à risquer plus de coups de fusil ; il tirera plus souvent et de plus loin, il blessera davantage et enlèvera au gibier un certain nombre de chances d'échapper.
   Cette profession de foi ne nous empêche nullement d'admirer le progrès réalisé par le fusil automatique, qui peut à l'occasion rendre au chasseur de réels services.
   Je m'excuse, auprès du lecteur, de cette digression qui eût peut-être été mieux à sa place dans le chapitre sur « le Tir de chasse ».
   Les différents collaborateurs de la Chasse moderne n'ont eu d'autre prétention, dans leurs différentes spécialités, que d'apporter chacun sa pierre à cette Encyclopédie du Chasseur.
   Si la Chasse est vieille comme le monde, si à bon droit elle se glorifie des plus anciennes traditions, elle a évolué, elle évolue comme tous les autres arts, comme toutes les autres sciences. Tout se modifie ; toute observation peut être contrôlée, remplacée par une observation meilleure ; chaque jour vient augmenter la somme du savoir cynégétique du veneur et du chasseur, et ceux-ci à travers les âges n'ont eu que la préoccupation de marier la tradition avec le progrès.
   La Chasse moderne vieillira à son tour ; mais dans cinquante, dans cent ans d'autres viendront rajeunir les théories cynégétiques des premières années du XXe siècle.
   Espérons surtout qu'il restera, au XXIe siècle, suffisamment de gibier pour que nos petits-neveux trouvent encore l'occasion : veneurs, de courre un cerf ou un chevreuil suivant les traditions séculaires de la Vénerie française ; chasseurs à tir, d'appliquer la science de défendre, de multiplier, d'élever et de conserver le gibier, en même temps que l'art de le tuer, et surtout de savoir le faire tuer.

30 euros (code de commande : 18337).

 

CLAUSE (Louis) — Aperçu historique sur la commune de Marcinelle. Marcinelle, Dupuis, [1947]. In-8° broché, 238 p., illustrations hors texte, un plan à déplier, bel exemplaire.
Table des matières :
   - Bibliographie.
   - Préface.
   - Avant-propos.
   - Notions géographiques.
   - Monographie des principaux quartiers de la commune.
   - Marcinelle géologique.
   - Vue panoramique de Marcinelle, prise des fortifications de Charleroi en 1825.
   - Marcinelle préhistorique.
   - Marcinelle historique.
   - Les Capitulaires de Charlemagne sur la dîme.
   - Période de guerres, de pillages et de ruines.
   - Contestations politiques et religieuses.
   - Marcinelle et Couillet.
   - Relations économiques existant en 1757 entre les habitants de Marcinelle et de Charleroi.
   - La Révolution liégeoise (1784-1790) et la Révolution brabançonne.
   - Révolution française.
   - Régime hollandais.
   - Révolution de 1830.
   - Épilogue de la Révolution (1830-1834).
   - L'église Saint-Martin.
   - Occupations, mœurs et coutumes des habitants du Centre et des Haies.
   - Règlement pour la marche du hameau des Haies.
   - Mémorial des bourgmestres de 1830 à 1940.
   - Résumé de la Bataille de Charleroi à Marcinelle, les 20, 21, 22 et 23 août 1914.
   - Les principales voies de communications et leurs directions, d'après les différents stades de la vie de la commune.
   - Évolution de nos industries avec quelques statistiques suggestives sur leur progression et régression.
   - Recensement industriel.
   - Le service des diligences.
   - Droits de chausséage établis sur les chemins vicinaux.
   - Les chemins de fer qui intéressent tout particulièrement Marcinelle.
   - Les tramways de Marcinelle.
   - L'agriculture et l'élevage.
   - Les bois de Marcinelle.
   - Historique du moulin à eau de Couillet.
   - Œuvre du Coin de Terre de Marcinelle.
   - L'industrie houillère à Marcinelle.
   - Charbonnage du Bois de Cazier.
   - Marcinelle-Sud.
   - Catastrophes survenues au Charbonnage du Bois de Cazier.
   - Charbonnage de Marcinelle-Nord.
   - Régime des eaux.
   - Les origines de l'éclairage public à Marcinelle.
   - Histoire de l'Enseignement à Marcinelle.

35 euros (code de commande : 18376).

 

CORTAZAR (Julio) — Nouvelles, histoires et autres contes. Bestiaire - Les armes secrètes - Fin d'un jeu - Cronopes et Fameux - Tous les feux le feu - Les discours du Prince-Gueule - On déplore la - Le tour du jour en quatre-vingts mondes - Dernier round - Prose de l'observatoire - Octaèdre - Silvalande - Façons de perdre - Territoires - Un certain Lucas - Nous l'aimons tant, Glenda - Un Gotanpour Lautrec - Heures indues - Les autonautes de la cosmoroute. Traductions de Laure Guille-Bataillon, Karine Berriot, Françoise Campo-Timal, Isabelle Dessommes, Sylvie Protin, Françoise Rosset. Édition établie par Sylvie Protin. Paris, Gallimard, 2008. In-8° collé, 1415 p., (collection « Quarto »), exemplaire en parfait état.
Avertissement de l'éditeur :
   Ce volume s'ouvre avec, en préface, une conférence de Cortazar, inédite en français : « Quelques aspects du conte ». Il y expose une conception du conte bref qui lui est propre, qui ne recoupe pas la définition française de la nouvelle, ce qui nous invite à reconsidérer nos catégories.
   Le lecteur trouvera dans cet ouvrage :
      • Tous les recueils de nouvelles ou de contes, publiés du vivant de Cortazar, dans leur version intégrale et dans leur traduction la plus actuelle : Bestiaire. Les Armes secrètes. Fin d'un jeu. Cronopes et Fameux. Tous les feux le feu. Octaèdre. Façons de perdre. Un certain Lucas. Nous l'aimons tant Glenda. Heures indues.
      • Des livres conçus dans un rapport étroit avec l'image, jusque-là largement inconnus du public, car publiés le plus souvent confidentiellement, sous forme de plaquette ou de beau livre : Les Discours du pince-gueule. On déplore la. Prose de l'observatoire. Silvalande. Un gotan pour Lautrec. Nous reprenons ici leur iconographie, soit intégralement, soit partiellement.
      • Une sélection de textes narratifs brefs venant de volumes hybrides, eux aussi illustrés : Le Tour du jour en quatre-vingts mondes. Dernier Round. Territoires. Les Autonautes de la cosmoroute.
   À la suite d'un certain nombre de récits, on pourra lire les commentaires de Cortazar lui-même, sur leur genèse, sa technique d'écriture ou encore son rapport au lecteur. Quatre sources ont été utilisées : Julio Cortazar, Entretiens avec Omar Prego, traduit de l'espagnol par Françoise Rosset, Gallimard, Folio Essai, 1986 ; Ernesto Gonzalez Bermejo, Les Révélations d'un Cronope. Entretiens avec Julio Cortazar, traduit de l'espagnol par Javier Garcia Mendez, VLB éditeur et Ernesto Gonzalez Bermejo, 1988 ; Obra critica 1, 2, 3, Alfaguara, 1994, 3 volumes d'œuvres critiques inédits en français ; Cartas, Alfaguara, 2000, 3 volumes de correspondance également inédits en français, dont les extraits sont traduits par Sylvie Protin.
   Parmi les textes rares ou inédits que nous proposons, certains, déjà traduits en revue ou plaquette, étaient jusque-là inaccessibles ; les autres sont traduits par Sylvie Protin.
   Pour la première fois, le lecteur français va pouvoir prendre la pleine mesure du fantastique chez Cortazar, dans la multiplicité de ses variations. On en trouvera un décryptage fin et développé dans la postface de Sylvie Protin en fin de volume, que complète la section « Vie et œuvre » illustrée retraçant l'itinéraire intellectuel, politique et littéraire de Julio Cortazar.

18 euros (code de commande : 18352).

 

DARBE (Louis) et DASSELEER (Roger) — Marcq-Labliau mon village. Chez les Auteurs, 1996. In-4° collé, 560 p., illustrations, exemplaire en parfait état.
Table des matières :
   1. Préface.
   2. Les seigneurs de Borgnival.
   3. Marcq.
   4. Labliau.
   5. La guerre 14-18.
   6. La guerre 40-45.
   7. L'église.
   8. L'instruction publique.
   9. Les moulins.
   10. Les archers de saint Sébastien.
   11. Les activités théâtrales et sportives.
   12. La fanfare « Les Immortels ».
   13. Les anciens corps de métiers.

30 euros (code de commande : 18379 - vendu).

 

Dictionnaire archéologique des techniques. Paris, Éditions de l'Accueil, 1963-1964. Deux grands volumes in-8° carrés sous reliures et jaquettes (un peu défraîchies) d'éditeur, 1122 p., illustrations, mouillures au bas des pages du tome II.
Extrait du bulletin d'annonce :
   Nous ne présentons pas au lecteur une histoire des Techniques selon les formules communément adoptées.
   Dans le présent Dictionnaire, nous avons isolé chaque technique – classée par ordre alphabétique – pour en étudier l'histoire dans les plus anciens et principaux foyers de civilisation, lui consacrant, de cette manière, autant de monographies spécialisées.
   À titre d'exemple, voici le plan d'une rubrique :
      Cuir – Préhistoire (A. Laming-Emperaire), Amérique précolombienne (P. Reichlen), Asie centrale (L. Hambis), Inde (J. Auboyer), Asie occidentale (J. Bottéro), Égypte (J. Vercoutter), Grèce et Rome (J. André).
   Le Dictionnaire archéologique a retenu ainsi 165 techniques auxquelles les spécialistes des civilisations anciennes, familiers des sources écrites et monumentales, ont consacré près de 700 monographies accompagnées de quelque 1000 illustrations.
   Cette méthode d'exposé confère à l'ouvrage un caractère d'autant plus inédit que, très souvent, l'histoire d'une technique était mal connue dans tel ou tel secteur et qu'elle a suscité des recherches particulières.
   Aussi bien, de nombreuses études publiées ici sont absolument neuves, faisant état d'une documentation dont seul un spécialiste pouvait être informé (les découvertes de l'archéologie soviétique, par exemple, concernant Bois, Cuir, Feutre, Jade).
   Précisons encore que, pour renseigner au maximum le lecteur, nous avons banni de l'ouvrage ce que l'on pourrait appeler « la rubrique fourre-tout ». Ainsi, entre beaucoup d'autres, Architecture, traitée comme telle, est complétée par Brique, Carrière, Construction, etc..., techniques également étudiées dans chaque civilisation ancienne.
   Finalement, par l'originalité de sa méthode, la multitude et la qualité des témoignages rassemblés, le choix de ses rubriques, le Dictionnaire archéologique des techniques est un instrument de travail singulièrement riche et, néanmoins, facile à consulter.
   Pour le professeur, le technicien, l'étudiant, il est une source irremplaçable de connaissances.

Les deux volumes : 45 euros (code de commande : 18375 - vendu).

 

DOBLHOFER (Ernst) — Le déchiffrement des écritures. Traduction de Monique Bittebierre. Préface de Jean Bottéro. S.l., Arthaud, 1959. In-8° sous reliure d'éditeur, 349 p., illustrations dans le texte et 41 héliogravures hors texte, (collection « Signe des Temps », n° V).
Table des matières :
   Préface.
   Avant-propos.
   I. Introduction à l'écriture.
   II. L'énigme du Sphinx : Déchiffrement de l'écriture égyptienne.
   III. Ahouramazda m'a prêté assistance : Déchiffrement de l'écriture cunéiforme « vieux perse ».
   IV. En cunéiformes sur six briques : Déchiffrement des écritures cunéiformes mésopotamiennes.
   V. Coin et symbole au pays de Hatti : Interprétation de l'écriture cunéiforme hittite et déchiffrement du hittite hiéroglyphique.
   VI. Le « cap du Fenouil » au « port Blanc » et Gubla, la ville du papier : Déchiffrement de l'ougaritique et du giblitique.
   VII. Des dieux et des maîtres du commerce : Déchiffrement de l'écriture syllabique chypriote.
   VIII. Chars de guerre et gobelets : Déchiffrement de l'écriture linéaire B créto-mycénienne.
   IX. Le prince Kul-teghin, Bilgâ-kaghan et le sage Tonjoukouk : Déchiffrement des runes paléoturques.
   X. Déchiffrements de demain : L'étrusque, les écritures de l'Indus et de l'île de Pâques.
   Notes - Index - Bibliographie.

15 euros (code de commande : 18330).

 

Du Réalisme au Surréalisme en Belgique. Collections du Crédit Communal en Belgique. Bruxelles, Crédit Communal de Belgique, 1985. In-4° broché, 87 p., illustrations en noir et en couleurs, exemplaire en très bel état.
   Cet ouvrage a été publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée au Musée Toulouse-Lautrec, à Albi, du 2 juillet au 8 septembre 1985.
Table des matières :
   - La peinture belge... ou la visite rendue à Toulouse-Lautrec, par M. Castel.
   - Le Crédit Communal et son patrimoine artistique, par François Narmon.
   - En guise d'introduction, par M.-M. Spehl-Robeyns.
   - Catalogue.
   - Notices biographiques.
   - Orientation bibliographique.
   - Tables.

19 euros (code de commande : 18336 - vendu).

 

ENGELS (Friedrich) — L'origine de la famille, de la propriété privée et de l'État. Sur l'histoire des anciens Germains. L'époque franque. La marche. Paris, Éditions Sociales, 1969. In-8° sous reliure d'éditeur, 358 p., une carte hors texte en couleurs à déplier, exemplaire en très bel état.
Extrait de la note de l'éditeur :
   Ce volume était, primitivement, destiné à présenter L'Origine de la famille, de la propriété privée et de l'État de Friedrich Engels. Tandis qu'il était en cours de préparation, parurent à Berlin, édités pour la première fois dans la langue de l'original, des textes sur l'histoire des anciens Germains et l'époque franque qui complétaient heureusement certaines indications données dans L'Origine de la famille. Nous avons donc décidé de les intégrer à notre volume, qui présente maintenant l'ensemble de la pensée d'Engels sur les problèmes relatifs au développement de la société primitive. Nous y avons également joint un certain nombre d'extraits, pour la plupart inédits en français, qui feront de cet ouvrage un instrument de travail sérieux, tant au point de vue du contenu qu'eu égard aux questions de méthode.

13 euros (code de commande : 18358GL - vendu).

 

FAIRON (Ém.) — Chartes confisquées aux bonnes villes du Pays de Liège et du comté de Looz après la bataille d'Othée (1408). Bruxelles, Palais des Académies, 1937. In-8° broché, XLIV, 504 p., (collection « Commission Royale d'Histoire »), déchirure restaurée à la couverture et cachet à la couverture et à la page de titre.
Extrait de l'introduction :
   Le dimanche 23 septembre 1408 fut un des moments les plus néfastes dans l'histoire du pays de Liège, cependant si remplie de revers sanglants et de terribles catastrophes. Ce jour-là, les milices communales des bonnes villes insurgées contre leur souverain Jean de Bavière furent complètement écrasées par les troupes féodales amenées par le duc de Bourgogne et le comte de Hainaut au secours de l'élu assiégé dans Maastricht. Ce n'était pas un sentiment de solidarité familiale qui avait poussé Jean Sans Peur et Guillaume IV à prêter main-forte à leur peu intéressant cousin.
   Ces princes, qui voulaient régner chez eux en maîtres absolus, voyaient avec impatience et appréhension grandir, dans la principauté ecclésiastique toute proche, un régime démocratique qui bravait et bafouait l'autorité suprême du chef de l'État et était animé d'un inquiétant esprit de prosélytisme. En effet, toutes les villes des États peu à peu entraînés dans l'orbite liégeoise, comme Maastricht et les villes du comté de Looz, s'étaient donné, à l'instar de Liège, des constitutions consacrant la suprématie des métiers. Les deux protecteurs de Jean de Bavière avaient donc saisi avec empressement l'occasion de faire taire une propagande pouvant atteindre leurs propres sujets et de faire disparaître un scandaleux exemple d'indiscipline. Leur expédition guerrière réussit au delà de toutes espérances et les Liégeois, complètement vaincus et terrorisés par les cruelles représailles des vainqueurs, acceptèrent sans réagir la sentence du 24 octobre 1408, faisant table rase de tout ce que la démocratie liégeoise avait conquis depuis un siècle.
   Ce qui révèle surtout l'intention des vainqueurs d'Othée non seulement de supprimer totalement le régime démocratique liégeois mais encore d'en effacer jusqu'au souvenir, c'est le fait que les quatre premières clauses de l'impitoyable sentence se réfèrent à la livraison de toutes les archives possédées par les villes rebelles à leur prince :
      Article 1. Premièrement nous mettons en nos mains touttes les franchises, usages, lois et privillèges que avoient et ont ceuls de Liège et des autres villes du pays de Liège, de la conté de Loz, du pays de Hasbain, de Saintron, de la terre de Bouillon et des appartenances, aiens privillèges, lois, franchises et usages...
      Article 3. Item nous ordonnons que es mains d'iceux nos commis, ...touttes lettres d'alliances, confédérations ou pactions que ceuls desdites cité et ville ont touchant ycelles villes et pays, soit que lesdites alliances, confédérations ou partions touchent ycelles cité et villes de l'une avec l'autre ou aucunes personnes ou villes hors desdis pays, seront apportées et bailliés...
      Article 4. Item ordonnons que après la Visitation des lettres desdis previlleges, franchises et libertés et que lors on en polra rendre aucun ou de nouviel ordonner...
   Ainsi, avant même d'imposer à l'échevinage une réforme radicale transformant ces juges nommés à vie en mandataires nommés pour un an, de décréter
l'abolition radicale des métiers, d'interdire entre les villes liégeoises toute confédération ou alliance, Jean Sans Peur et Guillaume IV de Hainaut se font livrer les archives des villes subjuguées par eux; celles-ci sont définies en deux groupes : 1) les privilèges, lois et franchises internes ; 2) les accords et traités conclus entre les villes entre elles ou avec des villes ou des personnages de l'extérieur. Si les documents des métiers ne sont pas désignés expressément, la livraison de leurs archives est la conséquence inévitable de l'interdiction absolue de toutes confréries des métiers, contraintes d'ailleurs d'apporter leurs bannières aux vainqueurs.
   Ce même jour, 24 octobre 1408, le duc de Bourgogne désignait messire Guillaume Bonnier et maître Thierry Gherbode, le comte de Hainaut messire Broignart de Haynin et messire Baudin de Fromont pour prendre possession, le 12 novembre suivant, dans l'abbaye des Écoliers à Mons, des chartes ainsi confisquées et recevoir les serments solennels prêtés par les délégués porteurs de ces dépouilles et jurant que ce qu'ils apportaient constituait bien l'ensemble intégral des documents dont ils étaient contraints de se dessaisir.

15 euros (code de commande : 18367 - vendu).

 

GINZBURG (Carlo) — Le sabbat des sorcières. Traduit de l'italien par Monique Aymard. Paris, Gallimard, 1992. In-8° collé, 423 p., illustrations hors texte, (collection « Bibliothèque des Histoires »).
En quatrième de couverture :
   Du XIVe au XVIIe siècle, dans toute l'Europe, des femmes et des hommes accusés de sorcellerie ont raconté s'être rendus au sabbat : là, de nuit, en présence du diable, on se livrait à des festins, à des orgies, à l'anthropophagie, à la profanation des rites chrétiens.
   D'où vient le sabbat ? Les accusés se sont-ils laissé extorquer, souvent sous la torture, le récit que leurs juges attendaient d'eux ? Selon Carlo Ginzburg, pas toujours. Dans quelques cas, l'écart entre les questions des juges et les réponses des accusés laisse affleurer des éléments liés à une couche plus profonde. Partant de ces anomalies, appuyé sur un immense matériel documentaire, il a entrepris de retrouver et de recomposer les pièces dispersées de cette histoire nocturne. L'enquête conjugue plusieurs approches auxquelles correspondent autant d'hypothèses : une approche historique qui, des lépreux aux juifs, aux hérétiques et aux sorciers, dessine à la fin du Moyen Âge la place du complot ourdi en son sein par les ennemis de la chrétienté ; une approche morphologique, qui rassemble les éléments disjoints d'une très ancienne culture à fond chamanique, largement attestée dans le monde eurasiatique ; une dernière hypothèse, plus ambitieuse encore, lie l'identification de formes générales de l'expérience essentielle de la mort et de l'au-delà et les structures élémentaires du récit.
   Un programme immense, mais aussi une rigoureuse leçon de méthode qui veut, à chaque moment, rappeler les exigences, les limites et les possibilités du métier d'historien.

25 euros (code de commande : 18373 - vendu).

 

GOOSSENS (G.) — Étude sur les États de Limbourg et des Pays d'Outremeuse pendant le premier tiers du XVIIIe siècle suivie du texte de la Notitia de rebus statuum provinciae Limburgensis de l'abbé Nicolas Heyendal. Kerkrade - Louvain - Paris, Alberts - Bureaux du Recueil - Picard, 1910. In-8° broché, XVIII, 78, 177 p., un carte à déplier, (collection « Université de Louvain - Recueil des Travaux publiés par les Membres des Conférences d'Histoire et de Philologie », 26e fascicule), bon exemplaire.
Table des matières :
   Introduction.
   Première partie.
      Chapitre I. Le duché de Limbourg et les pays d'Outremeuse pendant le premier tiers du XVIIIe siècle.
         § 1. Le territoire.
         § 2. La constitution et les principales institutions judiciaires et administratives.
      Chapitre II. Les États.
         § 1. Organisation.
         § 2. Attributions.
            A. L'inauguration du prince.
            B. Le consentement des impôts et leur répartition.
            C. Le droit de remontrance et influence en matière législative.
            D. L'administration économique de la province.
            E. La nomination des employés.
            F. La participation des États de la province de Limbourg aux assemblées des États-Généraux.
            G. Attributions réservées aux États de Brabant.
      Chapitre III. Aperçu sur la situation de la province pendant le premier tiers du XVIIIe siècle.
   Deuxième partie : Notitia de rebus statuum provinciae Limburgensis;
   Annexes.

25 euros (code de commande : 18366 - vendu).

 

GRASSET (Philippe) — Le regard de Iéjov. Enquête sur un siècle débordé. Roman. [Bruxelles], Pré aux Sources - Bernard Gilson, 1990. In-8° broché, 376 p.
En quatrième de couverture :
   Un roman d'une rare densité qui aidera le lecteur d'aujourd'hui à comprendre les funérailles du communisme à travers la vie de plusieurs personnages dont Grouchkine et Ivan Ivanovitch évadés du camp de Kolyma. Arrivés à Paris en 1947, ils rencontreront 37 ans plus tard le commissaire Aretin lors d'une enquête sur le meurtre de Vladimir Ivanovitch. Celle-ci s'achève le jour où le mur de Berlin tombe.
   Le bourreau de Staline, c'est léjov avec son drôle de regard. Chef du NKVD de 1936 à 1938, il organisa les plus grandes liquidations que le monde connut. Cette période porte le nom assez triste de Iéjovtchina.
   Mais dans l'ensemble de cette histoire, Iéjov ne constitue qu'un détail tant l'auteur nous apprend la vie du peuple russe de Staline à Gorbatchev. Écoutons ce que nous dit cette petite fille recueillie comme réfugiée en 1948 :
   « Il avait dit qu'il n'y avait plus de Dieu et je fis de Staline mon Dieu. C'est stupide mais il faut que je le dise ; si j'étais malade ou si quelque chose me blessait, alors je pensais que cela passerait parce que Staline savait. C'était juste comme le bon Dieu. »
   L'auteur nous tient en haleine du début à la fin de ce livre écrit en trois temps. Il nous aide à comprendre, par le biais de l'Histoire, l'absurdité et l'inutilité du communisme.
   Un roman qui ne démentira pas ce que André Glucksmann a dit : « Sortir du communisme c'est rentrer dans l'Histoire. »

10 euros (code de commande : 18332).

 

KAUTSKY (Karl) — Le chemin du pouvoir. Présentation par Victor Fay, en annexe lettres inédites de Victor Adler, Auguste Bébel, J.H.W. Dietz, Hugo Haase, Joseph Herzfeld, Karl Kautsky, Clara Zetkine. Paris, Anthropos, 1969. In-8° broché, XXIV, 212 p., (collection « Marxisme d'Hier et d'Aujourd'hui »), bel exemplaire.
Table des matières :
   - Présentation.
   - Préface du traducteur.
   I. La conquête du pouvoir politique.
   II. La prophétie de la révolution.
   III. L'évolution vers la société future.
   IV. L'évolution économique et la volonté.
   V. Ni révolution, ni légalité à tout prix.
   VI. La croissance des éléments révolutionnaires.
   VII. L'affaiblissement des antagonismes de classes.
   VIII. L'aggravation des antagonismes de classes.
   IX. Un nouveau siècle de révolutions.
   - Annexes.

18 euros (code de commande : 18360GL).

