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Charge d'âme. Paris,
Gallimard, 1977. In-8° sous reliure et Rhodoïd d'éditeur,
310 p., (collection « Soleil », n° 341), exemplaire
numéroté sur bouffant alfa Calypso.
Note de l'auteur :
« Le mot « âme » est
passé de mode. Il est banni de tout vocabulaire littéraire
sérieux. Ce n'est plus qu'un archaïsme, une vieillerie
bêlant-lyrique, et qui relève d'une sorte de Saint-Sulpice
humaniste. Il a fait son temps, comme on dit.
L'emploi sarcastique, méprisant, des
expressions « belle âme », « république
des belles âmes » etc., date des années trente.
Il s'est manifesté systématiquement à droite
comme à gauche. Son rapport avec le fameux « lorsque
j'entends le mot culture, je saisis mon revolver »
des nazis est évident, ainsi qu'avec la saillie de Maxime
Gorki au sujet des « clowns lyriques qui font leur numéro
de tolérance et d'idéalisme dans l'arène
du cirque capitaliste ». On aimerait savoir ce que Gorki
penserait en 1977 des dissidents soviétiques qui font
le même « numéro » dans l'arène
du cirque marxiste.
Ce persiflage a joué un rôle mineur,
mais non négligeable, dans la préparation du terrain
aux massacres hitlériens et staliniens, et au Goulag.
Il dure encore. Après la dernière guerre, sa cible
favorite chez nous fut Albert Camus. Aux États-Unis, l'expression
de moquerie équivalente est bleeding hearts, «
les curs qui saignent ». Son emploi fait partie de
la chasse au « sentimentalisme », exercice d'hygiène
préféré des intellectuels américains.
Dans les milieux virils du Parlement français, «
états d'âme » est fréquemment utilisé
dans le même sens narquois, pour dénoncer le caractère
vagissant et dégoulinant des consciences. Cette arme de
dérision trouve tout naturellement sa place dans un arsenal
auquel pourrait servir d'introduction cette parole de Michel
Foucault : « L'homme est une invention récente,
dont l'archéologie de notre pensée montre aisément
la date récente. Et peut-être la fin prochaine.
» Je n'ai pas d'inclination religieuse. Plus exactement,
celle-ci s'arrête chez moi à l'amour, dans ce qu'il
a de plus terrestre. Si l'on me demandait une définition
je répondrais que l'âme est pour moi ce qui nous
mobilise : c'est une idée que l'homme se fait de lui-même,
de sa dignité et de son « honneur »
encore un mot devenu tabou. Je dirais aussi que l'existence de
cette force qui a laissé dans son sillage tant de chefs-d'uvre
et qui a été captée dans tant de goulags
est une donnée dynamique de la vie que l'idéologie
et la technie se disputent, lorsqu'il s'agit de son asservissement
et de son exploitation.
De nombreuses interpellations, quand ce ne
sont pas de véritables cris de désespoir philosophique,
se font aujourd'hui entendre de tous côtés à
propos de ce confinement et de ce « retraitement »
à l'intérieur d'un socio et techno système
dont nous sommes à la fois créateurs, composants,
« fournitures énergétiques »
et déchets.
J'ai tenté de représenter dans
le roman que l'on va lire cette double saisie, et de le faire
visuellement, en
quelque sorte, sous la forme non discursive d'une narration imagée.
Les quelques faits d'ordre écologique
auxquels je me réfère sont étayés
par une documentation abondante et aisément accessible.
je n'ai pas voulu en encombrer le récit, tant ce contexte
me semble connu de tous.
On verra peut-être dans mon roman une
attaque aveugle et d'inspiration rétrograde contre la
science et les savants. Ce serait une erreur. Le paradoxe de
la science, ainsi que je le dis dans ces pages, est qu'il n'y
a qu'une réponse à ses méfaits et à
ses périls : encore plus de science.
La conférence des spécialistes de l'énergie
nucléaire s'est tenue à Istanbul, en septembre
1977, et les termes de « carburant avancé »
ont été fréquemment utilisés au cours
de ses travaux, à propos du plutonium.
J'espère que le lecteur lira Charge
d'âme avec le sourire. Ce n'est, bien sûr, qu'un
divertissement. »
12 euros (code de commande
: 8664).
Lady L. Paris, Gallimard, 1963.
In-12 broché, 239 p., exemplaire du tirage courant de
l'édition originale.
7,50 euros (code
de commande : Gary/2).
La nuit sera
calme. L'interlocuteur
de Romain Gary est François Bondy. Paris, Gallimard,
1974. In-8° broché, 259 p., (collection « L'air
du Temps »), couverture illustrée.
9 euros (code de commande :
Gary/4).
La nuit sera
calme. L'interlocuteur
de Romain Gary est François Bondy. Paris, Gallimard,
1975. In-8° broché, 259 p.
7.50 euros (code
de commande : Gary/5).
Les Racines
du ciel.
Paris, Gallimard,
1957 (mention de 280e édition). In-8° broché,
443 p.
9 euros (code de commande :
Gary/6).
À PROPOS
DE ROMAIN GARY
ANISSIMOV
(Myriam) Romain Gary le caméléon. Paris, Denoël, 2004. In-8° broché,
745 p., illustrations hors texte, couverture un peu défraîchie.
En quatrième
de couverture :
« Ne dis pas forcément les choses
comme elles se sont passées, mais transforme-les en légendes
et trouve le ton de voix qu'il faut pour les raconter »
: c'est ainsi que Romain Gary, dans La nuit sera calme,
s'expliquait sur l'extraordinaire aventure de sa vie. Né
en Lituanie, dans une famille juive de Wilno, Romain Kacew émigre
sur la Côte d'Azur à l'âge de quatorze ans.
En juillet 1940, rejoignant au péril de sa vie Londres
et le général de Gaulle, il combat en héros
dans les forces aériennes de la France libre. Sur ses
origines juives, sa jeunesse et ses exploits au cours de la guerre,
Gary ne cessera de réinventer une réalité-fiction
qui est à la source de son uvre.
À mesure qu'il crée sa propre
légende, devenant un écrivain célèbre
avec Éducation européenne et Les Racines
du ciel, Gary cherche à échapper à son
propre personnage en usant de pseudonymes. Multiplier les masques,
telle est alors l'obsession de ce séducteur aux mille
visages, consul de France à Los Angeles et mari de l'écrivain
Lesley Blanch puis de l'actrice Jean Seberg. Poussant jusqu'au
bout ce désir de s'auto-engendrer, Gary invente Émile
Ajar, un écrivain fictif « personnifié »
par son cousin Paul Pavlowitch et obtient une deuxième
fois le prix Goncourt en 1975 pour La Vie devant soi.
Après cette ultime mystification, Romain Gary se suicide
en 1980.
Explorer la vie réelle d'un personnage
aussi doué pour l'affabulation créatrice, tel fut
le pari de Myriam Anissimov. C'est en se fondant sur de nombreux
témoignages, entretiens et documents inédits à
Wilno, Londres, Paris et New York, en dépouillant les
archives personnelles de l'écrivain et de ses proches,
qu'elle a mené à bien cette enquête magistrale
sur l'un des grands écrivains du XXe siècle. »
18 euros (code de commande
: 10383*).
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