MISE À JOUR
DU
MARDI 31 JANVIER 2012
Actes
du Colloque d'Histoire militaire belge (1830-1980). Bruxelles, 26-28 mars 1980. Akten van het
Colloqium over de Belgische Krijgsgeschiedenis (1830-1980).
Brussel, 26-28 maart 1980. Bruxelles,
Musée Royal de l'Armée, 1981. In-8° broché,
528 p., quelques illustrations, (collection « Centre
d'Histoire Militaires - Travaux », n° 16).
Table des matières
:
- Introduction.
- Allocutions d'ouverture, par le lieutenant
général Renson et par E.A. Jacobs.
- 1830 te Brugge, par R. Van
Eenoo.
- La révolution de 1830 à
Liège, par Robert Dumoulin.
- De omwenteling van 1830 te Gent,
par M. Balthazar.
- La révolution de 1830 à
Tournai, par Jacques Nazet.
- La révolution de 1830 à
Bruxelles et à Anvers, par J. Logie.
- Belgische militairen en wapens in
de ontwikkeling van de Braziliaanse grootmacht (1830-1914),
par Eddy Stols.
- Historiographie des Zouaves pontificaux
belges 1860-1980, par J. Lorette.
- La campagne antiesclavagiste 1892-1896,
par Jo Gérard.
- De Congolese weermacht en de hulptroepen
gedurende de « Arabische » campagne (1892-1894),
par Ph. Marechal.
- La force publique congolaise de 1918
à 1960, par François Vanderstraeten.
- De monarchie en de landsverdediging
onder Léopold I, par Lode Wils.
- Léopold II et la défense
nationale, par Nadine Lubelski-Bernard.
- Le roi Albert, la paix et la conduite
de la guerre, novembre 1915 - février 1916, par Marie-Rose
Thielemans.
- Regards nouveaux sur mai 1940,
par Jean Vanwelkenhuyzen.
- Défense nationale et monarchie.
Conclusions, par Jacques Willequet.
- Le danger de guerre et la neutralité
belge (1910-1914), par Robert Devleeshouwer.
- Nog over de verhouding tussen de
taalgroepen in het Ijzerleger (1917-1918), par F.E. Stevens.
- Kritische beschouwingen betreffende
het belgisch leger in mei 1940 (1), par J.F. Verbruggen.
- Discussion à propos de l'exposé
du professeur Verbruggen sur la retraite de l'armée en
1940.
- La résistance en Belgique.
Problématique historique et politique, par Hubert
Galle et Yannis Thanassekos.
- Psychologie de l'officier belge face
à la défaite. Juin 1940 - automne 1941, par
Francis Balace.
- Le rôle social de l'armée
belge, par Philippe Sunou.
- Le milieu militaire belge de 1830
à 1945, par E. Wanty.
- L'emploi des langues à la
garde civique, par E.A. Jacobs.
- La gendarmerie belge 1830-1914,
par Marie-Claire Rabier.
- Les problèmes de la défense
nationale de 1830 à 1914 vus par des francs-maçons
belges et particulièrement à Bruxelles, par
Roger Desmed.
- L'Église de Belgique et la
défense nationale de 1830 à 1914, par R.
Aubert.
- La juridiction militaire belge de
1830 à nos jours, par John Gilissen.
- La professionnalisation de l'armée
belge, par Philippe Manigart.
- Un versement du ministère
de la Défense nationale aux Archives générales
du royaume : cartes, plans et registres divers (fin XIXe
- début XXe siècle), par Alain Dierkens.
- Brèves conclusions générales,
par J. Stengers.
13 euros (code de commande
: 18368 - vendu).
BERNANOS
(Georges) Journal d'un curé de campagne. Paris, Club Français du Livre, 1953.
In-8° sous reliure d'éditeur et composé d'après
les maquettes d'Alain Le Breton, 341 p., illustrations
hors texte, une carte volante à déplier, (collection
« Romans », n° 133), exemplaire
numéroté (n° 7271), en bel état.
15 euros (code de commande
: 18339).
[BUSSY-RABUTIN
(Roger de)]. VINCENT (Daniel-Henri) Bussy-Rabutin.
Le libertin puni. Paris, Perrin, 2011. In-8° collé,
198 p., exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
Roger
de Rabutin, comte de Bussy, est l'une des figures les plus étonnantes
et les plus méconnues du Grand Siècle. De bonne
noblesse bourguignonne, officier général courageux,
fidèle à la cause royale pendant la Fronde, cultivé
et galant, il est surtout l'inventeur d'un certain libertinage
bien français. Auteur d'un roman « à
clés » qui fit scandale, l'Histoire amoureuse
des Gaules, emprisonné à la Bastille, il est
finalement contraint à une vie d'exil qui le désole.
C'est pourtant ainsi qu'il deviendra l'un des
grands mémorialistes de son temps. Son abondante correspondance,
notamment avec sa cousine la marquise de Sévigné,
en fait le témoin privilégié d'une époque
tumultueuse qu'il .éclaire d'un regard caustique et brillant.
Grâce à lui, avec le souffle et le pittoresque d'un
roman de cape et d'épée, tout le XVIIe siècle
renaît sous nos yeux, à travers la petite comme
la grande histoire. Enfin, il nous a légué le château
de Bussy-Rabutin au décor « d'une beauté
singulière et qu'on ne voit point ailleurs ».
10 euros (code de commande
: 18346).
CAPEK
(Karel) Le Météore. Traduit du tchèque par Alain van Crugten.
Lausanne, L'Âge d'Homme, 2001. In-8° broché,
191 p., (collection « Classiques Slaves »),
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Karel
Capek fut l'un des rares écrivains tchèques à
conquérir de son vivant une célébrité
mondiale, qu'il dut principalement à son uvre de
dramaturge, et même surtout à une seule pièce,
la célèbre R.U.R. (1920), dans laquelle
il forgea un néologisme qui allait connaître une
fortune prodigieuse : Le robot.
Mais, loin de n'être qu'un dramaturge
qui eut son moment de succès, Capek est l'un de ces auteurs
protéiformes qui abordent avec un égal bonheur
tous les exercices de la plume et peut être considéré
comme le maître à penser de la Tchécoslovaquie
de l'entre-deux-guerres.
Le Météore se compose
de trois récits concentriques cherchant à reconstituer
l'histoire d'un homme dépourvu d'identité se trouvant
sur un lit d'hôpital et dont on ignore tout au départ.
Mais ce qui est original ici est qu'aucun des
trois récits n'a de fondement dans le réel. Celui
de la sur de charité est un rêve, le deuxième
est basé sur un don de voyance et celui du romancier est
un exercice d'imagination. Le tout est appuyé sur la connaissance
scientifique représentée par les observations et
déductions professionnelles du chirurgien et de l'interniste.
Tout en se conformant aux données précises
fournies par ces observations, les trois récits se complètent
en se recoupant sur un certain nombre de points. Mais les contradictions
apparaissent au fil de la lecture, car chacun des trois conteurs,
prenant la parole à son tour, nous convainc qu'il détient
la solution définitive de l'énigme.
Ce roman a plu à un vaste public ;
comme pour Hordubal ou La guerre des Salamandres,
les lecteurs, passionnés par le monde à la fois
réel et fantastique de Karel Capek, lui ont donné
raison. Répétons-le, ce n'est pas un hasard :
l'ambition de Capek, chef de file de la culture d'une Tchécoslovaquie
renaissante, était de combler autant que faire se pouvait
le fossé entre la littérature et le peuple. Qui
nierait qu'il ait réussi ici à concilier la qualité
littéraire et la lisibilité, tout en faisant passer,
sans prétention aucune et sans vains déploiements
d'intellectualisme, quelques-unes des grandes idées philosophiques
et morales qui lui tenaient à cur ?
12 euros (code de commande
: 18347).
CARADEC
(François) Entre miens. D'Alphonse Allais à Boris Vian. Paris, Flammarion, 2010. In-8° collé,
931 p., exemplaire en très bel état.
En quatrième
de couverture :
Ce
volume rassemble des écrits de François Caradec,
publiés dans des périodiques des plus variés,
certains célèbres, comme Combat ou Les
Nouvelles littéraires, d'autres passablement oubliés,
comme Arts et Lettres ou Actualité littéraire,
entre 1945 et 2008. Il s'agit le plus souvent de textes intéressant
l'histoire littéraire, qu'ils abordent dans ses sentiers
les moins battus. Ils révèlent aussi d'autres visages
de leur auteur: typographe, historien du livre, curieux d'images,
des « naïfs » aux grands caricaturistes, attentif
à la chanson populaire et au caf' conc'.
Ils portent la marque de grandes rencontres :
Artaud, Michaux, Vian, Prévert, Leiris, Queneau, sans
oublier Pascal Pia et Maurice Saillet. Nombre d'entre eux se
retrouvèrent d'ailleurs au Collège de 'Pataphysique
dont François Caradec fut un membre des plus actifs.
Entre miens, titre d'un dossier réunissant
quelques études sur des personnages chers à l'auteur,
éclaire l'ensemble du volume tant il affirme une communauté,
presque une famille. S'attacher à Jarry, à Lautréamont,
à Allais ou à Roussel n'était pas pour François
Caradec un simple travail intellectuel, mais bien l'approfondissement
d'un lien sensible et d'une amitié.
18 euros (code de commande
: 18349 - vendu).
Catalogue
de machines-outils. Première
édition. Londres, Associated British Machine Tool Makers,
[ca 1920]. In-12 sous reliure d'éditeur, XV, 619 p.,
très nombreuses illustrations, bon exemplaire.
Extrait de la préface
:
En
présentant la première édition de notre
Catalogue de Machines-Outils modernes, noua croyons bien faire
en attirant votre attention sur un résumé succinct
du but de notre Association et sur les moyens d'actions que nous
nous sommes assurés pour l'atteindre.
Pourquoi l'Associated British Machine Tool
Makers Limited a-t-elle été formée ?
Les différentes firmes anglaises, constructeurs
de machines-outils, étaient depuis longtemps d'accord
pour reconnaître que la grande diversité des types
de machines construites par chacune d'elles constituait un obstacle
à la production rapide et économique, rendait impossible
la prompte livraison de leurs produits, de même que le
perfectionnement et la standardisation de leurs modèles.
Supprimer cet obstacle, c'était les
placer dans une position beaucoup plus avantageuse pour concurrencer,
avec succès, les constructeurs étrangers, mais,
pour ce faire, il fallait un terrain d'entente sur lequel on
éliminerait tout ce qui pouvait créer la rivalité
entre les différents fabricants. Dans cet ordre d'idées,
les nécessités nées de la guerre furent
un stimulant pour les constructeurs anglais de machines-outils.
L'intensification à outrance de la production, les obligea
à se centraliser et à se spécialiser, et
les résultats acquis furent tels que bientôt les
grandes firmes anglaises décidèrent de constituer
une Société Anonyme, sous la raison sociale : Associated
British Machine Tool Makers Limited.

Tours à charioter, surfacer et fileter (pp. 83-84).
40 euros (code de commande
: 18363).
La
Chasse moderne. Encyclopédie
du chasseur. Par H. Adelon,
G. Benoist, P. Bert, E. de la Besse, G.
Canet, J. Clary, J. de Coninck, Cunisset-Carnot,
Baron de Dorlodot, T. Duclos, C. Fricaud,
P. Gastinne-Renette, H. Journu, R. Laurent,
Leddet, P. Mégnin, Michel-Carré,
E. Passerat, E. de Poncins, R. Pouret, L.
Ridet, M. Rondet-Saint, P. Sire, G. Vasse,
dr. Verchère, G. Voulquin. Introduction
par Justinien Clary. Nouvelle édition revue et
complétée. Publiée sous le patronage de
la Société Centrale des Chasseurs de France et
du Saint-Hubert-Club de France. 488 gravures, 7 cartes cynégétiques.
Trente-troisième mille. Paris, Larousse, [1932]. In-8°
sous reliure d'éditeur, 684 p., illustrations dans
le texte, étiquette de librairie (Maison du Livre, à
Mons) et cachet ex-libris à la couverture, exemplaire
en bel état.
Introduction :
Lorsque
mon ami Gustave Voulquin vint m'entretenir dans le courant de
l'été de 1899 de son projet et du plan de la Chasse
moderne, il trouva en moi non seulement un auditeur attentif
mais un partisan convaincu de l'utilité, de la nécessité
de mettre au jour une Encyclopédie du Chasseur.
À l'époque déjà
lointaine où je faisais mes premières armes comme
chasseur, j'avais senti le besoin, déploré l'absence
d'un ouvrage de ce genre.
Épuisé depuis longtemps, le Nouveau
traité des chasses à courre et à tir,
dû à la collaboration du baron de Lage de Chaillou,
de M. A. de la Rue et du marquis de Cherville, remonte à
plus d'un demi-siècle : il paraît actuellement
quelque peu vieilli ; et depuis cette époque aucun
autre traité de la Cynégétique n'avait été
publié en France.
En Angleterre, les trois volumes consacrés
à la Chasse à courre et à tir, publiés
dans la « Badminton library of Sports and Pastimes »,
édités parle duc de Beaufort, sont restés
comme le type le plus parfait du genre.
Mon ami Voulquin ne pouvait s'inspirer d'un
meilleur exemple. Il me soumit la liste des collaborateurs éventuels
auxquels il avait l'intention de demander un article, et que
leur compétence et aussi leur « spécialité »
désignaient en première ligne pour écrire
les différents chapitres de la Chasse moderne.
Je fus très heureux de pouvoir lui prêter tout mon
concours pour vaincre les résistances de quelques amis
plus habitués à manier le fusil ou leur cheval
de chasse que la plume, très heureux aussi de lui apporter
le premier ma modeste collaboration.
Le succès très mérité
de la Chasse moderne parue en 1900 a dépassé
toutes les espérances ; aussi les Éditeurs
n'ont-ils pas hésité à faire de nouveaux
sacrifices pour refondre entièrement l'ouvrage à
l'occasion d'une nouvelle édition, et maintenir ainsi
dans le monde des chasseurs le bon renom et le succès
que la Chasse moderne y a toujours rencontrés jusqu'ici.
Voici en résumé les innovations
de cette nouvelle édition.
Parmi les parties inédites les chasseurs
trouveront :
« La création
et l'entretien d'une chasse », ainsi que l'intéressante
question des « Chasses par actions », par
M. Guillaume Vasse ;
« Les chiens de
chasse », par M. Paul Bert ;
« Le chenil »,
par M. R. Pouret ;
« Élevage,
nourriture, hygiène des chiens de chasse »,
par M. Georges Benoist ;
« Le dressage
:
«
du chien d'arrêt », par M. James de Coninck ;
«
du chien destiné à la chasse sous terre »,
par M. T. Duclos ;
«
du chien de contre-braconnage », par M. L. Ridet ;
Une étude sur «
la Faune dans les colonies françaises », par M.
Maurice Rondet-Saint ;
« La chasse au grand
duc », par M. E. Passerat ;
Toute une suite de Modèles
de formules, pour les pièces officielles nécessaires
aux chasseurs ;
Puis une série de
Cartes cynégétiques, cartes statistiques de la
Chasse, extraites delà grande Carte cynégétique
de la France, dressée par les soins du Saint-Hubert-Club
de France, et absolument inédites ; des Cartes de
la faune du Sénégal et de la Guinée française,
par M. J. Méniaud ; de la faune du Gabon et du Congo
français, par M. M. Rondet-Saint ;
« Les nouveaux impôts,
taxes, etc., d'après la loi du 23 juin 1920 et celle du
1er mai 1924.
Au point de vue des armes, les fusils de chasse
automatiques sont entrés en ligne depuis l'apparition
de la première édition : Browning, Sjögren,
Winchester.
Sans vouloir braconner sur le domaine réservé
à Paul Gastinne qui parle de ces nouveaux fusils au point
de vue balistique, nous nous bornerons à constater qu'ils
réalisent un progrès considérable, le plus
grand qu'ait fait l'armurerie depuis le hammerless à
éjecteur automatique.
Leur puissance balistique est au moins équivalente
à celle des meilleurs fusils doubles, mais ils sont moins
en main, moins bien équilibrés, sensiblement plus
lourds. Ils exigent un certain apprentissage, une accoutumance
du chasseur, pour viser avec un canon unique ; ils nécessitent
l'emploi de munitions d'une fabrication très régulière,
et réclament de ceux qui s'en servent une attention, une
prudence, plus constantes, plus absolues, que les fusils ordinaires.
Le chasseur armé d'un de ces fusils
ne doit jamais oublier que son arme est toujours chargée,
toujours armée, tant que la dernière cartouche
n'a pas été tirée ; et à cet
égard le fusil automatique présente un coefficient
danger infiniment plus grand que celui des autres fusils.
