Honoré de BALZAC

 

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Nouvelle(s) entrée(s)

 

MIMOUNI (Isabelle) — Balzac illusionniste. Les arts dans l'œuvre de l'écrivain. Paris, Adam Biro, 1999. In-4° broché, 127 p., nombreuses illustrations en couleurs, exemplaire en très bel état.
En quatrième de couverture :
   Balzac est un écrivain réaliste, nous le savons, nous l'avons appris à l'école. Il s'est défini lui-même comme le « secrétaire des mœurs de son temps », l'« archéologue » du contemporain, qui observe, analyse, classifie.
   La Comédie humaine est ainsi devenue, pour les historiens de la France de la Restauration et de la monarchie de Juillet, une source d'informations inestimable.
   Pourtant, on remarque aisément que les personnages qui fascinent Balzac sont rarement des « antiquaires » (on désignait alors ainsi les archéologues) ou des historiens ; ce sont plutôt des savants, tel le Balthazar Claës de La Recherche de l'Absolu, et surtout des artistes : les Frenhofer, les d'Arthez, les Bernard Palissy, les Poussin...
   L'art, disons même les arts, sont au cœur de La Comédie humaine. Ils lui fournissent ses personnages, ses thèmes, ses principes esthétiques et ses fondements philosophiques.
   Ses personnages : la proportion d'artistes circulant dans La Comédie humaine est impressionnante. Ses thèmes : Un début dans la vie est consacré à l'architecture, Massimilla Doni et Gambara posent les questions de l'interprétation et de la conception musicale, Le Chef-d'œuvre inconnu, mais aussi Pierre Grassou, mais aussi La Rabouilleuse ou La Maison du Chat-aui-pelote s'inquiètent de peinture... Tous les arts, tous les métiers ont droit de cité, des plus humbles et des plus naïfs, comme l'art des enseignes, aux plus nobles ; ceux qui exigent un savoir-faire, telle l'architechtonographie des notaires, comme ceux qui exigent du génie.
   C'est qu'au fond, une seule et simple question hante l'auteur de La Comédie humaine, une question shakespearienne en diable : le monde est-il un théâtre, le théâtre est-il un monde ? La réalité n'est-elle qu'illusion, l'illusion vaut-elle la réalité ?
   Nous avons donc voulu nous confronter à la question de l'artifice. Autant dire qu'il fallait affronter le mythe du « réalisme » balzacien. Nous savons, certes, que les lecteurs de Baudelaire reconnaissent en Balzac un voyant, un visionnaire ; mais notre propos était de repenser son réalisme dans ce qui est, précisément, reconnu comme tel. Il fallait donc aborder de front les questions de la description et de la représentation. Partant de l'art du portrait, pour lequel il était facile de voir quel rôle pouvait jouer l'imagination de l'auteur, nous sommes allée jusqu'à la description des maisons bourgeoises et de la nature. Chaque fois, nous nous sommes demandé comment fonctionne le processus créatif, et toujours, nous avons rencontré la question du modèle, découvrant qu'il ne se trouve jamais a l'état naturel : le modèle n'est ni une personne, ni une maison, ni un objet, c'est une manière d'appréhender le monde qui a déjà été inventée par d'autres artistes. On pourrait, par esprit de provocation, dire que Balzac ne crée rien, qu'il recrée a partir des stéréotypes de l'imaginaire – stéréotype du portrait de jeune fille, stéréotype du jardin anglais, codification de la description de maison par les notaires.
   Le plus étonnant est que l'efficacité du style de Balzac trouve là sa source : présentant au lecteur des stéréotypes que celui-ci reconnaît, l'écrivain n'exige de lui aucun effort d'invention. Bien au contraire, il le renvoie à un imaginaire déjà constitué. C'est ce qu'on pourrait appeler le miracle du réalisme balzacien : le lecteur sait que « c'est vrai », puisque le code de reproduction du réel que l'auteur a adopté est clairement défini, préalablement établi. C'est ainsi que fonctionne la connivence entre l'auteur et le lecteur : Balzac joue sur des références que le Faubourg Saint-Germain (le lectorat postulé par l'écrivain) maîtrise.
   Et, paradoxalement, c'est parce que le patrimoine culturel de ces lecteurs privilégiés s'est démocratisé qu'il est possible de lire, aujourd'hui, La Comédie humaine sans « antiquiser ». L'illusion du réalisme repose sur des médiations atemporelles, sur des codes de représentation que nous connaissons encore : ce livre a pour objet de le rappeler.