 

LA PÉROUSE (Jean François de Galaup, comte de) — Le voyage de Lapérouse 1785-1788. Tomes I et II (complet). Récit et documents originaux présentés par John Dunmore et Maurice de Brossard. Paris, Imprimerie Nationale, 1985. Deux volumes in-4° sous reliure et étui d'éditeur, tome I : XII, 315 p., tome II : XIII, 512 p., illustrations en noir et en couleurs, une 4 cartes volantes à déplier, (collection « Voyages et Découvertes »), bel exemplaire.
Extrait de la préface :
   Plus de trente mois s'écoulèrent entre l'appareillage de Lapérouse à Brest le 1er' août 1785 et son naufrage sur les écueils de Vanikoro, en plein Pacifique. L'extension de l'itinéraire parcouru, l'incertitude encore imparfaitement dissipée de son tragique dénouement enveloppèrent la campagne d'exploration la plus longue de la marine française d'un prestige mystérieux durable même après deux siècles. Fut-ce un échec ? Quels résultats apporta cette expédition ? Que faut-il donc commémorer : le courage malheureux, l'apport scientifique et humain ?
   Le XIXe siècle à son terme opta pour le souvenir du malheur : la Société de géographie célébra Lapérouse en 1888, centenaire de la disparition. À Kotany Bay, l'Australie naissante avait offert a l'explorateur sa dernière escale connue de façon certaine ; elle en associera le souvenir aux fêtes de son propre bicentenaire, en 1988. La France, elle, attentive à l'initiative de 1785, a choisi 1985 pour en rappeler les espoirs. Colloques, conférences, expositions se succèdent et voici que le présent ouvrage entend offrir le monument durable des récits et des textes laissés par les héros eux-mêmes.
   Pourtant, la narration du voyage avait été connue quelques années seulement après que le silence eut anéanti l'espérance du retour des voyageurs. Dès 1797, « l'Imprimerie de la République » avait publié une relation établie par le général Milet-Mureau ; mais l'idéologie du moment l'avait amené à remanier le texte original, à en retrancher des passages contraires à l'esprit révolutionnaire, bref à l'altérer ici et là. Depuis lors, pendant près de deux siècles, cette présentation a été répandue en entier, ou par extraits, dans le grand public, parfois sous des formes adaptées à la jeunesse.
   Pourquoi donc ne pets retourner directement à la source, telle qu'elle existe ? Contourner Milet-Mureau, c'est retrouver Lapérouse lui-même, dont les écrits ou du moins ce qu'il a pu envoyer à Louis XVI révèlent la personnalité véritable. Or, si le journal du bord a disparu dans le naufrage, les rapports écrits par Lapérouse lui-même et adressés par lui au roi et à ses ministres, à chacune de ses escales, sont conservés. Le texte original du chapitre XIII est perdu depuis l'édition de Milet-Mureau. Le manuscrit, en effet, connut certains avatars, dont le plus récent fut son transfert, en 1955, du Service historique de la Marine aux Archives nationales, sons une cote nouvelle, mêlé a des documents disparates relatifs à l'expédition, sans que le nom de Lapérouse figurât au catalogue. Pour l'y retrouver, il fallait la conjonction de la compétence et de la perspicacité.
   Le hasard, lui aussi, fait parfois bien les choses. Ce hasard fut une rencontre, et de cette rencontre naquit l'idée originale de l'ouvrage. Une table ronde tenue en 1978 aux Archives nationales par le Laboratoire d'histoire maritime, du Centre national de la recherche scientifique, associé à l'université de Paris-Sorbonne et à l'École pratique des hautes études avait eu pour thème « L'importance de l'exploration maritime au siècle des Lumières. À propos du voyage de Bougainville ». Il apparut logique et souhaitable de suivre la même ligne et d'ouvrir le dossier Lapérouse dans la collection « Voyages et découvertes » où venait de paraître le voyage de Bougainville, précédant de peu les explorations des frères Verrazano.
   Le projet pouvait prendre corps grâce à la présence à ce colloque de deux spécialistes des explorations du Pacifique. L'amiral de Brossard, ancien directeur du Service historique de la Marine, avait reçu mission, au cours de commandements dans le Pacifique, de prendre une part active aux prospections effectuées en 1963 dans les eaux du naufrage de Lapérouse ; il en avait tiré la matière de ses recherches et un livre. De son côté le professeur J. Dunmore, professeur à l'université Massey en Nouvelle-Zélande, spécialiste de l'histoire des explorations, venait de transcrire le manuscrit original de Lapérouse. Le professeur Dunmore eut la courtoisie de penser que le lieu naturel de la publication scientifique, c'est-à-dire intégrale et critique, du journal de l'émule français du Britannique James Cook, ne pouvait être que la France. Ainsi s'est constituée l'équipe de rédaction du présent ouvrage.
   La préoccupation scientifique des auteurs ne s'en tient pas seulement à l'établissement critique du texte et à son commentaire. Pour comprendre et faire comprendre l'expédition de Lapérouse, il convenait de joindre le plus grand nombre possible de documents, sans prétendre à l'exhaustivité. Comme dans les deux ouvrages précédents de la collection, l'objet est de présenter un dossier. Le récit du voyage en constitue naturellement la pièce essentielle et nous l'accompagnons de notes explicatives aussi nombreuses et précises que possible ; placées en marge, elles sont d'une consultation aisée sans interrompre une lecture suivie. Une introduction au texte de la narration explique les difficultés suscitées par les altérations que Milet-Mureau s'était permis de faire, et elle rend compte des procédés employés pour les corriger et restituer le texte original. Le dossier comporte aussi des pièces importantes dont la principale est le texte des Instructions du roi. Il convient, en effet, de donner du rôle joué par Louis XVI et de son attention au voyage de Lapérouse une vision aussi exacte que possible et qui, par son exactitude même, lui donne toute son importance, sans la minimiser ni l'exagérer.
   Pièces complémentaires ce terme est préférable à celui d'annexés, ce sont les listes des matériels embarqués, des bibliothèques de bord, étonnamment pourvues, enfin une cinquantaine de lettres dont plus de la moitié est inédite, et qui émanent pour la plupart de Lapérouse lui-même et de de Langle.
   Le dossier, enfin, inclut des cartes, dont la plus belle est celle destinée au roi, des dessins tracés par des participants de l'expédition, ainsi que des illustrations, en très grand nombre, des lieux et des populations rencontrés, sans oublier des portraits, souvent émouvants, des acteurs de cette prodigieuse aventure.
   Nous espérons ainsi répondre à l'attente de ceux qui sont ouverts aux curiosités éveillées par le siècle des Lumières et à son élargissement sur des horizons lointains : les historiens des explorations, les amateurs de récits de voyages, les géographes, les ethnographes, les naturalistes, les marins, les astronomes, les bibliophiles enfin, séduits, nous le souhaitons, par la qualité de l'édition.

Les deux volumes : 200 euros (code de commande : 18370 - vendu).

 

LEJEUNE (Théophile) — Mémoire historique sur l'ancienne ville de Soignies. Bruxelles, Archives Générales du Royaume, 1996. In-8° collé, [421] p., (collection « Reprints », n° 10), exemplaire en très bel état.
   Il s'agit d'un extrait du tome IV de la troisième série (1868-1869) des Mémoires et Publications de la Société des Sciences, des Arts et des Lettres du Hainaut, pp. 61-480.
Table des matières :
   Préface.
   I. Origine historique.
   II. Monastère de Soignies.
   III. Chapitre de Saint-Vincent.
   IV. Revenus du chapitre.
   V. Fondations pieuses.
   VI. Église de Saint-Vincent.
   VII. Trésor de la collégiale.
   VIII. Paroisse de Soignies.
   IX. Communautés religieuses.
   X. Fondations charitables.
   XI. Avouerie de Soignies.
   XII. Organisation judiciaire.
   XIII. Pouvoir communal.
   XIV. Compagnies et confréries.
   XV. Corporations des métiers.
   XVI. Documents divers.
   XVII. Chronologie historique.
   XVIII. Biographie sonégienne.
   XIX. Instruction publique.
   XX. Fêles religieuses et civiles.
   Pièces justificatives.
   Appendice :
      A. Les cartulaires da chapitre de Soignies (Le livre enchaîné - Le livre blanc - Le livre mixte).
      B. Les registres aux résolutions du chapitre de Soignies.
      C. Les comptes du chapitre et de l'église de Soignies.
      D. Les comptes de la massarderie de la ville de Soignies.
      E. Les lettres d'octroi accordées à la ville de Soignies.
      F. Les anciens sceaux de Soignies.
   Rectifications et additions.

18 euros (code de commande : 18377 - vendu).

 

LIÉNAUX (Fernand) — La composition décorative contemporaine à la portée de l'École. Livre II : Les éléments empruntés à la flore et à la faune. La Louvière, Studio, [ca 1935]. In-4° agrafé, 84 p., nombreuses illustrations, 2 planches hors texte en couleurs, (« Collection Pédagogique du Dessin »), bel exemplaire.

   
Couverture et « Rosettes », p. 26.

25 euros (code de commande : 18357 - vendu).

 

LIÉNAUX (Fernand) — Croquis d'animaux et commentaires biologiques. La Louvière, Studio, [ca 1939]. In-4° agrafé, 116 p., nombreuses illustrations, 16 planches hors texte, (« Collection Pédagogique du Dessin »), bel exemplaire.
Liminaire :
   Depuis que l'homme pratique le dessin, il semble bien qu'il se soit intéressé à la représentation des animaux. Le préhistorique a gravé dans la pierre, la corne et l'ivoire des sujets animaliers étonnants de grâce et de vie : nous en avons reproduits quelques spécimens dans notre premier cours. Les Égyptiens ont puisé dans la faune des formes souples qu'ils ont stylisées ; les Assyriens, passionnés de chasse, ont porté l'art animalier à son apogée ; plus tard, les Grecs ont été séduits par la grâce, par la fougue ou par la force brutale de la bête (voir les chevaux sculptés par Phidias).
   Tantôt comme sujet consacré aux divinités, tantôt comme simple élément décoratif, l'animal occupe dans l'histoire de l'ornementation une place importante. Les peuplades nègres et indiennes se livrent volontiers à la représentation des fauves qu'ils craignent et du gibier qu'ils traquent : elle apparaît sous forme de peintures sur les tissus, les murailles, ou de sculptures grossières dans le bois ou l'ivoire et, presque toujours, avec un accent comique de naïveté.
   Est-il besoin d'ajouter que les enfants ont un goût prédestiné pour les animaux et les dessins animaliers ? Aussi, quelle magnifique source d'intérêt pour l'éducateur qui peut aisément tirer parti du croquis rapide au tableau noir ! Pour l'illustration des livres de la jeunesse, comme pour le dessin animé cinématographique, que de richesses d'inspiration ne puise-t-on pas dans la faune !
   Les animaux sont-ils difficiles à représenter ? Assurément, pour quiconque ne s'est pas livré préalablement au dessin d'après les objets et le personnage, aussi pour le dessinateur qui n'a pas l'occasion d'observer la vie des bêtes. Nous répétons volontiers la pensée de Fromentin : « On ne dessine bien que ce que l'on sait ». Nous ajouterons que l'on ne dessine bien les animaux qu'après avoir acquis l'habitude de les observer.
   Il existe des procédés empiriques – généralement géométriques – pour apprendre à « croquer » les animaux en quelques traits. Comme récréations graphiques, nous voulons bien les admettre, mais on conviendra aisément qu'il ne s'agit pas là d'une méthode d'enseignement bien sérieuse. En effet, se figure-t-on le nombre prodigieux de recettes, c'est-à-dire de formules conventionnelles, qu'il faut retenir par cœur, s'il convient d'établir pour chaque espèce animale un schéma géométrique ou alphabétique à exécuter préalablement et qu'en plus de cela, un nouveau procédé constructif est nécessaire pour représenter chaque attitude !... Dans ces conditions, il est compréhensible que le débutant se contente de retenir quelques « trucs » seulement – une dizaine, peut-être – et qu'invariablement les mêmes animaux apparaissent sous son crayon, dans la même attitude : le chat assis, vu de dos, exécuté au moyen d'un ovale, la souris de profil tirée d'une forme de moule montée sur pattes, le lapin accroupi dont les longues oreilles émergent d'une motte de beurre, etc... Une première fois, ces petites acrobaties graphiques sont plaisantes, mais, bien vite, elles lassent.
   Ce qu'il faut – et la leçon nous vient des artistes préhistoriques –, c'est représenter la vie elle-même avec tout ce qu'elle a de pittoresque et d'imprévu.
   C'est donc vers la vie que nous devons nous pencher pour saisir le mouvement et la ligne qui se dégage de ce mouvement.
   Tout comme nous basons la représentation de la figure humaine sur la connaissance de la charpente anatomique et l'observation sur nature des formes extérieures, nous estimons que la pratique du croquis animalier doit reposer sur une étude suffisante de la structure interne propre à chaque espèce, en limitant le plus possible le nombre des espèces. Notre méthode est presque exclusivement consacrée à la représentation des vertébrés et plus spécialement à celle des animaux domestiques.
   Dans le croquis d'observation, la connaissance de la structure interne interviendra comme moyen de contrôle (mesures, comparaisons, vérité du caractère) ; dans les représentations de mémoire et d'imagination, comme procédé graphique de construction.
   Chez le débutant, l'étude de l'anatomie artistique des animaux peut, par sa complexité, apparaître fastidieuse et décourageante. Aussi, avons-nous voulu lui présenter cette matière résumée et débarrassée de tout ce qui ne constitue pas le bagage minimum pour aboutir à un premier résultat satisfaisant. Tout en apprenant la structure osseuse, les principales articulations, la musculature et le relief extérieur, nous nous intéresserons au genre de vie de l'espèce étudiée, nous rechercherons ses adaptations naturelles, ses moyens de défense, en un mot, l'étalage descriptif et savant sera remplacé par un exposé vivant sous forme du qui ?, pourquoi ?, comment ?, système de questions auxquelles nous tâcherons de répondre de notre mieux.
   Comme « la fonction crée la forme », il nous paraît infiniment utile, pour le dessinateur, de posséder les remarques biologiques qui permettent de justifier la conformation et les allures animales.
   Tout en donnant le goût pour le dessin animalier aux futurs artistes, nous espérons rendre service aux nombreux éducateurs qui doivent illustrer et commenter les leçons d'histoire naturelle.
   L'abbé E. Dévaud, professeur de pédagogie à l'université de Fribourg, fut l'un des premiers à préconiser l'étude des tendances biologiques à l'école primaire, en exploitant le milieu comme champ d'observation. Nous avons expérimenté cette pédagogie durant dix années avec des enfants de 11 à 12 ans : chaque leçon donna lieu à des épreuves d'observation et de raisonnement remarquablement fécondes, mettant sur un même plan l'éducation des trois modes d'extériorisation – le langage, l'écriture et le dessin. C'est d'ailleurs au cours de cet enseignement quotidien que nous avens acquis le goût pour l'enseignement du croquis et pour l'enseignement par le croquis !
   Nous exposerons le plus succinctement possible les généralités indispensables pour mieux connaître les bêtes : leur histoire (paléontologie et géologie), leur régime de vie (biologie), leur classification (zoologie), leur constitution (anatomie). Nous aurons recours le moins possible aux nomenclatures stériles et aux descriptions anatomiques trop fouillées. Le croquis rapide, but pratique de notre ouvrage, n'exige d'ailleurs pas cette perfection académique. À l'intention des dessinateurs animaliers soucieux de leur perfection, nous renseignons une table bibliographique groupant les principaux auteurs qui ont contribué à notre formation.
   Nos exercices pratiques du croquis rapide – à exécuter de mémoire et d'imagination –, sont précédés de quelques planches de dessins d'après nature. Nous voulons signifier par là que le dessin d'observation doit présider à l'éducation du dessinateur, mais que le véritable but du dessin est l'épreuve de composition.

25 euros (code de commande : 18355 - vendu).

 

LIÉNAUX (Fernand) — Le croquis rapide. La pratique du croquis-langage. Nouvelle édition. Paris - Bruxelles, Nathan - Labor, 1965. In-4° broché, 76 p., nombreuses illustrations, (« Collection Pédagogique du Dessin »), bel exemplaire.
Liminaire :
   Parler au moyen du dessin répond à un besoin instinctif, essentiellement humain, qui s'est manifesté depuis les temps très reculés de la préhistoire.
   Le geste qui accompagne naturellement la parole est comme le prolongement de la pensée dans l'espace, le croquis est comme la matérialisation du geste.
   Si les mots constituent des assemblages de sons purement conventionnels, propres à chaque langue, variant même de patois à patois, les dessins, quoique conventionnels aussi, mais dans une proportion beaucoup moins grande, sont universellement compris.
   Alors que le langage parlé et écrit a recours aux mots pour faire naître des images dans le cerveau du lecteur ou de l'auditeur, le croquis-langage a le pouvoir de faire jaillir spontanément l'image sur l'écran visuel. D'où, compréhension plus nette et plus rapide.
   Les mots et les idées qui « font images » sont très nombreux : tous peuvent se traduire aisément par l'image graphique.
   L'écriture hiéroglyphique n'était-elle pas presque exclusivement composée d'images simplifiées ou stylisées et dont les sources d'inspiration furent le geste humain, la faune, la flore et les objets ?
   Du fait que nos lettres dérivent des hiéroglyphes, après avoir été modifiées tour à tour par les civilisations sémitique, phénicienne, grecque et latine, notre alphabet peut être considéré comme un ensemble de signes qui sont les rudiments de dessins.
   « Qui sait bien écrire, devrait savoir bien dessiner ! » Oui, si l'on se place uniquement au point de vue du sens musculaire et de la souplesse d'articulation. Mais le processus mental propre à l'écriture est assez différent de celui qui est relatif au dessin : intervention de l'observation, du raisonnement et du sentiment.
   Quoi qu'il en soit, nous affirmons que l'éducation du sens graphique, pour être complète, doit comprendre à la fois l'enseignement du dessin et celui de l'écriture. En apprenant à lire et à écrire aux jeunes enfants, on néglige généralement le facteur dessin, alors que ce mode d'expression s'est manifesté antérieurement, bien avant l'entrée à l'école.
   La négligence du dessin fait bientôt place au désintéressement, sinon à l'abandon (exceptions très rares). De la part de l'éducateur, c'est là une faute grave. Nos élèves terminent leurs études primaires privés très généralement de cette faculté si utile dans la vie pratique : le dessin d'expression.
   Le croquis-langage, joint à la parole, constitue le mode d'expression le plus efficace qui soit. Les applications si variées qu'on en fait dans l'existence sont très nombreuses.
   Au cours d'un exposé, le croquis peut être non seulement un attrait, un délassement cérébral, c'est-à-dire une source d'intérêt et de joie, mais aussi un moyen puissant d'intuition.
   Le croquis est encore un instrument précieux pour faciliter l'étude. Le crayon n'est-il pas le scalpel de l'observation ?
   Comme mode d'expression, le croquis-langage intervient comme moyen d'illustration ou de traduction de la pensée, comme image impromptue d'une chose, d'une scène, d'un spectacle hâtivement observés ou imaginés.
   Comme moyen d'étude, on a recours au croquis rapide dans des descriptions et narrations graphiques, les interprétations imagées, d'après lecture, ou audition, dans les schémas et diagrammes, dans les démonstrations et résolutions par le graphique, etc.
   Pour toutes ces raisons, le croquis-langage intervient dans l'activité scolaire sous deux formes :
      1) comme moyen didactique, sous forme de croquis rapides au tableau noir, au cours des leçons relatives à toutes les branches de l'enseignement ;
      2) comme exercices pratiques prévus dans le nouveau programme sous forme de dessin d'expression, si nécessaire à la formation des futurs manuels et intellectuels.
   Au croquis-langage, on pourrait logiquement rattacher le croquis coté qui est aussi un mode d'expression par le graphique. Vu son caractère essentiellement technique, nous renvoyons son étude à une autre série d'ouvrages prévus dans notre Collection Pédagogique du Dessin.
   Dans l'enseignement supérieur, on fait appel au croquis rapide comme moyen d'étude pour suppléer à la sécheresse des textes et aux prises de notes fastidieuses ; mais on y déplore souvent l'inaptitude de l'étudiant ou tout au moins son manque de préparation au croquis.
   C'est dès l'école primaire qu'il faut initier l'élève au dessin spontané qui l'aidera à extérioriser sa pensée. Le jeune enfant use plus aisément du croquis-langage que de l'écriture. À l'âge de six ans, il est tout préparé pour recevoir un enseignement capable de perfectionner l'art graphique qu'il possède instinctivement. On retrouve chez lui la tendance du préhistorique à matérialiser la pensée par le dessin: pour lui, le dessin est un langage et une écriture. Avec raison, Edmond About dit : « L'enfance de l'art ressemble à l'art de l'enfance ».
   Le nouveau programme scolaire accorde au dessin occasionnel une importance très grande. Ce n'est pas seulement pendant la leçon hebdomadaire réservée au dessin, mais à toute occasion propice, que l'élève doit dessiner. Les leçons de dessin viseront comme but le dessin d'expression (de mémoire et d'imagination) et choisiront comme moyens les exercices d'entraînement et le dessin d'observation. On exige davantage la pratique du croquis rapide au tableau noir. Encore, faut-il que nos maîtres sachent manier la craie pour faire jaillir l'image avec spontanéité et sentiment !
   C'est à l'enseignement normal qu'il revient de garantir cette pratique chez le futur éducateur en amplifiant toujours les tendances professionnelles du programme.
   Les exercices d'entraînement ont une grande importance au point de vue de l'assouplissement de la main. Chacune de ces leçons doit avoir un but bien précis et portera sur une famille de formes (formes elliptiques, ovales, cylindriques, etc.), ou sur une difficulté bien déterminée (spirale, amande, pivot, poire...). – Voir nos ouvrages : « Le Dessin au 2e degré primaire » et « Le Croquis rapide ».
   Peut-on apprendre la pratique du croquis-langage ? Ce mode d'expression graphique s'acquiert comme l'écriture. C'est par la répétition persévérante que se fait l'éducation de la main.
   Doivent être menés de front le dessin d'après nature et le dessin de mémoire et d'imagination.
   Comment rendre cet enseignement méthodique ? Comment se perfectionner dans la pratique du croquis-langage ?
   En répondant à cette première série de questions, nous aurons atteint le premier but de cet ouvrage.
   Comment appliquer le croquis-langage dans les différentes branches de l'enseignement ?
   Tel sera l'objet de la seconde partie de notre étude.
   Nous ne serions pas récompensé de notre effort si les professeurs et élèves se bornaient à copier nos croquis; nous désirons avant tout susciter le goût pour le croquis et le voir mettre à profit dans des recherches personnelles.

15 euros (code de commande : 18354 - vendu).

 

LIÉNAUX (Fernand) — La figure humaine. 1re partie : La figure nature - La tête, la main, le pied. La figure d'après le plâtre - Le masque, le buste, le torse et la statue. Plan d'étude anatomique. 2me partie : Abrégé d'anatomie artistique. La Louvière, Studio, [ca 1940]. In-4° agrafé, 36, [46] p., nombreuses illustrations, (« Collection Pédagogique du Dessin »), bel exemplaire.
Avertissement :
   Le caractère didactique de cet ouvrage nous a engagés à présenter à l'élève la plus grande variété dans les techniques d'expression. Pour cette raison, nous avons reproduit des travaux d'artistes, de professeurs et d'élèves faisant preuve de tempérament différent. Notre but est de ne pas trop influencer la personnalité de l'apprenti. Nous voulons lui montrer qu'à côté de « la » méthode, il y a des méthodes et des procédés et que a réussite n'est pas subordonnée à une discipline aveugle.

13 euros (code de commande : 18356 - vendu).

 

MAO TSÉ-TOUNG — Poèmes. [Deuxième édition augmentée.] Traduits par Ho Ju. Pekin, Éditions en Langues Étrangères, 1961. In-8° sous reliure et jaquette (un peu défraîchie) d'éditeur, 52 p., quelques illustrations, bon exemplaire.
Note de l'éditeur :
   Ce recueil contient vingt et un poèmes du président Mao Tsé-toung, soit deux poèmes, écrits récemment, de plus que dans la première édition. Ils sont classés suivant la date de leur composition. L'époque et les circonstances dans lesquelles ces poèmes ont été écrits font l'objet des notes. La traduction en langue française est due à Ho Ju, professeur à l'université de Nankin.
   Les poèmes contenus dans ce recueil sont : Tchangcha, Le Pavillon de la grue jaune, Le mont Tsingkang, Jour de l'an, Houeitchang, Tapoti, Le défilé de Leouchan, Trois petits poèmes, La longue marche, Le mont Lieoupan, Kouenlouen, Neige, À Lieou Ya-Tsé, Réponse à Lieou Ya-Tsé, Peitaiho, La nage, Les immortels, En renvoyant le dieu de la peste.

12 euros (code de commande : 18361GL).

 

[MARCINELLE]. Marcinelle. Charbonnage de Marcinelle Nord, No. 12. Carte postale éditée par Nels - L. Leclercq, Marcinelle, vers 1910. 140 x 91 mm.
   Cette carte porte le cachet de la poste de Charleroy en date du mois d'août 1913 (?) ; elle était destinée à des correspondants d'Horrues (date du cachet d'arrivée : 5-6 / VIII / 1913).

   

15 euros (code de commande : 18359).

 

[MARIE DE BOURGOGNE]. GAILLARD (Gabriel-Henri) — Histoire de Marie de Bourgogne, Fille de Charles-le-Téméraire, qui épousa Maximilien, Premier Archiduc d'Autriche, depuis Empereur ; par quelle Alliance les Pays-Bas sont parvenus à la Maison d'Autriche. Publiée à Paris en 1757 (par Gabriel-Henri Gaillard). Nouvelle Edition augmentée d'une Préface historique & critique. Bruxelles, Ermens, 1784. [A Bruxelles, Chez Jos. Ermens, Imprimeur-Libraire, Marché aux Charbons. M. DCC. LXXXIV.] In-8° sous son brochage d'attente d'époque, [1 (titre)], [1 bl.], [4 (catalogue de l'éditeur)], XX, [2 (table)], 211, [1 bl.] p., bon exemplaire de cette peu courante édition.
Table des matières :
   Chapitre I. De la Bourgogne, & des quatre Ducs de la seconde Branche-Royale.
   Chapitre II. Naissance de Marie de Bourgogne, son éducation, son caractère : des divers Princes qui aspirèrent à l'Alliance de Bourgogne pendant la Vie de Charles-le-Téméraire.
   Chapitre III. Examen des prétentions de Louis XI, sur les différentes Provinces de la succession de Bourgogne.
   Chapitre IV. Contenant tout ce qui s'est passé dans les Pays-Bas & dans les Bourgognes, depuis la mort de Charles-le-Téméraire jusqu'au Mariage de Marie de Bourgogne.
   Chapitre V. Nouveaux Prétendans à l'Alliance de Bourgogne. Mariage de la Princesse.
   Chapitre VI. Suite de la guerre dans les Pays-Bas.
   Chapitre VII. Diverses Révolutions en Bourgogne & en Franche-Comté.
   Chapitre VIII. Diverses intrigues & négociations en Angleterre, en Suisse, en Brétagne. Mort de Marie. Paix entre Louis & Maximilien.

150 euros (code de commande : 18369 - vendu).