Au point de vue sport, et dussions-nous paraître
rétrograde, nous comprenons que les propriétaires
de chasses s'élèvent contre l'emploi d'une arme
plus meurtrière que les fusils doubles. Les
cinq coups que le chasseur peut tirer sans interruption, sans
désépauler, l'incitent à risquer plus de
coups de fusil ; il tirera plus souvent et de plus loin,
il blessera davantage et enlèvera au gibier un certain
nombre de chances d'échapper.
Cette profession de foi ne nous empêche
nullement d'admirer le progrès réalisé par
le fusil automatique, qui peut à l'occasion rendre au
chasseur de réels services.
Je m'excuse, auprès du lecteur, de cette
digression qui eût peut-être été mieux
à sa place dans le chapitre sur « le Tir de chasse
».
Les différents collaborateurs de la
Chasse moderne n'ont eu d'autre prétention, dans
leurs différentes spécialités, que d'apporter
chacun sa pierre à cette Encyclopédie du Chasseur.
Si la Chasse est vieille comme le monde, si
à bon droit elle se glorifie des plus anciennes traditions,
elle a évolué, elle évolue comme tous les
autres arts, comme toutes les autres sciences. Tout se modifie ;
toute observation peut être contrôlée, remplacée
par une observation meilleure ; chaque jour vient augmenter
la somme du savoir cynégétique du veneur et du
chasseur, et ceux-ci à travers les âges n'ont eu
que la préoccupation de marier la tradition avec le progrès.
La Chasse moderne vieillira à
son tour ; mais dans cinquante, dans cent ans d'autres viendront
rajeunir les théories cynégétiques des premières
années du XXe siècle.
Espérons surtout qu'il restera, au XXIe
siècle, suffisamment de gibier pour que nos petits-neveux
trouvent encore l'occasion : veneurs, de courre un cerf ou un
chevreuil suivant les traditions séculaires de la Vénerie
française ; chasseurs à tir, d'appliquer la
science de défendre, de multiplier, d'élever et
de conserver le gibier, en même temps que l'art de le tuer,
et surtout de savoir le faire tuer.
30 euros (code de commande
: 18337).
CLAUSE
(Louis) Aperçu historique sur la commune de
Marcinelle. Marcinelle,
Dupuis, [1947]. In-8° broché, 238 p., illustrations
hors texte, un plan à déplier, bel exemplaire.
Table des matières
:
- Bibliographie.
- Préface.
- Avant-propos.
- Notions géographiques.
- Monographie des principaux quartiers
de la commune.
- Marcinelle géologique.
- Vue panoramique de Marcinelle, prise
des fortifications de Charleroi en 1825.
- Marcinelle préhistorique.
- Marcinelle historique.
- Les Capitulaires de Charlemagne sur
la dîme.
- Période de guerres, de pillages
et de ruines.
- Contestations politiques et religieuses.
- Marcinelle et Couillet.
- Relations économiques existant
en 1757 entre les habitants de Marcinelle et de Charleroi.
- La Révolution liégeoise
(1784-1790) et la Révolution brabançonne.
- Révolution française.
- Régime hollandais.
- Révolution de 1830.
- Épilogue de la Révolution
(1830-1834).
- L'église Saint-Martin.
- Occupations, murs et coutumes
des habitants du Centre et des Haies.
- Règlement pour la marche du hameau
des Haies.
- Mémorial des bourgmestres de
1830 à 1940.
- Résumé de la Bataille
de Charleroi à Marcinelle, les 20, 21, 22 et 23 août
1914.
- Les principales voies de communications
et leurs directions, d'après les différents stades
de la vie de la commune.
- Évolution de nos industries avec
quelques statistiques suggestives sur leur progression et régression.
- Recensement industriel.
- Le service des diligences.
- Droits de chausséage établis
sur les chemins vicinaux.
- Les chemins de fer qui intéressent
tout particulièrement Marcinelle.
- Les tramways de Marcinelle.
- L'agriculture et l'élevage.
- Les bois de Marcinelle.
- Historique du moulin à eau de
Couillet.
- uvre du Coin de Terre de Marcinelle.
- L'industrie houillère à
Marcinelle.
- Charbonnage du Bois de Cazier.
- Marcinelle-Sud.
- Catastrophes survenues au Charbonnage
du Bois de Cazier.
- Charbonnage de Marcinelle-Nord.
- Régime des eaux.
- Les origines de l'éclairage public
à Marcinelle.
- Histoire de l'Enseignement à
Marcinelle.
35 euros (code de commande
: 18376).
CORTAZAR
(Julio) Nouvelles, histoires et autres contes. Bestiaire - Les armes secrètes - Fin
d'un jeu - Cronopes et Fameux - Tous les feux le feu - Les discours
du Prince-Gueule - On déplore la - Le tour du jour en
quatre-vingts mondes - Dernier round - Prose de l'observatoire
- Octaèdre - Silvalande - Façons de perdre - Territoires
- Un certain Lucas - Nous l'aimons tant, Glenda - Un Gotanpour
Lautrec - Heures indues - Les autonautes de la cosmoroute. Traductions de Laure Guille-Bataillon, Karine
Berriot, Françoise Campo-Timal, Isabelle Dessommes, Sylvie
Protin, Françoise Rosset. Édition établie
par Sylvie Protin. Paris, Gallimard, 2008. In-8° collé,
1415 p., (collection « Quarto »),
exemplaire en parfait état.
Avertissement de l'éditeur
:
Ce
volume s'ouvre avec, en préface, une conférence
de Cortazar, inédite en français : « Quelques
aspects du conte ». Il y expose une conception du
conte bref qui lui est propre, qui ne recoupe pas la définition
française de la nouvelle, ce qui nous invite à
reconsidérer nos catégories.
Le lecteur trouvera dans cet ouvrage :
Tous les recueils
de nouvelles ou de contes, publiés du vivant de Cortazar,
dans leur version intégrale et dans leur traduction la
plus actuelle : Bestiaire. Les Armes secrètes.
Fin d'un jeu. Cronopes et Fameux. Tous les feux le feu. Octaèdre.
Façons de perdre. Un certain Lucas. Nous l'aimons tant
Glenda. Heures indues.
Des livres conçus
dans un rapport étroit avec l'image, jusque-là
largement inconnus du public, car publiés le plus souvent
confidentiellement, sous forme de plaquette ou de beau livre :
Les Discours du pince-gueule. On déplore la. Prose
de l'observatoire. Silvalande. Un gotan pour Lautrec. Nous
reprenons ici leur iconographie, soit intégralement, soit
partiellement.
Une sélection
de textes narratifs brefs venant de volumes hybrides, eux aussi
illustrés : Le Tour du jour en quatre-vingts mondes.
Dernier Round. Territoires. Les Autonautes de la cosmoroute.
À la suite d'un certain nombre de récits,
on pourra lire les commentaires de Cortazar lui-même, sur
leur genèse, sa technique d'écriture ou encore
son rapport au lecteur. Quatre sources ont été
utilisées : Julio Cortazar, Entretiens avec Omar
Prego, traduit de l'espagnol par Françoise Rosset,
Gallimard, Folio Essai, 1986 ; Ernesto Gonzalez Bermejo,
Les Révélations d'un Cronope. Entretiens avec
Julio Cortazar, traduit de l'espagnol par Javier Garcia Mendez,
VLB éditeur et Ernesto Gonzalez Bermejo, 1988 ; Obra
critica 1, 2, 3, Alfaguara, 1994, 3 volumes d'uvres
critiques inédits en français ; Cartas,
Alfaguara, 2000, 3 volumes de correspondance également
inédits en français, dont les extraits sont traduits
par Sylvie Protin.
Parmi les textes rares ou inédits que
nous proposons, certains, déjà traduits en revue
ou plaquette, étaient jusque-là inaccessibles ;
les autres sont traduits par Sylvie Protin.
Pour la première fois, le lecteur français
va pouvoir prendre la pleine mesure du fantastique chez Cortazar,
dans la multiplicité de ses variations. On en trouvera
un décryptage fin et développé dans la postface
de Sylvie Protin en fin de volume, que complète la section
« Vie et uvre » illustrée
retraçant l'itinéraire intellectuel, politique
et littéraire de Julio Cortazar.
18 euros (code de commande
: 18352).
DARBE
(Louis) et DASSELEER (Roger) Marcq-Labliau mon village.
Chez les Auteurs, 1996.
In-4° collé, 560 p., illustrations, exemplaire
en parfait état.
Table des matières
:
1.
Préface.
2. Les seigneurs de Borgnival.
3. Marcq.
4. Labliau.
5. La guerre 14-18.
6. La guerre 40-45.
7. L'église.
8. L'instruction publique.
9. Les moulins.
10. Les archers de saint Sébastien.
11. Les activités théâtrales
et sportives.
12. La fanfare « Les Immortels ».
13. Les anciens corps de métiers.
30 euros (code de commande
: 18379 - vendu).
 Dictionnaire archéologique
des techniques. Paris, Éditions
de l'Accueil, 1963-1964. Deux grands volumes in-8° carrés
sous reliures et jaquettes (un peu défraîchies)
d'éditeur, 1122 p., illustrations, mouillures au
bas des pages du tome II.
Extrait du bulletin
d'annonce :
Nous
ne présentons pas au lecteur une histoire des Techniques
selon les formules communément adoptées.
Dans le présent Dictionnaire,
nous avons isolé chaque technique classée
par ordre alphabétique pour en étudier
l'histoire dans les plus anciens et principaux foyers de civilisation,
lui consacrant, de cette manière, autant de monographies
spécialisées.
À titre d'exemple, voici le plan d'une
rubrique :
Cuir Préhistoire
(A. Laming-Emperaire), Amérique précolombienne
(P. Reichlen), Asie centrale (L. Hambis), Inde
(J. Auboyer), Asie occidentale (J. Bottéro),
Égypte (J. Vercoutter), Grèce et Rome (J.
André).
Le Dictionnaire archéologique
a retenu ainsi 165 techniques auxquelles les spécialistes
des civilisations anciennes, familiers des sources écrites
et monumentales, ont consacré près de 700 monographies
accompagnées de quelque 1000 illustrations.
Cette méthode d'exposé confère
à l'ouvrage un caractère d'autant plus inédit
que, très souvent, l'histoire d'une technique était
mal connue dans tel ou tel secteur et qu'elle a suscité
des recherches particulières.
Aussi bien, de nombreuses études publiées
ici sont absolument neuves, faisant état d'une documentation
dont seul un spécialiste pouvait être informé
(les découvertes de l'archéologie soviétique,
par exemple, concernant Bois, Cuir, Feutre,
Jade).
Précisons encore que, pour renseigner
au maximum le lecteur, nous avons banni de l'ouvrage ce que l'on
pourrait appeler « la rubrique fourre-tout ».
Ainsi, entre beaucoup d'autres, Architecture, traitée
comme telle, est complétée par Brique, Carrière,
Construction, etc..., techniques également étudiées
dans chaque civilisation ancienne.
Finalement, par l'originalité de sa
méthode, la multitude et la qualité des témoignages
rassemblés, le choix de ses rubriques, le Dictionnaire
archéologique des techniques est un instrument de
travail singulièrement riche et, néanmoins, facile
à consulter.
Pour le professeur, le technicien, l'étudiant,
il est une source irremplaçable de connaissances.
Les deux volumes : 45
euros (code de commande : 18375
- vendu).
DOBLHOFER
(Ernst) Le déchiffrement des écritures.
Traduction de Monique Bittebierre.
Préface de Jean Bottéro. S.l., Arthaud,
1959. In-8° sous reliure d'éditeur, 349 p., illustrations
dans le texte et 41 héliogravures hors texte, (collection
« Signe des Temps », n° V).
Table des matières
:
Préface.
Avant-propos.
I. Introduction à l'écriture.
II. L'énigme du Sphinx : Déchiffrement
de l'écriture égyptienne.
III. Ahouramazda m'a prêté
assistance : Déchiffrement de l'écriture cunéiforme
« vieux perse ».
IV. En cunéiformes sur six briques
: Déchiffrement des écritures cunéiformes
mésopotamiennes.
V. Coin et symbole au pays de Hatti
: Interprétation de l'écriture cunéiforme
hittite et déchiffrement du hittite hiéroglyphique.
VI. Le « cap du Fenouil »
au « port Blanc » et Gubla, la ville du papier :
Déchiffrement de l'ougaritique et du giblitique.
VII. Des dieux et des maîtres
du commerce : Déchiffrement de l'écriture syllabique
chypriote.
VIII. Chars de guerre et gobelets :
Déchiffrement de l'écriture linéaire B créto-mycénienne.
IX. Le prince Kul-teghin, Bilgâ-kaghan
et le sage Tonjoukouk : Déchiffrement des runes paléoturques.
X. Déchiffrements de demain
: L'étrusque, les écritures de l'Indus et de l'île
de Pâques.
Notes - Index - Bibliographie.
15 euros (code de commande
: 18330).
Du
Réalisme au Surréalisme en Belgique. Collections du Crédit Communal en Belgique. Bruxelles, Crédit Communal de Belgique,
1985. In-4° broché, 87 p., illustrations en noir
et en couleurs, exemplaire en très bel état.
Cet
ouvrage a été publié à l'occasion
de l'exposition éponyme organisée au Musée
Toulouse-Lautrec, à Albi, du 2 juillet au 8 septembre
1985.
Table des matières :
- La peinture belge... ou la visite
rendue à Toulouse-Lautrec, par M. Castel.
- Le Crédit Communal et son
patrimoine artistique, par François Narmon.
- En guise d'introduction, par
M.-M. Spehl-Robeyns.
- Catalogue.
- Notices biographiques.
- Orientation bibliographique.
- Tables.
19 euros (code de commande
: 18336 - vendu).
ENGELS
(Friedrich) L'origine de la famille, de la propriété
privée et de l'État. Sur
l'histoire des anciens Germains. L'époque franque. La
marche. Paris, Éditions
Sociales, 1969. In-8° sous reliure d'éditeur, 358 p.,
une carte hors texte en couleurs à déplier, exemplaire
en très bel état.
Extrait de la note
de l'éditeur :
Ce
volume était, primitivement, destiné à présenter
L'Origine de la famille, de la propriété privée
et de l'État de Friedrich Engels. Tandis qu'il était
en cours de préparation, parurent à Berlin, édités
pour la première fois dans la langue de l'original, des
textes sur l'histoire des anciens Germains et l'époque
franque qui complétaient heureusement certaines indications
données dans L'Origine de la famille. Nous avons
donc décidé de les intégrer à notre
volume, qui présente maintenant l'ensemble de la pensée
d'Engels sur les problèmes relatifs au développement
de la société primitive. Nous y avons également
joint un certain nombre d'extraits, pour la plupart inédits
en français, qui feront de cet ouvrage un instrument de
travail sérieux, tant au point de vue du contenu qu'eu
égard aux questions de méthode.
13 euros (code de commande
: 18358GL - vendu).
FAIRON
(Ém.) Chartes confisquées aux bonnes
villes du Pays de Liège et du comté de Looz après
la bataille d'Othée (1408). Bruxelles,
Palais des Académies, 1937. In-8° broché, XLIV,
504 p., (collection « Commission Royale d'Histoire »),
déchirure restaurée à la couverture et cachet
à la couverture et à la page de titre.
Extrait de l'introduction
:
Le
dimanche 23 septembre 1408 fut un des moments les plus néfastes
dans l'histoire du pays de Liège, cependant si remplie
de revers sanglants et de terribles catastrophes. Ce jour-là,
les milices communales des bonnes villes insurgées contre
leur souverain Jean de Bavière furent complètement
écrasées par les troupes féodales amenées
par le duc de Bourgogne et le comte de Hainaut au secours de
l'élu assiégé dans Maastricht. Ce n'était
pas un sentiment de solidarité familiale qui avait poussé
Jean Sans Peur et Guillaume IV à prêter main-forte
à leur peu intéressant cousin.
Ces princes, qui voulaient régner chez
eux en maîtres absolus, voyaient avec impatience et appréhension
grandir, dans la principauté ecclésiastique toute
proche, un régime démocratique qui bravait et bafouait
l'autorité suprême du chef de l'État et était
animé d'un inquiétant esprit de prosélytisme.
En effet, toutes les villes des États peu à peu
entraînés dans l'orbite liégeoise, comme
Maastricht et les villes du comté de Looz, s'étaient
donné, à l'instar de Liège, des constitutions
consacrant la suprématie des métiers. Les deux
protecteurs de Jean de Bavière avaient donc saisi avec
empressement l'occasion de faire taire une propagande pouvant
atteindre leurs propres sujets et de faire disparaître
un scandaleux exemple d'indiscipline. Leur expédition
guerrière réussit au delà de toutes espérances
et les Liégeois, complètement vaincus et terrorisés
par les cruelles représailles des vainqueurs, acceptèrent
sans réagir la sentence du 24 octobre 1408, faisant table
rase de tout ce que la démocratie liégeoise avait
conquis depuis un siècle.