15 euros (code de commande : 15767).

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Œuvres de Balzac
À propos de Balzac et de son œuvre

Le colonel Chabert. Suivi de Honorine et de l'Interdiction. Avec une introduction et des notes par Maurice Allem. Paris, Garnier, 1932. In-8° broché, XVII, 403 p., (collection « Classiques Garnier »), exemplaire du Service de Presse en bonne condition.

6 euros (code de commande : 9827).

 

Études analytiques. Physiologie du mariage ou Méditations de philosophie éclectique sur le bonheur et le malheur conjugal. Paris, Librairie Nouvelle, 1858. In-12 (104 x 165 mm.) demi chagrin noir, [3 (faux-titre, mention d'imprimeur, titre)], [1 bl.], 376 p., (collection des « Œuvres Complètes de Balzac »).
Avertissement :
   La femme qui, sur le litre de ce livre, serait tentée de l'ouvrir, peut s'en dispenser, elle l'a déjà lu sans le savoir. Un homme, quelque malicieux qu'il puisse être, ne dira jamais des femmes autant de bien ni autant de mal qu'elles en pensent elles-mêmes. Si, malgré cet avis, une femme persistait à lire l'ouvrage, la délicatesse devra lui imposer la loi de ne pas médire de l'auteur, du moment où, se privant des approbations qui flattent le plus les artistes, il a en quelque sorte gravé sur le frontispice de son livre la prudente inscription mise sur la porte de quelques établissements : Les dames n'entrent pas ici.

   

20 euros (code de commande : 12179).

 

La femme auteur et autres fragments inédits de Balzac. Recueillis par le vicomte de Lovenjoul. Paris, Grasset, 1950. In-12 broché, 268 p., (collection « Les Cahiers Verts », n° IV), édition originale, bel exemplaire numéroté sur Alfa.
Extrait de l'introduction :
   « L'histoire de la Comédie Humaine est encore à écrire. Lorsque le vicomte de Lovenjoul rédigea son admirable Histoire des œuvres de Balzac qui nous sert toujours de guide, il ne réalisait que la première partie d'une œuvre de longue haleine : car il donne des dates, des précisions, des faits, mais il n'explique point. Les rapports des œuvres entre elles, les raisons de leur apparition ou celles de leur retard, leur action l'une sur l'autre, leur histoire secrète enfin, c'est ce que nous ne savons pas encore, et cette histoire nous importe, puisqu'elle est celle d'un des plus beaux monuments de notre histoire littéraire, et qu'elle nous instruit en même temps sur les mécanismes de l'invention. Nous allons essayer de donner ici quelques indications complémentaires au lecteur en lui montrant ce que nous apprennent les fragments, les débris, les « inscriptions » comme eût dit Rétif, qu'on peut retrouver à force de patience dans les papiers de Balzac. C'est la meilleure manière d'expliquer comment les ébauches que nous réunissons ici se classent dans la Comédie Humaine. Et peut-être aussi aurons-nous la bonne fortune de convaincre le lecteur que ce genre de recherches contribue à une œuvre d'ensemble et que le présent volume n'a pas seulement pour objet la satisfaction un peu vaine de publier du Balzac inédit. »
Le volume contient :
   - La Femme auteur.
   - Un caractère de femme.
   - La Modiste.
   - La Frélore.
   - Valentine et Valentin.
   - Une heure de ma vie.

19 euros (code de commande : 12674).

 

La Fille aux yeux d'or. Texte intégral. Préface de André Vanoncini. Paris-Genève, Slatkine, 1996. In-12 sous cartonnage d'éditeur, 157 p., (collection « Fleuron », n° 59).

4 euros (code de commande : Balzac/ 5).

