Romain GARY
(Fosco Sinibaldi, Shatan Bogat, Paul Pavlowitch, Émile Ajar)

 Page de la section "Littérature française"
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Nouvelle(s) entrée(s)

AJAR (Émile) — L'angoisse du roi Salomon. Roman. Paris, Mercure de France, 1979. In-8° collé, 342 p.
En quatrième de couverture :
   « Il était monté dans mon taxi boulevard Hausmann, un très vieux monsieur avec une belle moustache et une barbe blanches qu'il s'est rasées après quand on s'est mieux connu. Son coiffeur lui avait dit que ça le vieillissait, et comme il avait quatre-vingt-quatre ans et quelques, ce n'était pas la peine d'en rajouter.
   J'ai souvent remarqué que la plupart des vieux messieurs, en fin de parcours, même les plus soignés par les personnes qui s'en occupent, portent des vêtements qu'ils avaient déjà depuis longtemps. Mais monsieur Salomon était habillé tout neuf des pieds à la tête, avec défi et confiance, un costume princier de Galles avec un papillon bleu à petits pois, il respirait l'élégance de dernière heure et on sentait tout de suite que ce n'était pas un homme à se laisser mourir facilement.
   J'avais la radio ouverte et comme par hasard la première chose qu'on a entendue, c'était les dernières nouvelles sur le naufrage et la marée noire en Bretagne, vingt-cinq mille oiseaux dans le mazout.
   – C'est une honte, a dit monsieur Salomon, le monde devient chaque jour plus lourd à porter.
   C'est là que j'ai appris que monsieur Salomon avait été dans le prêt-à-porter toute sa vie. Nous avons parlé un peu. Il avait pris depuis quelques années sa retraite du pantalon et il occupait ses loisirs à des œuvres de bienfaisance, car plus on devient vieux, et plus on a besoin des autres. »

10 euros (code de commande : 11606).

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Charge d'âme. Paris, Gallimard, 1977. In-8° sous reliure et Rhodoïd d'éditeur, 310 p., (collection « Soleil », n° 341), exemplaire numéroté sur bouffant alfa Calypso.
Note de l'auteur :
   « Le mot « âme » est passé de mode. Il est banni de tout vocabulaire littéraire sérieux. Ce n'est plus qu'un archaïsme, une vieillerie bêlant-lyrique, et qui relève d'une sorte de Saint-Sulpice humaniste. Il a fait son temps, comme on dit.
   L'emploi sarcastique, méprisant, des expressions « belle âme », « république des belles âmes » etc., date des années trente. Il s'est manifesté systématiquement à droite comme à gauche. Son rapport avec le fameux « lorsque j'entends le mot culture, je saisis mon revolver » des nazis est évident, ainsi qu'avec la saillie de Maxime Gorki au sujet des « clowns lyriques qui font leur numéro de tolérance et d'idéalisme dans l'arène du cirque capitaliste ». On aimerait savoir ce que Gorki penserait en 1977 des dissidents soviétiques qui font le même « numéro » dans l'arène du cirque marxiste.
   Ce persiflage a joué un rôle mineur, mais non négligeable, dans la préparation du terrain aux massacres hitlériens et staliniens, et au Goulag. Il dure encore. Après la dernière guerre, sa cible favorite chez nous fut Albert Camus. Aux États-Unis, l'expression de moquerie équivalente est bleeding hearts, « les cœurs qui saignent ». Son emploi fait partie de la chasse au « sentimentalisme », exercice d'hygiène préféré des intellectuels américains. Dans les milieux virils du Parlement français, « états d'âme » est fréquemment utilisé dans le même sens narquois, pour dénoncer le caractère vagissant et dégoulinant des consciences. Cette arme de dérision trouve tout naturellement sa place dans un arsenal auquel pourrait servir d'introduction cette parole de Michel Foucault : « L'homme est une invention récente, dont l'archéologie de notre pensée montre aisément la date récente. Et peut-être la fin prochaine. » Je n'ai pas d'inclination religieuse. Plus exactement, celle-ci s'arrête chez moi à l'amour, dans ce qu'il a de plus terrestre. Si l'on me demandait une définition je répondrais que l'âme est pour moi ce qui nous mobilise : c'est une idée que l'homme se fait de lui-même, de sa dignité et de son « honneur » — encore un mot devenu tabou. Je dirais aussi que l'existence de cette force qui a laissé dans son sillage tant de chefs-d'œuvre et qui a été captée dans tant de goulags est une donnée dynamique de la vie que l'idéologie et la technie se disputent, lorsqu'il s'agit de son asservissement et de son exploitation.
   De nombreuses interpellations, quand ce ne sont pas de véritables cris de désespoir philosophique, se font aujourd'hui entendre de tous côtés à propos de ce confinement et de ce « retraitement » à l'intérieur d'un socio et techno système dont nous sommes à la fois créateurs, composants, « fournitures énergétiques » — et déchets.
   J'ai tenté de représenter dans le roman que l'on va lire cette double saisie, et de le faire visuellement, en
quelque sorte, sous la forme non discursive d'une narration imagée.
   Les quelques faits d'ordre écologique auxquels je me réfère sont étayés par une documentation abondante et aisément accessible. je n'ai pas voulu en encombrer le récit, tant ce contexte me semble connu de tous.
   On verra peut-être dans mon roman une attaque aveugle et d'inspiration rétrograde contre la science et les savants. Ce serait une erreur. Le paradoxe de la science, ainsi que je le dis dans ces pages, est qu'il n'y a qu'une réponse à ses méfaits et à ses périls : encore plus de science.
La conférence des spécialistes de l'énergie nucléaire s'est tenue à Istanbul, en septembre 1977, et les termes de « carburant avancé » ont été fréquemment utilisés au cours de ses travaux, à propos du plutonium.
   J'espère que le lecteur lira Charge d'âme avec le sourire. Ce n'est, bien sûr, qu'un divertissement. »