Ce qui révèle surtout l'intention
des vainqueurs d'Othée non seulement de supprimer totalement
le régime démocratique liégeois mais encore
d'en effacer jusqu'au souvenir, c'est le fait que les quatre
premières clauses de l'impitoyable sentence se réfèrent
à la livraison de toutes les archives possédées
par les villes rebelles à leur prince :
Article 1. Premièrement
nous mettons en nos mains touttes les franchises, usages, lois
et privillèges que avoient et ont ceuls de Liège
et des autres villes du pays de Liège, de la conté
de Loz, du pays de Hasbain, de Saintron, de la terre de Bouillon
et des appartenances, aiens privillèges, lois, franchises
et usages...
Article 3. Item nous ordonnons
que es mains d'iceux nos commis, ...touttes lettres d'alliances,
confédérations ou pactions que ceuls desdites cité
et ville ont touchant ycelles villes et pays, soit que lesdites
alliances, confédérations ou partions touchent
ycelles cité et villes de l'une avec l'autre ou aucunes
personnes ou villes hors desdis pays, seront apportées
et bailliés...
Article 4. Item ordonnons
que après la Visitation des lettres desdis previlleges,
franchises et libertés et que lors on en polra rendre
aucun ou de nouviel ordonner...
Ainsi, avant même d'imposer à
l'échevinage une réforme radicale transformant
ces juges nommés à vie en mandataires nommés
pour un an, de décréter
l'abolition radicale des métiers, d'interdire entre les
villes liégeoises toute confédération ou
alliance, Jean Sans Peur et Guillaume IV de Hainaut se font
livrer les archives des villes subjuguées par eux; celles-ci
sont définies en deux groupes : 1) les privilèges,
lois et franchises internes ; 2) les accords et traités
conclus entre les villes entre elles ou avec des villes ou des
personnages de l'extérieur. Si les documents des métiers
ne sont pas désignés expressément, la livraison
de leurs archives est la conséquence inévitable
de l'interdiction absolue de toutes confréries des métiers,
contraintes d'ailleurs d'apporter leurs bannières aux
vainqueurs.
Ce même jour, 24 octobre 1408, le duc
de Bourgogne désignait messire Guillaume Bonnier et maître
Thierry Gherbode, le comte de Hainaut messire Broignart de Haynin
et messire Baudin de Fromont pour prendre possession, le 12 novembre
suivant, dans l'abbaye des Écoliers à Mons, des
chartes ainsi confisquées et recevoir les serments solennels
prêtés par les délégués porteurs
de ces dépouilles et jurant que ce qu'ils apportaient
constituait bien l'ensemble intégral des documents dont
ils étaient contraints de se dessaisir.
15 euros (code de commande
: 18367 - vendu).
GINZBURG
(Carlo) Le sabbat des sorcières. Traduit de l'italien par Monique Aymard. Paris,
Gallimard, 1992. In-8° collé, 423 p., illustrations
hors texte, (collection « Bibliothèque des
Histoires »).
En quatrième
de couverture :
Du
XIVe au XVIIe siècle, dans toute l'Europe, des femmes
et des hommes accusés de sorcellerie ont raconté
s'être rendus au sabbat : là, de nuit, en présence
du diable, on se livrait à des festins, à des orgies,
à l'anthropophagie, à la profanation des rites
chrétiens.
D'où vient le sabbat ? Les accusés
se sont-ils laissé extorquer, souvent sous la torture,
le récit que leurs juges attendaient d'eux ? Selon
Carlo Ginzburg, pas toujours. Dans quelques cas, l'écart
entre les questions des juges et les réponses des accusés
laisse affleurer des éléments liés à
une couche plus profonde. Partant de ces anomalies, appuyé
sur un immense matériel documentaire, il a entrepris de
retrouver et de recomposer les pièces dispersées
de cette histoire nocturne. L'enquête conjugue plusieurs
approches auxquelles correspondent autant d'hypothèses :
une approche historique qui, des lépreux aux juifs, aux
hérétiques et aux sorciers, dessine à la
fin du Moyen Âge la place du complot ourdi en son sein
par les ennemis de la chrétienté ; une approche
morphologique, qui rassemble les éléments disjoints
d'une très ancienne culture à fond chamanique,
largement attestée dans le monde eurasiatique ; une
dernière hypothèse, plus ambitieuse encore, lie
l'identification de formes générales de l'expérience
essentielle de la mort et de l'au-delà et les structures
élémentaires du récit.
Un programme immense, mais aussi une rigoureuse
leçon de méthode qui veut, à chaque moment,
rappeler les exigences, les limites et les possibilités
du métier d'historien.
25 euros (code de commande
: 18373 - vendu).
GOOSSENS
(G.) Étude sur les États de Limbourg
et des Pays d'Outremeuse pendant le premier tiers du XVIIIe siècle
suivie du texte de la Notitia de rebus statuum provinciae Limburgensis
de l'abbé Nicolas Heyendal. Kerkrade
- Louvain - Paris, Alberts - Bureaux du Recueil - Picard, 1910.
In-8° broché, XVIII, 78, 177 p., un carte à
déplier, (collection « Université de
Louvain - Recueil des Travaux publiés par les Membres
des Conférences d'Histoire et de Philologie »,
26e fascicule), bon exemplaire.
Table des matières
:
Introduction.
Première partie.
Chapitre I. Le duché
de Limbourg et les pays d'Outremeuse pendant le premier tiers
du XVIIIe siècle.
§
1. Le territoire.
§
2. La constitution et les principales institutions judiciaires
et administratives.
Chapitre II. Les États.
§
1. Organisation.
§
2. Attributions.
A.
L'inauguration du prince.
B.
Le consentement des impôts et leur répartition.
C.
Le droit de remontrance et influence en matière législative.
D.
L'administration économique de la province.
E.
La nomination des employés.
F.
La participation des États de la province de Limbourg
aux assemblées des États-Généraux.
G.
Attributions réservées aux États de Brabant.
Chapitre III. Aperçu
sur la situation de la province pendant le premier tiers du XVIIIe
siècle.
Deuxième partie : Notitia de rebus
statuum provinciae Limburgensis;
Annexes.
25 euros (code de commande
: 18366 - vendu).
GRASSET
(Philippe) Le regard de Iéjov. Enquête sur un siècle débordé. Roman. [Bruxelles], Pré aux Sources
- Bernard Gilson, 1990. In-8° broché, 376 p.
En quatrième
de couverture :
Un
roman d'une rare densité qui aidera le lecteur d'aujourd'hui
à comprendre les funérailles du communisme à
travers la vie de plusieurs personnages dont Grouchkine et Ivan
Ivanovitch évadés du camp de Kolyma. Arrivés
à Paris en 1947, ils rencontreront 37 ans plus tard le
commissaire Aretin lors d'une enquête sur le meurtre de
Vladimir Ivanovitch. Celle-ci s'achève le jour où
le mur de Berlin tombe.
Le bourreau de Staline, c'est léjov
avec son drôle de regard. Chef du NKVD de 1936 à
1938, il organisa les plus grandes liquidations que le monde
connut. Cette période porte le nom assez triste de Iéjovtchina.
Mais dans l'ensemble de cette histoire, Iéjov
ne constitue qu'un détail tant l'auteur nous apprend la
vie du peuple russe de Staline à Gorbatchev. Écoutons
ce que nous dit cette petite fille recueillie comme réfugiée
en 1948 :
« Il avait dit qu'il n'y avait plus
de Dieu et je fis de Staline mon Dieu. C'est stupide mais il
faut que je le dise ; si j'étais malade ou si quelque
chose me blessait, alors je pensais que cela passerait parce
que Staline savait. C'était juste comme le bon Dieu. »
L'auteur nous tient en haleine du début
à la fin de ce livre écrit en trois temps. Il nous
aide à comprendre, par le biais de l'Histoire, l'absurdité
et l'inutilité du communisme.
Un roman qui ne démentira pas ce que
André Glucksmann a dit : « Sortir du communisme
c'est rentrer dans l'Histoire. »
10 euros (code de commande
: 18332).
KAUTSKY
(Karl) Le chemin du pouvoir. Présentation
par Victor Fay, en annexe lettres inédites de Victor
Adler, Auguste Bébel, J.H.W. Dietz,
Hugo Haase, Joseph Herzfeld, Karl Kautsky,
Clara Zetkine. Paris, Anthropos, 1969. In-8° broché,
XXIV, 212 p., (collection « Marxisme d'Hier et
d'Aujourd'hui »), bel exemplaire.
Table des matières
:
-
Présentation.
- Préface du traducteur.
I. La conquête du pouvoir politique.
II. La prophétie de la révolution.
III. L'évolution vers la société
future.
IV. L'évolution économique
et la volonté.
V. Ni révolution, ni légalité
à tout prix.
VI. La croissance des éléments
révolutionnaires.
VII. L'affaiblissement des antagonismes
de classes.
VIII. L'aggravation des antagonismes de
classes.
IX. Un nouveau siècle de révolutions.
- Annexes.
18 euros (code de commande
: 18360GL).
 LA PÉROUSE
(Jean François de Galaup, comte de) Le voyage
de Lapérouse 1785-1788. Tomes
I et II (complet). Récit et documents originaux présentés
par John Dunmore et Maurice de Brossard. Paris,
Imprimerie Nationale, 1985. Deux volumes in-4° sous reliure
et étui d'éditeur, tome I : XII, 315 p.,
tome II : XIII, 512 p., illustrations en noir
et en couleurs, une 4 cartes volantes à déplier,
(collection « Voyages et Découvertes »),
bel exemplaire.
Extrait de la préface
:
Plus
de trente mois s'écoulèrent entre l'appareillage
de Lapérouse à Brest le 1er' août 1785 et
son naufrage sur les écueils de Vanikoro, en plein Pacifique.
L'extension de l'itinéraire parcouru, l'incertitude encore
imparfaitement dissipée de son tragique dénouement
enveloppèrent la campagne d'exploration la plus longue
de la marine française d'un prestige mystérieux
durable même après deux siècles. Fut-ce un
échec ? Quels résultats apporta cette expédition ?
Que faut-il donc commémorer : le courage malheureux,
l'apport scientifique et humain ?
Le XIXe siècle à son terme opta
pour le souvenir du malheur : la Société de
géographie célébra Lapérouse en 1888,
centenaire de la disparition. À Kotany Bay, l'Australie
naissante avait offert a l'explorateur sa dernière escale
connue de façon certaine ; elle en associera le souvenir
aux fêtes de son propre bicentenaire, en 1988. La France,
elle, attentive à l'initiative de 1785, a choisi 1985
pour en rappeler les espoirs. Colloques, conférences,
expositions se succèdent et voici que le présent
ouvrage entend offrir le monument durable des récits et
des textes laissés par les héros eux-mêmes.
Pourtant, la narration du voyage avait été
connue quelques années seulement après que le silence
eut anéanti l'espérance du retour des voyageurs.
Dès 1797, « l'Imprimerie de la République »
avait publié une relation établie par le général
Milet-Mureau ; mais l'idéologie du moment l'avait
amené à remanier le texte original, à en
retrancher des passages contraires à l'esprit révolutionnaire,
bref à l'altérer ici et là. Depuis lors,
pendant près de deux siècles, cette présentation
a été répandue en entier, ou par extraits,
dans le grand public, parfois sous des formes adaptées
à la jeunesse.
Pourquoi donc ne pets retourner directement
à la source, telle qu'elle existe ? Contourner Milet-Mureau,
c'est retrouver Lapérouse lui-même, dont les écrits
ou du moins ce qu'il a pu envoyer à Louis XVI révèlent
la personnalité véritable. Or, si le journal du
bord a disparu dans le naufrage, les rapports écrits par
Lapérouse lui-même et adressés par lui au
roi et à ses ministres, à chacune de ses escales,
sont conservés. Le texte original du chapitre XIII est
perdu depuis l'édition de Milet-Mureau. Le manuscrit,
en effet, connut certains avatars, dont le plus récent
fut son transfert, en 1955, du Service historique de la Marine
aux Archives nationales, sons une cote nouvelle, mêlé
a des documents disparates relatifs à l'expédition,
sans que le nom de Lapérouse figurât au catalogue.
Pour l'y retrouver, il fallait la conjonction de la compétence
et de la perspicacité.
Le hasard, lui aussi, fait parfois bien les
choses. Ce hasard fut une rencontre, et de cette rencontre naquit
l'idée originale de l'ouvrage. Une table ronde tenue en
1978 aux Archives nationales par le Laboratoire d'histoire maritime,
du Centre national de la recherche scientifique, associé
à l'université de Paris-Sorbonne et à l'École
pratique des hautes études avait eu pour thème
« L'importance de l'exploration maritime au siècle
des Lumières. À propos du voyage de Bougainville ».
Il apparut logique et souhaitable de suivre la même ligne
et d'ouvrir le dossier Lapérouse dans la collection « Voyages
et découvertes » où venait de paraître
le voyage de Bougainville, précédant de peu les
explorations des frères Verrazano.
Le projet pouvait prendre corps grâce
à la présence à ce colloque de deux spécialistes
des explorations du Pacifique. L'amiral de Brossard, ancien directeur
du Service historique de la Marine, avait reçu mission,
au cours de commandements dans le Pacifique, de prendre une part
active aux prospections effectuées en 1963 dans les eaux
du naufrage de Lapérouse ; il en avait tiré
la matière de ses recherches et un livre. De son côté
le professeur J. Dunmore, professeur à l'université
Massey en Nouvelle-Zélande, spécialiste de l'histoire
des explorations, venait de transcrire le manuscrit original
de Lapérouse. Le professeur Dunmore eut la courtoisie
de penser que le lieu naturel de la publication scientifique,
c'est-à-dire intégrale et critique, du journal
de l'émule français du Britannique James Cook,
ne pouvait être que la France. Ainsi s'est constituée
l'équipe de rédaction du présent ouvrage.
La préoccupation scientifique des auteurs
ne s'en tient pas seulement à l'établissement critique
du texte et à son commentaire. Pour comprendre et faire
comprendre l'expédition de Lapérouse, il convenait
de joindre le plus grand nombre possible de documents, sans prétendre
à l'exhaustivité. Comme dans les deux ouvrages
précédents de la collection, l'objet est de présenter
un dossier. Le récit du voyage en constitue naturellement
la pièce essentielle et nous l'accompagnons de notes explicatives
aussi nombreuses et précises que possible ; placées
en marge, elles sont d'une consultation aisée sans interrompre
une lecture suivie. Une introduction au texte de la narration
explique les difficultés suscitées par les altérations
que Milet-Mureau s'était permis de faire, et elle rend
compte des procédés employés pour les corriger
et restituer le texte original. Le dossier comporte aussi des
pièces importantes dont la principale est le texte des
Instructions du roi. Il convient, en effet, de donner du rôle
joué par Louis XVI et de son attention au voyage
de Lapérouse une vision aussi exacte que possible et qui,
par son exactitude même, lui donne toute son importance,
sans la minimiser ni l'exagérer.
Pièces complémentaires ce terme
est préférable à celui d'annexés,
ce sont les listes des matériels embarqués, des
bibliothèques de bord, étonnamment pourvues, enfin
une cinquantaine de lettres dont plus de la moitié est
inédite, et qui émanent pour la plupart de Lapérouse
lui-même et de de Langle.
Le dossier, enfin, inclut des cartes, dont
la plus belle est celle destinée au roi, des dessins tracés
par des participants de l'expédition, ainsi que des illustrations,
en très grand nombre, des lieux et des populations rencontrés,
sans oublier des portraits, souvent émouvants, des acteurs
de cette prodigieuse aventure.
Nous espérons ainsi répondre
à l'attente de ceux qui sont ouverts aux curiosités
éveillées par le siècle des Lumières
et à son élargissement sur des horizons lointains :
les historiens des explorations, les amateurs de récits
de voyages, les géographes, les ethnographes, les naturalistes,
les marins, les astronomes, les bibliophiles enfin, séduits,
nous le souhaitons, par la qualité de l'édition.
Les deux volumes :
200 euros (code de commande : 18370
- vendu).
LEJEUNE
(Théophile) Mémoire historique sur l'ancienne
ville de Soignies. Bruxelles,
Archives Générales du Royaume, 1996. In-8°
collé, [421] p., (collection « Reprints »,
n° 10), exemplaire en très bel état.
Il s'agit d'un extrait du tome IV
de la troisième série (1868-1869) des Mémoires
et Publications de la Société des Sciences, des
Arts et des Lettres du Hainaut, pp. 61-480.
Table des matières :
Préface.