 

Histoire des Treize. Ferragus. Paris, Gründ, s.d. In-12 broché, 224 p., exemplaire non coupé.

4 euros (code de commande : Balzac/ 6).

Histoire des Treize. Ferragus - La duchesse de Langeai - La fille aux yeux d'or. Préface illustrée de Gilbert Sigaux. Tomes I et II. Paris, Club des Amis du Livre, 1962. Deux volumes in-12 sous reliures toilées d'éditeur, 286 et 282 p., illustrations.

Les deux volumes : 6 euros (code de commande : Balzac/ 18).

 

 

La maison du chat qui pelote. 2e mille. Porrentruy, Édition des Portes de France, s.d. In-12 broché, 70 p., (« Collection de l'Oiselier », n° 4).

5 euros (code de commande : Balzac/ 7).

 

Le médecin de campagne. Avec une introduction et des notes par Maurice Allem. Paris, Garnier, 1931. In-12 broché, XXIX, 369 p., (collection « Classiques Garnier »), exemplaire non coupé.

5 euros (code de commande : Balzac/ 8).

 

Mémoires de deux jeunes mariées. Illustrations de Jean Droit. Paris, Presses de la Cité, 1946. In-8° broché, 261 p., exemplaire numéroté.

30 euros (code de commande : 36/66).

 

Les parents pauvres. Le cousin Pons. Vienne, Manz, s.d. In-12 relié, 476 p.

4 euros (code de commande : Balzac/ 9).

 

La rabouilleuse. Introduction et notes par Maurice Allem. Paris, Garnier, 1932. In-12 broché, 428 p., exemplaire non coupé.

8 euros (code de commande : Balzac/ 4).

 

Le réquisitionnaire - Un épisode sous la terreur - L'auberge rouge. Paris, Skira, 1946-1947. In-12 broché, 133 p., couverture ornée d'un portrait de Balzac d'après un dessin original de E. De Kermadec, (« Petite Collection Balzac »), exemplaire non coupé.

10 euros (code de commande : 6369).

 

Une ténébreuse affaire. Préface de Gilbert Sigaux. Postface de Jacques Sternberg. Paris, Odege-Presse, 1967. In-12 sous reliure d'éditeur, 316 p., (collection « Club des Trois Couronnes »).

2,50 euros (code de commande : Balzac/14).

 

Voyage de Paris à Java. Fait suivant la méthode enseignée par M. Ch. Nodier en son Histoire du roi de Bohême et de ses sept châteaux, au chapitre où il est traité par lui des divers moyens de transport en usage chez quelques auteurs anciens et modernes. Texte présenté par René Guise. [Préface de Auriant]. Avec des illustrations de René Mels. S.l., L'Amitié par le Livre, 1947. Petit in-8° broché, 100 p., édition réservée aux membres de L'Amitié par le Livre et non mise dans le commerce, exemplaire numéroté, couverture très légèrement défraîchie.

7,50 euros (code de commande : Balzac/ 15).

 

Voyez également les œuvres de Balzac dans la collection Bibliothèque de la Pléiade.

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À propos de Balzac

 

ALAIN — Avec Balzac. Paris, Gallimard, 1937. In-12 broché, 199 p., édition originale, un des 110 exemplaires numérotés sur Alfa.

15 euros (code de commande : Balzac/ 16).


L'Année Balzacienne 1975. Paris, Garnier, 1975. In-8° broché, 374 p.

10 euros (code de commande : Balzac/ 17).


Balzac. Paris, Hachette, 1965. In-8° sous reliure d'éditeur, 293 p., nombreuses illustrations en noir et en couleurs, (collection « Génies et Réalités »), exemplaire sur vergé Saint-Alban.
   
@ Ce volume, publié sous la direction de Jules Bertaut rassemble des textes de Béatrix Beck, Jules Bertaut, Jean-Louis Bory, Jean-Claude Brisville, Michel Butor, Marie-Jeanne Durry, Jean Duvignaud, Claude Mauriac, Samuel de Sacy et Gilbert Sigaux.

12,50 euros (code de commande : Balzac/38).