12 euros (code de commande : 8664).

 

Lady L. Paris, Gallimard, 1963. In-12 broché, 239 p., exemplaire du tirage courant de l'édition originale.

7,50 euros (code de commande : Gary/2).

 

La nuit sera calme. L'interlocuteur de Romain Gary est François Bondy. Paris, Gallimard, 1974. In-8° broché, 259 p., (collection « L'air du Temps »), couverture illustrée.

9 euros (code de commande : Gary/4).

 

La nuit sera calme. L'interlocuteur de Romain Gary est François Bondy. Paris, Gallimard, 1975. In-8° broché, 259 p.

7.50 euros (code de commande : Gary/5).

 

Les Racines du ciel. Paris, Gallimard, 1957 (mention de 280e édition). In-8° broché, 443 p.

9 euros (code de commande : Gary/6).


À PROPOS DE ROMAIN GARY

 

ANISSIMOV (Myriam) — Romain Gary le caméléon. Paris, Denoël, 2004. In-8° broché, 745 p., illustrations hors texte, couverture un peu défraîchie.
En quatrième de couverture :
   « Ne dis pas forcément les choses comme elles se sont passées, mais transforme-les en légendes et trouve le ton de voix qu'il faut pour les raconter » : c'est ainsi que Romain Gary, dans La nuit sera calme, s'expliquait sur l'extraordinaire aventure de sa vie. Né en Lituanie, dans une famille juive de Wilno, Romain Kacew émigre sur la Côte d'Azur à l'âge de quatorze ans. En juillet 1940, rejoignant au péril de sa vie Londres et le général de Gaulle, il combat en héros dans les forces aériennes de la France libre. Sur ses origines juives, sa jeunesse et ses exploits au cours de la guerre, Gary ne cessera de réinventer une réalité-fiction qui est à la source de son œuvre.
   À mesure qu'il crée sa propre légende, devenant un écrivain célèbre avec Éducation européenne et Les Racines du ciel, Gary cherche à échapper à son propre personnage en usant de pseudonymes. Multiplier les masques, telle est alors l'obsession de ce séducteur aux mille visages, consul de France à Los Angeles et mari de l'écrivain Lesley Blanch puis de l'actrice Jean Seberg. Poussant jusqu'au bout ce désir de s'auto-engendrer, Gary invente Émile Ajar, un écrivain fictif « personnifié » par son cousin Paul Pavlowitch et obtient une deuxième fois le prix Goncourt en 1975 pour La Vie devant soi. Après cette ultime mystification, Romain Gary se suicide en 1980.
   Explorer la vie réelle d'un personnage aussi doué pour l'affabulation créatrice, tel fut le pari de Myriam Anissimov. C'est en se fondant sur de nombreux témoignages, entretiens et documents inédits à Wilno, Londres, Paris et New York, en dépouillant les archives personnelles de l'écrivain et de ses proches, qu'elle a mené à bien cette enquête magistrale sur l'un des grands écrivains du XXe siècle. »

18 euros (code de commande : 10383*).

 


LIENS :

www.romaingary.org
Un site complet : biographie, bibliographie, forum, etc.

Rosanna Delpiano a cependant ouvert une page intitulée
Romain Gary « La vie devant soi »
sur laquelle on trouvera quelques éléments biographiques.

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