 

Médecine et société. Écrits et objets médicaux dans les collections hainuyères du 16e au 20e siècle. Morlanwelz, Musée Royal de Mariemont, 1987. In-4° carré broché, 198 p., illustrations, épuisé.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée au Musée royal de Mariemont, du 27 mars au 30 août 1987.
Table des matières :
   1. Organisation des professions médicales.
   2. Anatomie et céroplastique.
   3. Botanique et médecine.
   4. Premières pharmacopées.
   5. Chirurgie et anesthésiologie.
   6. Obstétrique.
   7. Ophtalmologie.
   8. Épidémies, hygiène et médecine sociale.
   9. Dentisterie.
   10. Physiothérapie.
   11. L'exploration du corps.
   12. Médecine et magie.
   13. Reliques de Louise Lateau, la stigmatisée de Bois-d'Haine.
   14. Saints guérisseurs.
   15. Un historien célèbre de la médecine au 18e siècle.
   16. Des traités de médecine populaire.
   17. Journaux médicaux à participation hainuyère.
   18. Publicité médicale.
   19. Œuvres du Musée des Beaux-Arts de Tournai.
   20. Œuvre d'Auguste Rodin.
   21. Reconstitution d'un jardin médicinal par l'École provinciale d'Horticulture de Mariemont.

20 euros (code de commande : 18374).

 

OXENSTIERNA (Johan Turesson Oxenstierna af Croneborg) — Pensées de Monsieur le Comte d'Oxenstirn sur divers sujets. Avec les refflections morales du même auteur. Nouvelle édition revûe & corrigée soit pour le style, soit pour les citations. Par Monsieur D. L. M. [Bruzen de la Martinière] Tomes I et II (complet). La Haye, Van Duren, 1746. [A La Haye. Chez Jean Van Duren. 1746.] Deux tomes en un volume in-12 plein veau d'époque, dos à 5 nerfs, reliure très frottée, [1 (titre gravé)], [1 bl.], VII (avertissement), [9 (table)], 288, [1 (titre gravé du tome II), [1 bl.], [4 (table)], 235, [1 bl.] p., titre-frontispice gravé par Cattoir en regard de chaque page de titre.
En quatrième de couverture :
   Le nom d Oxenstirn est connu : Axel d'Oxenstirn l'a immortalisé par les services importants qu'il a rendus à la Couronne de Suéde ; & l'Histoire de la longue guerre des Suédois en Allemagne, qui finit par la Paix de Westphalie, en fait une mention si fréquente & si honorable qu'il suffit d'y renvoïer le lecteur.
   Son petit neveu, le Comte Oxenstirn, s'est fait connoître par les voyages qu'il a faits dans presque tous les Roïaumes de l'Europe. Son nom, son esprit, qu'il avoit eu soin de cultiver par la lecture, un grand fonds d'enjoüement, l'habitude de se pouvoir exprimer assez intelligiblement en plusieurs langues, lui donnoient un libre accès dans les meilleures compagnies. Tout cela étoit soutenu d'une dépense, que son inclination pour les plaisirs & l'envie de briller, lui faisoient regarder comme une annexe de sa naissance.
   Dans ses voïages il avoit embrassé la Religion Catholique : il parle même de ce changement en quelque endroit de son Livre. Il contracta un mariage, où il trouva plus d'amertumes qu'il ne s'y étoit promis de douceurs. La goute, triste fille des plaisirs, acheva d'empoisonner une vie, dont il avoüe lui-même que la volupté en avoit consumé une partie. Les biens qu'il avoit hérités de ses Ancêtres auroient dû lui servir à le consoler dans une sage retraite ; mais ils avoient été dissipés de bonne heure par les voïages, par les fêtes qu'il avoit données, par les dépenses que lui avoit occasionnées, le luxe des Cours, ou l'exemple des Compagnies ruineuses, dont il ne se retira qu'assez tard.
   L'humeur chagrine succéda à cette joïe, qui étoit si conforme à son tempérament. Une solitude involontaire d'abord, mais qu'il goûta dans la suite, le mit en état de réfléchir plus sérieusement qu'il n'avoit fait dans la fougue d'une jeunesse voluptueuse. La lecture vint au secours ; il s'en étoit fait un amusement ; & le peu de livres qu'il avoit parcour[u]s avant sa retraite, ne laissa pas de lui fournir divers exemples & de jolis fragments de Poésie, que sa mémoire lui rappelloit dans l'occafion, & dont il se servit à orner ses Réflexions, à mesure qu'il les jettoit sur le papier. Un Libraire ayant entendu parler des Pensées que le Comte d'Oxenstirn recueilloit, s'en procura une Copie & les imprima. Le nom de l'Auteur excita la curiosité : dans toutes les Cours d'Allemagne, on voulut savoir comment il s'y prenoit à philosopher. La lecture de ces Pensées produisit une véritable estime pour la solidité de son esprit. On fut charmé de voir un galant homme, qui avoit fait une figure brillante, & goûté tout ce que les plaisirs peuvent avoir de plus séduisant, se faire une sérieuse occupation de détromper ceux qui y cherchent un bonheur que les délices ne donnent pas réellement. Sur-tout on fut édifié du grand respect qu'il témoigne continuellement pour Dieu & pour la Religion. On trouve par-tout un Philosophe qui cherche dans la nature-humaine toutes les ressources dont elle est capable pour nous délivrer de l'esclavage des vices. Mais comme il connoît l'insuffisance de ce remede, il ne manque point de recourir aux secours surnaturels, & ne rougit point de parler de Dieu, du Paradis, de l'Enfer, comme feroit un Missionnaire. Ce n est point un homme à qui les Ecclésiastiques aïent inspiré un aveugle dévoüement pour leur sistème ; il connoît leurs défauts, & les marque d'une encre assez forte en bien des endroits de son Livre. Mais ce qu'il trouve à reprendre dans le Serviteur, ne diminuë point la vénération duë au Maître, qui en est quelquefois si mal servi.
   Cet Ouvrage a eu le sort ordinaire des Livres de cette espéce, lorsqu'ils s'impriment long-tems avant la mort de l'Auteur. Il continuë de penser ; à mesure qu'une édition est débitée, il se trouve sous sa main de quoi augmenter l'édition suivante. C'est ainsi que ce Recueil, qui n'étoit d'abord qu'un assez petit volume en gros caracteres, est parvenu à l'état où nous le voïons. La mort de l'Auteur y a mis le sceau.
   Les Pensées diverses sont suivies de ses Réflexions morales. C'étoit un Ouvrage à part. L'Editeur d'Allemagne le donne pour le sixiéme Livre de son édition ; & cependant les Pensées diverses, qui apparemment doivent faire les cinq autres, ne sont point divisées par Livres, mais par des espéces de Chapitres, du moins dans son édition de 1737. & dans celle-ci.
   Il avoue une chose, qui siéra mieux dans cet Avertissement que dans le sien. Je suis persuadé, dit-il, que les fautes, tant de stile que d'impression, qui fourmillent dans les éditions qui ont paru jusqu'ici, en ont souvent fait interrompre la lecture, pour murmurer contre les Editeurs. J'ajoûte que j'ai vu quantité de gens si rebutez par l'ortographe maussade & dégoûtante qui régne dans toutes les éditions de ce Livre en Allemagne, sans en excepter celle de 1737. qu'ils en ont quitté la lecture dès la premiére page, plutôt que d'exposer leurs yeux au supplice continuel de voir des mots défigurez & presque méconnoissables. Ne persuadera-t-on jamais aux Etrangers, qui aiment si passionnément notre Langue, qu'ils doivent l'apprendre telle qu'elle est, sans se donner la liberté d'en ajuster l'ortographe à leur prononciation vicieuse ? Que diroient-ils d'un François qui feroit imprimer un Livre Allemand dans le goût de l'ortographe & de la prononciation Françoise ? Qu'ils se disent à eux mêmes ce qu'ils auroient raison de lui dire : Hureux, interonpre, légèr, télement, & une infinité d'autres mots, seroient aussi ridicules dans la prononciation que dans l'ortographe ; & quand un homme, fut-il François prononce ainsi ; on peut dire, sans lui faire tort, qu'il prononce mal. Passons à quelque chose de plus solide.
   Le stile de l'Auteur n'est pas fort pur ; c'est le langage d'un étranger qui se fait entendre, & qui ne cherche que les choses, sans trop s'embarrasser de l'élégance. Je ne me suis pas piqué de la lui donner ; il y auroit eu trop à faire, je suis même persuadé qu'un Livre comme le sien n'en a pas besoin : Montagne, malgré son vieux stile, a encore aujourd'hui des Lecteurs, à cause du vrai & du bon qu'ils admirent dans son Livre : on pourroit appeller le Comte d'Oxenstirn le Montagne du Septentrion. Le François & le Suédois emploïent tout leur esprit à guérir l'homme de sa vanité, à l'humilier, en lui faisant voir ses foiblesses. Mais le Suédois mérite moins le reproche qu'on a fait au François, d'avoir disposé ses Lecteurs à une certaine indolence pour les objets de la Foi Chrétienne ; au contraire, il ne manque pas une occasion de l'exciter ; il la cherche même, & la fait venir avec une espece d'affectation, qui ne plaira point à ceux qui prennent l'irréligion pour la philosophie du bon sens. Il semble que l'Auteur ait pris pour lui ce mot de st. Paul à Timothée, Epit. II. Chap. IV. vers. 2. Insta opportunè, importunè. Mais pour ne parler que de son stile, il y avoit des endroits fi négligez, qu'ils en devenoient obscurs, ou désagréables ; il n'a fallu quelquefois que substituer un mot plus françois & qui répondît mieux au sens de l'Auteur ; quelquefois aussi il ne s'est agi que de transporter les mots d'une phrase pour leur donner un ordre plus net & plus naturel.
   La Langue Latine & l'Italienne étoient familieres à l'Auteur, aussi bien que la Françoise. De là ces fréquentes citations de vers Latin, de proverbes Italiens & de morceaux de Poésie Françoise, qu'il enchasse à mesure que sa mémoire les lui fournit. Quantité de vers Latins étoient imprimez sans distinction, comme si ç'eût été de la prose ; plusieurs étoient estropiez, & il a fallu avoir recours aux originaux pour les rétablir. L'Auteur plus attentif au sens qu'à la mesure du vers, s'embarrassoit peu des pieds & des régles de la quantité. J'ai pris soin de réparer cette faute : mais à la page 162 vol. 1. il en est resté une, qu'on n'auroit pu rétablir qu'aux dépens de la citation même. Le Comte veut faire dire à Ovide que l'Antiquité n'a pas su tout ce que l'on sait aujourd'hui, & que l'expérience ne vient qu'avec le tems. Voici comment il rapporte ce passage d'Ovide.
      --- Nam omnia grandior aetas,
      Nos quae scimus habuis, feris venit usus ab annis.

   Il ne faut que savoir un peu scander, pour voir qu'Ovide ne sauroit avoir fait le second Vers tel qu'il est ici. Voici le passage comme il se trouve dans les Métamorphoses, Livre VI. vers 28. & 29.
      Non omnia grandior aetas
      Quae fugiamus habet. Seris venit usus ab annis.

   C'est à dire, la vieillesse n'est pas méprisable en toutes choses, du moins elle donne de l'expérience. Ou, pour le dire en vers François, comme Thomas Corneille, qui a bien exprimé les sens d'Ovide,
      La vieillesse n'est pas tout à fait méprisable,
      Lui dit-elle, & des ans on tire au moins ce fruit,
      Que souvent la prudence est un don qui les fuit.

   Mais ce sens n'auroit pas été celui dont le Comte avoit besoin, pour faire dire à Ovide la même chose qu'il venoit de dire. Il l'a changé, & j'ai cru pouvoir lui laisser ce mauvais vers en avertissant le Lecteur.
   Comme l'Auteur écrit avec une entière liberté, il ne se gêne en rien. Il badine même par des jeux de mots qu'il faut lui passer. Il se plaît à faire aux vices des généalogies, qui ont quelque chose de plaisant en certains endroits. C'est un homme au coin de son feu, qui s'entretient avec lui même. Il s'attend bien que le Public lira ce qu'il fait : il parle quelquefois de son Lecteur ; mais il lui donne ses Pensées comme elles lui viennent. Il ne s'amuse point à fondre ses idées, à les faire naître l'une de l'autre, à leur donner un arrangement avantageux. C'est un fard qu'il dédaigne. Une pensée est vraie, elle est utile par l'influence qu'elle peut avoir sur ce qui a besoin de correction dans l'homme, cela suffit.
   Il met de tout dans son Livre : il va même jusqu'à l'érudition. Il est vrai que ce n'en est point la partie dominante, & que son Recueil pourroit s'en passer sans rien perdre de son prix : mais ne peut on point excuser un homme de qualité, qui pour diversifier ses réflexions, se rappelle des traits d'érudition qui l'amusent & font diversion à ce qu'il y a de sérieux dans l'ob jet qui l'attache le plus souvent ? J'y voudrois plus d'exactitude, ou du moins qu'il eût indiqué les sources, afin qu'on eût pu réparer les fautes de fa mémoire, à laquelle il se fie un peu trop en ces sortes de matieres. J'avouë que je lui souhaiterois aussi un peu plus d'équité dans ce qu'il dit de Diogene & de Cicéron. Mais ce sont des jugements qu'il n est pas permis de réformer, quoiqu'on soit bien éloigné d'y souscrire ; ce ne sont point mes Pensées ni celles du Public, mais celles du Comte d'Oxenstrn que le titre annonce.
   En récompense il y a tant de pensées solides, & dont on peut faire un usage journalier pour la conduite de la vie en tous états, que pour peu d'inclination qu'on ait pour la sagesse & pour la vertu, on ne regrettera point la lecture de ce Livre, & on y trouvera au contraire presque à chaque page mille choses dont on peut tirer un profit solide.

75 euros (code de commande : 18338).

 

OZ (Amos) — Scènes de vie villageoise. Nouvelles. [Titre original : Tmounot Mekhayeï Hafkar.] Traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen. Paris, Gallimard, 2009. In-8° collé sous jaquette, 203 p., (collection « Du Monde Entier »), exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   Nous voici à Tel-Ilan, un village centenaire fondé par les pionniers bien avant la création de l'État d'Israël. Une petite communauté y vit entourée de vignes et de vergers, et la vie semble s'écouler paisiblement. Depuis quelque temps pourtant, les gens de la ville envahissent les rues du bourg au moment du shabbat et, avec eux, la spéculation immobilière et la vulgarité. Mais Pessah Kedem, ancien membre de la Knesset, est un vieillard inquiet pour d'autres raisons. Il n'aime pas le jeune étudiant arabe que sa fille Rachel héberge dans l'annexe au fond de la cour et, surtout, il est convaincu que quelqu'un creuse sous sa maison la nuit. L'agent immobilier Yossi Sasson, lui, convoite depuis longtemps la maison de Batya Rubin, une des plus vieilles du village, et lorsque la fille de la propriétaire l'invite non seulement à la visiter de fond en comble, mais se montre très affectueuse à son égard, il croit déjà toucher au but. Sauf que... Kobi Ezra, lui, cherchée surmonter la timidité de ses dix-sept ans pour séduire la jolie bibliothécaire du village, pendant que Gili Steiner, médecin remarquable et célibataire endurcie, attend en vain l'arrivée de son neveu Gideon, dont elle a pourtant cru trouver le manteau dans le dernier car arrivé de la ville. Quant au maire du village, Béni, il ne comprend pas pourquoi sa femme lui a fait remettre une note contenant seulement ces mots : « Ne t'inquiète pas pour moi »...
   En huit nouvelles qui se lisent comme un roman, Amos Oz fait surgir une société villageoise imaginaire. Un décor unique et des personnages récurrents lui permettent de tendre un miroir à nos passions, nos doutes, nos misères et nos joies. Son écriture oscillant entre tendresse, mélancolie et âpreté serre de très près la fragilité de nos vies, et sa manière subtile de nous plonger dans une comédie humaine, certes très israélienne mais surtout universelle, confirme une fois de plus son immense et incomparable talent.x

9 euros (code de commande : 18344).

 

OZ (Amos) — La troisième sphère. [Titre original : HaMatsav HaChelichi.] Traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen. Paris, Calmann-Lévy, 1993. In-8° collé, 311 p., petits plis à la couverture, exemplaire dédicacé par l'auteur.
En quatrième de couverture :
   Fima ne peut faire l'amour sans redouter une procréation coupable, ne peut s'entendre avec son père sans pour autant oser l'affronter, ne peut revoir son ex-femme sans immédiatement la désirer. Réceptionniste dans une clinique gynécologique, Fima vit entre le rêve et la douleur. Et c'est sur deux versants qu'il tente de rejoindre une réalité moins somnambulique : la recherche d'une sorte d'illumination et le soulagement des souffrances du monde (celles de la gauche libérale impuissante, celles des femmes torturées par leur propre corps, celles des victimes de l'Intifada, celles du chien martyrisé par les enfants du quartier). La « troisième sphère » est la conjonction miraculeuse de ces ambitions en apparence contradictoires.
   Ce roman pourrait avoir pour sous-titre : « Six jours de la vie ordinaire de Fima ». Le sixième jour, marqué par la mort du père, consacre une rupture définitive dans l'ordre de l'existence et ouvre un accès à la « troisième sphère ». Mi-prophète, mi-bouffon, Hamlet sans royaume, Fima est la métaphore de ce passage vers le sens d'une vie. Ou, pour reprendre la merveilleuse description par Nabokov des personnages de Tchekhov, « un homme bon qui ne peut rien faire de bon ».

13 euros (code de commande : 18342).

 

Peinture et écriture. Paris, La Différence, 1996. In-8° broché, 274 p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « Traverses », n° 1).
En quatrième de couverture :
   Ce livre est le résultat d'une réflexion conduite par l'équipe de recherches Traverses dans le cadre d'un colloque sur les points de rencontre de l'écrit et de la forme plastique du XVIe au XXe siècle.
   En ouverture place a été faite à la réflexion théorique. Une première partie s'intéresse à l'emblématique et au portrait du domaine hispanique à l'époque classique. Les chapitres suivants ouvrent plusieurs perspectives, celle, par exemple, de l'écrivain qui décrit l'indescriptible de la peinture, celle de l'inscription dans la peinture, ou encore celle de l'émergence du poème expérimental dans l'œuvre plastique.
   Ces pages représentent pour l'équipe Traverses l'étape fondatrice, « le pont traversé », qui, à la lecture de Michel Butor et sous l'égide de l'enseignement de Louis Marin s'avérera, on l'espère, féconde.
Table des matières :
   Ouverture, par Montserrat Prudon.
   Thème : Peinture et écriture.
      - Peinture et écriture, par Jacques Neefs.
      - Herbes et striures dans la peinture et la littérature du XXe siècle, par Jean-Pierre Mourey.
      - Le signifié de la forme : un aspect, par Dolors Oller.
   Variations.
   I. Utpictura.
      - L'emblème au Siècle d'Or ou la métaphore oubliée, par Christian Bouzy.
      - « Muta poesis », emblèmes laudatifs en l'honneur de la Vierge Marie, par Emilia Montaner.
      - Image et texte : l'expression du sacré, par Pierre Civil.
      - Contemplation de la Madeleine, par Line Amselem.
   II. Rafale d'air pur.
      - Sur le méditerranisme : quelques notes, par Narcis Comadira.
      - Salvador Dali : de la peinture à la littérature, par Vicenç Santamaria.
      - « La peau de la peau » ou le poète dit le peintre (J. V. Foix/J. Ponç), par Montserrat Prudon.
      - Manuel Machado et la peinture, par Evelyne Martin-Hernandez.
      - Guillermo de Torre et l'œuvre de Robert Delaunay, par Laetitia Branciard.
      - La poésie cubiste de Gerardo Diego : un exemple, par Maria Angeles Hermosilla Alvarez.
      - La contre-écriture poétique en Espagne, par Felipe Muriel Duran.
   III. Incroyables Florides.
      - L'objet prend la parole, par Nuria Oliver.
      - Stendhal et le Corrège : Le sublime « immobile », par Marie-Rose Guinard-Corredor.
      - De l'image au texte (à partir du « Partage des eaux » d'Alejo Carpentier), par Anna Vetter.
      - Oswald de Andrade et Tarsila do Amaral : un pèlerinage poétique et pictural aux sources du Brésil, par Lucette Petit.
   Da Capo : écrire sur l'art ?
      - Interventions de Montserrat Prudon, Isabelle Monod-Fontaine, Pierre Léglise-Costa, Alex Susanna, Pierre Cabanne.
      - Débat.
   Finale.
      - Jean Paulhan : « Le pont traversé », par Jean-Paul Pilotaz.
   Biobibliographie succincte des auteurs.

13 euros (code de commande : 18331).

 

PEREGALLI (Roberto) — La Cuirasse brodée. Les Grecs et l'invisible. [Titre original : La Corazza ricamata.] Traduit de l'italien par Todaro Tradito. Illustrations de Pierre Le-Tan. Paris, Le Promeneur, 2009. In-12 broché, 177 p., (collection « Le Cabinet des Lettrés »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Pour Homère, pour les présocratiques, pour Hérodote, pour Hippocrate, la connaissance concerne le visible, elle équivaut à voir ou, mieux, à dévoiler ce qui en réalité est déjà manifeste.
   À partir de Platon, au contraire, il ne s'agit plus de rendre évident ce qui se cache à la surface, mais de s'attacher à scruter cet invisible, auquel s'identifie le vrai, et qui renvoie à sa vacuité la tromperie du visible. C'est une révolution complète, où se perd la notion originaire de vérité comme dévoilement.
   À travers l'évocation des mystères de la Grèce archaïque, du mythe d'Œdipe – où les thèmes de la vue et de la cécité jouent évidemment un rôle central – ainsi que de celui des Sirènes, ce livre s'interroge sur le rapport essentiel qui noue le savoir et le voir, remontant aux racines anciennes de problématiques qui sont toujours les nôtres.
   À mi-chernin de la philosophie et de la littérature, cet essai à l'érudition légère et rigoureuse est accompagné de douze illustrations originales de Pierre Lé-Tan, spécialement exécutées pour ce volume.

12 euros (code de commande : 18333).

 

PERROY (Edouard) — La terre et les paysans en France aux XIIe et XIIIe siècles. Explications de textes. Paris, Société d'Édition d'Enseignement Supérieur, 1973. In- 12 collé, 306 p., (collection « Regards sur l'Histoire », n° 21), exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   La terre et les paysans aux XIIe et XIIIe siècles. Il est peu de sujets qui s'adaptent mieux à la méthode de l'explication de textes, épreuve récemment introduite à l'agrégation masculine d'histoire, mais dont les enseignements peuvent également servir d'illustration aux exercices plus formels de la dissertation écrite ou de la leçon orale. En l'absence de monographies régionales suffisamment nombreuses ou satisfaisantes, on ne récrira pas de longtemps, même pour une période limitée à deux grands siècles d'expansion rurale, les Caractères originaux de Marc Bloch. Au reste, comment, sinon par l'analyse détaillée des textes, appuyée par l'étude du terroir sur la carte, traiter de façon concrète des problèmes que posent la structure des communautés rurales, la répartition des cultures et le plan du parcellaire, les techniques agraires, les niveaux de vie, les incapacités juridiques et les charges économiques ?
   L'auteur aurait voulu choisir ses exemples non seulement dans toutes les décennies de cette longue période, mais dans les régions les plus diverses de la France, afin que pût s'ouvrir tout grand l'éventail des variétés régionales et que ressortissent pleinement les contrastes des structures sociales et des genres de vie. Le temps lui a manqué pour une prospection vraiment méthodique. Il a dû se borner aux régions dont il avait, de façon plus ou moins approfondie, une connaissance préalable : en fait, le Nord de la France, le Bassin parisien, les régions centrales et orientales du Massif central. On trouvera peut-être qu'une part trop grande a été faite à ces dernières régions, notamment à la collection des Chartes du Forez. Cette partialité est sans doute inexcusable. Du moins s'est-il efforcé d'illustrer par des textes les aspects les plus importants de la vie paysanne et d'aborder les questions qui se posent à son propos. Le choix ni l'ordre des commentaires n'ont été laissés au hasard.

9 euros (code de commande : 18371 - vendu).

 

PETISKA (Eduard) — Mythes et légendes de la Grèce antique. Traduction par Alain Gründ. Illustrés par Zdenek Sklenar. Paris, Gründ, 1976. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 188 p., illustrations en couleurs, (collection « Légendes et Contes de Tous les Pays »), ex-libris manuscrit à la page de garde.
Sur la jaquette :
   Depuis quelque vingt-cinq siècles, la mythologie grecque n'a cessé de délivrer un merveilleux message légendaire et épique à l'Occident et même à de nombreux pays d'Asie. De l'Antiquité à nos jours combien d'artistes et écrivains trouvèrent leur inspiration dans les mythes grecs ! Et une grande partie des contes populaires européens ou arabes ne constituent que de géniales variations sur des épisodes de la mythologie grecque (beaucoup de héros, figurant dans les grands cycles légendaires ou dans des récits folkloriques, sont les descendants directs d'Héraclès, de Thésée ou de Jason : Sindbad le Marin – dans les Mille et Une Nuits – prolonge l'Odyssée d'Ulysse). Les Grecs avaient un sens instinctif du sacré ; c'est pourquoi ils divinisèrent la nature entière et expliquèrent les phénomènes les plus surprenants par l'intervention des dieux, des demi-dieux et des héros. Mais leurs dieux, qui volontiers se mêlent aux affaires terrestres, ressemblent beaucoup aux hommes : immortels et magnifiques, ils ont toutes les passions des êtres humains ; et les héros restent toujours – malgré le milieu surnaturel où s'accomplissent leurs aventures – des hommes. Sans exagération aucune, l'on peut dire que tout figure dans la mythologie grecque ou dans l'Iliade et l'Odyssée. Ces mythes sont demeurés si vivants que de nombreuses expressions littéraires ou orales les rappellent : le supplice de Prométhée, la chute de Phaéton, les malheurs d'Orphée, la conquête de la Toison d'or, les douze travaux d'Héraclès, le labyrinthe du Minotaure, le lit de Procuste, la piété d'Antigone, la colère d'Achille, le chant des Sirènes, aller de Charybde en Scylla, etc...
   L'ouvrage, Mythes et légendes de la Grèce antique, ne prétend pas recenser tous les récits mythologiques (il faudrait pour cela plus d'un volume), mais se propose de rendre accessibles à des jeunes lecteurs les plus beaux et les plus représentatifs des contes grecs inspirés par la mythologie et les chefs-d'œuvre d'Homère. Nous ne doutons pas que tous les lecteurs seront sensibles à cette poésie éternelle de la mythologie grecque.