I. Origine historique.
II. Monastère de Soignies.
III. Chapitre de Saint-Vincent.
IV. Revenus du chapitre.
V. Fondations pieuses.
VI. Église de Saint-Vincent.
VII. Trésor de la collégiale.
VIII. Paroisse de Soignies.
IX. Communautés religieuses.
X. Fondations charitables.
XI. Avouerie de Soignies.
XII. Organisation judiciaire.
XIII. Pouvoir communal.
XIV. Compagnies et confréries.
XV. Corporations des métiers.
XVI. Documents divers.
XVII. Chronologie historique.
XVIII. Biographie sonégienne.
XIX. Instruction publique.
XX. Fêles religieuses et civiles.
Pièces justificatives.
Appendice :
A. Les cartulaires da chapitre
de Soignies (Le livre enchaîné - Le livre blanc
- Le livre mixte).
B. Les registres aux résolutions
du chapitre de Soignies.
C. Les comptes du chapitre
et de l'église de Soignies.
D. Les comptes de la massarderie
de la ville de Soignies.
E. Les lettres d'octroi accordées
à la ville de Soignies.
F. Les anciens sceaux de
Soignies.
Rectifications et additions.
18 euros (code de commande
: 18377 - vendu).
LIÉNAUX (Fernand) La
composition décorative contemporaine à la portée
de l'École. Livre II : Les éléments
empruntés à la flore et à la faune. La Louvière, Studio, [ca 1935]. In-4°
agrafé, 84 p., nombreuses illustrations, 2 planches
hors texte en couleurs, (« Collection Pédagogique
du Dessin »), bel exemplaire.

Couverture et « Rosettes »,
p. 26.
25 euros (code de commande
: 18357 - vendu).
LIÉNAUX
(Fernand) Croquis d'animaux et commentaires biologiques.
La Louvière, Studio,
[ca 1939]. In-4° agrafé, 116 p., nombreuses illustrations,
16 planches hors texte, (« Collection Pédagogique
du Dessin »), bel exemplaire.
Liminaire :
Depuis
que l'homme pratique le dessin, il semble bien qu'il se soit
intéressé à la représentation des
animaux. Le préhistorique a gravé dans la pierre,
la corne et l'ivoire des sujets animaliers étonnants de
grâce et de vie : nous en avons reproduits quelques
spécimens dans notre premier cours. Les Égyptiens
ont puisé dans la faune des formes souples qu'ils ont
stylisées ; les Assyriens, passionnés de chasse,
ont porté l'art animalier à son apogée ;
plus tard, les Grecs ont été séduits par
la grâce, par la fougue ou par la force brutale de la bête
(voir les chevaux sculptés par Phidias).
Tantôt comme sujet consacré aux
divinités, tantôt comme simple élément
décoratif, l'animal occupe dans l'histoire de l'ornementation
une place importante. Les peuplades nègres et indiennes
se livrent volontiers à la représentation des fauves
qu'ils craignent et du gibier qu'ils traquent : elle apparaît
sous forme de peintures sur les tissus, les murailles, ou de
sculptures grossières dans le bois ou l'ivoire et, presque
toujours, avec un accent comique de naïveté.
Est-il besoin d'ajouter que les enfants ont
un goût prédestiné pour les animaux et les
dessins animaliers ? Aussi, quelle magnifique source d'intérêt
pour l'éducateur qui peut aisément tirer parti
du croquis rapide au tableau noir ! Pour l'illustration
des livres de la jeunesse, comme pour le dessin animé
cinématographique, que de richesses d'inspiration ne puise-t-on
pas dans la faune !
Les animaux sont-ils difficiles à représenter ?
Assurément, pour quiconque ne s'est pas livré préalablement
au dessin d'après les objets et le personnage, aussi pour
le dessinateur qui n'a pas l'occasion d'observer la vie des bêtes.
Nous répétons volontiers la pensée de Fromentin :
« On ne dessine bien que ce que l'on sait ».
Nous ajouterons que l'on ne dessine bien les animaux qu'après
avoir acquis l'habitude de les observer.
Il existe des procédés empiriques
généralement géométriques
pour apprendre à « croquer » les
animaux en quelques traits. Comme récréations graphiques,
nous voulons bien les admettre, mais on conviendra aisément
qu'il ne s'agit pas là d'une méthode d'enseignement
bien sérieuse. En effet, se figure-t-on le nombre prodigieux
de recettes, c'est-à-dire de formules conventionnelles,
qu'il faut retenir par cur, s'il convient d'établir
pour chaque espèce animale un schéma géométrique
ou alphabétique à exécuter préalablement
et qu'en plus de cela, un nouveau procédé constructif
est nécessaire pour représenter chaque attitude !...
Dans ces conditions, il est compréhensible que le débutant
se contente de retenir quelques « trucs »
seulement une dizaine, peut-être
et qu'invariablement les mêmes animaux apparaissent sous
son crayon, dans la même attitude : le chat assis,
vu de dos, exécuté au moyen d'un ovale, la souris
de profil tirée d'une forme de moule montée sur
pattes, le lapin accroupi dont les longues oreilles émergent
d'une motte de beurre, etc... Une première fois, ces petites
acrobaties graphiques sont plaisantes, mais, bien vite, elles
lassent.
Ce qu'il faut et la leçon
nous vient des artistes préhistoriques , c'est
représenter la vie elle-même avec tout ce qu'elle
a de pittoresque et d'imprévu.
C'est donc vers la vie que nous devons nous
pencher pour saisir le mouvement et la ligne qui se dégage
de ce mouvement.
Tout comme nous basons la représentation
de la figure humaine sur la connaissance de la charpente anatomique
et l'observation sur nature des formes extérieures, nous
estimons que la pratique du croquis animalier doit reposer sur
une étude suffisante de la structure interne propre à
chaque espèce, en limitant le plus possible le nombre
des espèces. Notre méthode est presque exclusivement
consacrée à la représentation des vertébrés
et plus spécialement à celle des animaux domestiques.
Dans le croquis d'observation, la connaissance
de la structure interne interviendra comme moyen de contrôle
(mesures, comparaisons, vérité du caractère) ;
dans les représentations de mémoire et d'imagination,
comme procédé graphique de construction.
Chez le débutant, l'étude de
l'anatomie artistique des animaux peut, par sa complexité,
apparaître fastidieuse et décourageante. Aussi,
avons-nous voulu lui présenter cette matière résumée
et débarrassée de tout ce qui ne constitue pas
le bagage minimum pour aboutir à un premier résultat
satisfaisant. Tout en apprenant la structure osseuse, les principales
articulations, la musculature et le relief extérieur,
nous nous intéresserons au genre de vie de l'espèce
étudiée, nous rechercherons ses adaptations naturelles,
ses moyens de défense, en un mot, l'étalage descriptif
et savant sera remplacé par un exposé vivant sous
forme du qui ?, pourquoi ?, comment ?, système
de questions auxquelles nous tâcherons de répondre
de notre mieux.
Comme « la fonction crée
la forme », il nous paraît infiniment utile,
pour le dessinateur, de posséder les remarques biologiques
qui permettent de justifier la conformation et les allures animales.
Tout en donnant le goût pour le dessin
animalier aux futurs artistes, nous espérons rendre service
aux nombreux éducateurs qui doivent illustrer et commenter
les leçons d'histoire naturelle.
L'abbé E. Dévaud, professeur
de pédagogie à l'université de Fribourg,
fut l'un des premiers à préconiser l'étude
des tendances biologiques à l'école primaire, en
exploitant le milieu comme champ d'observation. Nous avons expérimenté
cette pédagogie durant dix années avec des enfants
de 11 à 12 ans : chaque leçon donna lieu à
des épreuves d'observation et de raisonnement remarquablement
fécondes, mettant sur un même plan l'éducation
des trois modes d'extériorisation le langage,
l'écriture et le dessin. C'est d'ailleurs au cours de
cet enseignement quotidien que nous avens acquis le goût
pour l'enseignement du croquis et pour l'enseignement par le
croquis !
Nous exposerons le plus succinctement possible
les généralités indispensables pour mieux
connaître les bêtes : leur histoire (paléontologie
et géologie), leur régime de vie (biologie), leur
classification (zoologie), leur constitution (anatomie). Nous
aurons recours le moins possible aux nomenclatures stériles
et aux descriptions anatomiques trop fouillées. Le croquis
rapide, but pratique de notre ouvrage, n'exige d'ailleurs pas
cette perfection académique. À l'intention des
dessinateurs animaliers soucieux de leur perfection, nous renseignons
une table bibliographique groupant les principaux auteurs qui
ont contribué à notre formation.
Nos exercices pratiques du croquis rapide à
exécuter de mémoire et d'imagination ,
sont précédés de quelques planches de dessins
d'après nature. Nous voulons signifier par là que
le dessin d'observation doit présider à l'éducation
du dessinateur, mais que le véritable but du dessin est
l'épreuve de composition.
25 euros (code de commande
: 18355 - vendu).
LIÉNAUX
(Fernand) Le croquis rapide. La pratique du croquis-langage.
Nouvelle édition.
Paris - Bruxelles, Nathan - Labor, 1965. In-4° broché,
76 p., nombreuses illustrations, (« Collection
Pédagogique du Dessin »), bel exemplaire.
Liminaire :
Parler
au moyen du dessin répond à un besoin instinctif,
essentiellement humain, qui s'est manifesté depuis les
temps très reculés de la préhistoire.
Le geste qui accompagne naturellement la parole
est comme le prolongement de la pensée dans l'espace,
le croquis est comme la matérialisation du geste.
Si les mots constituent des assemblages de
sons purement conventionnels, propres à chaque langue,
variant même de patois à patois, les dessins, quoique
conventionnels aussi, mais dans une proportion beaucoup moins
grande, sont universellement compris.
Alors que le langage parlé et écrit
a recours aux mots pour faire naître des images dans le
cerveau du lecteur ou de l'auditeur, le croquis-langage a le
pouvoir de faire jaillir spontanément l'image sur l'écran
visuel. D'où, compréhension plus nette et plus
rapide.
Les mots et les idées qui « font
images » sont très nombreux : tous peuvent
se traduire aisément par l'image graphique.
L'écriture hiéroglyphique n'était-elle
pas presque exclusivement composée d'images simplifiées
ou stylisées et dont les sources d'inspiration furent
le geste humain, la faune, la flore et les objets ?
Du fait que nos lettres dérivent des
hiéroglyphes, après avoir été modifiées
tour à tour par les civilisations sémitique, phénicienne,
grecque et latine, notre alphabet peut être considéré
comme un ensemble de signes qui sont les rudiments de dessins.
« Qui sait bien écrire, devrait
savoir bien dessiner ! » Oui, si l'on se place
uniquement au point de vue du sens musculaire et de la souplesse
d'articulation. Mais le processus mental propre à l'écriture
est assez différent de celui qui est relatif au dessin
: intervention de l'observation, du raisonnement et du sentiment.
Quoi qu'il en soit, nous affirmons que l'éducation
du sens graphique, pour être complète, doit comprendre
à la fois l'enseignement du dessin et celui de l'écriture.
En apprenant à lire et à écrire aux jeunes
enfants, on néglige généralement le facteur
dessin, alors que ce mode d'expression s'est manifesté
antérieurement, bien avant l'entrée à l'école.
La négligence du dessin fait bientôt
place au désintéressement, sinon à l'abandon
(exceptions très rares). De la part de l'éducateur,
c'est là une faute grave. Nos élèves terminent
leurs études primaires privés très généralement
de cette faculté si utile dans la vie pratique :
le dessin d'expression.
Le croquis-langage, joint à la parole,
constitue le mode d'expression le plus efficace qui soit. Les
applications si variées qu'on en fait dans l'existence
sont très nombreuses.
Au cours d'un exposé, le croquis peut
être non seulement un attrait, un délassement cérébral,
c'est-à-dire une source d'intérêt et de joie,
mais aussi un moyen puissant d'intuition.
Le croquis est encore un instrument précieux
pour faciliter l'étude. Le crayon n'est-il pas le scalpel
de l'observation ?
Comme mode d'expression, le croquis-langage
intervient comme moyen d'illustration ou de traduction de la
pensée, comme image impromptue d'une chose, d'une scène,
d'un spectacle hâtivement observés ou imaginés.
Comme moyen d'étude, on a recours au
croquis rapide dans des descriptions et narrations graphiques,
les interprétations imagées, d'après lecture,
ou audition, dans les schémas et diagrammes, dans les
démonstrations et résolutions par le graphique,
etc.
Pour toutes ces raisons, le croquis-langage
intervient dans l'activité scolaire sous deux formes :
1) comme moyen didactique,
sous forme de croquis rapides au tableau noir, au cours des leçons
relatives à toutes les branches de l'enseignement ;
2) comme exercices pratiques
prévus dans le nouveau programme sous forme de dessin
d'expression, si nécessaire à la formation des
futurs manuels et intellectuels.
Au croquis-langage, on pourrait logiquement
rattacher le croquis coté qui est aussi un mode d'expression
par le graphique. Vu son caractère essentiellement technique,
nous renvoyons son étude à une autre série
d'ouvrages prévus dans notre Collection Pédagogique
du Dessin.
Dans l'enseignement supérieur, on fait
appel au croquis rapide comme moyen d'étude pour suppléer
à la sécheresse des textes et aux prises de notes
fastidieuses ; mais on y déplore souvent l'inaptitude
de l'étudiant ou tout au moins son manque de préparation
au croquis.
C'est dès l'école primaire qu'il
faut initier l'élève au dessin spontané
qui l'aidera à extérioriser sa pensée. Le
jeune enfant use plus aisément du croquis-langage que
de l'écriture. À l'âge de six ans, il est
tout préparé pour recevoir un enseignement capable
de perfectionner l'art graphique qu'il possède instinctivement.
On retrouve chez lui la tendance du préhistorique à
matérialiser la pensée par le dessin: pour lui,
le dessin est un langage et une écriture. Avec raison,
Edmond About dit : « L'enfance de l'art ressemble
à l'art de l'enfance ».
Le nouveau programme scolaire accorde au dessin
occasionnel une importance très grande. Ce n'est pas seulement
pendant la leçon hebdomadaire réservée au
dessin, mais à toute occasion propice, que l'élève
doit dessiner. Les leçons de dessin viseront comme but
le dessin d'expression (de mémoire et d'imagination) et
choisiront comme moyens les exercices d'entraînement et
le dessin d'observation. On exige davantage la pratique du croquis
rapide au tableau noir. Encore, faut-il que nos maîtres
sachent manier la craie pour faire jaillir l'image avec spontanéité
et sentiment !
C'est à l'enseignement normal qu'il
revient de garantir cette pratique chez le futur éducateur
en amplifiant toujours les tendances professionnelles du programme.
Les exercices d'entraînement ont une
grande importance au point de vue de l'assouplissement de la
main. Chacune de ces leçons doit avoir un but bien précis
et portera sur une famille de formes (formes elliptiques, ovales,
cylindriques, etc.), ou sur une difficulté bien déterminée
(spirale, amande, pivot, poire...). Voir nos ouvrages
: « Le Dessin au 2e degré primaire »
et « Le Croquis rapide ».
Peut-on apprendre la pratique du croquis-langage ?
Ce mode d'expression graphique s'acquiert comme l'écriture.
C'est par la répétition persévérante
que se fait l'éducation de la main.
Doivent être menés de front le
dessin d'après nature et le dessin de mémoire et
d'imagination.
Comment rendre cet enseignement méthodique ?
Comment se perfectionner dans la pratique du croquis-langage ?
En répondant à cette première
série de questions, nous aurons atteint le premier but
de cet ouvrage.
Comment appliquer le croquis-langage dans les
différentes branches de l'enseignement ?
Tel sera l'objet de la seconde partie de notre
étude.
Nous ne serions pas récompensé
de notre effort si les professeurs et élèves se
bornaient à copier nos croquis; nous désirons avant
tout susciter le goût pour le croquis et le voir mettre
à profit dans des recherches personnelles.
15 euros (code de commande
: 18354 - vendu).
LIÉNAUX
(Fernand) La figure humaine. 1re partie : La figure nature - La tête,
la main, le pied. La figure d'après le plâtre -
Le masque, le buste, le torse et la statue. Plan d'étude
anatomique. 2me partie : Abrégé d'anatomie artistique.
La Louvière, Studio,
[ca 1940]. In-4° agrafé, 36, [46] p., nombreuses
illustrations, (« Collection Pédagogique du
Dessin »), bel exemplaire.
Avertissement :
Le
caractère didactique de cet ouvrage nous a engagés
à présenter à l'élève la plus
grande variété dans les techniques d'expression.
Pour cette raison, nous avons reproduit des travaux d'artistes,
de professeurs et d'élèves faisant preuve de tempérament
différent. Notre but est de ne pas trop influencer la
personnalité de l'apprenti. Nous voulons lui montrer qu'à
côté de « la » méthode,
il y a des méthodes et des procédés et que
a réussite n'est pas subordonnée à une discipline
aveugle.
13 euros (code de commande
: 18356 - vendu).