Balzac à Saché. Catalogue avec notes et commentaires par B. Paul Métadier. Saché, [Fondation Métadier], 1961. In-8° agrafé sous jaquette, 47 p., illustrations.

7,50 euros (code de commande : Balzac/19).


Balzac dans l'empire russe. De la Russie à l'Ukraine. Paris, Paris-Musées-Éditions des Cendres, 1993. In-8° broché, 204 p., illustrations hors texte.

15 euros (code de commande : Balzac/12).


BARDÈCHE (Maurice) — Balzac romancier. Paris, Plon, 1943. [Mention de 4e mille à la couverture.] In-8° broché, 391 p., exemplaire en très bel état avec la bande d'annonce.
Avertissement des éditeurs :
   « Le présent volume est tiré de l'ouvrage intitulé Balzac romancier, un vol. grand in-8° de VIII-640 pages, édité par nous à la fin du mois de mai 1940.
   Plutôt que d'en faire une simple réimpression, l'auteur a préféré refondre son œuvre. Il a gardé l'essentiel de son analyse, mais il l'a réduite de moitié ; il a supprimé les notes, les développements, les discussions qui n'étaient destinés qu'aux spécialistes de l'histoire littéraire. Il a tiré de son étude précédente un livre entièrement nouveau qui ne s'adresse pas seulement aux érudits, mais à tous les lecteurs de Balzac. »
Table des matières :
   Chapitre I : L'art du roman en 1820.
   Chapitre II : Les premières ébauches (1819-1820).
   Chapitre III : Les expériences du bachelier Horace de Saint-Aubin.
   Chapitre IV : Les romans de 1824.
   Chapitre V : Les Œuvres diverses d'un romancier.i
   Chapitre VI : Les Chouans.
   Chapitre VII : Les Scènes de la Vie Privée.
   Chapitre VIII : Les romans philosophiques.
   Chapitre IX : La seconde série des Scènes de la Vie Privée.
   Chapitre X : Le retour du roman gothique.
   Chapitre XI : Le Père Goriot.
   Conclusion.

10 euros (code de commande : 12506).

BARDÈCHE (Maurice) — Balzac, romancier. Bruxelles - Paris, Henry - Plon, 1944. In-8° broché, 390 p., petits cachets d'appartenance, couverture insolée et timbre de «prix réduit ».
   
@ En guise d'avertissement, les éditeurs signalent que « Le présent volume est tiré de l'ouvrage intitulé Balzac romancier, un volume grand in-8° de VIII-640 pages, édité par la librairie Plon à la fin du mois de mai 1940. Plutôt que d'en faire une simple réimpression, l'auteur a préféré refondre son œuvre. Il a gardé l'essentiel de son analyse, mais il l'a réduite de moitié ; il a supprimé les notes, les développements, les discussions qui n'étaient destinés qu'aux spécialistes de l'histoire littéraire. Il a tiré de son étude précédente un livre entièrement nouveau qui ne s'adresse pas seulement aux érudits, mais à tous les lecteurs de Balzac. »

10 euros (code de commande : Balzac/ 20).


BENJAMIN (René) La prodigieuse vie d'Honoré de Balzac. Paris, Plon, 1925. In-8° broché, 377 p., (collection « Le Roman des Grandes Existences », n° 1), un des 500 exemplaires numérotés sur pur fil Lafuma.

15 euros (code de commande : 36/68).



BENJAMIN (René) La prodigieuse vie d'Honoré de Balzac. Avec 28 bois gravés de L. Schulz et 24 héliogravures hors texte. Paris, Plon, 1928. In-4° broché, 267 p., illustrations hors texte, quelques rousseurs.

40 euros (code de commande : 7990).