15 euros (code de commande : 18341).

 

PETRI (Franz) — Die Niederlanden (Holland und Belgien) und das Reich. Volkstum, Gaschichte, Gegenwart. Bonn, Ludwig Röhrscheid Verlag, 1940. In-8° broché, 56 p., 4 carte in fine (dont trois à déplier), (collection « Veröffentlichung des Instituts für geschichtliche Landeskunde der Rheinlande an der Universität Bonn »), on joint deux lettres du capitaine-commandant Ed. Michaux qui donne des information à propos de ce livre, bel exemplaire.
Postface :
   Die Schrift wurde abgeschlossen Ende April 1940.
   Zwischen der Niederschrift der vorstehenden Zeilen und ihrem Erscheinen liegen Ereignisse, deren weltbewegende Wucht uns noch alle im Bann hält. Die in diesen entscheidungsschweren Tagen von Holland und Belgien eingenommene Haltung fügt sich ganz in das von uns gezeichnete Bild, läßt aber auch die bisher verfolgte Außenpolitik der beiden Staaten in einem neuen Lichte erscheinen. Auf die dadurch aufgeworfenen Probleme einzugehen, ist für die Wissenschaft noch verfrüht. Deshalb möge die Schrift in der vor dem 10. Mai festgelegten Form hinausgehen. Sie möchte den Deutschen einführen in das Verständnis der beiden uns in so neuer Form nahegerückten Nachbarländer und zugleich einen Dienst tun für die von uns erhoffte innere Wiederbegegnung zwischen den Niederlanden und dem Reich in einem erneuerten Europa.
Extrait des lettres du capitaine Michaux :
   « Ce matin [30 octobre 1946], j'ai trouvé tout à fait par hasard une brochure du sinistre Franz Petri dont vous avez certainement entendu parler pendant la guerre (il s'est occupé de la revision de nos manuels d'histoire). [...] Elle fut terminée en 1940, mais pour des raisons inconnues de moi, elle ne put être mise en vente par le gouvernement nazi. Actuellement la vente en est aussi interdite de sorte que la brochure n'est pas dans le commerce.
   Le capitaine donne plus de détails dans sa seconde lettre, datée du 28 novembre 1946 :
   « Un jour je m'étais rendu chez un éditeur [...] [où] j'aperçus un tas de brochures. C'était l'ouvrage de Petri. Je demandai donc si l'ouvrage était en vente on me répondit que non et l'on me raconta ce qui suit. L'ouvrage sortit de presse peu de temps après l'invasion allemande en Belgique. Par ordre du docteur Goebel la vente fut interdite pour raison d'opportunité politique. C'était un ordre venant de Berlin et signé Goebel. La chose fut ensuite perdue de vue et resta ainsi jusqu'à l'arrivée des Américains. Le professeur Steinbael décida alors que la vente sera définitivement interdite, du reste les Américains ne l'aurait pas permis. En conséquence le professeur a décidé que toute l'édition sera détruite et ne sera jamais mise en vente, il a du reste défendu d'en vendre un seul exemplaire. Donc vraisemblablement cette étude sera plus tard ultra rare. »

40 euros (code de commande : 18362 - vendu).

 

PIRENNE (Henri) — Bibliographie de l'histoire de Belgique. Catalogue méthodique et chronologique des sources et des ouvrages principaux relatifs à l'histoire de tous les Pays-Bas jusqu'en 1598 et à l'histoire de Belgique jusqu'en 1914. Troisième édition revue et complétée avec la collaboration de Henri Nowé et Henri Obreen. Bruxelles, Lamertin, 1931. In-8° broché, VIII, 440 p., exemplaire non coupé et à l'état de neuf.
Préface :
   Depuis quelques années la deuxième édition de cet ouvrage publiée en 1902 était épuisée et l'on en demandait une troisième. Surchargé de besogne, j'aurais sans doute attendu longtemps avant d'entreprendre la révision que m'imposait comme un devoir le désir des travailleurs, si je n'avais eu la bonne fortune de rencontrer en MM. Henri Nowé et Henri Obreen, deux collaborateurs suscités par une vieille amitié. Ils ont voulu prendre sur eux la plus grande part de notre tâche commune et ce livre est désormais leur œuvre autant que la mienne. Qu'il me soit permis de leur exprimer ici ma cordiale gratitude pour l'abnégation avec laquelle ils se sont acquittés, en lui sacrifiant leurs propres études, du labeur à la fois délicat et fastidieux de remettre au point un répertoire qu'il fallait reprendre dans toutes ses parties.
   Dans ses grandes lignes le plan de notre catalogue est resté conforme à sa conception première, dont une expérience déjà longue semble avoir démontré la convenance. Son cadre continue donc à comprendre la bibliographie sommaire de tous les territoires ayant constitué jadis les dix-sept provinces des Pays-Bas jusqu'au moment où l'avènement des Archiducs Albert et Isabelle amène leur division de fait en deux États distincts : au Nord la République des Provinces-Unies, au Sud les Pays-Bas catholiques, ancêtres de la Belgique. À partir de 1598, nous n'avions plus à nous occuper que de cette dernière, sauf durant les seize années (1814-1830) pendant lesquelles elle a constitué conjointement avec la Hollande le Royaume des Pays-Bas. Pour les pays conquis au XVIIe siècle par la France, l'Artois, le Cambrésis, la Flandre wallonne et les parties méridionales du Hainaut et du Luxembourg, ils cessent de même d'être représentés dans notre ouvrage à partir de leur annexion. Enfin la répartition des matières par périodes n'a subi non plus aucun changement d'importance.
   Des modifications qui, nous l'espérons, sont des améliorations, ont cependant été introduites.
   Tout d'abord le développement de plus en plus actif des études d'histoire contemporaine nous a imposé l'obligation d'embrasser la période délimitée par la révolution de 1830, à laquelle s'arrêtaient les éditions précédentes, et la guerre de 1914. Peut-être une quatrième édition franchira-t-elle quelque jour ce terme. En ce moment, il eût été impossible de filtrer la bibliographie surabondante de l'époque chaotique qui y débute.
   Quand au classement des ouvrages, il a été assez sensiblement transformé. Nous avons cru en effet, qu'il était plus pratique de grouper sous les rubriques de la première partie tous les titres qui s'y rapportent plutôt que de continuer à n'y faire figurer que les travaux de portée générale et à éparpiller les autres à travers les divisions chronologiques de la deuxième partie. Quelle que soit l'époque dont ils traitent, on trouvera donc rassemblés dans les paragraphes relatifs à l'histoire du droit, à l'histoire constitutionnelle, à l'histoire économique, à l'histoire ecclésiastique, à l'emploi des langues nationales et à l'histoire littéraire, à l'histoire de l'enseignement, à l'archéologie, à l'histoire de l'art et à l'histoire de l'imprimerie tous les renseignements afférents à ces sujets. Il nous a paru que cette répartition faciliterait beaucoup les recherches de ceux dont l'étude s'attache non point à une période déterminée, mais à une manifestation particulière de la vie sociale. Ils trouveront ainsi, de prime abord, tout ce qui les concerne. Des chiffres de concordance insérés dans la partie chronologique renvoient d'ailleurs aux ouvrages de la partie générale qui intéressent chaque époque.
   Nous nous sommes décidés à ne plus faire figurer en tête de nos paragraphes, l'indication des paragraphes correspondants des bibliographies trop généralement connues de Dahlmann-Waitz et de G. Monod. Nous ne pouvions songer d'autre part à mentionner tous les répertoires étrangers dont l'histoire de Belgique exige, suivant les époques, l'utilisation. Dans l'état actuel de l'outillage scientifique, le lecteur quelque peu averti n'éprouvera aucune peine à s'en procurer les titres.
   Si soucieux que nous ayons été de nous renfermer dans le domaine de la bibliographie choisie, nous n'avons pu empêcher notre livre de passer des 2586 numéros qu'il comprenait dans la deuxième édition, à 4151. C'est beaucoup sans doute et quelques-uns ne manqueront pas de penser que c'est trop. Mais il faut observer que nous avions à tenir compte de la production de vingt-huit années qui ont été extraordinairement fécondes. Au surplus, il était préférable de donner trop plutôt que trop peu. Nous n'avons pas hésité à accueillir des travaux de valeur scientifique médiocre quand il nous a semblé qu'ils apportaient des renseignements utiles. Nous n'ignorons pas d'ailleurs que tout choix est affaire personnelle et attire nécessairement la critique. Si l'on nous reproche de n'avoir pas toujours bien fait, nous avons du moins la conviction d'avoir fait de notre mieux.
   L'impression de notre ouvrage a duré, pour des raisons complètement indépendantes de notre volonté, beaucoup plus longtemps que nous ne l'avions supposé. Le volume aurait dû paraître en 1930 et nous avions en conséquence arrêté nos dépouillements à la fin de 1929. Le retard qu'il a éprouvé nous a obligés d'y insérer les titres des travaux les plus importants parus pendant son long séjour sous la presse. Quelques rectifications et additions de la dernière heure ont été rassemblées dans un appendice.

25 euros (code de commande : 18365 - vendu).

 

Revue du Nord. Tome LXXVII - n° 310 - avril-juin 1995. Noblesse et entourage princier dans les Pays-Bas à la fin du Moyen Âge. Villeneuve d'Ascq, Revue du Nord, 1995. In-8° collé, [245] p.
Table des matières :
   - Avant-propos, par Marie-Thérèse Caron.
   - Articles.
      - Une famille au service de l'État bourguignon naissant. Roland et Jean d'Uutkerke, nobles flamands dans l'entourage de Philippe le Bon, par Marc Boone.
      - Les malversations commises par le receveur général Martin Cornille à la cour de Philippe le Bon d'après l'enquête de 1449, par Holger Kruse.
      - Jacques de Brégilles, garde-joyaux des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles le Téméraire, par Jacques Paviot.
      - Les Portugais dans l'entourage de la duchesse de Bourgogne Isabelle de Portugal (1430-1471), par Monique Sommé.
      - Baudouin de Bourgogne (v. 1446-1508), bâtard, militaire et diplomate. Une carrière exemplaire ?, par Jean-Marie Cauchies.
      - Les jeux d'influence et le patronage local de la haute noblesse dans le choix des titulaires de cures en Brabant du Nord (XVe-XVIe siècles), par Arnoud-Jan Bijsterveld.
      - Le renouvellement de l'échevinage à la fin du Moyen Âge : l'exemple de Lille (1380-1500), par Denis Clauzel.
      - Le prince et la noblesse dans la châtellenie de Lille à la fin du XVe siècle : un exemple de la plus grande emprise de l'État sur les élites locales ?, par Hans Cools.
      - Enquête sur la noblesse du bailliage d'Arras à l'époque de Charles le Téméraire, par Marie-Thérèse Caron.
   - Soutenances de thèse.
      - Catherine Dherent, Abondance et crises. Douai ville frontière, 1200-1375, exposé liminaire par l'auteur et compte rendu de la discussion par Bernard Delmaire.
      - Monique Sommé, Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, une femme au pouvoir au XVe siècle, présentation liminaire par l'auteur et compte rendu de la discussion par Bernard Delmaire.
   Comptes rendus.
      - Paul Alphandery et Alphonse Dupront, La chrétienté et l'idée de croisade, par H. Platelle.
      - Arras au Moyen Âge. Histoire et littérature, textes réunis par M.-M. Castellani et J.-P. Martin, par E. Gaucher.
      - Marie-Thérèse Caron, Noblesse et pouvoir royal en France. XIIIe-XVIe siècle, par Monique Sommé.
      - R.C. Famiglietti, Tales of the mariage bed from Medieval France (1300-1500), par Marie-Thérèse Caron.
      - Marie-Christine Bailly-Maître et Joëlle Bruno Dupraz, Brandes-en-Oisans. La mine d'argent des Dauphins (XIIe-XIVe siècles), par Jean-Claude Hocquet.
      - Bertrand Schnerb, Bulgnéville (1431) l'État bourguignon prend pied en Lorraine, par Marie-Thérèse Caron.
      - J. Dufournet, Philippe de Commynes. Un historien à l'aube des temps modernes, par E. Gaucher.

13 euros (code de commande : 18364 - vendu).

 

RIVIÈRE (Jean) et BEAUCAMP (Louis) — Ellezelles. Coups d'œil sur son passé. Préface de Jean Dugnoille. [Renaix], Dubar, 1995. In-8° broché, 523 p., illustrations, feuillet volant d'errata, exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   En cette fin de siècle, c'est, symboliquement, un chapitre de notre histoire qui s'achève et ce sont les jeunes d'aujourd'hui qui seront les spectateurs, voire, pour certains, les premiers acteurs du début de ce troisième millénaire se profilant à l'horizon.
   Nous n'avons pas l'intention, ni surtout la prétention de jouer aux historiens, même en nous limitant, comme nous l'annonçons dans le titre, à ce qui se rapporte à notre seul village d'Ellezelles.
   D'autres que nous se sont déjà attelés à cette tâche et ils l'ont d'ailleurs très bien fait en publiant certains ouvrages dans lesquels nous avons parfois et par la force des choses, puisé certaines de nos informations. D'autres en ont abordé, avec talent, des aspects bien particuliers, qu'ils ont largement développés et illustrés. L'ensemble de ces travaux forme déjà une synthèse, chronologique ou thématique, de ce qui constitue une partie de notre passé. Si nous avons voulu y ajouter ce que nous avons appelé nos « Fragments d'histoire », c'est pour poser un regard moins rigoureux sur les gens et les choses et les voir aussi sous un angle plus anecdotique. En pratiquant de la sorte, nous avons essayé d'échapper à la rigueur, qui doit caractériser les travaux des véritables historiens. Nous ne sommes pas des scientifiques mais nous nous sommes efforcés de ne traiter que le concret sans jamais dénaturer le moindre événement et sans entrer dans le roman, l'imaginaire, le chimérique, le fabuleux ou le fantastique.
   Nous avons donc cru faire œuvre utile en analysant, à notre façon, les institutions, les mœurs et les coutumes de nos ancêtres tout en sortant de l'oubli – ou en les mettant en évidence – quelques histoires, personnages, voire personnalités locales qui, selon nous, le méritaient.
   Nous avons la chance d'avoir été précédés dans nos recherches par d'autres amoureux de notre village et, en particulier, par Emmanuel Degand, qui eut l'immense mérite de rassembler dans une série d'ouvrages tout ce qui a marqué notre histoire locale jusqu'à la première guerre mondiale. Il va de soi que nous avons trouvé, dans cette importante documentation, de nombreux renseignements, dont nous nous sommes évidemment servis. Nous en avons même parfois transcrit certains pour ne pas les sortir de leur contexte et en faire profiter nos lecteurs, qui n'ont pas eu l'occasion de lire ces livres devenus très rares.
   Comme nos observations, personnelles ou puisées à diverses autres sources, sont toutes basées également sur des faits réels, l'ensemble de nos annotations forme un complément d'histoire, si pas exhaustif, de notre village, du moins de certains événements parmi les plus curieux ou les plus insolites de notre passé.
   Volontairement, nous avons éludé deux sujets qui nous semblaient ne pas devoir s'insérer dans notre travail parce que ressortissant de domaines bien particuliers. Ce sont d'abord les récits de guerres, qui ont fait l'objet de travaux spécifiques tels que Sur la guerre en Belgique de 1914 à 1918 par E. Degand et Le Mémorial ellezellois publié, en quatre volumes, sous l'égide du C.R.P.H.E. Quant à la politique, nous n'avons pas pu l'éviter totalement du fait qu'elle est la base même de toute vie-en société mais nous ne l'avons abordée que vue sous l'angle anecdotique, laissant l'analyse pure à nos concitoyens Gérard Duthye et Jean Haustrate dans la première partie de leur ouvrage intitulé Ellezelles et ses administrateurs et son aspect passionnel aux hommes politiques eux-mêmes et aux chroniqueurs spécialisés.
   Si nous avons parsemé nos écrits de mots et d'expressions puisés dans notre dialecte picard, c'est que, jusqu'au milieu de notre XXe siècle finissant, ce savoureux patois était la langue véhiculaire unique de la toute grosse majorité de nos concitoyens. Il nous a semblé, dès lors, loin d'être inutile de tenter de participer, en en laissant des traces écrites – peut-être les dernières – à la sauvegarde de ce précieux héritage de notre passé voué à une disparition inéluctable.
   Il en sera de même des sobriquets, que nous évoquerons au passage pour nous souvenir qu'il fut un temps où ils exprimaient à eux seuls, dans la vie courante, l'identité des individus. Ils reflètent assez bien, pensons-nous, la personnalité de ceux qui les portaient et en usaient car, comme eux, ils étaient souvent empreints de bonhomie, parfois d'observations critiques, toujours de bon sens, jamais de méchanceté gratuite ni de vulgarité.
   Les documents photographiques, dont nous disposons, sont, pour la plupart, des cartes postales, dont les plus anciennes datent du début de ce siècle. Elles font partie de nos collections respectives – résultat de quarante années de recherches – et nous sommes heureux, l'un et l'autre, en les publiant, d'en faire profiter le plus grand nombre. Ces premiers témoins photographiques raviveront les souvenirs, des plus anciens et, aux plus jeunes, ils feront découvrir leur environnement sous un aspect, qu'ils n'ont jamais connu, et qu'ils ne connaîtront évidemment jamais plus.
   Pour mieux comprendre le sens de ce que nous voudrions laisser comme témoignage d'une époque, il faut savoir que les Ellezellois, vivant vers 1900, ne disposaient d'aucun confort tel que nous le considérons aujourd'hui, à savoir : voiture automobile, radio, télévision, frigo, chauffage central, etc..
   Si nous reculons encore de quelques générations, pour nous reporter à l'époque où notre pays a conquis son indépendance, il faut faire un réel effort d'imagination pour admettre qu'il n'y avait pas d'électricité, que nos routes campagnardes n'étaient pas pavées, même pas notre place publique, qui ne l'a été qu'en 1840, qu'il n'y avait évidemment pas de trottoir ni d'eau courante, pas de transports publics hormis les diligences qui coûtaient tellement cher que seuls quelques riches pouvaient en user. C'est d'ailleurs en 1840, par suite de l'empierrement du dernier tronçon de la route reliant Lessines à Renaix, que la première diligence desservit notre localité. Auparavant, cette même chaussée était impraticable une bonne partie de l'année. Ajoutons qu'à cette époque, les allumettes n'existaient pas et qu'il n'y avait pas de vitres aux minuscules fenêtres des maisons pauvres... !
      « On sait mieux où on va quand on sait d'où on vient. »
      « Quand on ne connaît pas son passé, on compromet son avenir. »
   Si ces dictons restent toujours d'actualité – et nous ne voyons pas pourquoi il en irait autrement à l'avenir – nous aurons peut-être fait œuvre utile pour les générations prochaines en rédigeant, à leur intention le résultat de recherches et d'observations, que nous avons voulues – pour leur documentation et leur agrément – fouillées et généreusement illustrées.
   Si, de surcroît, ceux qui ont connu certains aspects de nos réminiscences apprécient la façon dont nous les avons évoquées, nous aurons la très grande satisfaction d'avoir doublement rempli notre modeste mission.

25 euros (code de commande : 18378 - vendu).

 

SANCHEZ (Nemesio) — À travers un regard. Illustrations de Camille De Taeye. Traduction Marcel Hennart et Robert Massart. La Louvière, Le Daily-Bul, 1995. In-4° broché, [80] p., 20 illustrations à pleine page, édition bilingue (espagnol - français), exemplaire numéroté sur Fineblade Cartidge (n° 40), en très bel état.


Couverture.

25 euros (code de commande : 18334 - vendu).

 

SILVESTRE (Armand) et CLOSSET (Brigitte) — Textes et peintures. Avant-propos de Pauline Bastin. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 2007. In-8° broché sous jaquette, [64] p., 13 illustrations en couleurs à pleine page, envoi de Brigitte Closset, exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
   Octobre 2004, ils se rencontrent... il regarde le travail, intrigué ... il critique.
   Elle entend et répond par une lettre qui désormais va les engager, les lien car ils se reconnaissent dans un instinct commun, dans une émotion profonde de la peinture qui va les faire se parler.
   Il est question de l'ove (dont l'artiste va féminiser le genre), mais « l'ove, est-ce une surface ou un trait ? »...
   Enigme intarissable et porteuse qui les met au travail pour construire une amitié respectueuse et chargée, marquée par la différence des générations qui donne alors à la transmission toute son intensité.
   Il la provoque et lui ouvre des perspectives.
   Tout se passe comme s'ils savaient où ils ont à aller Les oves s'animent en lui comme si elles étaient temporairement sa priorité, il ne doute plus.
   Lui qui interroge sans cesse, ... Il se repose, il s'y repose.
   Elle entend bien quelque chose de son expérience, de sa vérité, de sa vie, Ainsi, elle se les approprie à nouveau pour mieux les faire danser; pour mieux les remettre en péril.
   Entre ces deux-là, il est bien question d'émotions poétiques, d'existence, de sensibilité et de création.

8 euros (code de commande : 18335).

 

[TOURNAI]. Mémoires de la Société royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai. Tome IX - 1997. Tournai, Société Royale d'Histoire et d'Archéologie de tournai, 1997. In-8° broché, 295 p., illustrations, exemplaire en parfait état, épuisé au catalogue de l'éditeur.
Table des matières :
   - Abbaye de Saint-Nicolas-des-Prés à Chercq (Tournai) - Rapport des campagnes de fouilles 1989-1996, par François Baptiste, 62 p., illustrations.
   - Le retour de Tournai dans le giron espagnol en 1581, par Thierry Delplancq, 56 p.
   - Tournai 1914-1918 - Chronique d'une ville occupée. Édition des souvenirs d'Alexandre Carette-Dutoit, par Jacqueline Delrot, 48 p.
   - Bio-bibliographie d'Adrien Hoverlant de Bauwelaere (1758-1840), par Albert Milet, 38 p.
   - Un prêtre contesté Jean-Baptiste Bonnier (1755-1838), par Albert Milet, 38 p.
   - Pirage de Tournai, inventaires d'archives communales conservées à Mons (XVIe-XVIIe siècle), par Jacques Nazet, 10 p.

30 euros (code de commande : 18353).

Voyez également la page consacrée aux publications de la
Société royale d'Histoire et d'Archéologie de Tournai.

 

TSVETAEVA (Marina) — Vivre dans le feu. Confessions. Présenté par Tzvetan Todorov. Traduit du russe par Nadine Dubourvieux. Paris, Laffont, 2005. In-8° collé, 476 p.
En quatrième de couverture :
   Marina Tsvetaeva (1892-1941) est l’un des plus grands écrivains du XXe siècle ; son destin en est l’un des plus tragiques.
   La révolution d'Octobre... Le long exil, d'abord à Prague puis en France... Une fille morte de faim, une autre déportée vers le Goulag... L'hostilité de l'émigration russe, l'indifférence du Paris littéraire... Des échanges passionnés avec Rilke et Pasternak... Un dévouement indéfectible pour son mari, de nombreuses amours illusoires... Le retour contraint en Union soviétique... Des appels désespérés à Beria ou Staline... et jusqu'à son propre suicide – tout cela Marina l'a écrit, avec une minutie poignante.
   D'un bout à l'autre de son existence, cette mécréante ne cesse de se confesser. Elle le fait dans des lettres, adressées tantôt à des amis proches, tantôt à des inconnus. Elle poursuit sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon et des carnets. Seule la mort brutale l'a empêchée d'en faire un livre. Vivre dans le feu parachève ce dessein.
   Pour établir ce qui constitue une véritable autobiographie de Tsvetaeva, mais aussi une méditation unique sur la création, la vie des femmes et une époque en bouleversement, Tzvetan Todorov a extrait de dix tomes d'écrits intimes publiés en russe la matière d'un volume, où l'on eut suivre au jour le jour le destin de cette femme de génie.
   Un chef-d'œuvre de la littérature du XXe siècle ignoré jusqu'à présent voit enfin le jour.

13 euros (code de commande : 18343).

 

[VAN LOEY (Adolphe)]. Spel van zinnen. Album A. van Loey. Samengesteld door R. Jansen-Sieben, S. de Vriendt, R. Willemyns. Bruxelles, Éditions de l'Université de Bruxelles, 1975. In-8° broché, 356 p., hors texte cartes à déplier
Table des matières :
   - Twee kanttekeningen bij de Afrikaanse syntaxis, par P. Brachin.
   - Diftongeerde Jan Luyken ?, par W.J.H. Cabon.
   - Een Zaans dagboek, par Jo Daan.
   - Lawaai, par A.P. De Bont.
   - Westvlaamse werkwoorden op -(r) zen, par F. Debrabandere.
   - Het diminutiefsysteem in drie Zuidnederlandse dialekten, par G. De Schutter, H. Ryckeboer, J. Taeldeman.
   - Mnl. (synen hont) poten, den pote (corten), (aan) den voet (af) corten, corten, par F. De Tollenaere.
   - Een nominativus-cum-infinitivo in Zuidnederlandse dialecten, par S. De Vriendt.
   - A. van Loey en het begin van het universitair naamkundig onderzoek, par H. Draye.
   - Nobel die coninc hadde ghedaen / sijn hof crayeren over al / De ontwikkeling van participium + infinitief tot infinitief + infinitief, par A.M. Duinhoven.
   - Een kleine verrassing in het Hulthemse handschrift, par B.H. Erne.
   - Uit het testament van Jouffrouwe Anna sBrueckers, wedue Anthonis van Vaken (Mechelen, 25 augustus 1562), par R. Foncke.
   - Het genus van Engelse leenwoorden in het Duits en in het Nederlands, par G. Geerts.
   - Pollites, Pirrus en Penthiseleye. Compositietechniek in Maerlants Historie van Troyen, par W.P. Gerritsen.
   - Tesi samanuuga was edele unde scona, par J. Goossens.
   - De nominatief masculinum van de a-stammen in het Westgermaans, par M. Gysseling.
   - Brabantse oorkonden in Oudenaards privébezit, par M. Hoebeke.
   - Oude Nederlandse zeekaarten en Noorse kustnamen, par Per Hovda et K. Langvik-Johannessen.
   - Preconsonantisch AL- en OL- in het Goederenregister van Oudenbiezen, par R. Jansen-Sieben.
   - Over het adverbium (d) er in de Nederlandse dialecten, par L. Koelmans.
   - Klankverdringing en stembegunstiging in de Limburgse tongval, par J. Leenen.
   - Akke met zijn makke, par O. Leys.
   - Iets over « spookwoorden », par J..J. Mak.
   - Oudtestamentische voornamen, in Zeeland, par P.J. Meertens.
   - Een drietal notities, par L.C. Michels.
   - Kozen en koezelen, par J.L. Pauwels.
   - Bilabiale w – labiodentale v, par W. Pee.
   - Nederlands spade, Oergermaans* spaöö(ri), par C. Peeters.
   - Iets over etymologische woordenboeken, par E. Polome.
   - Nominale -s-varianten, par K. Roelandts.
   - Wat grootouders niet zien (Oogentroost vs 623), par A. Sassen.
   - Zur Reflexion der sozialen Komponente in der Onomastik, par D. Stellmacher.
   - Gruuthusiana, par C.F.P. Stutterheim.
   - Nog even over gemouilleerde konsonanten in het Aalsters, par V.F. Vanacker.
   - Een omstreden assimilatie en wat fonologische theorie, par J. Van Bakel.
   - Lambert ten Kate's « Gemeenlandsche Dialect », par B. van den Berg.
   - De syntactische geschiedenis van « toe-eigenen », par G.A. Van Es.
   - Barnouw over goeie, rooie, kwaaie, par O.B. Van Haereingen.
   - Het toponiem boerenleger, par B. Van Passen.
   - Een vergeten klankwet, par A. Weijnen.
   - Aspecten van de ronding van de zachtlange e in het (Middel) Vlaams, par K. Willemyns.