MAO
TSÉ-TOUNG Poèmes. [Deuxième édition augmentée.]
Traduits par Ho Ju. Pekin, Éditions en Langues Étrangères,
1961. In-8° sous reliure et jaquette (un peu défraîchie)
d'éditeur, 52 p., quelques illustrations, bon exemplaire.
Note de l'éditeur
:
Ce
recueil contient vingt et un poèmes du président
Mao Tsé-toung, soit deux poèmes, écrits
récemment, de plus que dans la première édition.
Ils sont classés suivant la date de leur composition.
L'époque et les circonstances dans lesquelles ces poèmes
ont été écrits font l'objet des notes. La
traduction en langue française est due à Ho Ju,
professeur à l'université de Nankin.
Les poèmes contenus dans ce recueil
sont : Tchangcha, Le Pavillon de la grue jaune,
Le mont Tsingkang, Jour de l'an, Houeitchang,
Tapoti, Le défilé de Leouchan, Trois
petits poèmes, La longue marche, Le mont
Lieoupan, Kouenlouen, Neige, À Lieou
Ya-Tsé, Réponse à Lieou Ya-Tsé,
Peitaiho, La nage, Les immortels, En
renvoyant le dieu de la peste.
12 euros (code de commande
: 18361GL).
[MARCINELLE]. Marcinelle. Charbonnage
de Marcinelle Nord, No. 12. Carte
postale éditée par Nels - L. Leclercq, Marcinelle,
vers 1910. 140 x 91 mm.
Cette
carte porte le cachet de la poste de Charleroy en date du mois
d'août 1913 (?) ; elle était destinée à
des correspondants d'Horrues (date du cachet d'arrivée
: 5-6 / VIII / 1913).
15 euros (code de commande
: 18359).
[MARIE
DE BOURGOGNE]. GAILLARD (Gabriel-Henri) Histoire de
Marie de Bourgogne, Fille
de Charles-le-Téméraire, qui épousa Maximilien,
Premier Archiduc d'Autriche, depuis Empereur ; par quelle
Alliance les Pays-Bas sont parvenus à la Maison d'Autriche.
Publiée à Paris en 1757 (par Gabriel-Henri Gaillard).
Nouvelle Edition augmentée d'une Préface historique
& critique. Bruxelles, Ermens,
1784. [A Bruxelles, Chez
Jos. Ermens, Imprimeur-Libraire, Marché aux Charbons.
M. DCC. LXXXIV.] In-8° sous
son brochage d'attente d'époque, [1 (titre)], [1 bl.],
[4 (catalogue de l'éditeur)], XX, [2 (table)], 211, [1
bl.] p., bon exemplaire de cette peu courante édition.
Table des matières
:
Chapitre
I. De la Bourgogne, & des quatre Ducs de la seconde Branche-Royale.
Chapitre II. Naissance de Marie de Bourgogne,
son éducation, son caractère : des divers
Princes qui aspirèrent à l'Alliance de Bourgogne
pendant la Vie de Charles-le-Téméraire.
Chapitre III. Examen des prétentions
de Louis XI, sur les différentes Provinces de la
succession de Bourgogne.
Chapitre IV. Contenant tout ce qui s'est passé
dans les Pays-Bas & dans les Bourgognes, depuis la mort de
Charles-le-Téméraire jusqu'au Mariage de Marie
de Bourgogne.
Chapitre V. Nouveaux Prétendans à
l'Alliance de Bourgogne. Mariage de la Princesse.
Chapitre VI. Suite de la guerre dans les Pays-Bas.
Chapitre VII. Diverses Révolutions en
Bourgogne & en Franche-Comté.
Chapitre VIII. Diverses intrigues & négociations
en Angleterre, en Suisse, en Brétagne. Mort de Marie.
Paix entre Louis & Maximilien.
150 euros (code de commande
: 18369 - vendu).
Médecine
et société. Écrits et objets médicaux
dans les collections hainuyères du 16e au 20e siècle.
Morlanwelz, Musée
Royal de Mariemont, 1987. In-4° carré broché,
198 p., illustrations, épuisé.
Ouvrage publié à l'occasion
de l'exposition éponyme organisée au Musée
royal de Mariemont, du 27 mars au 30 août 1987.
Table des matières :
1. Organisation des professions médicales.
2. Anatomie et céroplastique.
3. Botanique et médecine.
4. Premières pharmacopées.
5. Chirurgie et anesthésiologie.
6. Obstétrique.
7. Ophtalmologie.
8. Épidémies, hygiène
et médecine sociale.
9. Dentisterie.
10. Physiothérapie.
11. L'exploration du corps.
12. Médecine et magie.
13. Reliques de Louise Lateau, la stigmatisée
de Bois-d'Haine.
14. Saints guérisseurs.
15. Un historien célèbre de la
médecine au 18e siècle.
16. Des traités de médecine populaire.
17. Journaux médicaux à participation
hainuyère.
18. Publicité médicale.
19. uvres du Musée des Beaux-Arts
de Tournai.
20. uvre d'Auguste Rodin.
21. Reconstitution d'un jardin médicinal
par l'École provinciale d'Horticulture de Mariemont.
20 euros (code de commande
: 18374).
OXENSTIERNA
(Johan Turesson Oxenstierna af Croneborg) Pensées
de Monsieur le Comte d'Oxenstirn
sur divers sujets. Avec les refflections morales du même
auteur. Nouvelle édition revûe & corrigée
soit pour le style, soit pour les citations. Par Monsieur D.
L. M. [Bruzen de la Martinière]
Tomes I et II (complet). La Haye, Van Duren, 1746. [A La Haye. Chez Jean Van Duren. 1746.] Deux tomes en un volume in-12 plein veau d'époque,
dos à 5 nerfs, reliure très frottée, [1
(titre gravé)], [1 bl.], VII (avertissement), [9 (table)],
288, [1 (titre gravé du tome II), [1 bl.], [4 (table)],
235, [1 bl.] p., titre-frontispice gravé par Cattoir
en regard de chaque page de titre.
En quatrième
de couverture :
Le
nom d Oxenstirn est connu : Axel d'Oxenstirn l'a immortalisé
par les services importants qu'il a rendus à la Couronne
de Suéde ; & l'Histoire de la longue guerre des
Suédois en Allemagne, qui finit par la Paix de Westphalie,
en fait une mention si fréquente & si honorable qu'il
suffit d'y renvoïer le lecteur.
Son petit neveu, le Comte Oxenstirn, s'est
fait connoître par les voyages qu'il a faits dans presque
tous les Roïaumes de l'Europe. Son nom, son esprit, qu'il
avoit eu soin de cultiver par la lecture, un grand fonds d'enjoüement,
l'habitude de se pouvoir exprimer assez intelligiblement en plusieurs
langues, lui donnoient un libre accès dans les meilleures
compagnies. Tout cela étoit soutenu d'une dépense,
que son inclination pour les plaisirs & l'envie de briller,
lui faisoient regarder comme une annexe de sa naissance.
Dans ses voïages il avoit embrassé
la Religion Catholique : il parle même de ce changement
en quelque endroit de son Livre. Il contracta un mariage, où
il trouva plus d'amertumes qu'il ne s'y étoit promis de
douceurs. La goute, triste fille des plaisirs, acheva d'empoisonner
une vie, dont il avoüe lui-même que la volupté
en avoit consumé une partie. Les biens qu'il avoit hérités
de ses Ancêtres auroient dû lui servir à le
consoler dans une sage retraite ; mais ils avoient été
dissipés de bonne heure par les voïages, par les
fêtes qu'il avoit données, par les dépenses
que lui avoit occasionnées, le luxe des Cours, ou l'exemple
des Compagnies ruineuses, dont il ne se retira qu'assez tard.
L'humeur chagrine succéda à cette
joïe, qui étoit si conforme à son tempérament.
Une solitude involontaire d'abord, mais qu'il goûta dans
la suite, le mit en état de réfléchir plus
sérieusement qu'il n'avoit fait dans la fougue d'une jeunesse
voluptueuse. La lecture vint au secours ; il s'en étoit
fait un amusement ; & le peu de livres qu'il avoit parcour[u]s
avant sa retraite, ne laissa pas de lui fournir divers exemples
& de jolis fragments de Poésie, que sa mémoire
lui rappelloit dans l'occafion, & dont il se servit à
orner ses Réflexions, à mesure qu'il les jettoit
sur le papier. Un Libraire ayant entendu parler des Pensées
que le Comte d'Oxenstirn recueilloit, s'en procura une Copie
& les imprima. Le nom de l'Auteur excita la curiosité :
dans toutes les Cours d'Allemagne, on voulut savoir comment il
s'y prenoit à philosopher. La lecture de ces Pensées
produisit une véritable estime pour la solidité
de son esprit. On fut charmé de voir un galant homme,
qui avoit fait une figure brillante, & goûté
tout ce que les plaisirs peuvent avoir de plus séduisant,
se faire une sérieuse occupation de détromper ceux
qui y cherchent un bonheur que les délices ne donnent
pas réellement. Sur-tout on fut édifié du
grand respect qu'il témoigne continuellement pour Dieu
& pour la Religion. On trouve par-tout un Philosophe qui
cherche dans la nature-humaine toutes les ressources dont elle
est capable pour nous délivrer de l'esclavage des vices.
Mais comme il connoît l'insuffisance de ce remede, il ne
manque point de recourir aux secours surnaturels, & ne rougit
point de parler de Dieu, du Paradis, de l'Enfer, comme feroit
un Missionnaire. Ce n est point un homme à qui les Ecclésiastiques
aïent inspiré un aveugle dévoüement pour
leur sistème ; il connoît leurs défauts,
& les marque d'une encre assez forte en bien des endroits
de son Livre. Mais ce qu'il trouve à reprendre dans le
Serviteur, ne diminuë point la vénération
duë au Maître, qui en est quelquefois si mal servi.
Cet Ouvrage a eu le sort ordinaire des Livres
de cette espéce, lorsqu'ils s'impriment long-tems avant
la mort de l'Auteur. Il continuë de penser ; à
mesure qu'une édition est débitée, il se
trouve sous sa main de quoi augmenter l'édition suivante.
C'est ainsi que ce Recueil, qui n'étoit d'abord qu'un
assez petit volume en gros caracteres, est parvenu à l'état
où nous le voïons. La mort de l'Auteur y a mis le
sceau.
Les Pensées diverses sont suivies
de ses Réflexions morales. C'étoit un Ouvrage
à part. L'Editeur d'Allemagne le donne pour le sixiéme
Livre de son édition ; & cependant les Pensées
diverses, qui apparemment doivent faire les cinq autres, ne sont
point divisées par Livres, mais par des espéces
de Chapitres, du moins dans son édition de 1737. &
dans celle-ci.
Il avoue une chose, qui siéra mieux
dans cet Avertissement que dans le sien. Je suis persuadé,
dit-il, que les fautes, tant de stile que d'impression, qui
fourmillent dans les éditions qui ont paru jusqu'ici,
en ont souvent fait interrompre la lecture, pour murmurer contre
les Editeurs. J'ajoûte que j'ai vu quantité
de gens si rebutez par l'ortographe maussade & dégoûtante
qui régne dans toutes les éditions de ce Livre
en Allemagne, sans en excepter celle de 1737. qu'ils en ont quitté
la lecture dès la premiére page, plutôt que
d'exposer leurs yeux au supplice continuel de voir des mots défigurez
& presque méconnoissables. Ne persuadera-t-on jamais
aux Etrangers, qui aiment si passionnément notre Langue,
qu'ils doivent l'apprendre telle qu'elle est, sans se donner
la liberté d'en ajuster l'ortographe à leur prononciation
vicieuse ? Que diroient-ils d'un François qui feroit
imprimer un Livre Allemand dans le goût de l'ortographe
& de la prononciation Françoise ? Qu'ils se disent
à eux mêmes ce qu'ils auroient raison de lui dire :
Hureux, interonpre, légèr,
télement, & une infinité d'autres mots,
seroient aussi ridicules dans la prononciation que dans l'ortographe ;
& quand un homme, fut-il François prononce ainsi ;
on peut dire, sans lui faire tort, qu'il prononce mal. Passons
à quelque chose de plus solide.
Le stile de l'Auteur n'est pas fort pur ;
c'est le langage d'un étranger qui se fait entendre, &
qui ne cherche que les choses, sans trop s'embarrasser de l'élégance.
Je ne me suis pas piqué de la lui donner ; il y auroit
eu trop à faire, je suis même persuadé qu'un
Livre comme le sien n'en a pas besoin : Montagne,
malgré son vieux stile, a encore aujourd'hui des Lecteurs,
à cause du vrai & du bon qu'ils admirent dans son
Livre : on pourroit appeller le Comte d'Oxenstirn le Montagne
du Septentrion. Le François & le Suédois
emploïent tout leur esprit à guérir l'homme
de sa vanité, à l'humilier, en lui faisant voir
ses foiblesses. Mais le Suédois mérite moins le
reproche qu'on a fait au François, d'avoir disposé
ses Lecteurs à une certaine indolence pour les objets
de la Foi Chrétienne ; au contraire, il ne manque
pas une occasion de l'exciter ; il la cherche même,
& la fait venir avec une espece d'affectation, qui ne plaira
point à ceux qui prennent l'irréligion pour la
philosophie du bon sens. Il semble que l'Auteur ait pris pour
lui ce mot de st. Paul à Timothée, Epit. II.
Chap. IV. vers. 2. Insta opportunè, importunè.
Mais pour ne parler que de son stile, il y avoit des endroits
fi négligez, qu'ils en devenoient obscurs, ou désagréables ;
il n'a fallu quelquefois que substituer un mot plus françois
& qui répondît mieux au sens de l'Auteur ;
quelquefois aussi il ne s'est agi que de transporter les mots
d'une phrase pour leur donner un ordre plus net & plus naturel.
La Langue Latine & l'Italienne étoient
familieres à l'Auteur, aussi bien que la Françoise.
De là ces fréquentes citations de vers Latin, de
proverbes Italiens & de morceaux de Poésie Françoise,
qu'il enchasse à mesure que sa mémoire les lui
fournit. Quantité de vers Latins étoient imprimez
sans distinction, comme si ç'eût été
de la prose ; plusieurs étoient estropiez, &
il a fallu avoir recours aux originaux pour les rétablir.
L'Auteur plus attentif au sens qu'à la mesure du vers,
s'embarrassoit peu des pieds & des régles de la quantité.
J'ai pris soin de réparer cette faute : mais à
la page 162 vol. 1. il en est resté une, qu'on n'auroit
pu rétablir qu'aux dépens de la citation même.
Le Comte veut faire dire à Ovide que l'Antiquité
n'a pas su tout ce que l'on sait aujourd'hui, & que l'expérience
ne vient qu'avec le tems. Voici comment il rapporte ce passage
d'Ovide.
--- Nam omnia grandior
aetas,
Nos quae scimus habuis, feris
venit usus ab annis.
Il ne faut que savoir un peu scander, pour
voir qu'Ovide ne sauroit avoir fait le second Vers tel qu'il
est ici. Voici le passage comme il se trouve dans les Métamorphoses,
Livre VI. vers 28. & 29.
Non omnia grandior aetas
Quae fugiamus habet. Seris
venit usus ab annis.
C'est à dire, la vieillesse n'est pas
méprisable en toutes choses, du moins elle donne de l'expérience.
Ou, pour le dire en vers François, comme Thomas Corneille,
qui a bien exprimé les sens d'Ovide,
La vieillesse n'est pas
tout à fait méprisable,
Lui dit-elle, & des ans
on tire au moins ce fruit,
Que souvent la prudence est
un don qui les fuit.
Mais ce sens n'auroit pas été
celui dont le Comte avoit besoin, pour faire dire à Ovide
la même chose qu'il venoit de dire. Il l'a changé,
& j'ai cru pouvoir lui laisser ce mauvais vers en avertissant
le Lecteur.
Comme l'Auteur écrit avec une entière
liberté, il ne se gêne en rien. Il badine même
par des jeux de mots qu'il faut lui passer. Il se plaît
à faire aux vices des généalogies, qui ont
quelque chose de plaisant en certains endroits. C'est un homme
au coin de son feu, qui s'entretient avec lui même. Il
s'attend bien que le Public lira ce qu'il fait : il parle
quelquefois de son Lecteur ; mais il lui donne ses Pensées
comme elles lui viennent. Il ne s'amuse point à fondre
ses idées, à les faire naître l'une de l'autre,
à leur donner un arrangement avantageux. C'est un fard
qu'il dédaigne. Une pensée est vraie, elle est
utile par l'influence qu'elle peut avoir sur ce qui a besoin
de correction dans l'homme, cela suffit.