 

BILLY (André) — Vie de Balzac. Tomes I et II (complet). Paris, Flammarion, 1944. Deux volumes in-8° brochés, 324 et 326 p., illustrations hors texte, exemplaire en très bel état.
Avertissement :
   « Cet ouvrage s'ouvre sur une grave infraction à la règle de toute littérature balzacienne ; il n'est pas dédié à Marcel Bouteron. Que les premières lignes de mon avertissement soient donc consacrées à réparer une si choquante singularité ! J'ai fait la connaissance de Marcel Bouteron en 1910, à une soirée donnée par Charles Huard, dans son merveilleux hôtel de la rue Geoffroy-l'Asnier, pour fêter la signature du contrat qui les liait, lui, illustrateur, et son graveur Pierre Gusman, ainsi que les deux « éditeurs », Marcel Bouteron et Henri Longnon, au libraire Conard, pour une édition nouvelle des Œuvres complètes de Balzac. Je revois, dans la lumière frémissante des bougies, le salon de l'hôtel de Châlons-Luxembourg, ses hautes croisées donnant sur un jardin à la française, ses bergères carrées, ses rideaux d'imberline, son parquet de chêne ancien, brillant comme du bronze dans les intervalles des tapis. Personne n'a poussé plus loin que Charles Huard le goût et la science du décor ancien. Mais toutes les impressions gardées par moi de cette « soirée de contrat » s'effacent devant le souvenir que m'a laissé la joie de Marcel Bouteron. Certes, tout le monde était heureux de l'immense et belle tâche qu'on allait entreprendre. Le libraire, les éditeurs, l'illustrateur, le graveur, rayonnaient de l'allégresse particulière aux compagnons d'un grand voyage ; et j'éprouvais la nuance de mélancolie et d'envie qu'il est impossible de ne pas ressentir quand, du rivage, on assiste au départ d'un bateau chargé de passagers pour une croisière aux pays du rêve. Balzac, l'œuvre de Balzac, c'était encore beaucoup d'inconnu pour moi. J'avais la de la Comédie humaine ce qu'il est indispensable d'en connaître, mais elle gardait dans ma pensée l'étrangeté que je lai trouvais déjà au temps lointain où, accroupi sur le tapis, dans la maison de mes grands-parents, je feuilletais l'édition sur deux colonnes dont la légère odeur de poussière et de moisi reste pour moi l'odeur même, de l'ère balzacienne. Ces dessins de Daumier, de Gavarni, d'Henry Monnier, de Bertall, quelle dure tristesse il s'en dégageait ! Je ne lisais pas le texte, bien sûr ! Je regardais seulement les dessins, sens situer exactement les scènes et les personnages qu'ils représentaient. Dans mon esprit d'enfant, le passé se divisait en trois époques : celle des vêtements drapés, qui était l'antiquité judaïque, grecque et romaine, celle des armures, qui était le moyen âge, et celle des perruques, des paniers et des chapeaux à plumes, qui était le XVIIe et le XVIIIe siècles. À quel passé rapporter les épais bonshommes de la Comédie Humaine ? Celle-ci me rebutait fort par sa morose inélégance et sa lourdeur. Et puis, j'y flairais que la vie de l'homme sur cette planète, la vie de famille surtout, manque tout à fait d'agrément, et que la ruse, la méchanceté, l'improbité, la laideur morale y abondent.
   Telle fut ma première découverte de Balzac. J'étais bien loin, comme on le voit, de l'impression de réconfort que nous ressentons aujourd'hui à le lire, ou, plus exactement, à nous rapprocher de sa personne, car sur le caractère tonique de la Comédie humaine, il y a des réserves à faire, n'est-il pas vrai ?
   Mais je me suis laissé entraîner hors de mon propos. Je reviens à cette soirée de 1910 où, sous les lustres de l'hôtel de Châlons-Luxembourg, dans le balzacien quartier du Marais et un décor digne du vieux faubourg Saint-Germain et de la duchesse de Maufrigneuse, je vis Marcel Bouteron pour la première fois. Je sus ce soir-là ce que c'est qu'un homme heureux. Je le sais encore. Il me suffit, pour me le rappeler, de penser à Bouteron. De son vivant comme après sa mort, Balzac a fait bien des prodiges ; il n'en a pas fait un qu'on doive préférer au bonheur de Marcel Bouteron.
   « Parlons de Balzac, cela fait du bien, » disait le pauvre Gérard. En se rencontrant sur le quai, à l'ombre de l'Institut, les amis le Bouteron se disent : « Montons le voir, cela fait du bien ». Et le fait est qu'en redescendant de chez lui, on se sent l'âme plus légère, car le bonheur de Marcel Bouteron est contagieux, étant fait d'une foi qui rayonne, qui se répand, et dont la force annule tous les scepticismes comme un rayon de soleil annule la nuit, comme le sourire d'un enfant annule la misanthropie.