15 euros (code de commande : 18372).

 

VERHAEREN (Émile) — Les heures claires. Bruxelles, Deman, 1896. Deuxième édition. In-8° demi-chagrin rouge à coins (quelques taches), dos à 5 nerfs, tête dorée, couverture conservée, bel exemplaire.

  
Reliure et couverture.

50 euros (code de commande : 18340yb - vendu).

 

VINCENOT (Henri) — La vie quotidienne des paysans bourguignons au temps de Lamartine. Paris, Le Grand Livre du Mois, 1993. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 448 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Entre 1800 et 1900, les régimes se succèdent en France à un rythme ahurissant – l'Empire, la Restauration, les Révolutions, les Républiques – qu'accompagnent les premiers soubresauts du progrès technique. Mais pendant ce temps, avec souvent une grande indifférence à l'égard de ces bouleversements nationaux, le peuple des campagnes bourguignonnes continue à vivre les derniers jours de sa civilisation traditionnelle. C'est à travers l'humble réalité paysanne bourguignonne qu'Henri Vincenot effectue une paisible remontée dans le temps, pour saisir au plus près la vie journalière de ses ancêtres, artisans-menuisiers, cultivateurs, vignerons, tisserands de village, forgerons. Ses sources sont les récits directs, à peine corrigés par l'érudition, des derniers survivants de ce qu'il appelle « la civilisation lente », dans une province dont la forte personnalité éclate à chaque page.
   « Tout ce que je raconte dans ce livre, je l'ai entendu tomber de la bouche de ceux qui ont connu cette vie du XIXe siècle. C'est vous dire que ce récit est tout simplement une glane de soixante-cinq ans de pérégrinations. »

10 euros (code de commande : 18329).

 

WALD LASOWSKI (Patrick) — Dictionnaire libertin. La langue du plaisir au siècle des Lumières. Paris, Gallimard, 2011. In-8° collé sous jaquette, 592 p., (collection « L'Infini »), exemplaire en parfait état.
En quatrième de couverture :
   « On dit du vin qu'il délie les langues. Que dire du plaisir ?
   Au XVIIIe siècle la langue de l'Église, le langage du droit, le discours médical s'inquiètent de l'assaut des belles-lettres contre l'autorité. Les prêtres dénoncent en chaire l'affaiblissement de la foi et les progrès du vice. Dieu souffre en silence. Comment ne serait-il pas indigné, demande l'abbé Cambacérès, devant « et les blasphèmes de l'impiété, et les triomphes de l'hérésie, et les progrès du libertinage, et tous les ravages que l'ennemi fait dans le champ de son Église ». La langue est le lieu d'un combat. »

15 euros (code de commande : 18348 - vendu).

 

WELZER (Harald) — Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse. [Titre original : Täter. Wie aus ganz normalen menschen massenmörder werden.] Traduit de l'allemand par Bernard Lortholary. Paris, Gallimard, 2007. In-8° collé, 354 p., (collection « NRF Essais »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   « Je ne suis pas le monstre qu'on fait de moi. Je suis victime d'une erreur de raisonnement », déclare Adolf Eichmann à l'issue de son procès. Comme après lui tous les exécuteurs allemands, rwandais, serbes et croates, dont les cas sont étudiés dans ce livre, il récuse résolument l'idée qu'il aurait agi monstrueusement et en dehors des catégories morales de la communauté des hommes. Pourtant tous ont tué systématiquement ceux qu'eux et leurs semblables avaient exclus de l'humanité par définition. Qu'on puisse les qualifier de meurtriers est une idée restée jusqu'à ce jour étrangère aux exécuteurs dans leur immense majorité, car leur projet anti-humain avait bâti un système de responsabilité morale dans lequel le meurtre de masse était une évidence.
   Dans un dispositif social, montre Harald Welzer, il suffit qu'une seule coordonnée – l'appartenance sociale ou ethnique – se décale pour que tout l'ensemble change et que s'établisse une réalité autre que l'antérieure. Ce décalage, observable dans le national-socialisme, où il est fondé scientifiquement sur une théorie des races, et dans l'ex-Yougoslavie et au Rwanda, où il est fondé ethniquement, consiste en une redéfinition radicale de qui fait partie ou non de l'univers d'obligation générale. La distinction inéluctable et absolue entre appartenants et non-appartenants est commune à ces sociétés meurtrières, par ailleurs extrêmement différentes.
   Une fois lancée, la pratique d'exclusion conduit à la spoliation, et la déportation et la violence dont elle est assortie transforment, avec une régularité terrifiante, le déplacement en « nettoyage », en extermination pure et simple des non-appartenants.

13 euros (code de commande : 18351).

 

WHITFORD (Frank) — Le Bauhaus. Traduit de l'anglais par Catherine Ter-Sarkissian. Paris, Thames & Hudson, 1989. In-8° broché, 216 p., illustrations en noir et en couleurs, (collection « L'Univers de l'Art », n° 1), annotations aux pp. 10, 11 et 12.
En quatrième de couverture :
   La plupart des bâtiments qui nous entourent, le graphisme de nos journaux, le dessin de nos appareils électriques et de nos meubles sont pour une large part tributaires du travail effectué par une école d'art et de design, le Bauhaus, fondée en Allemagne en 1919 et fermée par les nazis en 1933. Son influence fut aussi déterminante, quoique cela se sache moins, sur l'éducation artistique un peu partout dans le monde. Situant très précisément le mouvement dans son contexte historique et social, Frank Whitford retrace les idées qui présidèrent à sa conception et décrit les méthodes d'enseignement du Bauhaus. Il examine les programmes de professeurs qui eurent nom Paul Klee ou Wassily Kandinsky ; il donne toute son importance à la figure de Walter Gropius et décrit les débuts de Ludwig Mies Van der Rohe, tout en s'attachant à suivre la vie quotidienne des étudiants sous la république de Weimar. Il brosse ainsi un tableau complet de l'institut qui ne marqua pas seulement un tournant dans l'histoire, mais reste encore, par l'esprit qu'il sut tirer des formes, présent parmi nous. Frank Whitford est directeur d'études au Royal Collège of Art de Londres.

10 euros (code de commande : 18350 - vendu).

 

La prochaine mise à jour de cette page aura lieu le
mardi 14 février 2012

 

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Quelques ouvrages de la mise à jour précédente
(17 janvier 2012)

 

[ANDERSEN (Hans Christian)]. STIRLING (Monica) — Le cygne sauvage. Andersen et son temps. Traduit de l'anglais par Claude Saunier. Paris, Pauvert, 1966. In-8° broché, 422 p., illustrations hors texte.
Table des matières :
   Prologue : Saisons à Copenhague.
   I. Enfance à Odense, 1805-1819.
   II. Adolescence à Copenhague, 1819-1822.
   III. Dans la classe de Meisling, 1822-1830.
   IV. Premier amour, 1830-1833.
   V. Premiers voyages, 1833.
   VI. Le voyage en Italie, 1833-1835.
   VII. Le vilain petit canard, 1835-1840.
   VIII. La malle volante, 1840-1843.
   IX. Le rossignol, 1843-1844.
   X. Secret, mais inoublié, 1844-1845.
   XI. Amour de voyage, 1846-1847.
   XII. L'habit neuf de l'empereur, 1848-1849.
   XIII. Le phénix, 1850-1856.
   XIV. Une visite à Dickens, 1857.
   XV. Du matin au soir sans après-midi, 1857-1864.
   XVI. L'orage fait tourner les enseignes, 1865-1867.
   XVII. La chose la plus incroyable du inonde, 1867-1870.
   XVIII. Ce que racontait la vieille Jeanne, 1870-1874.
   XIX. Finale, 1874-1875.
   Bibliographie.
   Index.

12 euros (code de commande : 18314).

 

AUDUBON (Jean-Jacques) — Le grand livre des oiseaux. Par Roger Tory Peterson et Virginia Marie Peterson. Traduit de l'anglais par Michel Cuisin. Préfacé par Jean Dorst. Paris, Mazenod, 1986. Grand in-4° sous reliure, jaquette et étui d'éditeur, [694] p., nombreuses illustrations en noir et 435 planches en couleurs, bel exemplaire.
Sur la jaquette :
   En 1803, un jeune Français de 18 ans s'embarque à Nantes pour le Nouveau monde. Jean-Jacques Audubon a pour tout bagage, sa jeunesse, son goût pour la nature, son sens de l'observation et son talent de peintre. En quarante ans Jean-Jacques, alors rebaptisé John James, va apporter à l'ornithologie une contribution capitale et laisser, pour notre plaisir, une œuvre qui fait de lui l'un des Français les plus célèbres des États-Unis.
 Sa vie aventureuse et romantique (1785-1851) a été dominée par une passion : celle des oiseaux. Quatre énormes volumes, véritables trésors de bibliothèque, réunissent ses 435 gravures qui représentent 1065 oiseaux appartenant à 489 espèces. Au-delà de cette quantité – et elle est importante –, ce qui frappe surtout c'est l'extrême qualité et le raffinement du peintre : qualité de l'observation, raffinement du rendu ; chaque oiseau est, en effet, restitué dans son cadre, immobilisé dans toute sa grâce et l'éclat de son plumage.
   Pour la première fois en France, un livre reprend ce travail magistral avec une qualité d'impression et une fidélité à l'original inégalables. Exactitude scientifique et talent de l'artiste font de ce Grand Livre des Oiseaux d'Audubon un monument à la gloire de la nature. Il a, de plus, la rigueur scientifique d'un classement définitif, les noms (ordre, famille, espèce) et les noms communs ont été mis à jour tout en laissant ceux, parfois approximatifs, de l'édition originale. Ce nouveau classement est dû à deux ornithologues de renommée mondiale : Roger Tory Peterson et Virginia Marie Peterson. Il revenait à Jean Dorst, Membre de l'Institut, professeur au Muséum d'histoire naturelle, de nous présenter l'étonnant personnage que fut Jean-Jacques Audubon et l'apport précieux de son œuvre à la science.

200 euros (code de commande : 18309 - vendu).

 

BAINVILLE (Jacques) — Comment s'est faite la Restauration de 1814. Paris, Les Îles d'Or - Self, 1948. In-8° broché, 46 p., (collection « Typographique », n° 5), exemplaire numéroté sur vélin des papeteries Moret (n° 1987).
Table des matières :
   I. Où science et bon sens font justice d'une légende.
   II. Calculs et dissentiments des Alliés au moment où ils envahissaient la France.
   III. Ce que les Alliés pensaient des Bourbons.
   IV. Quelles étaient les grandes et véritables préoccupations de nos vainqueurs.
   V. L'initiative et l'œuvre des royalistes français.
   VI. Quel était, en 1814, l'état d'esprit de la population française.
   VII. Comment fut acquis à la Restauration un partisan de la plus haute importance.
   VIII. Le suprême obstacle au rétablissement de la monarchie et le veto d'un monarque étranger.

13 euros (code de commande : 18303 - vendu).

 

BAUDELAIRE (Charles) — Curiosités esthétiques suivies du Jeune enchanteur. Introduction, éclaircissements et notes de Blaise Allan. Lausanne, La Guilde du Livre, 1949. In-8° sous reliure d'éditeur, 474 p., exemplaire numéroté (n° 3278) en bel état.
Table des matières :
   Curiosités esthétiques.

   - Introduction aux Curiosités esthétiques.
   - Éclaircissements sur les Curiosités esthétiques.
   I. Salon de 1845.
      - Quelques mots d'introduction.
      - Tableaux d'histoire : Delacroix ; Horace Vernet ; William Haussoullier ; Decamps ; Robert Fleury ; Granet ; Achille Devéria ; Boulanger - Boissard ; Schnetz - Chassériau - Debon - Victor Robert ; Brune - Glaize ; Lépaulle - Mouchy - Appert ; Bigand - Planet ; Dugasseau - Gleyre - Pilliard - Auguste Hesse - Joseph Fay ; Jollivet ; Laviron - Matout - Janmot ; Etex.
      - Portraits : Léon Cogniet - Dubufe - Mlle Eugénie Gautier ; Belloc - Tissier - Riesener - Dupont - Haffher ; Pérignon - Horace Vernet - Hippolyte Flandrin ; Richardot - Verdier - Henri Scheffer - Leiendecker - Diaz.
      - Tableaux de genre : Baron - Isabey - Lécurieux ; Mme Céleste Pensotti - Tassaert - Leleux frères - Lepoitevin - Guillemin - Muller - Duval Lecamus père - Duval Lecamus Jules - Gigoux ; Rudolphe Lehmann - De la Foulhouze - Perèse - De Dreux - Mme Calamatta - Papety ; Adrien Guignet - Meissonier - Jacquand - Roehn - Rémond ; Henri Scheffer - Hornung - Bard - Geffroy.
      - Payasages : Corot ; Français - Paul Huet - Haffner - Troyon - Curzon - Flers - Wickemberg - Calame et Diday - Dauzats - Frère - Chacaton - Loubon - Garnerey - Joyant - Borget ; Paul Flandrin - Blanchard - Lapierre et Lavieille - Brascassat - Saint-Jean - Kiôrboe - Philippe Rousseau - Béranger - Arondel - Chazal.
      - Dessins - Gravures : Brillouin - Curzon - De Rudder ; Maréchal - Tourneux - Follet - Chabal - Alphonse Masson - Antonin Moine -Vidal - Mme de Mirbel ; Henriquel Dupont - Jacque.
      - Sculptures : Bartolini ; David - Bosio - Pradier - Feuchère - Daumas - Etex - Garraud - Debay - Gumberworth - Simart - Forceville-Duvette - Millet - Dantan - Clésinger - Camagni.
   II. Salon de 1846.
      - Aux Bourgeois.
      I. À quoi bon la critique ?
      II. Qu'est-ce que le romantisme ?
      III. De la couleur.
      IV. Eugène Delacroix.
      V. Des sujets amoureux et de M. Tassaert.
      VI. De quelques coloristes.
      VII. De l'idéal et du modèle.
      VIII. De quelques dessinateurs.
      IX. Du portrait.
      X. Du chic et du poncif.
      XI. De M. Horace Vernet.
      XII. De l'éclectisme et du doute.
      XIII. De M. Ary Scheffer et des singes du sentiment.
      XIV. De quelques douteurs.
      XV. Du paysage.
      XVI. Pourquoi la sculpture est ennuyeuse.
      XVII. Des écoles et des ouvriers.
      XVIII. De l'héroïsme de la vie moderne.
   III. Le musée classique du Bazar Bonne-Nouvelle.
   IV. Exposition universelle 1855.
      Beaux-Arts.
         I. Méthode de critique - De l'idée moderne du progrès appliquée aux beaux-arts - Déplacement de la vitalité.
         II. Ingres.
         III. Eugène Delacroix.
   V. Salon de 1859.
      Lettres à M. le directeur de la « Revue française ».
         I. L'artiste moderne.
         IL Le public moderne et la photographie.
         III. La reine des facultés.
         IV. Le gouvernement de l'imagination.
         V. Religion, histoire, fantaisie.
         VI. Le portrait.
         VIL Le paysage.
         VIII. Sculpture.
         IX. Envoi.
   VI. De l'essence du rire et généralement du comique dans les arts plastiques.
   VII. Quelques caricaturistes français.
      Carle Vernet - Pigal - Charlet - Daumier - Henri Monnier - Grandville - Gavarni - Trimolet - Traviès - Jacque.
   VIII. Quelques caricaturistes étrangers.
      Hogarth - Cruikshank - Goya - Pinelli - Brueghel.
   Le jeune enchanteur.
      - Éclaircissements pour le Jeune Enchanteur.
      - Le Jeune Enchanteur.
   - Notes pour les Curiosités esthétiques.
   - Notes pour le Jeune Enchanteur.

15 euros (code de commande : 18283).

 

[BEETHOVEN (Ludwig van)]. MASSIN (Jean et Brigitte) — Ludwig van Beethoven. Paris, Club Français du Livre, 1960. In-8° sous reliure d'éditeur, [16], 855 p., illustrations hors texte, une carte volante à déplier, (collection « Essais », n° 9), exemplaire numéroté (n° B5758), en bel état.
Avant-propos :
   Ce n'est pas par ambition que nous avons écrit ce livre ; c'est parce que nous aurions désiré le trouver déjà tout fait pour notre usage personnel.
   Beaucoup de livres ont déjà été écrits sur Beethoven ; un certain nombre d'entre eux sont excellents ; beaucoup d'autres sont utiles ; mais aucun ne nous semblait offrir l'instrument de travail, il faudrait presque dire le manuel, dont nous éprouvions le besoin pour mieux comprendre Beethoven. Les uns, et c'étaient souvent les plus remarquables, ne nous renseignaient que sur une période de la vie, sur un aspect du caractère, sur un genre musical au sein de l'œuvre. D'autres étaient trop succincts, ou trop vagues, ou trop romancés. Dans d'autres enfin, les épanchements ou les interprétations de l'auteur nous devenaient gênants.
   Ce dont nous rêvions, c'était d'un livre où se trouvent rassemblés les renseignements historiques les plus sérieux et les plus authentiques possible, sur toute la vie et sur toute l'œuvre de Beethoven, enrobés dans le minimum de commentaires personnels, et présentés dans un ordre donné qui en facilite le repérage.
   Nous avions commencé ce travail pour nous-mêmes ; et puis nous nous sommes dit que nous n'étions peut-être pas les seuls auxquels il pourrait rendre service ; c'est ainsi que ce livre est né.
   Avertissons tout de suite que nous avons systématiquement écarté toutes les données qui appartiennent en propre à la science musicale. Nous l'avons fait avec la claire conscience que c'était une gageure de consacrer un livre, qui se veut sérieux, à un musicien, sans toucher à la technique de son travail créateur. Nous avons décidé pourtant de tenter de réussir cette gageure, pour plusieurs raisons.
   La première – qui n'intéressera que médiocrement le lecteur – c'est que nous nous savons insuffisamment qualifiés pour un travail proprement musicologique.
   La seconde, c'est qu'une recherche purement historique nous a déjà apporté des résultats assez abondants et – nous semble-t-il – assez intéressants pour remplir un gros livre, qui aurait pu facilement être beaucoup plus gros encore. Une étude musicologique, avec les exemples musicaux, le catalogue thématique complet, les comparaisons avec d'autres musiciens qu'elle nécessite, exigerait un livre au moins aussi gros – tout aussi utile peut-être, mais d'une utilité autre.
   La troisième raison, c'est que nous avons d'abord songé, en entreprenant ce travail, à tous les auditeurs de la radio, du disque, des concerts, qui aiment Beethoven et qui ne connaissent rien à la musique, tout en l'aimant passionnément. Sans doute pourraient-ils apprendre la musique pour mieux la comprendre ; mais rares sont les hommes auxquels notre société permet de longues études qui ne rapportent pas. Il y a des milliers et des millions de gens qui ont besoin de la musique en général, de Beethoven en particulier, pour vivre, et qui n'auront jamais le temps d'apprendre ce qu'est un accord de septième diminuée, quelles étaient, au temps de Beethoven, les lois de la modulation d'une tonalité à une autre, ni combien il existe d'espèces différentes de fugues, de contrepoints, d'écritures fuguées... – Ces « beelhoveniens profanes » ont pourtant souvent le désir d'en savoir plus sur l'histoire de l'homme et de l'œuvre qu'ils aiment : c'est pour eux que nous avons voulu travailler – sans écarter toutefois l'espoir que notre travail puisse aussi rendre service à ceux qui s'y connaissent davantage en musique, car aucune compétence technique ne permet d'ignorer impunément l'histoire.
   La première partie de ce livre – Biographie – voudrait essentiellement être un recueil de textes, de Beethoven et sur Beethoven, rangés dans un ordre aussi rigoureusement chronologique que possible, reliés par une narration, accompagnés d'explications ou de discussions lorsqu'elles étaient nécessaires.
   Nous avons présenté typographiquement ces textes, de façon que le lecteur puisse voir du premier coup d'œil s'il s'agit d'un texte sorti à coup sûr de la plume de Beethoven, ou s'il s'agit de propos de lui rapportés par des témoins et d'anecdotes racontées par des contemporains.
   Devant la masse des documents qui s'offraient à nous, un choix s'imposait. Plus exactement une série de choix. En premier lieu, nous avons préféré reproduire un grand nombre d'extraits de textes plutôt qu'un petit nombre de documents intégraux, en particulier pour la correspondance de Beethoven, où souvent deux ou trois phrases d'une grande importance émergent d'une longue discussion relative à un procès ou à une édition d'œuvres. Les indications bibliographiques qu'on trouvera à la fin de la biographie permettront toujours de retrouver le contexte, du moins en allemand; et le lecteur qui ignore cette langue pourra ainsi trouver dans notre livre un certain nombre de textes qui y sont traduits en français pour la première fois à notre connaissance.
   En second lieu, nous avons plutôt retenu les textes qui éclairaient des aspects psychologiques ou sociologiques de la vie de Beethoven, qui mettaient en lumière ses idées sur le monde, la vie, l'art, son existence et son œuvre à lui, plutôt que les textes qui relataient des péripéties sans grande signification. Nous avons donc cherché à réduire au minimum les détails relatifs aux relations avec les éditeurs, aux disputes avec les frères, aux procès avec les princes, aux difficultés de la tutelle, aux recherches d'un personnel domestique, aux goûts culinaires de Beethoven, etc. Car, sur ce genre de sujets, une narration brève pouvait suffire, et les controverses sont minimes.
   Enfin il nous a fallu choisir souvent aussi entre la vraisemblance plus ou moins grande de traditions inconciliables, comme entre les différentes interprétations d'un même texte. D'autres choix nous guettaient encore : sur la date de telle lettre, ou sur l'authenticité de tel propos rapporté, etc. – Nous ne nous y sommes pas dérobés, tout en indiquant les cas où nous demeurions nous-mêmes indécis. Nous avons cherché à être aussi honnêtes que possible dans nos options ; mais surtout nous avons tenu à mentionner les hypothèses que nous rejetions, et les arguments de ces hypothèses ; et nous avons tenu aussi à donner, même longuement, les arguments de nos propres choix. Le récit y perd sans doute en légèreté, et la lecture en facilité ; mais ainsi le lecteur pourra se faire, pièces en main, sa propre opinion. Après tout, il ne manque pas de vies de Beethoven agréables à lire, et si péremptoires qu'on ne soupçonne pas même en les lisant les partis pris de leurs auteurs. Notre désir était de fournir un instrument de travail et de réflexion ; nous n'avons donc pas essayé de dissimuler les difficultés de notre recherche.
   Dans la mesure où le mot d'objectivité offre un sens en histoire, nous espérons avoir été objectifs. Et nous avons tâché de nous abstenir de toute effusion lyrique dans nos commentaires. Ce livre est un livre plein d'un amour sans réserve et sans limite pour Beethoven ; nous ne cherchons pas à nous en cacher. Mais cette place unique que Beethoven tient dans nos cœurs et dans nos actions, nous n'avons pas à en parler ici, et nous ne voudrions pas en encombrer le lecteur.
   La seconde partie de ce livre – Histoire des Œuvres – demande moins une explication qu'un mode d'emploi. Nous avons cherché à y rassembler, à propos de chaque œuvre, les renseignements historiques qu'on peut avoir sur la genèse de sa conception et de son élaboration, sur les circonstances qui ont accompagné sa naissance et son exécution ou sa publication, sur ce qu'en pensait Beethoven sur le moment ou longtemps après, sur les réactions immédiates des contemporains.
   La plus ou moins grande étendue de chaque notice, voire l'absence de toute notice pour telle ou telle œuvre, n'a jamais rien à voir avec un jugement de valeur de notre part. Il y a des compositions sur lesquelles nous n'avons rien trouvé à dire, ou bien peu de chose, parce qu'historiquement les renseignements font défaut : les contemporains en ont peu parlé, ou les cahiers d'esquisses qui s'y rapportent sont perdus, etc. Quelques-unes des œuvres que nous aimons le mieux n'ont presque pas d'histoire ; d'autres, auxquelles nous tenons moins, ont une histoire abondante ; ce n'est pas notre faute s'il existe plus de documents sur La Bataille de Vittoria que sur le Concerto pour violon.
   Nous avions d'abord pensé ranger ces notices dans l'ordre même de leur numéro d'opus (ou d'œuvre). Deux raisons nous ont conduits à y renoncer. D'une part, cette numérotation n'est pas entièrement l'œuvre de Beethoven : ses frères et ses éditeurs s'en sont mêlés; il en résulte que l'ordre des « opus » (nous ne nous résignons pas à employer le pluriel « opéra ») ne correspond ni à l'ordre chronologique ni à l'exacte intention de Beethoven. – D'autre part, nombre d'œuvres, demeurées inédites ou même publiées du vivant de Beethoven sans qu'il y attache beaucoup de prix, n'ont pas reçu de numéro d'opus ; il aurait été gênant de les reléguer en appendice.
   Nous n'avons pas voulu non plus ranger les notices selon les genres musicaux (symphonies, quatuors, sonates, etc.), car un tel classement aurait brisé l'unité de l'évolution organique de l'œuvre entière. Il peut convenir à une recherche musicologique, mais il n'est pas possible pour un travail historique.
   Nous avons donc cherché à obtenir un classement chronologique, fondé sur les dates de composition, et jamais sur les dates d'exécution ou de publication, des œuvres. Nous ne nous dissimulons pas, et nous ne voulons surtout pas cacher au lecteur, le caractère hypothétique qu'offre souvent un tel classement, et le caractère approximatif qu'il présente plus souvent encore, surtout quand la composition d'une œuvre s'étage sur plusieurs années. Tel quel, il nous semble le plus valable pour l'ensemble, et préférable encore à tout autre.
   Mais il était indispensable de faire précéder ces notices d'un triple catalogue, savoir : un catalogue selon la numérotation par opus ; un catalogue selon les instruments et les genres musicaux ; enfin le catalogue chronologique, dont l'ordre correspond à la succession des notices. Et nous avons reporté sur les deux premiers catalogues les dates de composition indiquées dans le troisième et en tête de chaque page des notices.
   Ainsi, pour prendre un exemple, l'auditeur qui entend annoncer à la radio la Sonate opus 109 n'a qu'à se reporter au premier catalogue (par opus) qui lui indique la date de 1820 ; si en revanche il entend annoncer la Quatrième Symphonie ou la Symphonie en si bémol majeur, il n'a qu'à jeter un regard sur le second catalogue (par instruments et genres) pour obtenir la date de 1806.
   Selon notre premier projet, notre livre s'arrêtait là. Mais, à mesure que se poursuivait notre travail, nous avons éprouvé le besoin de lui adjoindre, comme troisième partie, un Essai. Car, au cours de notre recherche, nous avons fait des découvertes.
   Découverte d'abord de l'importance d'un certain nombre de données que les premiers historiens de Beethoven ont cherché à escamoter, plus ou moins délibérément, de pistes qu'ils ont cherché à brouiller, et que peut-être les historiens suivants n'ont pas toujours suffisamment rétablies. – Découverte ensuite de la convergence d'un certain nombre de textes qui n'ont pu s'influencer mutuellement ; chacun, pris isolément, n'amenait qu'à des suppositions fragiles ; leur amoncellement nous semble imposer des évidences.
   Il est donc arrivé que, partis pour rassembler les éléments d'un dossier et pour faciliter à d'autres l'étude de ce dossier, nous avons été conduits à proposer aussi, sinon tes conclusions définitives d'une enquête que nous n'estimons pas terminée, du moins notre première tentative d'interprétation de ce dossier. Nous avons cherché à le faire, en séparant nettement l'Essai des deux premières parties ; ainsi le lecteur qui ne partagerait pas telle ou telle de nos vues sera plus libre d'utiliser le reste du livre et de chercher à se faire une opinion différente de la nôtre à partir des mêmes données.
   Aucun document n'est donc utilisé dans l'Essai qui ne figure déjà dans la Biographie ou dans l'Histoire des Œuvres ; nous n'avons voulu l'alourdir d'aucune référence et nous avons supposé acquis les résultats des options que nous avions faites plus haut. L'Essai s'appuie constamment sur la Biographie et l'Histoire des Œuvres, mais ces dernières peuvent très bien se passer de l'Essai. C'est ce que nous avons voulu ; car si les interprétations peuvent se discuter à l'infini, en revanche les faits sont têtus.
   D'ailleurs, encore une fois, nous ne nous croyons pas nous-mêmes au terme de notre recherche. Et nous avons trop reçu de Beethoven pour nous estimer quittes envers lui après ce premier travail.