Il met de tout dans son Livre : il va
même jusqu'à l'érudition. Il est vrai que
ce n'en est point la partie dominante, & que son Recueil
pourroit s'en passer sans rien perdre de son prix : mais
ne peut on point excuser un homme de qualité, qui pour
diversifier ses réflexions, se rappelle des traits d'érudition
qui l'amusent & font diversion à ce qu'il y a de sérieux
dans l'ob jet qui l'attache le plus souvent ? J'y voudrois
plus d'exactitude, ou du moins qu'il eût indiqué
les sources, afin qu'on eût pu réparer les fautes
de fa mémoire, à laquelle il se fie un peu trop
en ces sortes de matieres. J'avouë que je lui souhaiterois
aussi un peu plus d'équité dans ce qu'il dit de
Diogene & de Cicéron. Mais ce sont des jugements qu'il
n est pas permis de réformer, quoiqu'on soit bien éloigné
d'y souscrire ; ce ne sont point mes Pensées ni celles
du Public, mais celles du Comte d'Oxenstrn que le titre annonce.
En récompense il y a tant de pensées
solides, & dont on peut faire un usage journalier pour la
conduite de la vie en tous états, que pour peu d'inclination
qu'on ait pour la sagesse & pour la vertu, on ne regrettera
point la lecture de ce Livre, & on y trouvera au contraire
presque à chaque page mille choses dont on peut tirer
un profit solide.
75 euros (code de commande
: 18338).
OZ
(Amos) Scènes de vie villageoise. Nouvelles. [Titre original : Tmounot
Mekhayeï Hafkar.] Traduit de l'hébreu par Sylvie
Cohen. Paris, Gallimard, 2009. In-8° collé sous jaquette,
203 p., (collection « Du Monde Entier »),
exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
Nous
voici à Tel-Ilan, un village centenaire fondé par
les pionniers bien avant la création de l'État
d'Israël. Une petite communauté y vit entourée
de vignes et de vergers, et la vie semble s'écouler paisiblement.
Depuis quelque temps pourtant, les gens de la ville envahissent
les rues du bourg au moment du shabbat et, avec eux, la spéculation
immobilière et la vulgarité. Mais Pessah Kedem,
ancien membre de la Knesset, est un vieillard inquiet pour d'autres
raisons. Il n'aime pas le jeune étudiant arabe que sa
fille Rachel héberge dans l'annexe au fond de la cour
et, surtout, il est convaincu que quelqu'un creuse sous sa maison
la nuit. L'agent immobilier Yossi Sasson, lui, convoite depuis
longtemps la maison de Batya Rubin, une des plus vieilles du
village, et lorsque la fille de la propriétaire l'invite
non seulement à la visiter de fond en comble, mais se
montre très affectueuse à son égard, il
croit déjà toucher au but. Sauf que... Kobi Ezra,
lui, cherchée surmonter la timidité de ses dix-sept
ans pour séduire la jolie bibliothécaire du village,
pendant que Gili Steiner, médecin remarquable et célibataire
endurcie, attend en vain l'arrivée de son neveu Gideon,
dont elle a pourtant cru trouver le manteau dans le dernier car
arrivé de la ville. Quant au maire du village, Béni,
il ne comprend pas pourquoi sa femme lui a fait remettre une
note contenant seulement ces mots : « Ne t'inquiète
pas pour moi »...
En huit nouvelles qui se lisent comme un roman,
Amos Oz fait surgir une société villageoise imaginaire.
Un décor unique et des personnages récurrents lui
permettent de tendre un miroir à nos passions, nos doutes,
nos misères et nos joies. Son écriture oscillant
entre tendresse, mélancolie et âpreté serre
de très près la fragilité de nos vies, et
sa manière subtile de nous plonger dans une comédie
humaine, certes très israélienne mais surtout universelle,
confirme une fois de plus son immense et incomparable talent.x
9 euros (code de commande
: 18344).
OZ
(Amos) La troisième sphère. [Titre original : HaMatsav HaChelichi.]
Traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen. Paris, Calmann-Lévy,
1993. In-8° collé, 311 p., petits plis à
la couverture, exemplaire dédicacé par l'auteur.
En quatrième
de couverture :
Fima
ne peut faire l'amour sans redouter une procréation coupable,
ne peut s'entendre avec son père sans pour autant oser
l'affronter, ne peut revoir son ex-femme sans immédiatement
la désirer. Réceptionniste dans une clinique gynécologique,
Fima vit entre le rêve et la douleur. Et c'est sur deux
versants qu'il tente de rejoindre une réalité moins
somnambulique : la recherche d'une sorte d'illumination
et le soulagement des souffrances du monde (celles de la gauche
libérale impuissante, celles des femmes torturées
par leur propre corps, celles des victimes de l'Intifada, celles
du chien martyrisé par les enfants du quartier). La « troisième
sphère » est la conjonction miraculeuse de
ces ambitions en apparence contradictoires.
Ce roman pourrait avoir pour sous-titre :
« Six jours de la vie ordinaire de Fima ».
Le sixième jour, marqué par la mort du père,
consacre une rupture définitive dans l'ordre de l'existence
et ouvre un accès à la « troisième
sphère ». Mi-prophète, mi-bouffon, Hamlet
sans royaume, Fima est la métaphore de ce passage vers
le sens d'une vie. Ou, pour reprendre la merveilleuse description
par Nabokov des personnages de Tchekhov, « un homme
bon qui ne peut rien faire de bon ».
13 euros (code de commande
: 18342).
Peinture
et écriture. Paris,
La Différence, 1996. In-8° broché, 274 p.,
illustrations en noir et en couleurs, (collection « Traverses »,
n° 1).
En quatrième
de couverture :
Ce
livre est le résultat d'une réflexion conduite
par l'équipe de recherches Traverses dans le cadre
d'un colloque sur les points de rencontre de l'écrit et
de la forme plastique du XVIe au XXe siècle.
En ouverture place a été faite
à la réflexion théorique. Une première
partie s'intéresse à l'emblématique et au
portrait du domaine hispanique à l'époque classique.
Les chapitres suivants ouvrent plusieurs perspectives, celle,
par exemple, de l'écrivain qui décrit l'indescriptible
de la peinture, celle de l'inscription dans la peinture, ou encore
celle de l'émergence du poème expérimental
dans l'uvre plastique.
Ces pages représentent pour l'équipe
Traverses l'étape fondatrice, « le pont
traversé », qui, à la lecture de Michel
Butor et sous l'égide de l'enseignement de Louis Marin
s'avérera, on l'espère, féconde.
Table des matières :
Ouverture, par Montserrat Prudon.
Thème : Peinture et écriture.
- Peinture et écriture,
par Jacques Neefs.
- Herbes et striures
dans la peinture et la littérature du XXe siècle,
par Jean-Pierre Mourey.
- Le signifié
de la forme : un aspect, par Dolors Oller.
Variations.
I. Utpictura.
- L'emblème
au Siècle d'Or ou la métaphore oubliée,
par Christian Bouzy.
- « Muta
poesis », emblèmes laudatifs en l'honneur de
la Vierge Marie, par Emilia Montaner.
- Image et texte
: l'expression du sacré, par Pierre Civil.
- Contemplation de
la Madeleine, par Line Amselem.
II. Rafale d'air pur.
- Sur le méditerranisme
: quelques notes, par Narcis Comadira.
- Salvador Dali :
de la peinture à la littérature, par Vicenç
Santamaria.
- « La
peau de la peau » ou le poète dit le peintre
(J. V. Foix/J. Ponç), par Montserrat Prudon.
- Manuel Machado
et la peinture, par Evelyne Martin-Hernandez.
- Guillermo de Torre
et l'uvre de Robert Delaunay, par Laetitia Branciard.
- La poésie
cubiste de Gerardo Diego : un exemple, par Maria Angeles
Hermosilla Alvarez.
- La contre-écriture
poétique en Espagne, par Felipe Muriel Duran.
III. Incroyables Florides.
- L'objet prend la
parole, par Nuria Oliver.
- Stendhal et le
Corrège : Le sublime « immobile », par
Marie-Rose Guinard-Corredor.
- De l'image au texte
(à partir du « Partage des eaux » d'Alejo
Carpentier), par Anna Vetter.
- Oswald de Andrade
et Tarsila do Amaral : un pèlerinage poétique
et pictural aux sources du Brésil, par Lucette
Petit.
Da Capo : écrire sur l'art ?
- Interventions de Montserrat
Prudon, Isabelle Monod-Fontaine, Pierre Léglise-Costa,
Alex Susanna, Pierre Cabanne.
- Débat.
Finale.
- Jean Paulhan : «
Le pont traversé », par Jean-Paul Pilotaz.
Biobibliographie succincte des auteurs.
13 euros (code de commande
: 18331).
PEREGALLI
(Roberto) La Cuirasse brodée. Les Grecs et l'invisible.
[Titre original : La Corazza ricamata.] Traduit
de l'italien par Todaro Tradito. Illustrations de Pierre Le-Tan.
Paris, Le Promeneur, 2009. In-12 broché, 177 p.,
(collection « Le Cabinet des Lettrés »),
bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
Pour
Homère, pour les présocratiques, pour Hérodote,
pour Hippocrate, la connaissance concerne le visible, elle équivaut
à voir ou, mieux, à dévoiler ce qui en réalité
est déjà manifeste.
À partir de Platon, au contraire, il
ne s'agit plus de rendre évident ce qui se cache à
la surface, mais de s'attacher à scruter cet invisible,
auquel s'identifie le vrai, et qui renvoie à sa vacuité
la tromperie du visible. C'est une révolution complète,
où se perd la notion originaire de vérité
comme dévoilement.
À travers l'évocation des mystères
de la Grèce archaïque, du mythe d'dipe où
les thèmes de la vue et de la cécité jouent
évidemment un rôle central ainsi que
de celui des Sirènes, ce livre s'interroge sur le rapport
essentiel qui noue le savoir et le voir, remontant aux racines
anciennes de problématiques qui sont toujours les nôtres.
À mi-chernin de la philosophie et de
la littérature, cet essai à l'érudition
légère et rigoureuse est accompagné de douze
illustrations originales de Pierre Lé-Tan, spécialement
exécutées pour ce volume.
12 euros (code de commande
: 18333).
PERROY
(Edouard) La terre et les paysans en France aux XIIe
et XIIIe siècles. Explications
de textes. Paris, Société
d'Édition d'Enseignement Supérieur, 1973. In- 12
collé, 306 p., (collection « Regards sur
l'Histoire », n° 21), exemplaire en très
bel état.
Avant-propos :
La
terre et les paysans aux XIIe et XIIIe siècles. Il
est peu de sujets qui s'adaptent mieux à la méthode
de l'explication de textes, épreuve récemment introduite
à l'agrégation masculine d'histoire, mais dont
les enseignements peuvent également servir d'illustration
aux exercices plus formels de la dissertation écrite ou
de la leçon orale. En l'absence de monographies régionales
suffisamment nombreuses ou satisfaisantes, on ne récrira
pas de longtemps, même pour une période limitée
à deux grands siècles d'expansion rurale, les Caractères
originaux de Marc Bloch. Au reste, comment, sinon par l'analyse
détaillée des textes, appuyée par l'étude
du terroir sur la carte, traiter de façon concrète
des problèmes que posent la structure des communautés
rurales, la répartition des cultures et le plan du parcellaire,
les techniques agraires, les niveaux de vie, les incapacités
juridiques et les charges économiques ?
L'auteur aurait voulu choisir ses exemples
non seulement dans toutes les décennies de cette longue
période, mais dans les régions les plus diverses
de la France, afin que pût s'ouvrir tout grand l'éventail
des variétés régionales et que ressortissent
pleinement les contrastes des structures sociales et des genres
de vie. Le temps lui a manqué pour une prospection vraiment
méthodique. Il a dû se borner aux régions
dont il avait, de façon plus ou moins approfondie, une
connaissance préalable : en fait, le Nord de la France,
le Bassin parisien, les régions centrales et orientales
du Massif central. On trouvera peut-être qu'une part trop
grande a été faite à ces dernières
régions, notamment à la collection des Chartes
du Forez. Cette partialité est sans doute inexcusable.
Du moins s'est-il efforcé d'illustrer par des textes les
aspects les plus importants de la vie paysanne et d'aborder les
questions qui se posent à son propos. Le choix ni l'ordre
des commentaires n'ont été laissés au hasard.
9 euros (code de commande
: 18371 - vendu).
PETISKA
(Eduard) Mythes et légendes de la Grèce
antique. Traduction par
Alain Gründ. Illustrés par Zdenek Sklenar.
Paris, Gründ, 1976. In-4° sous reliure et jaquette d'éditeur,
188 p., illustrations en couleurs, (collection « Légendes
et Contes de Tous les Pays »), ex-libris manuscrit
à la page de garde.
Sur la jaquette :
Depuis
quelque vingt-cinq siècles, la mythologie grecque n'a
cessé de délivrer un merveilleux message légendaire
et épique à l'Occident et même à de
nombreux pays d'Asie. De l'Antiquité à nos jours
combien d'artistes et écrivains trouvèrent leur
inspiration dans les mythes grecs ! Et une grande partie
des contes populaires européens ou arabes ne constituent
que de géniales variations sur des épisodes de
la mythologie grecque (beaucoup de héros, figurant dans
les grands cycles légendaires ou dans des récits
folkloriques, sont les descendants directs d'Héraclès,
de Thésée ou de Jason : Sindbad le Marin
dans les Mille et Une Nuits prolonge
l'Odyssée d'Ulysse). Les Grecs avaient un sens
instinctif du sacré ; c'est pourquoi ils divinisèrent
la nature entière et expliquèrent les phénomènes
les plus surprenants par l'intervention des dieux, des demi-dieux
et des héros. Mais leurs dieux, qui volontiers se mêlent
aux affaires terrestres, ressemblent beaucoup aux hommes :
immortels et magnifiques, ils ont toutes les passions des êtres
humains ; et les héros restent toujours malgré
le milieu surnaturel où s'accomplissent leurs aventures
des hommes. Sans exagération aucune, l'on peut dire que
tout figure dans la mythologie grecque ou dans l'Iliade
et l'Odyssée. Ces mythes sont demeurés si
vivants que de nombreuses expressions littéraires ou orales
les rappellent : le supplice de Prométhée,
la chute de Phaéton, les malheurs d'Orphée, la
conquête de la Toison d'or, les douze travaux d'Héraclès,
le labyrinthe du Minotaure, le lit de Procuste, la piété
d'Antigone, la colère d'Achille, le chant des Sirènes,
aller de Charybde en Scylla, etc...
L'ouvrage, Mythes et légendes de
la Grèce antique, ne prétend pas recenser tous
les récits mythologiques (il faudrait pour cela plus d'un
volume), mais se propose de rendre accessibles à des jeunes
lecteurs les plus beaux et les plus représentatifs des
contes grecs inspirés par la mythologie et les chefs-d'uvre
d'Homère. Nous ne doutons pas que tous les lecteurs seront
sensibles à cette poésie éternelle de la
mythologie grecque.
15 euros (code de commande
: 18341).
PETRI
(Franz) Die Niederlanden (Holland und Belgien) und
das Reich. Volkstum,
Gaschichte, Gegenwart. Bonn,
Ludwig Röhrscheid Verlag, 1940. In-8° broché,
56 p., 4 carte in fine (dont trois à déplier),
(collection « Veröffentlichung des Instituts
für geschichtliche Landeskunde der Rheinlande an der Universität
Bonn »), on joint deux lettres du capitaine-commandant
Ed. Michaux qui donne des information à propos de ce livre,
bel exemplaire.
Postface :
Die
Schrift wurde abgeschlossen Ende April 1940.
Zwischen der Niederschrift der vorstehenden
Zeilen und ihrem Erscheinen liegen Ereignisse, deren weltbewegende
Wucht uns noch alle im Bann hält. Die in diesen entscheidungsschweren
Tagen von Holland und Belgien eingenommene Haltung fügt
sich ganz in das von uns gezeichnete Bild, läßt aber
auch die bisher verfolgte Außenpolitik der beiden Staaten
in einem neuen Lichte erscheinen. Auf die dadurch aufgeworfenen
Probleme einzugehen, ist für die Wissenschaft noch verfrüht.
Deshalb möge die Schrift in der vor dem 10. Mai festgelegten
Form hinausgehen. Sie möchte den Deutschen einführen
in das Verständnis der beiden uns in so neuer Form nahegerückten
Nachbarländer und zugleich einen Dienst tun für die
von uns erhoffte innere Wiederbegegnung zwischen den Niederlanden
und dem Reich in einem erneuerten Europa.
Extrait des lettres du capitaine Michaux :
« Ce matin [30 octobre 1946],
j'ai trouvé tout à fait par hasard une brochure
du sinistre Franz Petri dont vous avez certainement entendu parler
pendant la guerre (il s'est occupé de la revision de nos
manuels d'histoire). [...] Elle fut terminée en 1940,
mais pour des raisons inconnues de moi, elle ne put être
mise en vente par le gouvernement nazi. Actuellement la vente
en est aussi interdite de sorte que la brochure n'est pas dans
le commerce.