   Sans forcer la vérité, je puis dire, et même je le dois, que je n'ai réellement compris, aimé Balzac, que du jour où j'ai connu Bouteron et où j'ai pu constater l'extraordinaire attraction que, sur un de nos contemporains, peut encore, après un siècle, exercer la Comédie humaine.
   Voilà pourquoi, en des jours particulièrement sombres, sous un ciel réputé pour sa grisaille, dans un exil dont je n'entrevoyais pas la fin, l'idée m'est venue d'emprunter, avec beaucoup de sa science, un peu du bonheur de Marcel Bouteron, voilà pourquoi j'ai écrit cette biographie de Balzac.
   Elle n'a d'autre prétention que de mettre pour la première fois sous les yeux du public l'ensemble et le détail des faits, des idées, des passions, des vicissitudes dont a été tissée la vie de cet homme étonnant.
   Je dois tout à mes prédécesseurs. Mes sources, on les trouvera dans l'innombrable bibliographie balzacienne et dans la partie encore inédite des Lettres à l'Étrangère dont je dois la communication à l'obligeance de Bouteron. Il serait inutile d'énumérer ici les travaux où j'ai puisé.
   Plutôt qu'une fastidieuse nomenclature qui serait sans profit pour personne, je dresserai donc ici la liste des principaux ouvrages dont la lecture est à recommander à ceux que cette Vie de Balzac mettra en goût d'avancer davantage dans la connaissance du sujet.
On lira d'abord les lettres de Balzac et de ses correspondants, c'est-à-dire le volume de Letters to his family publié aux États-Unis par M. Walter Scott Hastings, qu'il est à souhaiter qu'une édition française mette bientôt à la portée de tous les Français ; les Lettres à l'Étrangère, dont le texte des derniers volumes établi par Marcel Bouteron n'attend plus pour paraître que la bonne volonté de l'éditeur, et, dans la collection des Cahiers Balzaciens, de Bouteron, les trois séries de correspondance inédite avec la duchesse de Castries, le docteur Nacquart et le lieutenant-colonel L.-N. Périolas, ainsi que la Correspondance inédite avec Madame Zulma Carraud.
   Des témoignages contemporains, on retiendra surtout la biographie de Balzac rédigée par sa sœur Laure Surville et placée en tête de la Correspondance, les Lettres de Laure Surville de Balzac à une amie de province, le Balzac de Théophile Gautier, le Portrait intime de Balzac, de Werdet, le Balzac en pantoufles et le Balzac chez lui de Léon Gozlan, enfin le Balzac mis à nu publié par Charles Léger, dont l'auteur anonyme est un ancien magistrat du nom de Lambinet.
   Parmi les travaux des biographes, on mentionnera, cela va de soi, ceux du vicomte Spœlberch de Lovenjoul, initiateur de l'érudition balzacienne, en particulier l'Histoire des œuvres de H. de Balzac et Un roman d'amour. Au premier rang des études plus récentes, il convient de mettre La jeunesse de Balzac (nouvelle édition) de Gabriel Hanotaux et Georges Vicaire, où l'on trouvera ce qui subsiste de la correspondance de Balzac et de la Dilecta. La Dilecta de Balzac de Geneviève Ruxton doit en être rapprochée.
   Les débuts littéraires d'Honoré de Balzac, Les Années romantiques de Balzac et Balzac et la « Contessa » de L.-J. Arrigon font tout naturellement suite à la Jeunesse de Balzac, et quant aux Comptes dramatiques de Balzac, de René Bouvier et Édouard Maynial, quant à Balzac homme d'affaires, de René Bouvier, leur intérêt ne saurait être surfait. Sur Mme Hanska, la Véritable image de Mme Hanska, de Marcel Bouteron, dont on souhaite fort que les autres études balzaciennes dispersées dans des revues et des plaquettes soient bientôt réunies, est à connaître avant tout. La thèse de Mme de Korwin-Piotrowska, Balzac et le monde slave, constitue un apport considérable et indispensable. L'Ève de Balzac, de Charles Léger, sera retenue comme témoignage d'anti-hanskisme caractérisé. Les femmes dans la vie de Balzac, de Juanita Helm Lloyd, offre un aimable tableau des amitiés féminines de Balzac, auquel sont jointes quelques lettres de Mme Hanska à son frère Adam.
   Encore un coup, ce ne sont là que quelques références fondamentales de la biographie balzacienne. Le Balzac à Fougères de M. Étienne Aubrée, par exemple, appartient déjà à l'érudition locale ou spécialisée qu'il serait superflu d'aborder ici. Superflu et d'ailleurs impossible, faute de place. Pour une initiation d'un degré supérieur, l'apprenti balzacien se référera à A Balzac Bibliography, de William Hobard Royce (Chicago 1929), et à la Bibliographie des auteurs modernes de langue française (1928), qui toutes deux auraient grand besoin d'être mises à jour, car on a beaucoup écrit sur Balzac depuis quinze ans. »