25 euros (code de commande : 18286).

 

 

Une nouveauté sur la région montoise

 

BERNARD (Véronique) — À la découverte de ma commune. Harmignies. Mons, Hainaut Culture et Démocratie, 2011. In-8° carré collé, 144 p., illustrations en noir et en couleurs.
Table des matières :
   - Présentation des sceaux.
   - Aspect historique, géographique et hydrographique.
   - Esquisse géologique du village d'Harmignies.
   - Petit historique de l'industrie extractive à Harmignies, par Nicolas Dupont.
   - Énumération des bourgmestres :
      - Léonard Louis Dagobert Dejardin.
      - Victor Louis Auguste Dejardin.
      - Edmond Joseph Albert Victor Steurs.
      - Victor Joseph Desolre.
      - Henri Joseph Lermusiaux.
      - Zéphirin Hallez.
      - Henri Joseph Jacmain.
      - Léon Joseph Augustin Dereme.
      - Jules Georges Étienne Cornu.
      - Gédéon Léopold Berlanger.
      - Camille Henri Alfred Cusse.
   - Lieux-dits anciens et modifications consécutives à la fusion des communes de 1977.
   - Perspectives d'une démarche.
   - Remerciements.
   - Bibliographie.

20 euros (code de commande : 18292).

 

BOULMONT (G.) — Les ruines de l'Abbaye de Villers. Guide complet du visiteur publié sous le patronage du T. C. B. Gand - Namur, Vanderpoorten - Delvaux, [ca 1897]. In-8° broché, 163 p., illustrations dans le texte et deux planches hors texte à déplier, couverture défraîchie.
Table des matières :
   Chapitre I. Préliminaires.
   Chapitre II. Vers le cloître.
   Chapitre III. Cloître de Villers.
   Chapitre IV. Église abbatiale considérée dans son ensemble.
   Chapitre V. Église abbatiale considérée dans ses parties essentielles.
   Chapitre VI. Bâtiments claustraux réguliers.
   Chapitre VII. Autres constructions.
   Chapitre VIII. Exploration générale du reste des ruines et coup-d'œil rétrospectif.
   Chapitre IX. Notions pratiques sur l'architecture religieuse du Moyen Âge, indispensable aux visiteurs des ruines, suivies de la bibliographie de Villers.
   Appendice. La poésie des ruines.

20 euros (code de commande : 18322).

 

[CAMUS (Albert)]. LOTTMAN (Herbert R.) — Albert Camus. Paris, Seuil, 1978. In-8° collé, 686 p., papier jauni.
En quatrième de couverture :
   Correspondant international de la revue de l'édition aux États-Unis Publishers Weekly, Herbert R. Lottman a entrepris, à l'instigation d'un éditeur de son pays, cette biographie d'Albert Camus.
   Obéissant aux strictes méthodes de la biographie anglo-saxonne, il s'est attaché à suivre au plus près la vie de Camus et à ne rien avancer qu'il n'ait pu fonder par maintes sources et références, qu'il cite. Trop de témoins de cette vie brève sont encore parmi nous pour que l'auteur n'ait pas conscience de ce que son travail a d'incomplet. Du moins, au vu de ce qui a été déjà publié, croit-il avoir apporté une contribution non négligeable à la connaissance d'un écrivain dont les années à venir ne feront que confirmer l'importance.

13 euros (code de commande : 18290).

 

[CHARLES Ier DE FLANDRE (né Charles de Danemark)] [GALBERT DE BRUGES]. DELEPIERRE (J.-C.) et PERNEEL (J.) — Histoire du règne de Charles-le-Bon, précédé d'un résumé de l'histoire des Flandres depuis les tems les plus reculés, et suivie d'un appendice de ce qui s'est passé depuis la mort de ce prince jusqu'à la Paix de Melun. Par J.-C. Delepierre et J. Pernell, avocats. Bruxelles, Fonderie et Imprimerie Normales, 1830. In-8° débroché, [1 (faux-titre)], [1 bl.], [1 (titre)], [1 bl.], LXXXIX, [1 bl.], 214, CXXII p., exemplaire non coupé, couverture défraîchie partiellement restaurée avec de l'adhésif.
En quatrième de couverture :
   Les communes flamandes donnèrent l'impulsion au commerce, à l'industrie, à la civilisation du nord de l'Europe ; elles furent d'abord, pour les comtes, un moyen puissant pour dompter la féodalité ; les richesses et le bien être qu'elles procurèrent au pays firent ensuite, des ducs de Bourgogne, les souverains les plus puissants de la chrétienté. Ces glorieuses époques sont séparées de nous par trois siècles de gouvernement absolu, dont les chefs se sont crus intéressés à éteindre, chez les Flamands, jusqu'aux souvenirs de leur orageuse liberté.
   La plupart des annalistes ont mal dépeint et pour ainsi dire dénaturé la généreuse résistance de nos ancêtres contre l'oppression féodale et leurs luttes, si glorieuses contre l'étranger : vivant sous des princes qui ne voulaient point d un peuple fier de ses aïeux, mais d un peuple docile et sans souvenirs, ils ont décoloré les plus belles pages de notre histoire. Heureusement qu'il reste encore des monuments qui peuvent réhabiliter l'ancienne gloire de la patrie aux yeux de ses enfants ! Tels sont les mémoires de quelques auteurs contemporains, qui ont écrit avec conscience et courage ; mais la plupart mal appréciés, ou, pour ainsi dire, inconnus restent ensevelis dans les bibliothèques.
   Parmi ces monuments, un des plus précieux est sans doute la vie de Charles le Bon, comte de Flandre, écrite par Gualbert, notaire à Bruges, son contemporain, et témoin oculaire des événements qu'il raconte, Nous croyons que cet auteur perdu dans l'immense mais excellent ouvrage des Bollandistes, n'a jamais été traduit du latin, langue dans laquelle il a écrit. En attendant que des plumes plus exercées que la nôtre, répondant aux vœux du monarque, aient composé une histoire digne du pays, nous nous sommes félicité de pouvoir donner une traduction de Gualbert, persuadé que la lecture de son ouvrage servira à dissiper bien des erreurs sur l histoire de nos aïeux, et principalement sur celle des célèbres communes d'Ypres, de Bruges et de Gand, aux onzième et douzième siècles. En effet, cet auteur nous trace un tableau fidèle des mœurs et du degré de liberté dont jouissait le pays à cette époque, bien antérieure à celle où l'on place ordinairement la concession des chartes communales.
   On y voit le pouvoir comtal, d'abord sous Baudouin dit à la hache, puis sous Charles-le-Bon lui même, uniquement occupé à maintenir contre la féodalité les droits encore faibles des habitants des campagnes. La lutte s'y trouve clairement définie ; le comte Charles y prend une part active et tombe assassiné par la noblesse de ses États. Ce n est donc pas seulement un souverain recommandable par ses vertus chrétiennes que nous dépeint Gualbert, c'est un protecteur des libertés du peuple. Cependant telle n'est pas l'opinion que nous en donnent les annalistes flamands ; d'après eux, prince faible, pusillanime et ne sachant s'armer que de la prière, il fut assassiné par une famille de marchands de grains. Les mêmes annalistes sont muets sur l'état politique de l'époque ; Gualbert le décrit avec chaleur et vérité. L'on voit les villes déjà constituées en véritables puissances, sur lesquelles la féodalité n'a plus aucune prise ; redoutables et fortes, elles font pencher la balance en faveur de ceux qu'elles veulent favoriser. [...]
   L'ouvrage, dont nous offrons la traduction au public, prouve jusqu'à l'évidence que la liberté existait, en Flandre, dès le commencement du douzième siècle. Il en résulte également qu'elle y existait à une époque bien antérieure : elle naquit donc d'autres événements majeurs. Quels sont ces événements ? Quand le peuple commença-t-il à résister isolément à l'oppression ? Quand cette résistance devint elle commune et organisée ? De là qu'entendons nous par commune par système communal ? Voilà autant de questions qu'il s'agit de résoudre, pour faire connaître les gradations successives de la liberté dans notre patrie, et rendre plus intelligible l'intéressante époque décrite par notre auteur. C'est ce que nous nous proposons de développer dans un résumé historique qui précédera notre traduction. [...]
   Toutes les villes ou parties d'un royaume ne jouissant pas d'une commune ni même de libertés communales, la commune fut une exception de liberté en faveur d'un certain nombre d habitants ou de villes, dans le même gouvernement et sous le même souverain. Les résultats du système communal furent immenses : d'abord la race conquise, dégradée y reprit la dignité d'homme qu'elle avait perdue. La civilisation et le commerce de l'Europe moderne y trouvèrent leur berceau ; les rois et les princes, le moyen de résister à la féodalité, de reconstituer leur autorité chancelante, et de pouvoir enfin, au seizième siècle, rendre l'uniformité à leur gouvernement et unir toute une nation par les mêmes intérêts
   Nous ne ferons que développer cette idée mère, et, pour y parvenir, nous suivrons le système communal pas à pas, à travers la sanglante carrière qu'il a parcourue dans tout le Moyen Âge, puisqu'il se compose d'un grand nombre de libertés et de droits, qui ont été concédés à des époques bien éloignées, et à mesure que l'usage non interrompu de l'une rendait l'autre nécessaire ou utile.
   L'ouvrage de Gualbert sanctionnera, nous l'espérons, toutes les opinions que nous venons d'émettre ; l'on y verra de même toute la nécessité du résumé historique que nous offrons au public, résumé qui n'est lui même qu'une introduction développée. En effet, malgré tout le mérite de l'ouvrage de Gualbert, il ne pourrait intéresser que peu de lecteurs, si l'époque qu'il décrit n'était rattachée aux premiers siècles de l'existence de la Flandre et aux treizième et quatorzième siècles : à ces derniers surtout, quand les communes de Flandre furent à leur apogée de gloire.

30 euros (code de commande : 18282).

 

[CHARLES X]. CASTELOT (André) — Charles X. La fin d'un monde. Paris, Librairie Académique Perrin, 1988. In-8° sous reliure et jaquette, 587 p., illustrations, bel exemplaire..
En quatrième de couverture :
   André Castelot raconte admirablement la vie d'un prince de charme qui ne sut pas être roi parce qu'il pensa trop à Dieu et à Versailles, et refusa d'admettre que la Révolution et l'Empire avaient changé la France.
   Charles X, qui, jusqu'à son avènement, porta le titre de comte d'Artois, fut incontestablement léger et dépourvu de sens politique, mais il supporta ses exils successifs avec une grandeur qui force le respect. « Cette race sait admirablement mourir, écrivait Chateaubriand, soixante ans de malheurs ont paré la victime. »
   Il eut jusqu'à sa mort la nostalgie de l'Ancien Régime.
   – J'ai mes vieilles idées, disait-il, je veux mourir avec elles.
   Mais ces « vieilles idées » devaient conduire la monarchie à la catastrophe. Ni la bonne gestion de la France qui avait retrouvé la paix et de bonnes finances ni le débarquement en Algérie ne vinrent compenser ses maladresses. Les. ordonnances de Juillet, notamment celle qui supprimait la liberté de la presse, en furent le couronnement et déclenchèrent la révolution.
   C'est à la cour trop aimable de Trianon que tout avait commencé et c'est à Rambouillet que tout s'achèvera. Sous la menace du peuple de Paris, qui marchait vers le vieux château, Charles X dut abdiquer au profit de son fils Louis XIX. Celui-ci, après un « règne » de deux minutes, abdiqua au profit de son neveu, le duc de Bordeaux, qui ne régna jamais. Et ce fut un douloureux et troisième exil, achevé parla mort en 1836 à Goritz, d'où le corps du dernier roi de France sera sans doute prochainement rapatrié en France pour être inhumé à Saint-Denis.
   André Castelot, qui a suivi pas à pas le prince puis le roi, montre bien que ce petit-fils de Louis XV a incarné la fin d'un monde.

12 euros (code de commande : 18298).

 

[CHARLES QUINT]. SOISSON (Jean-Pierre) — Charles Quint. Paris, Grasset, 2000. In-8° collé, 410 p., illustrations hors texte, couverture un peu défraîchie.
En quatrième de couverture :
   Souverain des Pays-Bas à quinze ans, roi d'Espagne à seize, empereur d'Allemagne à dix-neuf, Charles Quint devint très jeune le maître d'un empire « sur lequel le soleil ne se couchait point ».
   Né en 1500, il assiste aux plus grandes découvertes de la Renaissance. Disciple d'Érasme, il aime Titien et les peintres italiens. Il se passionne pour les mondes nouveaux. Toute sa vie il cherche à conserver et à agrandir les territoires si différents dont il hérite. On a peine à imaginer que ses terres comprenaient l'Espagne brûlante, les Pays-Bas, des royaumes italiens... Charles Quint s'oppose à Soliman le magnifique, multiplie les alliances et les guerres avec le Pape, avec Henri VIII d'Angleterre, avec François Ier... À cheval ou en bateau, suivi par des carrioles de nourriture, de vêtements, d'œuvres d'art, de mobilier, il est tour à tour en Italie, en Bourgogne, dans l'Allemagne de Luther ; mais aussi à Alger et Tunis, qu'il conquiert ; enfin, il envoie ses hommes à l'assaut du Mexique et du Pérou... L'empereur voyage, rédige des milliers de lettres, aime, découvre et s'instruit, élève, honore ou déchoit.
   Il est aussi un des rares hommes de pouvoir à avoir choisi d'abdiquer. En 1556, ce prince qui sent que le monde nouveau n'est pas le sien, se retire au monastère de Yuste. Il y reste jusqu'à sa mort, tandis que son fils Philippe II règne.
   Avec talent et passion, Jean-Pierre Soisson nous emmène sur les pas d'un prince mystérieux, austère et aimant la vie, voyageant dans une Europe sans unité qu'il cherche à bâtir contre vents et marées.

12 euros (code de commande : 18300).

 

CONSTANTIN VII PORPHYROGÉNÈTE — Le livre des cérémonies. Tome II. Livre I. Chapitres 47 (38) - 92 (83) (volume I : texte et traduction, volume II : commentaire). Texte établie et traduit par Albert Vogt. Paris, Les Belles Lettres, 1939-1940. Deux volumes in-8° brochés, volume I : XI, [370] p., volume II : XVI, 205 p., (collection « Byzantine »).
Introduction du volume de commentaire :
   Les chapitres 47 (38) à 92 (83) qui font l'objet de la présente édition sont, d'une part, la suite naturelle des 46 premiers chapitres que nous avons déjà publiés et, de l'autre, forment à eux seuls – sauf, peut-être, les chapitres 83 (76) à 92 (83) – un tout complet. Constantin VII, après avoir recueilli et mis relativement en ordre d'abord les protocoles concernant les fêtes religieuses, fait ensuite le même travail pour les solennités civiles.
   Comme il est aisé de le remarquer, cette seconde partie du Livre I des Cérémonies se trouve, en réalité, divisée en trois cycles distincts : 1. Promotions aux grandes dignités auliques. 2. Fêtes profanes, de Cour ou populaires, dont les plus importantes étaient les courses de l'Hippodrome. 3. Chapitres épars concernant divers événements, annuels ou non, rentrant mal dans les deux premières catégories, plus quelques types d'acclamations destinés à compléter, quelques-uns du moins, l'exposé protocolaire de cérémonies précédemment décrites. Ces derniers chapitres, plusieurs en tout cas, ne paraissent pas avoir été composés de façon aussi régulière et méthodique que les précédents et, comme ils viennent immédiatement avant l'extrait de Pierre Patrice et les deux Appendices, il n'est pas arbitraire de penser qu'en fait les Appendices commençaient, peut-être, déjà avec le chapitre 83 (74) Encore faut-il faire une exception pour le chapitre 87 (68) concernant la fête des vendanges à Hiéria et les chapitres 90 et 91 (81 et 82) qui pouvaient avoir leur place naturelle, l'un avant le chapitre 50 (4l) l'autre avant les gloses du même chapitre.
   Le premier cycle nous renseigne donc sur les promotions aux grandes dignités auliques. Comme de juste, il commence par la famille impériale et tout d'abord par l'empereur lui-même : son couronnement, celui de son épouse, le mariage et la naissance des enfants porphyrogénètes (où nous ne trouvons que les acclamations de la Cour). Il semble qu'ici, avant la nomination du ou des césars, on aurait pu placer tout de suite le chapitre 69 (60) sur les funérailles des souverains et des Auguslae pour en finir avec les cérémonies spécifiquement impériales. En réalité, on a rejeté ce chapitre à la fin des promotions auliques et c'est lui qui termine ce premier cycle. À la suite des cérémonies concernant l'empereur lui-même, vient toute la longue et curieuse série des promotions aux principales dignités de la Cour, depuis celles qui sont réservées à l'entourage immédiat du souverain et ne sont accessibles qu'à ses proches et parfois – affaire de caprice impérial – à un ami particulièrement dévoué, ou qu'on croit tel, jusqu'à celles des dignitaires, de moins haut rang, certes, mais ayant encore grande autorité. Le cycle compte ainsi seize protocoles différents, les césars compris, ou douze, si nous excluons les césars, les nobilissimes et le curopalate dont, généralement, les titres n'étaient conférés qu'à la famille impériale. Ces douze protocoles ont trait à la façon dont étaient octroyées les grandes dignités auliques et quelques fonctions civiles. Toutes les dignités et fonctions de l'Empire ne figurent pas, loin de là, dans ce cérémonial. Le Livre II, au chapitre 3, complétera quelque peu, mais assez rapidement, l'omission concernant les charges militaires, auxquelles on a joint l'une ou l'autre charge civile. Très peu, cependant, parce que, probablement, charges et fonctions rentraient dans le cadre général de la promotion d'un patrice-stratège, d'un patrice possédant une fonction et étaient données par simple édit ou d'un proconsul. Néanmoins, il semble étrange, à première vue, qu'il n'y ait pas de protocole pour le préfet du Caniclée, par exemple, fort grand personnage dont l'un des plus connus fut Bardas lui-même, le futur césar. Mais, – et ceci n'est pas sans importance – cette charge n'apparaît qu'au ixe siècle. N'est-ce pas une indication, au moins à retenir, qu'en général nombre de protocoles, dont nous avons ici le texte, ne dépassent pas beaucoup cette date ? Nous verrons, par ailleurs, qu'il est fait mention du corps des hicanales. Or, ce corps fut constitué par l'empereur Nicéphore au début du IXe siècle. Pour le moment, de ces faits, nous ne voulons rien conclure. Il fallait quand même les signaler au passage comme un indice, non relevé encore – le premier du moins – que nos protocoles, mises à part les adjonctions postérieures et les scolies, ne semblent pas dépasser, quant à leur fond, le ixe siècle et, en tout cas, le règne de Constantin VII.
   Ainsi qu'on l'a lait remarquer plus d'une fois, ces protocoles sont une compilation de plusieurs textes divers. Sans grand souci d'établir un modèle fixe et unique auquel, désormais, on devrait se référer, Constantin VII – ou un copiste ultérieur – a copié ce qu'il trouvait soit à droite, soit à gauche, concernant chaque cérémonie. Il est bien certain que, sous des titres qui semblent très précis, nous avons, en effet, plusieurs protocoles différents, qu'il s'agisse des mariages impériaux, de la création d'un ou de plusieurs césars, de l'élévation à la dignité de patrice, par exemple. Certes, il est presque toujours question de plusieurs souverains, surtout au début des chapitres ; mais, il n'est pas rare de ne plus voir paraître qu'un empereur au cours du récit. De même, il n'est pas sans exemple qu'on rencontre tout à coup la mention de telle dignité périmée au Xe siècle ou, au milieu d'un texte fort clair, quelques phrases parfaitement inintelligibles. Faut-il voir là toujours une contamination du texte ? Évidemment, la chose est facile à dire si l'on veut soutenir sa propre manière de voir ; elle n'en est pas plus certaine pour autant. Beaucoup plus sûre est, je crois, la constatation matérielle que nous sommes simplement en présence de plusieurs protocoles généralement assez mal amalgamés, du reste, s'échelonnant entre les trente dernières années du VIIIe siècle et les cinquante premières du Xe siècle, ce qui explique très bien l'incohérence, apparente ou réelle, de certaines pages. Au surplus, il y a autre chose. Autant et plus encore que dans la première partie de son œuvre concernant les cérémonies religieuses, Constantin VII s'est servi, pour parler de l'élévation aux grandes dignités, d'une part des protocoles existant encore dans les archives du personnel chargé de l'organisation et de la marche des cérémonies et, de l'autre, des protocoles propres aux dèmes pour leurs acclamations. Or, il s'est trouvé que ces deux protocoles, indépendants l'un de l'autre, ne concordaient pas toujours, soit parce qu'ils n'appartenaient pas à la même époque, soit parce qu'ils ne répondaient pas à la cérémonie aulique ayant fait l'objet du protocole transcrit. En mettant bout à bout ces deux sources de renseignements, il était fatal qu'une sorte de chevauchement s'ensuivît.
   Mais, il y a plus. On a fait grand état de la mention du singulier ou du pluriel en ce qui concerne particulièrement les souverains, les souveraines et les porphyrogénètes, soit dans le texte lui-même, soit dans les acclamations. Or, il semble bien qu'il ne faut pas attacher une trop stricte importance à ce fait. En réalité, Constantin VII a pu, dans les protocoles proprement dits, recopier, peut-être, en les modifiant quelque peu, des textes anciens et appartenant à des époques différentes. En fait, et surtout quand il parle du « grand » et du « petit » empereur, c'est à lui et à son fils qu'il pense. Si, comme je persiste à le croire, tout ce cycle entier de protocoles est antérieur à l'avènement réel de Constantin VII au pouvoir, on conçoit très bien que, dans ses loisirs forcés, il se soit amusé à recueillir ces divers protocoles qu'il pouvait trouver çà et là, donnant chaque fois, à lui, à son fils et à sa famille, la place à laquelle chacun avait droit.
   Pour les acclamations, il n'en va plus tout à fait de même. Ces dernières sont, en effet, presque toujours les mêmes et le moule dans lequel elles sont coulées est probablement fort ancien. Les poètes chargés de leur rédaction avaient sous les yeux un type à peu près unique qui se perpétuait de siècle en siècle quant à l'ensemble de sa facture. Dans ce cadre donné on ajoutait simplement, suivant la nature de la cérémonie ou selon les événements historiques du moment, quelques phrases plus circonstanciées. C'est pourquoi, sauf de bien rares exceptions, on acclamait ensemble le pouvoir royal, les souverains, les Augustae, quel qu'en fût le nombre, et les porphyrogénètes. Aussi, quitte à faire des vers faux et des entorses aux règles de la grammaire, les poètes se contentaient-ils, quand besoin était, de mettre des mots au pluriel alors que l'acclamation originelle ne connaissait que le singulier ou de mêler indistinctement singuliers et pluriels. C'est la raison pour laquelle on n'est jamais très sûr de ce que recouvrent les acclamations. Il est bien certain que, d'une façon générale, quand il est question des « souverains » c'est qu'il y a un empereur en litre, puis, un ou plusieurs co-empereurs ; mais il n'est pas exclu que sous ce vocable les factions n'acclamaient pas les fils, frères ou gendres de l'empereur et même peut-être, à certaines époques, quelque véritable chef de l'État, celui qui, en fait, gouvernait, au nom des souverains, sans compter les césars et les nobilissimes qu'on pouvait assimiler aux souverains.
   Le Livre des Cérémonies ne fait pas de distinction entre les souverains. Nous savons, en effet, par ailleurs, qu'il y avait tout un ordre hiérarchique dans les acclamations et que les factions saluaient les uns et les autres, chacun d'après son propre rang. Aussi, le fait que les acclamations, ou le protocole, parlent le plus sou vent des souverains et non de l'empereur seul, n'est-il pas, en soi, toujours une preuve absolue permettant de donner par là une date possible à tel chapitre déterminé. À plus forte raison peut-on dire la même chose quand il s'agit des Augustae et des porphyrogénètes. Sans doute, nous savons avec certitude par les historiens et les chroniqueurs qu'à certains moments, et le plus souvent, il y eut à la Cour plusieurs Augustae : impératrice en titre d'abord, puis, mère, filles, femmes, sœurs de souverains ayant reçu le titre d'Augusta ; mais, en nombre de cas, nous sommes privés de tout renseignement et rien ne nous prouve qu'on n'acclamait pas, par extension, comme Augusta des femmes non couronnées et ne portant pas légalement ce titre, simplement parce qu'elles étaient les épouses des souverains acclamés. Quant aux porphyrogénètes, je ne pense pas qu'il faille attribuer ce titre exclusivement aux seuls descendants directs du souverain. Étaient porphyrogénèles, pour la population, tous les membres issus de la famille impériale. Nés ou non dans la chambre de porphyre, ils portaient ce titre générique pour la raison que la Cour n'en avait pas d'autre à leur donner. Qu'on relise les acclamations du chapitre 51 (42) lors de la naissance d'un enfant porpliyrogénète. Pas une seule fois – chose curieuse – il n'est question de l'Augusta-mère. Les dèmes acclament les souverains, les Augustae, l'enfant nouveau-né et les autres porphyrogénètes, même s'il s'agit, ce qui peut être, d'un premier enfant. Cela semble bien prouver que le titre de porphyrogénète n'était pas très exclusif. C'était donc, vraisemblablement, d'une façon globale qu'on les saluait. Tout cela explique bien, ce semble, les pluriels si souvent employés et ne peuvent donc pas servir de critère absolu au point de vue chronologique.
   Ces acclamations, du reste, sont si bien modelées sur un type unique qu'il était parfois impossible d'y rien changer.
   Enfin, il importe de faire une dernière remarque générale. Nous avons ici les protocoles propres à la Cour et aux dèmes et point celui des cérémonies religieuses qui ne regardaient plus le « maître des cérémonies » (quel que soit le titre qu'il portât à un mornent déterminé de l'histoire). C'est pourquoi, tant aux cérémonies des fiançailles ou du mariage impérial, qu'au moment de la naissance d'un enfant porphyrogénète ou à l'occasion des funérailles du souverain et de l'Augusta, le protocole ne parle pas de l'ordre adopté par 1'Église pour ces sortes d'événements ou, s'il le fait, ce n'est qu'incidemment. Pour savoir comment se déroulaient ces cérémonies, ce n'est pas dans le Livre de Constantin VII qu'il faut aller chercher des renseignements, mais bien dans les livres liturgiques.