Le capitaine donne plus de détails dans
sa seconde lettre, datée du 28 novembre 1946 :
« Un jour je m'étais rendu
chez un éditeur [...] [où] j'aperçus un
tas de brochures. C'était l'ouvrage de Petri. Je demandai
donc si l'ouvrage était en vente on me répondit
que non et l'on me raconta ce qui suit. L'ouvrage sortit de presse
peu de temps après l'invasion allemande en Belgique. Par
ordre du docteur Goebel la vente fut interdite pour raison d'opportunité
politique. C'était un ordre venant de Berlin et signé
Goebel. La chose fut ensuite perdue de vue et resta ainsi jusqu'à
l'arrivée des Américains. Le professeur Steinbael
décida alors que la vente sera définitivement interdite,
du reste les Américains ne l'aurait pas permis. En conséquence
le professeur a décidé que toute l'édition
sera détruite et ne sera jamais mise en vente, il a du
reste défendu d'en vendre un seul exemplaire. Donc vraisemblablement
cette étude sera plus tard ultra rare. »
40 euros (code de commande
: 18362 - vendu).
PIRENNE
(Henri) Bibliographie de l'histoire de Belgique. Catalogue méthodique et chronologique
des sources et des ouvrages principaux relatifs à l'histoire
de tous les Pays-Bas jusqu'en 1598 et à l'histoire de
Belgique jusqu'en 1914. Troisième
édition revue et complétée avec la collaboration
de Henri Nowé et Henri Obreen. Bruxelles,
Lamertin, 1931. In-8° broché, VIII, 440 p., exemplaire
non coupé et à l'état de neuf.
Préface :
Depuis
quelques années la deuxième édition de cet
ouvrage publiée en 1902 était épuisée
et l'on en demandait une troisième. Surchargé de
besogne, j'aurais sans doute attendu longtemps avant d'entreprendre
la révision que m'imposait comme un devoir le désir
des travailleurs, si je n'avais eu la bonne fortune de rencontrer
en MM. Henri Nowé et Henri Obreen, deux collaborateurs
suscités par une vieille amitié. Ils ont voulu
prendre sur eux la plus grande part de notre tâche commune
et ce livre est désormais leur uvre autant que la
mienne. Qu'il me soit permis de leur exprimer ici ma cordiale
gratitude pour l'abnégation avec laquelle ils se sont
acquittés, en lui sacrifiant leurs propres études,
du labeur à la fois délicat et fastidieux de remettre
au point un répertoire qu'il fallait reprendre dans toutes
ses parties.
Dans ses grandes lignes le plan de notre catalogue
est resté conforme à sa conception première,
dont une expérience déjà longue semble avoir
démontré la convenance. Son cadre continue donc
à comprendre la bibliographie sommaire de tous les territoires
ayant constitué jadis les dix-sept provinces des Pays-Bas
jusqu'au moment où l'avènement des Archiducs Albert
et Isabelle amène leur division de fait en deux États
distincts : au Nord la République des Provinces-Unies,
au Sud les Pays-Bas catholiques, ancêtres de la Belgique.
À partir de 1598, nous n'avions plus à nous occuper
que de cette dernière, sauf durant les seize années
(1814-1830) pendant lesquelles elle a constitué conjointement
avec la Hollande le Royaume des Pays-Bas. Pour les pays conquis
au XVIIe siècle par la France, l'Artois, le Cambrésis,
la Flandre wallonne et les parties méridionales du Hainaut
et du Luxembourg, ils cessent de même d'être représentés
dans notre ouvrage à partir de leur annexion. Enfin la
répartition des matières par périodes n'a
subi non plus aucun changement d'importance.
Des modifications qui, nous l'espérons,
sont des améliorations, ont cependant été
introduites.
Tout d'abord le développement de plus
en plus actif des études d'histoire contemporaine nous
a imposé l'obligation d'embrasser la période délimitée
par la révolution de 1830, à laquelle s'arrêtaient
les éditions précédentes, et la guerre de
1914. Peut-être une quatrième édition franchira-t-elle
quelque jour ce terme. En ce moment, il eût été
impossible de filtrer la bibliographie surabondante de l'époque
chaotique qui y débute.
Quand au classement des ouvrages, il a été
assez sensiblement transformé. Nous avons cru en effet,
qu'il était plus pratique de grouper sous les rubriques
de la première partie tous les titres qui s'y rapportent
plutôt que de continuer à n'y faire figurer que
les travaux de portée générale et à
éparpiller les autres à travers les divisions chronologiques
de la deuxième partie. Quelle que soit l'époque
dont ils traitent, on trouvera donc rassemblés dans les
paragraphes relatifs à l'histoire du droit, à l'histoire
constitutionnelle, à l'histoire économique, à
l'histoire ecclésiastique, à l'emploi des langues
nationales et à l'histoire littéraire, à
l'histoire de l'enseignement, à l'archéologie,
à l'histoire de l'art et à l'histoire de l'imprimerie
tous les renseignements afférents à ces sujets.
Il nous a paru que cette répartition faciliterait beaucoup
les recherches de ceux dont l'étude s'attache non point
à une période déterminée, mais à
une manifestation particulière de la vie sociale. Ils
trouveront ainsi, de prime abord, tout ce qui les concerne. Des
chiffres de concordance insérés dans la partie
chronologique renvoient d'ailleurs aux ouvrages de la partie
générale qui intéressent chaque époque.
Nous nous sommes décidés à
ne plus faire figurer en tête de nos paragraphes, l'indication
des paragraphes correspondants des bibliographies trop généralement
connues de Dahlmann-Waitz et de G. Monod. Nous ne pouvions songer
d'autre part à mentionner tous les répertoires
étrangers dont l'histoire de Belgique exige, suivant les
époques, l'utilisation. Dans l'état actuel de l'outillage
scientifique, le lecteur quelque peu averti n'éprouvera
aucune peine à s'en procurer les titres.
Si soucieux que nous ayons été
de nous renfermer dans le domaine de la bibliographie choisie,
nous n'avons pu empêcher notre livre de passer des 2586
numéros qu'il comprenait dans la deuxième édition,
à 4151. C'est beaucoup sans doute et quelques-uns ne manqueront
pas de penser que c'est trop. Mais il faut observer que nous
avions à tenir compte de la production de vingt-huit années
qui ont été extraordinairement fécondes.
Au surplus, il était préférable de donner
trop plutôt que trop peu. Nous n'avons pas hésité
à accueillir des travaux de valeur scientifique médiocre
quand il nous a semblé qu'ils apportaient des renseignements
utiles. Nous n'ignorons pas d'ailleurs que tout choix est affaire
personnelle et attire nécessairement la critique. Si l'on
nous reproche de n'avoir pas toujours bien fait, nous avons du
moins la conviction d'avoir fait de notre mieux.
L'impression de notre ouvrage a duré,
pour des raisons complètement indépendantes de
notre volonté, beaucoup plus longtemps que nous ne l'avions
supposé. Le volume aurait dû paraître en 1930
et nous avions en conséquence arrêté nos
dépouillements à la fin de 1929. Le retard qu'il
a éprouvé nous a obligés d'y insérer
les titres des travaux les plus importants parus pendant son
long séjour sous la presse. Quelques rectifications et
additions de la dernière heure ont été rassemblées
dans un appendice.
25 euros (code de commande
: 18365 - vendu).
Revue
du Nord. Tome LXXVII - n° 310 - avril-juin 1995.
Noblesse et entourage princier dans les Pays-Bas à
la fin du Moyen Âge.
Villeneuve d'Ascq, Revue du Nord, 1995. In-8° collé,
[245] p.
Table des matières
:
- Avant-propos,
par Marie-Thérèse Caron.
- Articles.
- Une famille au
service de l'État bourguignon naissant. Roland et Jean
d'Uutkerke, nobles flamands dans l'entourage de Philippe le Bon,
par Marc Boone.
- Les malversations
commises par le receveur général Martin Cornille
à la cour de Philippe le Bon d'après l'enquête
de 1449, par Holger Kruse.
- Jacques de Brégilles,
garde-joyaux des ducs de Bourgogne Philippe le Bon et Charles
le Téméraire, par Jacques Paviot.
- Les Portugais dans
l'entourage de la duchesse de Bourgogne Isabelle de Portugal
(1430-1471), par Monique Sommé.
- Baudouin de Bourgogne
(v. 1446-1508), bâtard, militaire et diplomate. Une carrière
exemplaire ?, par Jean-Marie Cauchies.
- Les jeux d'influence
et le patronage local de la haute noblesse dans le choix des
titulaires de cures en Brabant du Nord (XVe-XVIe siècles),
par Arnoud-Jan Bijsterveld.
- Le renouvellement
de l'échevinage à la fin du Moyen Âge : l'exemple
de Lille (1380-1500), par Denis Clauzel.
- Le prince et la
noblesse dans la châtellenie de Lille à la fin du
XVe siècle : un exemple de la plus grande emprise de l'État
sur les élites locales ?, par Hans Cools.
- Enquête sur
la noblesse du bailliage d'Arras à l'époque de
Charles le Téméraire, par Marie-Thérèse
Caron.
- Soutenances de thèse.
- Catherine Dherent,
Abondance et crises. Douai ville frontière, 1200-1375,
exposé liminaire par l'auteur et compte rendu de la discussion
par Bernard Delmaire.
- Monique Sommé,
Isabelle de Portugal, duchesse de Bourgogne, une femme au
pouvoir au XVe siècle, présentation liminaire
par l'auteur et compte rendu de la discussion par Bernard
Delmaire.
Comptes rendus.
- Paul Alphandery
et Alphonse Dupront, La chrétienté et
l'idée de croisade, par H. Platelle.
- Arras au Moyen
Âge. Histoire et littérature, textes réunis
par M.-M. Castellani et J.-P. Martin, par E.
Gaucher.
- Marie-Thérèse
Caron, Noblesse et pouvoir royal en France. XIIIe-XVIe
siècle, par Monique Sommé.
- R.C. Famiglietti,
Tales of the mariage bed from Medieval France (1300-1500),
par Marie-Thérèse Caron.
- Marie-Christine
Bailly-Maître et Joëlle Bruno Dupraz, Brandes-en-Oisans.
La mine d'argent des Dauphins (XIIe-XIVe siècles),
par Jean-Claude Hocquet.
- Bertrand Schnerb,
Bulgnéville (1431) l'État bourguignon prend
pied en Lorraine, par Marie-Thérèse Caron.
- J. Dufournet,
Philippe de Commynes. Un historien à l'aube des temps
modernes, par E. Gaucher.
13 euros (code de commande
: 18364 - vendu).
RIVIÈRE
(Jean) et BEAUCAMP (Louis) Ellezelles. Coups d'il sur son passé. Préface de Jean Dugnoille. [Renaix],
Dubar, 1995. In-8° broché, 523 p., illustrations,
feuillet volant d'errata, exemplaire en très bel état.
Avant-propos :
En
cette fin de siècle, c'est, symboliquement, un chapitre
de notre histoire qui s'achève et ce sont les jeunes d'aujourd'hui
qui seront les spectateurs, voire, pour certains, les premiers
acteurs du début de ce troisième millénaire
se profilant à l'horizon.
Nous n'avons pas l'intention, ni surtout la
prétention de jouer aux historiens, même en nous
limitant, comme nous l'annonçons dans le titre, à
ce qui se rapporte à notre seul village d'Ellezelles.
D'autres que nous se sont déjà
attelés à cette tâche et ils l'ont d'ailleurs
très bien fait en publiant certains ouvrages dans lesquels
nous avons parfois et par la force des choses, puisé certaines
de nos informations. D'autres en ont abordé, avec talent,
des aspects bien particuliers, qu'ils ont largement développés
et illustrés. L'ensemble de ces travaux forme déjà
une synthèse, chronologique ou thématique, de ce
qui constitue une partie de notre passé. Si nous avons
voulu y ajouter ce que nous avons appelé nos « Fragments
d'histoire », c'est pour poser un regard moins rigoureux
sur les gens et les choses et les voir aussi sous un angle plus
anecdotique. En pratiquant de la sorte, nous avons essayé
d'échapper à la rigueur, qui doit caractériser
les travaux des véritables historiens. Nous ne sommes
pas des scientifiques mais nous nous sommes efforcés de
ne traiter que le concret sans jamais dénaturer le moindre
événement et sans entrer dans le roman, l'imaginaire,
le chimérique, le fabuleux ou le fantastique.
Nous avons donc cru faire uvre utile
en analysant, à notre façon, les institutions,
les murs et les coutumes de nos ancêtres tout en
sortant de l'oubli ou en les mettant en évidence
quelques histoires, personnages, voire personnalités locales
qui, selon nous, le méritaient.
Nous avons la chance d'avoir été
précédés dans nos recherches par d'autres
amoureux de notre village et, en particulier, par Emmanuel Degand,
qui eut l'immense mérite de rassembler dans une série
d'ouvrages tout ce qui a marqué notre histoire locale
jusqu'à la première guerre mondiale. Il va de soi
que nous avons trouvé, dans cette importante documentation,
de nombreux renseignements, dont nous nous sommes évidemment
servis. Nous en avons même parfois transcrit certains pour
ne pas les sortir de leur contexte et en faire profiter nos lecteurs,
qui n'ont pas eu l'occasion de lire ces livres devenus très
rares.
Comme nos observations, personnelles ou puisées
à diverses autres sources, sont toutes basées également
sur des faits réels, l'ensemble de nos annotations forme
un complément d'histoire, si pas exhaustif, de notre village,
du moins de certains événements parmi les plus
curieux ou les plus insolites de notre passé.
Volontairement, nous avons éludé
deux sujets qui nous semblaient ne pas devoir s'insérer
dans notre travail parce que ressortissant de domaines bien particuliers.
Ce sont d'abord les récits de guerres, qui ont fait l'objet
de travaux spécifiques tels que Sur la guerre en Belgique
de 1914 à 1918 par E. Degand et Le Mémorial
ellezellois publié, en quatre volumes, sous l'égide
du C.R.P.H.E. Quant à la politique, nous n'avons pas pu
l'éviter totalement du fait qu'elle est la base même
de toute vie-en société mais nous ne l'avons abordée
que vue sous l'angle anecdotique, laissant l'analyse pure à
nos concitoyens Gérard Duthye et Jean Haustrate dans la
première partie de leur ouvrage intitulé Ellezelles
et ses administrateurs et son aspect passionnel aux hommes
politiques eux-mêmes et aux chroniqueurs spécialisés.
Si nous avons parsemé nos écrits
de mots et d'expressions puisés dans notre dialecte picard,
c'est que, jusqu'au milieu de notre XXe siècle finissant,
ce savoureux patois était la langue véhiculaire
unique de la toute grosse majorité de nos concitoyens.
Il nous a semblé, dès lors, loin d'être inutile
de tenter de participer, en en laissant des traces écrites
peut-être les dernières
à la sauvegarde de ce précieux héritage
de notre passé voué à une disparition inéluctable.
Il en sera de même des sobriquets, que
nous évoquerons au passage pour nous souvenir qu'il fut
un temps où ils exprimaient à eux seuls, dans la
vie courante, l'identité des individus. Ils reflètent
assez bien, pensons-nous, la personnalité de ceux qui
les portaient et en usaient car, comme eux, ils étaient
souvent empreints de bonhomie, parfois d'observations critiques,
toujours de bon sens, jamais de méchanceté gratuite
ni de vulgarité.
Les documents photographiques, dont nous disposons,
sont, pour la plupart, des cartes postales, dont les plus anciennes
datent du début de ce siècle. Elles font partie
de nos collections respectives résultat de
quarante années de recherches et nous sommes
heureux, l'un et l'autre, en les publiant, d'en faire profiter
le plus grand nombre. Ces premiers témoins photographiques
raviveront les souvenirs, des plus anciens et, aux plus jeunes,
ils feront découvrir leur environnement sous un aspect,
qu'ils n'ont jamais connu, et qu'ils ne connaîtront évidemment
jamais plus.
Pour mieux comprendre le sens de ce que nous
voudrions laisser comme témoignage d'une époque,
il faut savoir que les Ellezellois, vivant vers 1900, ne disposaient
d'aucun confort tel que nous le considérons aujourd'hui,
à savoir : voiture automobile, radio, télévision,
frigo, chauffage central, etc..
Si nous reculons encore de quelques générations,
pour nous reporter à l'époque où notre pays
a conquis son indépendance, il faut faire un réel
effort d'imagination pour admettre qu'il n'y avait pas d'électricité,
que nos routes campagnardes n'étaient pas pavées,
même pas notre place publique, qui ne l'a été
qu'en 1840, qu'il n'y avait évidemment pas de trottoir
ni d'eau courante, pas de transports publics hormis les diligences
qui coûtaient tellement cher que seuls quelques riches
pouvaient en user. C'est d'ailleurs en 1840, par suite de l'empierrement
du dernier tronçon de la route reliant Lessines à
Renaix, que la première diligence desservit notre localité.