Les deux volumes : 15 euros (code de commande : 12507).


BOUTERON (Marcel) La véritable image de madame Hanska. Illustrée de lettres et de documents inédits. Portrait de l'auteur gravé à la pointe sèche par L. Madrassi. Paris, Lapina, 1929. In-8° broché sous étui, 39, 98 p., illustrations hors texte, (collection « Images du Temps », n° VIII), exemplaire numéroté sur Vergé de Rives B.F.K. pur chiffon (n° 574).

   

25 euros (code de commande : 13891).


DESCAVES (Pierre) — Balzac, dramatiste. Paris, La Table Ronde, 1960. In-8° broché, 265 p., exemplaire non coupé.

9 euros (code de commande : Balzac/ 23).


FERNANDEZ (Ramon) — Balzac. Mention de 4e édition. Paris, Stock, 1943. In-8° broché, 236 p., exemplaire non coupé.

10 euros (code de commande : Balzac/ 24).


GENGEMBRE (Gérard) — Balzac. Le Napoléon des Lettres. Paris, France Loisirs, 1999. In-12 sous reliure d'éditeur, 208 p., très nombreuses illustrations en noir et en couleurs.

6,50 euros (code de commande : Balzac/ 25).


LÉGER (Charles) — À la recherche de Balzac. Paris, Le Goupy, 1927. In-8° broché, 98 p., illustrations, exemplaire numéroté sur pur fil Lafuma (n° 259), en bel état malgré la couverture un peu insolée.

   
Couverture, frontispice et page de titre.

15 euros (code de commande : 14342).


MAURIAC (Claude) — Aimer Balzac. Préface de François Mauriac. Mention de 2e édition. Paris, La Table Ronde, 1945. In-12 broché, 237 p.

10 euros (code de commande : Balzac/ 27).


MAUROIS (André) Prométhée ou la vie de Balzac. Paris, Hachette, 1965. In-8° sous reliure toilée d'édi-teur, 653 p., illustrations hors texte, exemplaire numéroté.

20 euros (code de commande : 37/66).


MÉTADIER (Paul) — La Touraine de Balzac. Chez l'Auteur, 1971. In-12 broché, 166 p., illustrations, cachet, soulignements au crayon.

9 euros (code de commande : Balzac/ 28).

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LIENS :

La Maison de Balzac à Paris
Sur ce site géré par la Mairie de Paris, vous trouverez de nombreuses informations utiles sur les expositions, les colloques, etc.
La Maison de Balzac abrite une riche bibliothèque (fonds ancien, fonds documentation, documents manuscrits, etc.).
La Société des Amis de Balzac et le Groupe d'études balzaciennes ont leur siège dans cette Maison.

Balzac et le monde de la librairie au XIXème siècle
Site proposant de nombreuses informations sur l'éditeur, l'imprimeur et et le fondeur de caractères typographiques que fut Balzac avant d'être écrivain.

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PN : 4,12,18,21,38