Les deux volumes : 30 euros (code de commande : 18306).

 

Diamanti. Arte - Storia - Scienza. Roma, De Luca, 2002. In-4° sous reliure d'éditeur, 238 p., nombreuses illustrations en couleurs, exemplaire en très bel état.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la Scuderie del Quirinale, à Rome, du 1er mars au 30 juin 2002.
Table des matières :
   - Presentazioni, par Luigi Zanda et Jean-Claude Morena.
   - Vanità delle vanità..., par Corrado Bologna.
   - Come nascono i diamanti, par Annibale Mattana et Violaine Sautter.
   - Natura del diamante, par Gian Carlo Parodi et Emmanuel Fritsch.
   - Gemmologia pratica del diamante, par Gian Carlo Parodi et Emmanuel Fritsch.
   - I diamanti dei Mogul e dei Maharaja, par Amina Okada.
   - Un giacimento poco conosciuto : il Borneo, par Hubert Bari.
   - I diamanti dell'India arrivano in Europa, par Hubert Bari, Michele Bimbenet-Privat et Bernard Morel.
   - I diamanti dei Medici, par Maria Sframeli.
   - Il ritratto, la fisiognomica, i gioielli e « il solitario scheletro della verità », par Cesare de Seta.
   - Adamas l'invincibile : la natura sacra del diamante, par Patrick Absalon, Hubert Bari et Robyn Fréchet.
   - I diamanti del Brasile e del Sudafrica : verso la produzione di massa, par Hubert Bari.
   - Una storia moderna.
   - Glossario.
   - Bibliografia.

30 euros (code de commande : 18311).

 

[DOSTOÏEVSKI (Fiodor Mikhaïlovitch)]. GROSSMAN (Léonide) — Dostoïevski. Traduit du russe par Michèle Kahn. Moscou, Éditions du Progrès, 1970. In-8° sous reliure et jaquette d'éditeur, 538 p., illustrations hors texte, exemplaire en bel état.
Sur la jaquette :
   L'œuvre du grand écrivain russe Fédor Dostoïevski a été en cent ans l'objet de nombreuses études littéraires et philosophiques. Ce livre que nous proposons aux lecteurs français est une des biographies les plus complètes de Dostoïevski due à l'éminent écrivain et critique littéraire soviétique Léonide Grossman. Puisant dans des documents d'archives, des journaux intimes et des lettres, Grossman nous montre la vie personnelle de Dostoïevski, l'évolution de son œuvre sur le fond de la vie agitée, riche en événements sociaux, de la société russe du siècle dernier. Suivant l'évolution de Dostoïevski, l'auteur analyse en détails les œuvres les plus importantes de l'écrivain : Crime et Châtiment, l'Idiot, les Frères Karamazov et autres, et montre de façon convaincante l'importance de Dostoïevski en tant que grand écrivain humaniste combattant inlassablement contre l'inégalité sociale, défenseur ardent des humiliés et des offensés.
   Ce livre s'adresse au public le plus large.

13 euros (code de commande : 18289).

 

DUMONTHIER (Ernest) — Le Meuble-Toilette. Toilettes-poudreuses, toilettes-coiffeuses portatives, miroirs, psychés. Styles Louis XV, Louis XVI, Premier et Second Empire. Paris, Morancé, 1923. In-8° sous chemise à liens d'éditeur, 12 p., 48 planches volantes, (collection « Documents d'Art - Mobilier National de France »), bel exemplaire.

   
Couverture et planche 39 (psyché de l'impératrice Marie-Louise).

25 euros (code de commande : 18288).

 

[FLEURUS]. Fleurus - Charbonnage Ste-Henriette, le pont. Carte postale éditée par la Maison Scouvart-Seutens, vers 1900 et portant le n° 9389. 140 x 91 mm.
   Cette carte porte le cachet de la poste de Fleurus en date du 14 septembre 1906 (?) ; elle était destinée à une correspondante anversoise.

   

12 euros (code de commande : 18326).

 

[GIDE (André)]. PAINTER (George D.) — André Gide. Traduit de l'anglais par Jean-René Major. Paris, Mercure de France, 1968. In-8° broché, 224 p., bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Journaux intimes, confidences, œuvres autobiographiques : il est peu d'écrivains qui, autant qu'André Gide, aient raconté leur propre vie. C'est le paradoxe apparent de la méthode painterienne : découverte par le public français avec la publication du Proust, elle ne reconstitue minutieusement les événements d'une existence que pour faire revivre les conflits, les luttes, les drames intérieurs qui sont à l'origine d'une œuvre et lui donnent sa dimension spirituelle.
   Subtil, ondoyant, passionnant, Gide est ici retrouvé avec cette sympathie dont il faisait une morale. De l'enfance bourgeoise, puritaine et guindée au vieil homme glorieux et serein, nous assistons à la fois au combat d'un écrivain, à l'élaboration d'une œuvre capitale et à la vie d'une société.

15 euros (code de commande : 18291).

 

Camps de Leuze et de Pomereuil. Les 19. et 20. Juin 1690. Gravure extraite de l'ouvrage de Jean de Beaurain : Histoire militaire de Flandres, depuis l'année 1690 jusqu'en 1694 inclusivement, qui comprend le détail des marches, campemens, batailles, siéges & mouvemens des armées du roi & de celles des alliés pendant ces cinq campagnes ; dédiée et présentée au roi. Campagne de 1690, publié en 1755 (tome I, planche 9).
Dimensions :
   - Trait carré : 432 x 287 mm.
   - Cuvette : 446 x 298 mm.
   - Feuille : 513 x 400 mm.
Texte de la description (pp. 15-16) :
   L'armée marcha à Pomereuil où elle fut jointe par tous les détachemens & l'artillerie.
   Les troupes qui avoient campé à Leuse marchérent sur deux colonnes, l'une fut pour les troupes, & l'autre pour les équipages ; celle des troupes laissant Tourpe à gauche, passa à la cense de Malmaison ; de là laissant Hellignies à gauche, Ramillies & Basecles à droite, elle marcha entre Basecles & Quevaucamp pour aller à Grandglise, d'où elle se rendit à Pomereuil quelle traversa pour arriver au camp.
   Les bagages ayant des détachemens pour leur sureté, prirent le chemin de Roucour passant le long de Ville-au-Puis, & au coin du bois de Bari, pour prendre le chemin de Tournai à Mons, d'où ils passérent à Basecles & à Blaton ; ils montérent ensuite sur les Bruyeres, & descendirent par l'Hermitage de Blaton pour aller à Harchies, & de là au camp pour camp.
   L'armée eut la droite à la tenue de Beham, & la gauche au pont à Haisne, le quartier général rut à Pomereuil, la riviére d'Haisne derriére le camp, sur laquelle on fit quatre ponts de bateaux ; il y en avoit deux à la tenue de Beham, un à celle de Montreuil, & un audessous du pont à Haisne.
   La Cour avoit non feulement trouvé justes & fondées les représentations que M. de Luxembourg avoit faites sur le nombre de troupes dont on avoit affoibli son armée, mais elle avoit encore senti combien sa foiblesse seroit préjudiciable aux événemens particuliers de cette frontiére, & combien ses démarches & sa conduite pourroient influer sur les affaires générales de l'Europe ; elle avoit reconnu en même temps que le seul moyen de faire échouer tous les projets des ennemis contre les places du Hainault, étoit de mettre l'armée qu'il commandoit en état de s'approcher de celle de Hollande, & d'aller au devant d'elle dans le pays ennemi ; en conséquence elle ordonna à M. de Boufflers de détacher 30 escadrons, & 18 bataillons, qui faisoient toute son infanterie, pour se joindre à M. de Luxembourg aux environs de Florennes, le jour qu'ils en conviendroient ensemble. La jonction de ces troupes & de celles de M. de Gournay avec celles qui étoient venues de Deinse sur la Sambre, devoient faire 45 bataillons & 91 escadrons ; M. de Luxembourg eut ordre d'en détacher un bataillon à Maubeuge, & d'envoyer M. de la Valette à Condé avec quatre bataillons & onze escadrons, pour empêcher les ennemis de pénétrer entre la Sambre & l'Escaut, & pour marcher promptement au secours de M. le Maréchal d'Humiéres, s'il en avoit besoin. De son côté M. le Maréchal d Humiéres eut ordre de veiller aux mouvemens que feroit M. de Castanaga, afin de s'approcher de Condé à mesure que les troupes d'Espagne s'approcheroient de Bruxelles.
    Par le renfort qui venoit de l'armée de M. de Boufflers, M. de Luxembourg après avoir détaché M. de la Valette, devoit avoir 40 bataillons & 80 escadrons, avec lesquels la Cour vouloit qu'il se portât sur la Sambre aussi bas que faire se pourroit, & qu il y prît un poste d'où il pût envoyer des partis dans le pays ennemi pour en tirer des contributions, resserrer Namur, & empêcher que par cette place M. de Valdeck & l'Electeur de Brandebourg ne fissent passer & repasser continuellement des troupes qui auroient pu obliger M. de Boufflers de leur abandonner la campagne, & ensuite se réunir contre l'armée du Roi pour la combattre.
   M. de Luxembourg satisfait du nombre de troupes qu'on lui accordoit, & adoptant les idées de la Cour pour ses opérations, résolut d'exécuter promptement les ordres qu'il recevoit ; ce moment étoit le plus favorable pour agir contre M. de Valdeck, puisque les troupes de Liége & de Brandebourg ne l'avoient pas encore joint pas joint.
   L'Electeur de Brandebourg devoit mettre en campagne dix à onze mille hommes, & l'Evêque de Liége huit mille, au moyen des secours qu'il recevoit des Alliés.
   M. de Luxembourg ayant appris le 21 Juin que M. de Valdeck campoit à Rêves & à Pont à Selle, & que le 23 il devoit aller camper au Pieton, fit partir le 22 l'armée du Roi de Pomereuil pour passer la Sambre, & se rendre aux environs de Florennes. Le premier jour elle alla au grand & au petit Quevi.

55 euros (code de commande : 18325).

 

LACROIX (Louis) — 5. Préface de Jean Randier. Paris, Éditions Maritimes et d'Outre-Mer, 1969. In-8° broché, XIII, 365 p., illustrations hors texte, bel exemplaire malgré le dos ridé.
En quatrième de couverture :
   Avec le recul des années, le cap Horn est devenu le symbole d'une des plus étonnantes épopées de la mer et de la voile, une aventure de géants avec ses héros et ses martyrs.
   Ces hauts faits de courage et de hardiesse manœuvrière, Louis Lacroix, capitaine au long cours, commandant de plusieurs grands voiliers cap-horniers au début du siècle, sait magnifiquement les raconter aux terriens dans Les Derniers Cap-Horniers français.
Ce livre est désormais reconnu comme l'un des plus grands « classiques de la mer ».

13 euros (code de commande : 18315).

 

[LAWRENCE (David Herbert)]. TEMPLE (F. J.) — David Herbert Lawrence. L'œuvre et la vie. Préface de Richard Aldington. Paris, Seghers, 1960. In-8° sous reliure et jaquette (défraîchie) d'éditeur, 224, [16 (bibliographie, table)] p., illustrations hors texte.
Sur la jaquette :
   Ceci est une biographie : il serait vain d'y rechercher une analyse des œuvres de D.-H. Lawrence ou l'explication de sa pensée. Elle n'a d'autre but que de suivre pas à pas, de sa naissance à sa mort, un homme pour qui la vie n'était pas un lit de repos, mais un champ de bataille. Parce qu'il n'était pas seulement un écrivain, dominant la littérature de l'entre-deux guerres, Lawrence voulut faire de sa vie aussi, une œuvre à accomplir. Un artiste qui atteint au génie n'aurait pu s'accommoder d'un compromis. Pour sa vie et pour son œuvre, Lawrence fut proscrit comme hérétique, hors-la-loi, corrupteur. Aujourd'hui encore, son nom est toujours un sujet de division. Cet homme voulait semer la paix et récoltait souvent la haine et son paganisme s'élevait quelquefois à la plus haute mystique. Ses indignations, son langage direct, sa lutte contre les profanateurs de l'amour, ses gestes puérils le rapprochaient du climat « scandaleux » où s'élabore la sainteté. Bien entendu, Lawrence n'était pas un saint, mais il n'est pas étonnant qu'on ait évoqué, à son sujet, le prophète biblique, voire le messie. Pour nous, il suffit que la vie de Lawrence ait été, dans notre époque de brume, comme un soleil des premiers âges, une lueur insolite.

15 euros (code de commande : 18295).

LÉOPOLD II DE BELGIQUE — Pensées et réflexions. Recueillies par Georges-H. DUMONT. S.l., L'Amitié par le Livre, 1948. In-8° broché, couverture rempliée, 88 p., illustrations, exemplaire numéroté (n° 1914).
En quatrième de couverture :
   Léopold II aimait parcourir les grands plateaux étagés de l'Ardenne ; il trouvait aux bords de la Lesse, un calme et une quiétude que le Midi de la France ne réussissait pas toujours à lui prodiguer. Au cœur même de l'hiver, il n'hésitait pas à s'engager dans les petits sentiers abrupts et rocailleux. En s'appuyant de la main gauche sur une grosse canne de chêne, il s'avançait toujours plus loin dans la vallée. On aurait juré qu'il ne connaissait pas la fatigue.
   Tout en marchant, le Roi semblait entièrement absorbé par ses pensées ou ses rêveries. Il demeurait parfois plus d'une heure sans souffler mot à son compagnon de route. Puis, brusquement, fusait une phrase lapidaire, une réflexion teintée d'ironie cruelle. En quelques mots bien frappés, une situation particulière se trouvait condensée, ou bien encore, un aspect déconcertant de la vie humaine. Et la promenade se poursuivait, silencieuse, méditative.
   Est-ce sur les vieux chemins de Wallonie que Léopold II découvrit le secret de ses réparties brillantes autant que redoutables ? Qui sait ! Ne rencontre-t-on pas les hommes les plus sagaces dans les petits villages tassés au fond des combes ? Mais il saute aux yeux que l'esprit du génial souverain était tout naturellement porté au trait mordant, à la phrase à l'emporte-pièce, au mot qui fait balle.
   « Il/ trouve des mots qui clouent, observait Alphonse Nothomb, et il les enfonce sans pitié dans le cuir de l'interlocuteur. »
   Au demeurant, le fondateur de notre Empire colonial n'ignorait pas ses dons de moraliste ; il les cultivait, en s'efforçant de ramasser, toujours davantage l'expression de sa pensée. Dans une lettre adressée à Brialmont, le 29 octobre 1861, il avouait : « Je voudrais presque arriver à ne rédiger que des sentences dont tout le monde garderait le souvenir. »
   Le fait est que l'abondante correspondance du Roi et ses nombreux discours sont littéralement émaillés de maximes et d'aphorismes particulièrement bien venus. J'ai cru intéressant de les glaner dans les journaux, souvenirs, biographies et études, pour les réunir en un petit volume. Ou 'je me trompe fort, ou nos politiques et les éducateurs de notre jeunesse méditeront utilement ces quelques pages débordantes de signification et d'actualité.

10 euros (code de commande : 18294).

 

Ministère des Finances. Recueil administratif des lois, arrêtés et décisions concernant les contributions directes, la douane, les accises, les droits de vérification des poids et mesures et la garantie des matières d'or et d'argent. Tome X. - 1840. N° 808 à 872. Bruxelles, Balleroy, 1840. In-8° demi veau brun, dos lisse, [1 (faux-titre)], [1 bl.], [1 (titre)], [1 bl.], [VII (table chronologique)], [1 bl.], [20 (table alphabétique)], [17 (table méthodique)], [3 bl.], [440 dont quelques pages à déplier] p., étiquette de A. NHackl, imprimeur lithographe et relieur, rue de la Raquette, 3, à Mons, bon exemplaire.

15 euros (code de commande : 18310).

 

MIQUEL (Pierre) — La Grande Révolution. Paris, Plon, 1988. In-8° collé, 634 p., quelques soulignements.
En quatrième de couverture :
   Révolution de Paris, Révolution des grandes villes de province, Révolution des campagnes : la Grande Révolution de Pierre Miquel, pour la première fois, les embrasse toutes simultanément.
   Voici comment ce qui « couvait » dans la France profonde a soudain explosé, libérant des forces auxquelles le pouvoir traditionnel ne pouvait résister, voici comment les Français de cette époque ont vécu ce formidable éveil : ceux du Tiers, les « hommes en noir », qui bousculent les habits dorés de l'Ancien Régime ; les « pieds gris » de la France paysanne qui peu à peu secouent des traditions millénaires ; la « ronde des piques » qui remue les villes comme les campagnes ; le « roi des Parisiens », Louis XVI, cerné dans un palais, antichambre d'une prison ; les « Bleus », cette armée nouvelle qui réveille la furia francese ; les « bonnets rouges » qui valsent entre le sang et la vertu ; les « directeurs », anciens jacobins, qui administrent la France avec astuce, roublardise et habileté ; les « généraux », issus du peuple, enfants de la Révolution, qui sont avec les volontaires de l'an II les personnages les moins connus de cette époque exaltante.
   Pierre Miquel, l'historien de la Grande Guerre, toujours attentif à saisir, derrière les déchirements et les cassures de la société, l'évolution des mentalités, fait ici le récit ardent de ces années qui ébranlèrent la France.

13 euros (code de commande : 18296).

 