Auparavant, cette même chaussée était impraticable
une bonne partie de l'année. Ajoutons qu'à cette
époque, les allumettes n'existaient pas et qu'il n'y avait
pas de vitres aux minuscules fenêtres des maisons pauvres...
!
« On sait mieux
où on va quand on sait d'où on vient. »
« Quand on ne
connaît pas son passé, on compromet son avenir. »
Si ces dictons restent toujours d'actualité
et nous ne voyons pas pourquoi il en irait autrement
à l'avenir nous aurons peut-être fait
uvre utile pour les générations prochaines
en rédigeant, à leur intention le résultat
de recherches et d'observations, que nous avons voulues pour
leur documentation et leur agrément fouillées
et généreusement illustrées.
Si, de surcroît, ceux qui ont connu certains
aspects de nos réminiscences apprécient la façon
dont nous les avons évoquées, nous aurons la très
grande satisfaction d'avoir doublement rempli notre modeste mission.
25 euros (code de commande
: 18378 - vendu).
SANCHEZ (Nemesio) À
travers un regard. Illustrations
de Camille De Taeye. Traduction Marcel Hennart et Robert
Massart. La Louvière, Le Daily-Bul, 1995. In-4° broché,
[80] p., 20 illustrations à pleine page, édition
bilingue (espagnol - français), exemplaire numéroté
sur Fineblade Cartidge (n° 40), en très bel état.

Couverture.
25 euros (code de commande
: 18334 - vendu).
SILVESTRE
(Armand) et CLOSSET (Brigitte) Textes et peintures.
Avant-propos de Pauline
Bastin. Bruxelles, La Renaissance du Livre, 2007. In-8°
broché sous jaquette, [64] p., 13 illustrations en
couleurs à pleine page, envoi de Brigitte Closset, exemplaire
en très bel état.
Avant-propos :
Octobre
2004, ils se rencontrent... il regarde le travail, intrigué
... il critique.
Elle entend et répond par une lettre
qui désormais va les engager, les lien car ils se reconnaissent
dans un instinct commun, dans une émotion profonde de
la peinture qui va les faire se parler.
Il est question de l'ove (dont l'artiste va
féminiser le genre), mais « l'ove, est-ce une
surface ou un trait ? »...
Enigme intarissable et porteuse qui les met
au travail pour construire une amitié respectueuse et
chargée, marquée par la différence des générations
qui donne alors à la transmission toute son intensité.
Il la provoque et lui ouvre des perspectives.
Tout se passe comme s'ils savaient où
ils ont à aller Les oves s'animent en lui comme si elles
étaient temporairement sa priorité, il ne doute
plus.
Lui qui interroge sans cesse, ... Il se repose,
il s'y repose.
Elle entend bien quelque chose de son expérience,
de sa vérité, de sa vie, Ainsi, elle se les approprie
à nouveau pour mieux les faire danser; pour mieux les
remettre en péril.
Entre ces deux-là, il est bien question
d'émotions poétiques, d'existence, de sensibilité
et de création.
8 euros (code de commande
: 18335).
[TOURNAI].
Mémoires de la Société royale d'Histoire
et d'Archéologie de Tournai. Tome IX - 1997. Tournai, Société Royale d'Histoire
et d'Archéologie de tournai, 1997. In-8° broché,
295 p., illustrations, exemplaire en parfait état,
épuisé au catalogue de l'éditeur.
Table des matières
:
- Abbaye
de Saint-Nicolas-des-Prés à Chercq (Tournai) -
Rapport des campagnes de fouilles 1989-1996, par François
Baptiste, 62 p., illustrations.
- Le retour de Tournai dans le giron
espagnol en 1581, par Thierry Delplancq, 56 p.
- Tournai 1914-1918 - Chronique d'une
ville occupée. Édition des souvenirs d'Alexandre
Carette-Dutoit, par Jacqueline Delrot, 48 p.
- Bio-bibliographie d'Adrien Hoverlant
de Bauwelaere (1758-1840), par Albert Milet, 38 p.
- Un prêtre contesté Jean-Baptiste
Bonnier (1755-1838), par Albert Milet, 38 p.
- Pirage de Tournai, inventaires d'archives
communales conservées à Mons (XVIe-XVIIe siècle),
par Jacques Nazet, 10 p.
30 euros (code de commande
: 18353).
Voyez également la
page consacrée aux publications de la
Société royale d'Histoire et d'Archéologie
de Tournai.
TSVETAEVA
(Marina) Vivre dans le feu. Confessions. Présenté
par Tzvetan Todorov. Traduit du russe par Nadine Dubourvieux.
Paris, Laffont, 2005. In-8° collé, 476 p.
En quatrième
de couverture :
Marina Tsvetaeva (1892-1941) est lun
des plus grands écrivains du XXe siècle ; son destin
en est lun des plus tragiques.
La révolution d'Octobre... Le long exil,
d'abord à Prague puis en France... Une fille morte de
faim, une autre déportée vers le Goulag... L'hostilité
de l'émigration russe, l'indifférence du Paris
littéraire... Des échanges passionnés avec
Rilke et Pasternak... Un dévouement indéfectible
pour son mari, de nombreuses amours illusoires... Le retour contraint
en Union soviétique... Des appels désespérés
à Beria ou Staline... et jusqu'à son propre suicide
tout cela Marina l'a écrit, avec une minutie
poignante.
D'un bout à l'autre de son existence,
cette mécréante ne cesse de se confesser. Elle
le fait dans des lettres, adressées tantôt à
des amis proches, tantôt à des inconnus. Elle poursuit
sans relâche son monologue dans des cahiers de brouillon
et des carnets. Seule la mort brutale l'a empêchée
d'en faire un livre. Vivre dans le feu parachève
ce dessein.
Pour établir ce qui constitue une véritable
autobiographie de Tsvetaeva, mais aussi une méditation
unique sur la création, la vie des femmes et une époque
en bouleversement, Tzvetan Todorov a extrait de dix tomes d'écrits
intimes publiés en russe la matière d'un volume,
où l'on eut suivre au jour le jour le destin de cette
femme de génie.
Un chef-d'uvre de la littérature
du XXe siècle ignoré jusqu'à présent
voit enfin le jour.
13 euros (code de commande
: 18343).
[VAN
LOEY (Adolphe)]. Spel van zinnen. Album A. van Loey. Samengesteld door R. Jansen-Sieben, S.
de Vriendt, R. Willemyns. Bruxelles, Éditions
de l'Université de Bruxelles, 1975. In-8° broché,
356 p., hors texte cartes à déplier
Table des matières :
- Twee
kanttekeningen bij de Afrikaanse syntaxis, par P. Brachin.
- Diftongeerde Jan Luyken ?,
par W.J.H. Cabon.
- Een Zaans dagboek, par Jo
Daan.
- Lawaai, par A.P. De Bont.
- Westvlaamse werkwoorden op -(r) zen,
par F. Debrabandere.
- Het diminutiefsysteem in drie Zuidnederlandse
dialekten, par G. De Schutter, H. Ryckeboer,
J. Taeldeman.
- Mnl. (synen hont) poten, den pote
(corten), (aan) den voet (af) corten, corten, par F. De
Tollenaere.
- Een nominativus-cum-infinitivo in
Zuidnederlandse dialecten, par S. De Vriendt.
- A. van Loey en het begin van het
universitair naamkundig onderzoek, par H. Draye.
- Nobel die coninc hadde ghedaen /
sijn hof crayeren over al / De ontwikkeling van participium +
infinitief tot infinitief + infinitief, par A.M. Duinhoven.
- Een kleine verrassing in het Hulthemse
handschrift, par B.H. Erne.
- Uit het testament van Jouffrouwe
Anna sBrueckers, wedue Anthonis van Vaken (Mechelen, 25 augustus
1562), par R. Foncke.
- Het genus van Engelse leenwoorden
in het Duits en in het Nederlands, par G. Geerts.
- Pollites, Pirrus en Penthiseleye.
Compositietechniek in Maerlants Historie van Troyen, par
W.P. Gerritsen.
- Tesi samanuuga was edele unde scona,
par J. Goossens.
- De nominatief masculinum van de a-stammen
in het Westgermaans, par M. Gysseling.
- Brabantse oorkonden in Oudenaards
privébezit, par M. Hoebeke.
- Oude Nederlandse zeekaarten en Noorse
kustnamen, par Per Hovda et K. Langvik-Johannessen.
- Preconsonantisch AL- en OL- in het
Goederenregister van Oudenbiezen, par R. Jansen-Sieben.
- Over het adverbium (d) er in de Nederlandse
dialecten, par L. Koelmans.
- Klankverdringing en stembegunstiging
in de Limburgse tongval, par J. Leenen.
- Akke met zijn makke, par O.
Leys.
- Iets over « spookwoorden »,
par J..J. Mak.
- Oudtestamentische voornamen,
in Zeeland, par P.J. Meertens.
- Een drietal notities, par L.C.
Michels.
- Kozen en koezelen, par J.L.
Pauwels.
- Bilabiale w labiodentale v,
par W. Pee.
- Nederlands spade, Oergermaans* spaöö(ri),
par C. Peeters.
- Iets over etymologische woordenboeken,
par E. Polome.
- Nominale -s-varianten, par K.
Roelandts.
- Wat grootouders niet zien (Oogentroost
vs 623), par A. Sassen.
- Zur Reflexion der sozialen Komponente
in der Onomastik, par D. Stellmacher.
- Gruuthusiana, par C.F.P. Stutterheim.
- Nog even over gemouilleerde konsonanten
in het Aalsters, par V.F. Vanacker.
- Een omstreden assimilatie en wat
fonologische theorie, par J. Van Bakel.
- Lambert ten Kate's « Gemeenlandsche
Dialect », par B. van den Berg.
- De syntactische geschiedenis van
« toe-eigenen », par G.A. Van Es.
- Barnouw over goeie, rooie, kwaaie,
par O.B. Van Haereingen.
- Het toponiem boerenleger, par
B. Van Passen.
- Een vergeten klankwet, par A.
Weijnen.
- Aspecten van de ronding van de zachtlange
e in het (Middel) Vlaams, par K. Willemyns.
15 euros (code de commande
: 18372).
VERHAEREN (Émile) Les
heures claires. Bruxelles,
Deman, 1896. Deuxième édition. In-8° demi-chagrin
rouge à coins (quelques taches), dos à 5 nerfs,
tête dorée, couverture conservée, bel exemplaire.

Reliure et couverture.
50 euros (code de commande
: 18340yb - vendu).
VINCENOT
(Henri) La vie quotidienne des paysans bourguignons
au temps de Lamartine. Paris,
Le Grand Livre du Mois, 1993. In-8° sous reliure et jaquette
d'éditeur, 448 p., exemplaire en très bel
état.
En quatrième
de couverture :
Entre
1800 et 1900, les régimes se succèdent en France
à un rythme ahurissant l'Empire, la Restauration,
les Révolutions, les Républiques qu'accompagnent
les premiers soubresauts du progrès technique. Mais pendant
ce temps, avec souvent une grande indifférence à
l'égard de ces bouleversements nationaux, le peuple des
campagnes bourguignonnes continue à vivre les derniers
jours de sa civilisation traditionnelle. C'est à travers
l'humble réalité paysanne bourguignonne qu'Henri
Vincenot effectue une paisible remontée dans le temps,
pour saisir au plus près la vie journalière de
ses ancêtres, artisans-menuisiers, cultivateurs, vignerons,
tisserands de village, forgerons. Ses sources sont les récits
directs, à peine corrigés par l'érudition,
des derniers survivants de ce qu'il appelle « la civilisation
lente », dans une province dont la forte personnalité
éclate à chaque page.
« Tout ce que je raconte dans ce
livre, je l'ai entendu tomber de la bouche de ceux qui ont connu
cette vie du XIXe siècle. C'est vous dire que ce récit
est tout simplement une glane de soixante-cinq ans de pérégrinations. »
10 euros (code de commande
: 18329).
WALD
LASOWSKI (Patrick) Dictionnaire libertin. La langue du plaisir au siècle des Lumières. Paris, Gallimard, 2011. In-8° collé
sous jaquette, 592 p., (collection « L'Infini »),
exemplaire en parfait état.
En quatrième
de couverture :
« On
dit du vin qu'il délie les langues. Que dire du plaisir ?
Au XVIIIe siècle la langue de l'Église,
le langage du droit, le discours médical s'inquiètent
de l'assaut des belles-lettres contre l'autorité. Les
prêtres dénoncent en chaire l'affaiblissement de
la foi et les progrès du vice. Dieu souffre en silence.
Comment ne serait-il pas indigné, demande l'abbé
Cambacérès, devant « et les blasphèmes
de l'impiété, et les triomphes de l'hérésie,
et les progrès du libertinage, et tous les ravages que
l'ennemi fait dans le champ de son Église ».
La langue est le lieu d'un combat. »
15 euros (code de commande
: 18348 - vendu).
WELZER
(Harald) Les exécuteurs. Des hommes normaux aux meurtriers de masse. [Titre original : Täter. Wie
aus ganz normalen menschen massenmörder werden.] Traduit
de l'allemand par Bernard Lortholary. Paris, Gallimard, 2007.
In-8° collé, 354 p., (collection « NRF
Essais »), bel exemplaire.
En quatrième
de couverture :
« Je
ne suis pas le monstre qu'on fait de moi. Je suis victime d'une
erreur de raisonnement », déclare Adolf Eichmann
à l'issue de son procès. Comme après lui
tous les exécuteurs allemands, rwandais, serbes et croates,
dont les cas sont étudiés dans ce livre, il récuse
résolument l'idée qu'il aurait agi monstrueusement
et en dehors des catégories morales de la communauté
des hommes. Pourtant tous ont tué systématiquement
ceux qu'eux et leurs semblables avaient exclus de l'humanité
par définition. Qu'on puisse les qualifier de meurtriers
est une idée restée jusqu'à ce jour étrangère
aux exécuteurs dans leur immense majorité, car
leur projet anti-humain avait bâti un système de
responsabilité morale dans lequel le meurtre de masse
était une évidence.
Dans un dispositif social, montre Harald Welzer,
il suffit qu'une seule coordonnée l'appartenance
sociale ou ethnique se décale pour que tout
l'ensemble change et que s'établisse une réalité
autre que l'antérieure. Ce décalage, observable
dans le national-socialisme, où il est fondé scientifiquement
sur une théorie des races, et dans l'ex-Yougoslavie et
au Rwanda, où il est fondé ethniquement, consiste
en une redéfinition radicale de qui fait partie ou non
de l'univers d'obligation générale. La distinction
inéluctable et absolue entre appartenants et non-appartenants
est commune à ces sociétés meurtrières,
par ailleurs extrêmement différentes.
Une fois lancée, la pratique d'exclusion
conduit à la spoliation, et la déportation et la
violence dont elle est assortie transforment, avec une régularité
terrifiante, le déplacement en « nettoyage »,
en extermination pure et simple des non-appartenants.
13 euros (code de commande
: 18351).
WHITFORD
(Frank) Le Bauhaus. Traduit
de l'anglais par Catherine Ter-Sarkissian. Paris, Thames &
Hudson, 1989. In-8° broché, 216 p., illustrations
en noir et en couleurs, (collection « L'Univers de
l'Art », n° 1), annotations aux pp. 10, 11
et 12.
En quatrième
de couverture :
La
plupart des bâtiments qui nous entourent, le graphisme
de nos journaux, le dessin de nos appareils électriques
et de nos meubles sont pour une large part tributaires du travail
effectué par une école d'art et de design, le Bauhaus,
fondée en Allemagne en 1919 et fermée par les nazis
en 1933. Son influence fut aussi déterminante, quoique
cela se sache moins, sur l'éducation artistique un peu
partout dans le monde. Situant très précisément
le mouvement dans son contexte historique et social, Frank Whitford
retrace les idées qui présidèrent à
sa conception et décrit les méthodes d'enseignement
du Bauhaus. Il examine les programmes de professeurs qui eurent
nom Paul Klee ou Wassily Kandinsky ; il donne toute son
importance à la figure de Walter Gropius et décrit
les débuts de Ludwig Mies Van der Rohe, tout en s'attachant
à suivre la vie quotidienne des étudiants sous
la république de Weimar. Il brosse ainsi un tableau complet
de l'institut qui ne marqua pas seulement un tournant dans l'histoire,
mais reste encore, par l'esprit qu'il sut tirer des formes, présent
parmi nous. Frank Whitford est directeur d'études au Royal
Collège of Art de Londres.
10 euros (code de commande
: 18350 - vendu).
La prochaine mise
à jour de cette page aura lieu le
mardi 14 février 2012 |