[MOZART (Wolfgang Amadeus]. MASSIN (Jean et Brigitte) — Wolfgang Amadeus Mozart. Paris, Club Français du Livre, 1959. In-8° sous reliure d'éditeur, [30], 1202, [76] p., illustrations hors texte, une carte volante à déplier, (collection « Essais », n° 15), exemplaire numéroté (n° 11740), en bel état.
Avant-propos :
   Un enfant prodige à l'éblouissante carrière – une miraculeuse facilité à créer, comme par jeu, des chefs-d'œuvre – une angélique insouciance à passer du rire aux larmes, de la mélancolie à la résignation... Prodige, miracle, ange : la première image d'Épinal peinturlurée par la postérité pour immortaliser Mozart – toujours et jusqu'au tout un enfant, le merveilleux enfant si cruellement arraché à notre affection dans sa trente-sixième année.
   « La partie la plus extraordinaire de la vie de Mozart, c'est son enfance; le détail peut en être agréable au philosophe et à l'artiste. Nous serons plus succincts sur le reste de sa trop courte carrière. » Ainsi ne rougissait pas de s'exprimer Louis-Alexandre-César Bombet, l'un des premiers biographes français de Mozart, mieux connu sous son vrai nom d'Henri Beyle, ou sous son autre pseudonyme de Stendhal. Prestigieux parrainage pour la plus niaise des légendes ; encore, sous cette formulation par trop naïve, n'avait-elle guère d'avenir. Les enlumineurs qui succédèrent à Stendhal ont mis tous leurs soins à étendre au reste de cette trop courte carrière les agréables couleurs de la puérilité ; ils ont insisté sur « l'esprit d'enfance » qu'aurait toujours conservé le prodige devenu adulte. Mais ils ont continué à présenter la même « feuille de saint » : un météore transcendant, inattendu, immérité ; une grâce qui ne saurait être jugée en fonction d'aucune pesanteur ; un miracle toujours, et toujours un ange. Quoi d'étonnant dès lors qu'il soit mort si jeune ? la peinture ni la statuaire n'ont jamais imaginé de vieil ange.
   Et pourtant, s'il faut parler de miracle ou de prodige, en voici un tout autre – et, pour notre part, sitôt que nous avons commencé d'étudier Mozart, c'est celui auquel nous nous sommes trouvés affrontés.
   Il y avait donc une fois un musicien qui, dès ses premières années, possédait dans son jeu tous les atouts : du génie, bien entendu, et l'un des plus précoces du monde ; une famille affectueuse et attentive, un père excellent pédagogue, les meilleurs savants et compositeurs d'Europe tour à tour pour maîtres, bref, les conditions les plus favorables pour épanouir des dons exceptionnels ; nulle difficulté enfin à faire admettre par tout l'univers d'aussi prestigieuses capacités : avant que sa voix n'ait mué, il avait éclaboussé de sa gloire les capitales et les Cours. Et aucune Carabosse n'avait semblé mêler sa malédiction aux présents des fées-marraines.
   Donc il suffisait que l'enfant ne se laisse pas éblouir, et que des années de labeur achèvent d'accomplir un génie naissant, pour que cette vie, commencée comme un conte bleu, s'achève en une apothéose. Or, justement, il ne s'est pas laissé éblouir, il n'a cessé de travailler, les fruits de la maturité ont passé la promesse des fleurs – et on sait quelle fut la fin : l'abandon du public, les railleries des confrères, la défaveur méprisante de presque tous les connaisseurs, la solitude et la misère croissantes, le rythme de la création ralenti, parfois arrêté par l'absence de commandes, la mort odieusement prématurée.
   Comment Mozart en est-il venu là ? Que s'est-il passé pour que le bambin qui transportait l'univers d'enthousiasme soit devenu le premier des « poètes maudits » de l'âge moderne, le compositeur que quelques amis seuls prenaient encore au sérieux et qui n'a jamais pu, de son, vivant, faire exécuter ses trois dernières Symphonies ? Peut-on se contenter d'une vague et banale réponse, alléguer la jalousie des rivaux, la frivolité du public, l'indignité de l'univers ? Ou bien Mozart a-t-il sa part de responsabilité dans cette fin ? A-t-il provoqué la catastrophe à son insu ? ou a-t-il mené sa vie et poursuivi son œuvre selon une réflexion consciente et délibérée ?
   N'osant nous ranger parmi les philosophes ni les artistes, nous avouons ignorer si l'enfance de Mozart leur semble plus extraordinaire que sa fin. Mais, en tant que biographes et esthéticiens, nous considérons la question que nous venons de poser comme la plus grave et la plus passionnante que soulève le « miracle » de Mozart. Et c'est à elle en premier lieu que le présent livre a dû tenter de répondre : qui fut donc Mozart ?
   Mais peut-être faudrait-il d'abord – ou en même temps – répondre à une autre question, moins stupide qu'elle ne semblerait sitôt énoncée: Mozart est-il un nom commun ou un nom propre ? Expliquons-nous mieux: comment se fait-il que, dans le catalogue de ses œuvres, s'en soient glissées d'assez nombreuses et d'assez considérables, qui viennent des auteurs les plus différents les uns des autres – Eberlin ou Jean-Chrétien Bach, Michaël Haydn ou Paisiello –, qu'on lui a attribuées sans hésitation durant fort longtemps, et dont la liste n'est sans doute pas encore close ? – Comment se fait-il que tant de gens tiennent pour l'un des chefs-d'œuvre les plus typiques de Mozart une composition qui est bien loin d'être tout entière de sa main : le Requiem ? – Comment se fait-il, par ailleurs et en sens inverse, que tant de gens, parmi lesquels des musicologues de qualité, jugent couramment « beethoveniennes » des œuvres comme la Sonate en ut mineur ou le Concerto en ré mineur, qui comptent parmi les plus personnelles et les plus caractéristiques de Mozart ?
   En d'autres termes, ceux qui croient aimer Mozart, ceux-là mêmes qui vont souvent jusqu'à l'adorer, aiment-ils en lui un lieu géométrique, le point de rencontre, en même temps que le plus haut symbole et la plus parfaite réussite, de la production musicale de toute une époque ? Ou aiment-ils vraiment ce qu'il a apporté de plus irréductible, de plus irremplaçable dans l'empire de la musique ?
   Nous serions bien sots si nous avions la prétention d'être absolument les premiers à poser des questions semblables. Qu'au Mozart méconnu de Jean Witold (1954) succède le Mozart inconnu de Hanns Dennerlein (« Der unbekannte Mozart », 1955), montre bien qu'aux yeux des musicologues contemporains subsiste un « mystère Mozart » qui n'a pas fini d'être élucidé. – Nous serions tout aussi sots si nous avions la prétention d'élucider à jamais ce mystère, ou d'oublier que nous n'aurions pas même pu tenter la présente exploration si nous n'avions derrière nous les recherches de tant de mozartiens éminents, au premier rang desquels Théodore de Wyzewa, Georges de Saint-Foix, Alfred Einstein... Il nous arrive assez souvent de marquer énergiquement notre désaccord avec l'un ou l'autre d'entre eux, dans les pages qui suivent, pour que notre premier devoir soit de reconnaître ici ce que nous leur devons ; la possibilité même de les contredire, c'est bien souvent à leurs propres découvertes que nous en sommes redevables.
   Mais, quels que soient les coups portés à l'image d'Épinal primitive (qui garde ses partisans, naïfs ou raffinés, en grand nombre, et dans les rangs de ceux qui la contredisent sur plus d'un point sans y prendre garde), il nous semble que, presque toujours, un préjugé vivace est venu dévier la recherche ou empêcher l'exacte mise au point du regard. Ce préjugé selon lequel la vie d'un créateur n'a pas grand-chose de commun avec son œuvre, et n'est presque d'aucun secours pour éclairer ses conceptions esthétiques, ni la mise en œuvre de celles-ci.
   On comprend bien contre quelle menace entend réagir un tel préjugé : la menace des vies romancées à bon compte, de l'absurde explication d'une œuvre par la motivation superficielle d'une anecdote (heureux encore si l'anecdote ne se révèle pas fausse ou discutable). On n'affirmera jamais assez que l'activité esthétique du créateur ne s'exerce pas à la périphérie mais au cœur de son être humain, en une zone assez intime pour dérouter souvent l'observateur qui ne connaît sa biographie que de l'extérieur, assez mystérieuse encore pour se dérober souvent à la conscience claire de l'artiste lui-même. Mais il n'est pas moins important de rappeler que toute œuvre d'art est le produit naturel d'un homme, non l'opération surnaturelle de quelque dieu, tapi en cet homme et transcendant à lui. S'il existait vraiment un petit homme insignifiant, sans grande valeur humaine de l'intelligence et du cœur, et si cet homme avait créé l'œuvre de Mozart, nous serions devant un dédoublement de personnalité si exceptionnel que les psychiatres seuls auraient le droit d'en parler. Et le fait que Mozart (Mozart magnus, corpore parvus, comme il lui arrive de signer) ait en effet paru un petit homme insignifiant à ses contemporains, n'y change rien. – De même, si la transformation qu'opèrent en tout homme sa propre histoire et le déroulement de l'histoire de son temps n'avait rien de commun avec l'évolution de son art, il ne pourrait créer qu'une, œuvre de maniaque ou de schizophrène. Or l'examen seul de l'œuvre et de la vie de Mozart, et séparément de l'une ou de l'autre au choix, suffit à écarter cette hypothèse.
   Nous demander qui fut Mozart – et ce que notre sens esthétique trouve le plus irréductible et le plus irremplaçable, parce que le plus personnel, dans son œuvre, ce n'est donc au fond que la même question sous ses deux aspects complémentaires mais non interchangeables. Pour tenter d'y répondre, ou du moins de l'éclairer, nous avons employé la même méthode qu'en étudiant Beethoven précédemment. Et nous croyons avoir gardé le même soin de placer toujours sous les yeux du lecteur chaque élément de recherche et chaque donnée, afin qu'en définitive il demeure seul juge.
   La première partie de ce livre – Biographie – se présente exactement comme celle de notre Beethoven. Plutôt que de revenir sur les principes qui nous ont guidés dans son élaboration, nous voudrions plutôt qu'on nous permette de signaler quelques particularités qui tenaient ici à noire sujet même.
   En premier lieu, nous croyons devoir avertir k lecteur que la disproportion entre l'importance des diverses parties de notre biographie ne correspond pas à une importance respective des diverses périodes de la vie de Mozart, mais seulement à l'inégalité de la documentation sur ces périodes. Lorsque Mozart vit à Salzbourg, nous sommes presque réduits aux indications éparses dans les lettres postérieures. Lorsqu'en revanche il entreprend son grand voyage à Munich, Mannheim et Paris, la correspondance entre son père et lui devient si abondante que nous avons dû nous résigner à y pratiquer des coupes plus importantes qu'à l'ordinaire; mais ce qu'il nous a paru indispensable d'en conserver demeure encore assez volumineux. En revanche, dans la dernière partie de son existence, surtout depuis son entrée dans la Franc-Maçonnerie, la plus grande partie des lettres de Mozart a été détruite ou caviardée ; c'est une perte impossible à combler. Nous n'avons pas cherché à effacer dans notre récit le déséquilibre qui provient de telles lacunes ; le lecteur, s'il y est sensible, saisira mieux à quel point toute biographie, même celle qui se voudrait la plus honnête, demeure une approximation provisoire.
   Peut-être aussi saisira-t-il mieux, par là-même, le rythme de la progression dramatique qui entraîne Mozart vers l'oubli, l'abandon et la solitude. Le lecteur de notre Beethoven voyait la masse des témoignages de contemporains aller toujours croissant de période en période; il y en avait bien peu sur l'obscur adolescent de Bonn, mais on était venu de partout, en pèlerinage, quémander un instant d'entretien à l'auteur de la Neuvième Symphonie. – Le lecteur de notre Mozart observera le phénomène inverse ; toute l'Europe a retenti d'anecdotes sur l'enfant prodige ; mais il est resté bien peu de gens pour nous parler de l'auteur de Don Giovanni.
   Il pourra faire la même observation, d'ailleurs, en ce qui concerne l'iconographie : nous n'avions presque pas de portraits de Beethoven avant vingt-cinq ou trente ans ; nous n'avions que le choix entre les portraits de Beethoven quinquagénaire. Ici, ayant écarté tous les suspects, il nous restait encore trop de portraits de Mozart enfant, et si peu de Mozart passé vingt-cinq ans. Ainsi pourra-t-on mieux mesurer l'obscurcissement extérieur qui s'épaissit autour des flammes du génie adulte. Comprendre aussi pourquoi l'image d'Épinal d'un perpétuel enfant s'impose, dès que le biographe entend donner à son récit une architecture aussi harmonieuse que celle d'un roman.
   Nous voudrions, en second lieu, nous excuser auprès du lecteur de n'avoir pas cru devoir lui épargner des fréquentations un peu fastidieuses à la longue, ni des expressions crues qu'il finira sans doute par trouver tout aussi monotones. Pour les fréquentations, nous pensons surtout à cette de Léopold Mozart ; nous avons tenu à le citer souvent, longuement, bien plus que les biographes de son fils n'en sont coutumiers, parce que là aussi, là surtout, le lecteur doit pouvoir juger sur pièces. Aucun homme n'a eu sans doute, en positif puis en négatif, une influence si profonde, si durable, si contradictoire, sur le destin de Wolfgang ; aucun non plus ne suscite inévitablement des jugements plus passionnés, en bien ou en mal, à cause de la violence décisive de certaines de ses interventions dans la vie de son fils ; aucun n'aurait besoin non plus d'être expliqué avec plus de nuances ; sans nous récuser devant cette tâche, nous lui avons donné souvent la parole. Si le lecteur le trouve ennuyeux, qu'il veuille bien se consoler en songeant que Wolfgang l'a souvent trouvé plus ennuyeux encore, sans guère trouver la force de s'en cacher. Mais peut-être à la longue réagira-t-il aussi devant Léopold comme devant certains personnages de Proust, exaspérants et attendrissants tout ensemble; on finit toujours au moins par comprendre ceux qu'on accepte d'écouter.
   Pour les expressions crues, nous songeons surtout aux plaisanteries scatologiques dont Mozart égrène inlassablement la litanie dans ses lettres à la petite cousine d'Augsbourg, mais aussi parfois à d'autres correspondants. Scatologiques, presque jamais obscènes, et si monotones qu'elles lassent vite. Seulement, nous ne devions pas les omettre, parce qu'elles font aussi partie du caractère de Mozart et qu'elles peuvent éclairer tels aspects de sa création. Et nous devions d'autant moins les taire qu'elles n'ont jamais été traduites en français, qu'elles font même souvent défaut dans les éditions allemandes et qu'il faut aller les déchiffrer sur les fac-similés des manuscrits – ou dans une traduction britannique ! On en chercherait en vain le moindre soupçon dans les deux éditions successives de la traduction française des lettres de Mozart par Henri de Curzon, tien qu'elle se prétende complète (traduction par ailleurs plus qu'honorable en dépit de quelques contresens, et à laquelle nous tenons d'autant plus à rendre hommage que nous n'avons pu éviter de nous en inspirer souvent). Peut-être plus d'un lecteur sera-t-il scandalisé de ne pas retrouver, dans ces grossièretés, le visage légendaire d'un angélique enfant ; tant mieux si elles peuvent rappeler, même malodorantes, que la musique de Mozart est celle d'un homme !
   En dernier lieu, nous avons cru devoir insister, plus que pour Beethoven, sur les liens qui unissent Mozart aux courants de pensée et aux événements de son temps ; d'une part, ces liens sont plus méconnus en général ; d'autre part, les courants de pensée et les événements qui ont influé sur Mozart (l'Aufklärung, le Sturm und Drang, le joséphisme) risquent d'être moins familiers au public français que la toile de fond – Révolution, Empire, Sainte-Alliance – sur laquelle se détache la pensée de Beethoven.
   Parmi les influences qui se sont exercées sur Mozart, l'une d'elles mérite d'être étudiée avec un soin spécial : celle de la Franc-Maçonnerie. On sait que Mozart fut Franc-Maçon, et le fut avec ferveur, les sept dernières années de sa vie ; mais, souvent, on sait moins bien ce que la Franc-Maçonnerie représentait pour lui, et le rôle qu'elle joua dans sa création. Il nous a paru aussi indispensable de le mettre en lumière que nous aurions jugé nécessaire de mettre en lumière le rôle des mystères antiques, auxquels ils furent initiés, dans l'œuvre de Pindare ou des grands tragiques du siècle de Périclès, ou le rôle des prédications de Savonarole dans l'œuvre de Botticelli ou de Michel-Ange, ou le rôle de la philosophie de Schopenhauer dans la dramaturgie de Wagner. C'était notre tâche d'historiens, et nous nous en sommes acquittés de notre mieux; on voudra bien ne pas attribuer automatiquement aux biographes de Mozart les idées, les sentiments et les convictions qui appartinrent à Mozart ; on voudra bien aussi, en un tout autre sens, penser que la Franc-Maçonnerie du XVIIIe siècle, spécialement en Allemagne, et très spécialement dans le courant qui subit l'influence des Illuminés, peut n'être pas tout à fait identique à ce que devint la Franc-Maçonnerie en d'autres temps ou en d'autres pays.
   La seconde partie de ce livre – Histoire de l'Œuvre – obéit à un double but. Nous avons voulu, comme dans la seconde partie de notre Beethoven, que l'auditeur puisse y consulter, pour chaque œuvre, une notice comportant sur elle tous les renseignements historiques possibles, et nous avons également rangé ces notices dans l'ordre chronologique, en les faisant suivre de trois Catalogues qui permettent un repérage rapide du passage désiré.
   Mais nous voudrions aussi, cette fois, que la seconde partie puisse être en même temps susceptible d'une lecture suivie d'un bout à l'autre, tout en continuant d'être consultable comme un manuel. Car nous avons tenté, en liaison avec la biographie de l'homme, d'y saisir et d'y retracer le développement du processus créateur de l'artiste. Au sens où Gœthe disait : Désormais les écrivains écriront leurs œuvres complètes (constatation déjà largement valable avant lui, pour les musiciens autant que pour les écrivains, et qui s'applique fort bien à Mozart, plus jeune que Gœthe de sept ans), nous nous sommes proposés d'écrire l'histoire, non seulement des œuvres, mais de l'Œuvre de Mozart.
   Car chacune de ses œuvres a bien son histoire propre, mais, quand nous l'examinons isolément, nous ne pouvons trop souvent, en saisir et en dire que la « petite histoire ». Si nous la replaçons, au contraire, entre les œuvres qui la précèdent et la suivent – dans l'ordre chronologique, bien sûr, mais aussi dans celui du genre musical, ou de la tonalité, ou de telle autre caractéristique – nous commençons à voir qu'elle appartient à une histoire plus longue, plus complexe, plus intime, souvent plus rigoureuse qu'on ne l'imaginait : l'histoire d'un génie créateur, qui poursuit son projet d'aventure en aventure. Chaque œuvre demeure achevée par elle-même et continue d'être entendue séparément, donc de nous adresser une confidence ou un message d'ordre, pour ainsi dire, singulier ; mais en même temps nous ne pouvons achever d'en déchiffrer le sens si nous oublions qu'elle s'insère dans un ensemble qui est l'œuvre complète de son auteur.
   C'est d'ailleurs seulement en étudiant un tel ensemble qu'on peut mesurer ce qui, dans son assemblage, se mêle de plus et de moins personnel, de plus et de moins délibéré. Si telle période voit s'accumuler tant d'opéras, et si peu telle autre, c'est que les commandes ont ou n'ont pas manqué, ce n'est pas que l'auteur en a décidé ainsi par un caprice gratuit. Mais inversement, si les œuvres de 1779 sont si différentes des œuvres de 1776, ce n'est pas que le goût du milieu salzbourgeois a beaucoup évolué, c'est que le musicien s'est refusé à suivre plus longtemps ce goût. Le créateur propose et la société dispose – en même temps la société propose et le créateur dispose. Ainsi Mozart, dont le plus cher désir est, en 1779, de composer un opéra, s'en voit-il empêché de l'extérieur et écrit-il la Posthornserenade et la Symphonie concertante qui ne répondent nullement à ce qu'on attend de lui.
   C'est seulement si nous parvenons à dégager, au travers d'innombrables intermittences discontinues, une inlassable cohérence intime, que nous pourrons mesurer ce que l'œuvre, d'un génie offre à la fois de plus nécessaire et de plus libre; donc de plus significatif et aussi de plus précieux, si la liberté, pour exister autrement qu'en rêve, suppose d'abord la nécessité comprise.
   L'audace nous avait manqué, en composant notre Beethoven, pour tenter une semblable recherche à travers l'unité organique de l'œuvre complète. Mais nous la pressentions déjà comme le nécessaire achèvement de la biographie d'un créateur, d'où l'Essai qui en proposait une timide esquisse à la fin du volume ; nous savions – nous savons toujours – que nous ne sommes pas quittes envers Beethoven tant que nous n'aurons pas couru cette aventure avec lui. En étudiant Mozart, nous avons senti plus fortement encore que la Biographie n'appelait pas seulement des notices sur les œuvres, mais une Histoire de l'Œuvre. Le lecteur comprendra mieux, dès lors, pourquoi elle n'est pas cette fois, suivie d'un Essai.
   L'art n'existe pas indépendamment des hommes qui le créent du même mouvement qu'ils vivent l'histoire – l'histoire du monde et la leur. Mais un homme ne serait guère humain encore, s'il ne savait pour quelles valeurs sa vie vaut, à ses propres yeux, la peine d'être vécue, ce qui fait pour lui le prix de son existence, ce qui mérite aussi le prix de l'incompréhension, de la misère, de la solitude – au besoin, de la mort.
   Parmi ces valeurs, il y a l'art. Dans le cas qui nous occupe ici, la musique. Ce qui nous fait frémir de joie en écoutant un chef-d'œuvre, peut-on le séparer de notre communion à une liberté qui s'est affirmée ici, au travers des nécessités comprises, – et de l'obscur sentiment que cette liberté proclame et prépare la nôtre, en tant qu'individus sans doute, en tant qu'espèce humaine à coup sûr ? Ainsi, avec ces mêmes arbres que nous voyons sur les routes de Provence et qu'ils ont vus, Auguste Renoir a créé ce bonheur neuf et Vincent Van Gogh ce drame nouveau! Ainsi Mozart...
   Avec ces instruments, ces tonalités, ces genres musicaux, ces conventions de toutes sortes qui le déterminaient, il a écrit librement – au terme d'un combat qui a duré presque tout le temps de sa carrière – la musique qu'il voulait écrire. Cette liberté du créateur, il ne pouvait la séparer d'une autre liberté, celle de son existence, et il a su la conquérir. De cette double et unique liberté, il a accepté le prix. Pour cela, il demeure exemplaire.
   Ouvrant peut-être notre livre pour mieux s'émerveiller du charme d'un enfant, le lecteur l'achèvera-t-il en ayant rencontré l'homme que nous avons peu à peu découvert, puis suivi à la piste, dans son œuvre et dans sa vie ? Nous n'aurons pas perdu notre travail si nous avons pu l'aider à mieux comprendre, si nous avons d'abord mieux compris nous-mêmes, pourquoi cette vie-là s'est consumée tout entière à créer cette musique-là.

25 euros (code de commande : 18287).

 

SCHMID (Ernest) — Musée de l'automobile. Photographies de Heinz Preisig. Préface par Jean-Pascal Delamuraz. Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 1988. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur, 251 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs.
   Ouvrage publié à l'occasion du dixième anniversaire de la Fondation Pierre Gianadda.
Table des matières :
   - Préface, par Jean-Pascal Delamuraz.
   - La Fondation Pierre Gianadda, par Léonard Gianadda.
         - Les origines.
         - L'animation culturelle.
         - Un musée de l'automobile.
         - Du sentier muletier à l'autoroute.
   - Histoire d'une restauration
, par Fortunato Visentini.
   - Les véritables précurseurs de l'automobile.
   - Les Valaisans et l'histoire de l'automobile
, par Ernest Schmid.
         - Isaac de Rivaz, François Garbaccio, Jérôme Donet, Ernest Guglielminetti, dit docteur Goudron.
   - L'album du carrossier
   - Le Musée de l'automobile
, par Ernest Schmid.
         - Mercedes-Benz - Oldsmobile - Clément - Jeanperrin - Berliet - Stanley - Hurtu - De Dion-Bouton - Piccard, Pictet, SAC Pic-Pic - Brush - Panhard & Levassor - Germain - Sigma - Turicum - Peugeot - Ford - Fischer - Martini - Darracq - Rochet-Schneider -
Delaunay-Belleville - Hotchkiss - Rolls-Royce - Bugatti - Alfa Romeo - Isotta-Fraschini - Delage - Voisin - Hispano-Suiza - Lagonda.
   Index.

15 euros (code de commande : 18312*).

 

[STENDHAL (Henri Beyle, dit)]. CROUZET (Michel) — Stendhal ou Monsieur Moi-même. Paris, Flammarion, 1990. In-8° collé, 796 p., (collection « Grande Biographie »), bel exemplaire.
En quatrième de couverture :
   Il était certain, il se l'était promis, qu'on le reconnaîtrait, et qu'on le connaîtrait vers 1880. Stendhal avait prévu juste : la fin du dernier siècle fut son grand moment. Son œuvre « intime », journal, marginales, mémoires, lettres, notes de blanchisseuse, comptes d'apothicaire, graffiti à usage interne, tout était disponible et publié. Enfin il fut connu comme il le voulait : intégralement, masque et visage, œuvres et manies et lubies, romans, esthétique et cachotteries. Alors il est entré dans la gloire : des équipes entières travaillaient à diminuer les zones d'ombre qu'il avait établies sur lui-même et à élargir les taches de lumières qu'il avait aussi dûment préparées.
   Mais en 1980 et pire en 1990, il devient un inconnu, un méconnu. Est-il encore Stendhal sans une certaine familiarité avec Henri Beyle ? Son nom est partout ; son œuvre, réduite par « le consensus » à un roman vite gaspillé et banalisé dans les études scolaires, est terriblement appauvrie, et sa vie, la première de ses œuvres sans doute, est oubliée.
   Le présent livre qui reprend et actualise l'immense savoir sur Stendhal, ou sur l'homme Unique, qui fit de l'entreprise « d'être soi » un héroïsme, une méthode et une inspiration, le suit dans sa vie vécue, ses amours, ses métiers, ses plaies d'argent et de vanité, ses crises, ses haines, ses joies, ses rotes surtout car, déjà légendaire de son vivant, et pour lui-même, il était si multiple, si unique, si caché, si public, qu'il passait à l'état d'énigme.
   Écrire une biographie de Stendhal ce n'est sans doute que rétablir la complicité du lecteur avec l'auteur. « Il n'y a que vous et moi », semble-t-il toujours dire comme l'avait saisi Valéry.

15 euros (code de commande : 18301 - vendu).

 

Synthèses. Revue mensuelle internationale. N° 7 - 3e année - 1948. N° 8 - 3e année - 1949. N° 9 - 3e année - 1949. Bruxelles, Synthèses, 1948. In-8° sous reliure d'éditeur, 398 p., un des cent exemplaires numérotés sur Japon des Papeteries du Pont de Warches (n° 5), exemplaire nominatif imprimé pour Camille Huysmans.
Table des matières :
   N° 7.
   - Liberté et connaissance, par M. L.
   - De la Science à la Philosophie scientifique, par Charles Bodeux.
   - La philosophie française contemporaine, par M.-M. Davy.
   - Visite à Port-Royal, par Henri Perruchot.
   - André Breton, par Pierre Mabille.
   - Les œuvres littéraires ou artistiques : essence, forme, fixation et diffusion, par José Forns.
   - L'Unesco et le Théâtre, par M. Kurtz.
   - De l'histoire de l'art, par Roger Avermaete.
   - La musique et ses synthèses, par Jacques Stehman.
   - Présence d'Edgar Poe dans la poésie moderne, par Jean Weisgerber.
   - Les livres d'histoire, par Marc Varenne.
   - Chronique littéraire. Aspects de l'épaisseur romanesque, par Nelly Cormeau.
   - L'actualité littéraire. En marge de Paul Valéry - André Suarès, par Roger Bodart et Raymond Lenoir.
   - Chronique des revues, par Chr. Thys-Servais.
   - Synthèses de la presse étrangère. Variations espagnoles, par Drogman.
   N° 8.
   - Le Collectif et l'Homme, par M. L.
   - Juvénal, par Émile Henriot.
   - Confrontation socialiste. Le combat de Péguy, par Alexandre Marc et Bernard Voyenne.
   - Technique et vie sociale, par Marcel De Corte.
   - Monnaie et Démocratie, par Marcel van Zeeland.
   - Nihilisme : mot et idée, par Benoît Hepner.
   - De l'art considéré comme une science, par Charles Dekeukeleire.
   - La philosophie française contemporaine, par M.-M. Davy.
   - Les cyprès d'Orlamonde, par Maurice Maeterlinck.
   - L'actualité littéraire. Lin Yutang, Montaigne chinois, par Roger Bodart.
   - Chronique littéraire. Les prix littéraires de décembre, par Nelly Cormeau.
   - Chronique des revues. L'hindouisme à l'honneur - L'U.R.S.S. et l'église, par Chr. Thys-Servais.
   - Synthèses de la presse étrangère. Angleterre-Amérique, par Drogman.
   N° 8.
   - Le Triangle. Europe, États-Unis, Afrique, par M. L.
   - Conscience de l'Europe, par G. de Reynold.
   - L'Europe en danger, par Paul Gaultier.
   - L'Europe, ce « nouveau monde », par Robert Aron.
   - Europe - Occident, par Claude Delmas.
   - Le tricentenaire des traités de Westphalie, par Jacques Kayser.
   - Suez... La cellule de M. de Lesseps, par Charles d'Ydewalle.
   - La renaissance de l'Islam, par André Brissaud.
   - Les frontières dérisoires, par Claude Sylvain.
   - Temps héroïques, par Ève Francis.
   - L'appréhension poétique du réel chez Hofmannsthal, par  Marcel Lecomte.
   - Les livres d'histoire, par Marc Varenne.
   - Synthèses de la presse étrangère. Europe centrale, par Drogman.

25 euros (code de commande : 18285).

 

[VALLET (Édouard)]. Edouard Vallet. Commissaire de l'exposition : Jacques Dominique Rouiller. Martigny, Fondation Pierre Gianadda, 2006. In-8° carré broché, 263 p., reproductions en noir et en couleurs, exemplaire en bel état.
   Ouvrage publié à l'occasion de l'exposition éponyme organisée à la Fondation Pierre Gianadda, à Martigny, du 17 novembre 2006 au 4 mars 2007.
Table des matières :
   - 
Vallet en son pays !, par Léonard Gianadda.
   - Introduction.
   - Esquisse biographique, par Édouard Vallet.
   - Biographische Skizze von Hans Graber nach Edouard Vallet.
   - L'homme, par Marie Pichereau-Vallet.
   - L'artiste, par Marie Pichereau-Vallet.
   - Édouard Vallet, par Karl Geiser.
   - «Vercorin, c'était un paradis !... » Propos recueillis.
   - « La chambre aux tableaux » Propos recueillis.
   - Nouveaux « Vallet ».
   - Repères biographiques.
   - L'art d'un regard, par Jacques Dominique Rouiller.
   - L'artiste en son miroir.
   - Comment je devins graveur à l'eau-forte, par Édouard Vallet.
   - Derrière le peintre, le graveur.
   - Dessins et pastels.
   - La compagne sur le motif.
   - Parmi les « must » de l'exposition.

25 euros (code de commande : 18279).


 

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